Océane et le Phare des Étoiles Courageuses

Par Studio WonderJeunesse

Voici le premier chapitre de l'histoire, écrit dans le style merveilleux et sensoriel demandé. *** # Chapitre 1 : Le Mystère du Phare Scintillant Il était une fois, niché entre deux falaises de craie qui ressemblaient à d’énormes morceaux de sucre, un petit village nommé l’Anse-aux-Coquillages. D...

Le Mystère du Phare Scintillant

Voici le premier chapitre de l'histoire, écrit dans le style merveilleux et sensoriel demandé. *** # Chapitre 1 : Le Mystère du Phare Scintillant Il était une fois, niché entre deux falaises de craie qui ressemblaient à d’énormes morceaux de sucre, un petit village nommé l’Anse-aux-Coquillages. Dans ce village, les maisons avaient des volets bleu lavande et les jardins sentaient bon le sel et la rose trémière. C’est ici que vivait Océane. Océane était une petite fille curieuse dont les cheveux bouclés avaient la couleur du sable chaud et dont les yeux pétillaient comme l’écume des vagues. Alors que les autres enfants du village passaient leurs soirées à collectionner des billes ou à écouter des histoires de pirates, Océane, elle, préférait observer le Vieux Phare. Le Vieux Phare se dressait sur la pointe du rocher de l’Ancre, fier et solitaire. Tout le monde au village disait qu’il était "à la retraite". — Il ne sert plus à rien, affirmait le vieux pêcheur Barnabé en ravaudant ses filets. Les bateaux ont maintenant des écrans magiques qui brillent pour trouver leur chemin. Le phare est juste une vieille chandelle éteinte. Mais Océane n’en croyait pas un mot. Chaque nuit, depuis la fenêtre de sa chambre, elle voyait de minuscules éclats de lumière s’échapper de la lanterne de verre. Ce n’était pas un gros faisceau puissant qui balayait la mer, non. C’était une lueur douce, rythmée, comme le battement de cœur d’une luciole géante. *Toum-toum. Scintille-scintille.* Un soir d'été, alors que la lune ressemblait à une tranche de melon argenté, Océane décida d'en avoir le cœur net. Elle enfila ses bottes en caoutchouc jaunes et se faufila dehors. Le vent de la mer lui caressa les joues, apportant avec lui le parfum iodé des algues et le murmure des vagues qui font « *shhh, shhh* » sur le sable. Arrivée au pied du phare, elle remarqua quelque chose d'extraordinaire. Le sol n’était pas sombre. Il était parsemé d’une fine poussière pailletée, comme si quelqu’un avait secoué un sachet de sucre glace magique sur le chemin. Soudain, un sifflement mélodieux déchira le silence de la nuit. *Fiiiiouuuu !* Océane leva les yeux. Une étoile filante traversait le ciel de velours indigo. Mais au lieu de disparaître derrière l’horizon, l’étoile sembla trébucher. Elle dégringola en tourbillonnant, telle une plume de feu. — Oh non ! Elle va tomber dans l'eau froide ! s'écria Océane en portant ses mains à sa bouche. C’est à cet instant que le phare s’anima. Le sommet de la tour s’illumina d’une couleur rose poudré, puis d’un bleu céleste. Un rayon de lumière, doux comme une caresse, s’élança vers le ciel. Ce n’était pas une lumière qui éblouissait, c’était une lumière qui *invitait*. Comme par magie, l’étoile qui tombait se redressa. Elle sembla s’appuyer sur le rayon lumineux comme sur un toboggan de coton. En glissant doucement, elle vint se poser avec un petit bruit de clochette — *Ting !* — tout en haut du phare, juste derrière la vitre. — Ce n’est pas possible… chuchota Océane, les yeux écarquillés. N’écoutant que son courage, elle poussa la lourde porte en bois du phare. Elle s’attendait à trouver de la vieille huile de moteur et de la poussière. À la place, elle fut enveloppée par une chaleur douce et une odeur de pain d’épices et de rêve. — Bonjour ? y a-t-il quelqu’un ? demanda-t-elle d'une petite voix. — Entre, petite curieuse de l’Anse-aux-Coquillages ! répondit une voix qui craquait comme de vieux parchemins. Océane grimpa l’escalier en colimaçon. Ses bottes faisaient *clic-clac* sur les marches de pierre. Arrivée en haut, elle découvrit une immense pièce remplie de coussins de soie et de miroirs qui reflétaient la lune. Au centre se tenait un homme très vieux, avec une barbe si longue qu'elle semblait tressée avec des rayons de lune. Il tenait dans ses mains une petite chose ronde, vibrante et dorée. — Vous… vous aidez les étoiles ? demanda Océane, fascinée. Le vieil homme sourit, et ses rides semblèrent dessiner des constellations sur son visage. — Les gens pensent que les phares sont faits pour les géants des mers, les bateaux de fer et de bois. Mais ils oublient les petits voyageurs du ciel. Parfois, les jeunes étoiles sont trop fatiguées, ou elles perdent leur chemin en jouant à cache-cache avec les comètes. Alors, elles tombent. Il désigna l'étoile qu'il tenait. Elle s'était blottie dans sa paume, clignant doucement de la lumière comme un chaton qui s'endort. — Si elles tombent dans la mer, elles s’éteignent et deviennent de simples cailloux froids. Mon phare leur montre le chemin du refuge. Ici, elles reprennent des forces avant de repartir briller tout là-haut. Océane s’approcha et tendit un doigt hésitant. La petite étoile frôla sa main. C’était chaud, cela picotait un peu, comme des bulles de limonade sur la peau. Un frisson d’émerveillement parcourut la petite fille. — C’est donc ça, le secret, murmura-t-elle. Le Phare des Étoiles Courageuses… Le vieil homme hocha la tête, mais son regard devint soudain un peu triste. — Oui, mais ma lumière faiblit, Océane. Et il y a tant de petites étoiles perdues ce soir… Aurais-tu assez de magie dans le cœur pour m'aider à les guider ? Océane regarda le ciel immense et les milliers de points brillants qui semblaient trembler. Elle n'était plus une simple petite fille d'un village de pêcheurs. Elle était devenue la gardienne du plus beau des secrets. — Je suis prête, dit-elle fermement. Dites-moi ce que je dois faire.

La Nuit du Grand Pschitt

**CHAPITRE : La Nuit du Grand Pschitt** Barnabé, le vieux gardien, esquissa un sourire ridé comme une vieille pomme. Il s’apprêtait à répondre quand, soudain, l’air changea. Ce n’était pas un vent ordinaire. Ce n'était pas le souffle salé de l'océan qui décoiffe les mouettes. C’était un vent mauve, épais et glacé, qui sentait la réglisse et la poussière de vieux grimoires. — Oh non… murmura Barnabé en levant les yeux vers la grande lanterne de cristal. Pas maintenant. Pas la Nuit du Grand Pschitt ! À peine avait-il prononcé ces mots qu’un grondement sourd monta des profondeurs de la mer. Ce n’était pas le tonnerre, mais un bruit de moteur fatigué qui hoquette. *Grrrr… Craaac…* Et puis, soudain, le son que personne ne voulait entendre : **PSCHITT !** Un bruit sec, comme une goutte d’eau tombant sur une poêle brûlante. Comme une bulle de savon qui éclate. En un clin d’œil, la majestueuse lumière dorée du phare, celle qui balayait l’horizon avec la douceur d’un pinceau magique, s’éteignit brusquement. Le noir tomba sur le monde. Un noir total. Un noir de velours, de réglisse et d’encre de seiche, si profond qu’Océane ne voyait même plus le bout de son propre nez. — Barnabé ? Barnabé, où êtes-vous ? appela-t-elle, la voix un peu tremblante. — Je suis là, petite, répondit une voix étouffée dans l'obscurité. Mais nous avons un gros problème. La Tempête d’Ombre a soufflé le Cœur du Phare. Océane tendit les mains devant elle. Elle se sentait toute petite, comme un minuscule grain de sable perdu dans une cave immense. Dehors, le vent hurlait de plus belle. Mais ce n’était pas un sifflement, c’était un cri de panique. Elle s’approcha de la vitre de la lanterne. Ce qu’elle vit lui serra le cœur. Dans le ciel, les étoiles ne tremblaient plus : elles tombaient ! Privées de la lumière guide du phare, les petites lumières célestes tourbillonnaient dans tous les sens, comme des lucioles affolées dans un bocal. Certaines s’éteignaient en touchant les vagues froides, devenant de simples cailloux gris qui coulaient vers le fond. D'autres se cognaient contre les nuages noirs, perdant leurs jolies étincelles. — Regardez ! s’écria Océane. Elles sont perdues ! Elles vont toutes s'éteindre ! — Sans le phare, elles n'ont plus de boussole, expliqua Barnabé en tâtonnant pour trouver une allumette qui refusait de s'allumer. Elles ont peur de l'obscurité, elles aussi. Et quand une étoile a peur, elle oublie comment briller. Une petite étoile, pas plus grosse qu'une bille, vint s'écraser doucement contre le carreau de la lanterne. Elle ne scintillait plus. Elle était d’un bleu pâle et triste, et elle semblait grelotter. Océane posa sa main contre la vitre pour essayer de la réchauffer à travers le verre. — On ne peut pas rester là sans rien faire ! dit Océane avec une soudaine étincelle de courage dans les yeux. Barnabé, comment rallume-t-on le phare ? Le vieux gardien soupira. On entendit le cliquetis de ses clés. — Ce n'est pas une mèche qu'on allume avec un briquet, Océane. Le Cœur du Phare est un cristal de Courage. Pour qu'il brille à nouveau, il faut lui apporter une « Étincelle de l’Aube ». Mais l'unique étincelle qui reste est enfermée tout en bas, dans la Grotte des Murmures, au pied de la falaise. Et avec ce noir de charbon… Océane prit une grande inspiration. Elle sentit ses jambes flageoler un peu, comme de la gelée de groseille, mais elle serra les poings. Elle pensa à toutes ces étoiles qui tombaient dans la mer comme des larmes d'argent. — J’ai mes bottes en caoutchouc et mon gilet de laine, dit-elle d’une voix claire. Et j’ai promis de vous aider. Donnez-moi une lanterne de secours, je vais descendre à la grotte. — C’est dangereux, Océane. La Nuit du Grand Pschitt vole les couleurs et les chemins. — Alors je créerai mon propre chemin ! répliqua la petite fille. À cet instant, la petite étoile contre la vitre émit un minuscule éclat, comme pour la remercier. Océane ne savait pas encore que cette nuit allait être la plus longue de sa vie, mais elle savait une chose : les étoiles étaient ses amies, et on n’abandonne jamais ses amis dans le noir.

L'Appel de Pipou le Crabe

Voici le chapitre suivant de ton conte, écrit dans le style merveilleux et sensoriel du "Wonder Engine". *** # CHAPITRE 2 : L’Appel de Pipou le Crabe Océane poussa la lourde porte en chêne du phare. Dehors, le monde avait changé. La « Nuit du Grand Pschitt » avait tout recouvert d’un manteau de velours noir et silencieux. Les vagues ne faisaient plus « splash », elles faisaient un bruit étouffé, comme si l’océan craignait de réveiller un géant endormi. La petite fille descendit les marches de pierre qui serpentaient le long de la falaise. Ses bottes jaunes faisaient un petit bruit rassurant : *floc, floc, floc*. Dans sa main, la lanterne de secours diffusait une lumière timide, orange comme une pelure de mandarine. — N’aie pas peur, petite lanterne, chuchota Océane. On va retrouver le chemin. Soudain, un bruit étrange s’éleva du sable, juste en bas, là où la mer vient lécher les rochers. *Cric-crac. Cliquetis-cloc.* Océane s’arrêta net. Elle pointa sa lumière vers une flaque d’eau de mer coincée entre deux rochers recouverts d’algues chevelues. Au milieu de l’eau, quelque chose brillait. Ce n’était pas le reflet d’une étoile, puisque le ciel était éteint. C’était une lueur bleu néon, électrique et joyeuse. Une petite carapace ronde émergea des bulles. Puis deux yeux rigolos, perchés au bout de longs fils, pivotèrent vers Océane comme des périscopes. — Hé là ! Attention où tu mets tes gros pieds en caoutchouc, Grande-Bottes ! s'exclama une voix aigrelette et vive. Tu as failli écrabouiller ma salle à manger ! Océane écarquilla les yeux. Devant elle se tenait un crabe pas plus gros qu'une pomme. Mais ce n’était pas un crabe ordinaire : sa pince droite était immense et translucide, rayonnant d’une lumière turquoise qui faisait danser des paillettes sur le sable mouillé. — Oh ! Pardon Monsieur le Crabe, répondit Océane en s’agenouillant. Je m’appelle Océane. Je cherche la Grotte des Murmures. Le petit crustacé fit une pirouette sur lui-même, faisant claquer sa pince lumineuse avec fierté. — Je sais qui tu es ! L’amie des étoiles, celle qui n’a pas peur de l’ombre. Moi, c’est Pipou. Je suis le Veilleur des Flaques et le Champion de la Pince-Lanterne. Et si tu cherches la grotte, tu as de la chance : je suis le meilleur GPS à huit pattes de toute la côte ! Océane sourit, et son cœur sembla un peu moins lourd. — Tu peux m'aider, Pipou ? Le phare est éteint. Sans lui, les étoiles vont s’effacer pour de bon. Le regard de Pipou devint sérieux. Il agita ses antennes avec nervosité. — C’est pire que ce que je pensais, Océane. La Nuit du Grand Pschitt a volé la flamme du phare, mais elle n'a pas pu prendre l’**Éclat de Courage**. C’est une pierre magique, un morceau de cœur de comète tombé il y a mille ans. Elle est cachée tout au fond de la Grotte des Murmures. Il fit un pas de côté, sa pince bleue éclairant le chemin vers une fente sombre dans la falaise. — L’Éclat de Courage est la seule chose capable de rallumer le grand miroir du phare, expliqua Pipou. Mais attention ! La grotte est remplie de courants d'air qui racontent des bêtises et de bulles de doutes. Pour trouver l’Éclat, il ne faudra pas seulement tes yeux, Océane. Il faudra écouter ce que dit ton cœur quand il bat très fort. Océane regarda la grotte sombre. Elle ressemblait à une bouche de géant ouverte sur l'inconnu. Elle sentit un petit frisson courir le long de son gilet de laine. — Est-ce que... est-ce que tu viens avec moi ? demanda-t-elle à voix basse. Pipou fit claquer sa pince lumineuse dans un joyeux *clac !* qui chassa un peu de noirceur. — Évidemment ! Un chevalier à pince n’abandonne jamais une demoiselle en bottes ! Et puis, avec ma lumière bleue et ta lanterne orange, on va leur montrer de quel bois on se chauffe, à ces ténèbres ! Océane se redressa, inspirant l’odeur salée et fraîche de l’aventure. Elle n’était plus seule. Avec Pipou à ses côtés, la Grotte des Murmures n’avait qu’à bien se tenir. — En route, Pipou ! dit-elle avec détermination. Et ensemble, la petite fille et le crabe phosphorescent s'enfoncèrent dans les entrailles de la terre, là où le silence commence à parler.

La Forêt des Algues Chatouilleuses

### Chapitre : La Forêt des Algues Chatouilleuses Le tunnel de pierre s’élargit soudain, révélant une salle si vaste qu’on aurait pu y cacher un château entier. Mais ce n’étaient pas des murs de roche qu’Océane découvrit. Devant elle s’étendait une forêt étrange, baignée dans une eau turquoise et translucide qui montait jusqu’à sa taille. — Regarde, Pipou ! murmura Océane, les yeux écarquillés. Des milliers de longues tiges vert émeraude s’élançaient du sol de sable blanc pour rejoindre le plafond invisible. Ces algues géantes ne restaient pas immobiles : elles ondulaient avec grâce, comme si elles dansaient au rythme d’une musique que seules les étoiles pouvaient entendre. Elles brillaient d’une douce lueur phosphorescente, jetant des reflets de menthe et de saphir sur les parois de la grotte. — C’est la Forêt des Algues Chatouilleuses, annonça Pipou en faisant un petit saut périlleux pour atterrir sur l’épaule de la fillette. Attention, Océane ! Ces plantes-là ont un caractère très... remuant. Océane avança prudemment. Dès qu’elle fit son premier pas dans l’eau tiède, une longue liane de soie végétale s’enroula doucement autour de sa cheville. Elle sursauta, le cœur battant à tout rompre. — Oh ! Quelque chose m’a touchée ! C’est tout noir là-dessous ! L’obscurité entre les tiges épaisses semblait soudain pleine de mystères inquiétants. Les ombres s'étiraient, ressemblant à de longs bras sombres prêts à l'attraper. Océane serra sa lanterne orange contre elle. Le silence de la forêt devint lourd, et chaque bruissement d’eau lui paraissait être le pas d’un monstre caché. — Pipou, j’ai un peu peur... avoua-t-elle. Les ombres sont si grandes. Le crabe ne répondit pas tout de suite. Il était trop occupé à se tortiller. Une petite algue fine venait de lui frôler le ventre. — Hi hi ! Oh non ! Pas là ! Gloups ! Ha ha ha ! Pipou éclata d’un rire si cristallin que le son rebondit sur les parois comme des billes de verre. — Océane, ce ne sont pas des monstres ! Ce sont des plumeaux à chatouilles ! Regarde ! Une algue frisée s’approcha du nez d’Océane et, dans un mouvement rapide comme un clin d’œil, lui effleura les narines. — *Atchoum !* fit Océane, surprise. Puis, une autre algue vint lui brosser les côtes. *Guili-guili !* La fillette ne put s’en empêcher. Un petit rire s’échappa de ses lèvres. Un rire timide au début, puis plus franc. — Ça chatouille pour de vrai ! s’exclama-t-elle en essayant d’attraper la liane farceuse. À mesure qu’Océane et Pipou riaient, quelque chose de magique se produisit. Plus leurs rires étaient forts, plus les algues s’illuminaient. La forêt devint si éclatante que l’obscurité, qui semblait si effrayante quelques minutes plus tôt, s'enfuit dans les coins les plus reculés de la grotte. — Tu vois, Océane ? lança Pipou en faisant des bulles de joie. Le noir, c’est comme une vieille couverture poussiéreuse. Dès qu’on commence à rire, on secoue la couverture et toute la lumière cachée dessous s’échappe ! Océane comprit alors que Pipou avait raison. En riant, son cœur ne battait plus de peur, mais d’excitation. Les ombres n’étaient plus des monstres, mais simplement des partenaires de jeu qui n'attendaient qu'un sourire pour s'éclaircir. Elle se mit à courir à travers l’eau, faisant jaillir des milliers de gouttes étincelantes. Elle ne cherchait plus à éviter les algues ; elle les traversait en riant à gorge déployée, tandis que les plantes marines l'enveloppaient de caresses légères et parfumées. L'odeur de la forêt était celle du melon frais et de la brise marine. — Plus vite, Pipou ! On va les battre à la course ! Le petit crabe, accroché au gilet de laine, agitait ses pinces en l'air comme s'il chevauchait un dragon des mers. — En avant, Cavalière du Rire ! Les ténèbres ont déjà capitulé ! Lorsqu'ils atteignirent enfin l'autre rive de la forêt de jade, Océane était essoufflée, mais son visage rayonnait. Elle se retourna une dernière fois vers les algues qui ondulaient doucement, comme pour leur dire au revoir. — Merci pour les chatouilles ! cria-t-elle. Elle n'avait plus besoin de serrer sa lanterne aussi fort. Elle savait maintenant qu'elle portait en elle une lumière bien plus puissante que toutes les bougies du monde : celle de la joie qui transforme l'inconnu en une merveilleuse aventure. Devant eux, un nouveau tunnel s'ouvrait, mais cette fois, Océane ne vit pas une bouche de géant. Elle y vit le chemin vers la prochaine étoile.

Le Poulpe qui boudait

**CHAPITRE : Le Poulpe qui boudait** Le tunnel débouchait sur une grotte extraordinaire que l’on aurait pu appeler la « Chambre des Miroirs d’Eau ». Ici, les parois n’étaient pas faites de roche, mais de grandes bulles de savon géantes et solides qui emprisonnaient des reflets de l’arc-en-ciel. Au centre de cette pièce scintillante, une silhouette imposante barrait le passage. C’était Octave. Mais Octave n’était pas un poulpe ordinaire. Imaginez un immense édredon de velours violet, avec huit bras longs comme des toboggans, parsemés de ventouses qui ressemblaient à des petites tasses de porcelaine. D’habitude, Octave était le roi de la jonglerie, mais aujourd’hui, il ressemblait à un énorme gribouillage de mauvaise humeur. Il était tout emmêlé sur lui-même, formant une boule compacte et sombre, boudant au milieu d’un nuage d’encre pailletée. — Oh là là, murmura Pipou en s’agrippant au col d’Océane. On dirait qu’un orage a décidé de s’installer dans ses tentacules ! Océane s’approcha doucement. Ses bottes en caoutchouc faisaient un petit bruit de succion sur le sol mouillé : *Spli-sh, splatch.* Elle remarqua immédiatement une lueur dorée qui dépassait d’entre deux tentacules noués. C’était l’Éclat de Courage ! Octave le serrait contre son cœur comme un doudou précieux et interdit. — Monsieur Octave ? appela doucement Océane. Le poulpe laissa échapper un énorme soupir qui fit vibrer les parois de la grotte. Une bulle de tristesse s'échappa de son siphon et éclata dans un bruit de violon désaccordé. — Allez-vous-en, grogna-t-il d'une voix qui ressemblait au roulement des galets sur la plage. Je suis trop moche. Je suis trop encombrant. J’ai trop de bras et je ne sais jamais quoi en faire. Je suis juste un gros sac de nœuds tout triste. Il vira au gris souris, une couleur si terne qu'elle semblait absorber la lumière de la lanterne d'Océane. — Mais Octave, s’exclama Pipou en agitant ses pinces, tu es le meilleur pâtissier de nœuds marins du monde ! Et puis, tu as l’Éclat de Courage. On en a besoin pour rallumer le Phare ! — Le courage ? Octave eut un petit rire amer. Comment pourrais-je donner du courage alors que j'ai même peur de mon propre reflet ? Regardez-moi… Je boudes parce que je me sens seul dans ma peau de géant. Océane sentit une petite pointe de peine dans sa poitrine. Elle comprit que le grand poulpe ne faisait pas un caprice ; il avait simplement oublié à quel point il était spécial. Elle s’assit en tailleur sur le sable brillant, juste devant lui, à portée de tentacule. — Tu sais, Octave, commença-t-elle d'une voix douce comme une caresse de méduse, moi aussi, parfois, je me sens trop petite pour ce grand monde. Parfois, mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'il va s'envoler comme un oiseau terrifié. Le poulpe déplia un seul œil, un grand globe doré avec une pupille en forme de fente horizontale. Il l’observa avec curiosité. — Toi ? La Cavalière du Rire ? Tu as peur ? Océane hocha la tête et fit signe à Octave de s’approcher. Le poulpe, intrigué, laissa glisser un tentacule vers elle. Océane se pencha et murmura à l’endroit où l’on devinait son oreille de poulpe : — Je vais te dire un secret que personne ne sait. Un secret magique qui redonne le sourire quand on se sent tout gris. Octave s’immobilisa. Même Pipou retint sa respiration, les pinces en l'air. — Mon secret, chuchota Océane, c’est que sous mon gilet de laine, je porte toujours une chaussette à rayures et une chaussette à pois. Je le fais parce que quand je me sens triste ou que j'ai peur, je gigote mes orteils et je me dis : « Océane, tes pieds font une fête rigolote et personne n’est au courant ! » Ça me fait rire à l’intérieur, et quand on rit à l’intérieur, le gris s’en va pour laisser la place aux confettis. Octave resta silencieux un instant. Puis, un petit tressaillement parcourut ses ventouses. Un rose bonbon commença à envahir le bout de ses tentacules. — Des chaussettes… différentes ? demanda-t-il. — Oui ! Et j'ai aussi un autre secret : je parle à mon oreiller pour lui raconter mes bêtises, et il me répond toujours avec des rêves de chocolat. Soudain, un gargouillis monta du fond du poulpe. Ce n’était pas un cri, c’était un rire ! Un rire qui commença comme un petit glouglou et finit en une explosion de joie. Octave se mit à changer de couleur à toute vitesse : il devint orange vif, puis vert émeraude, puis bleu électrique avec des taches jaune citron. — Des chaussettes à pois ! s’esclaffa-t-il en se tortillant dans tous les sens. C’est… c’est absolument ridicule ! J’adore ça ! En riant, il se dénoua complètement. Ses huit bras s'étirèrent comme les rayons d'un soleil aquatique. Dans l'élan de sa joie, il ouvrit sa cachette et tendit l’Éclat de Courage à Océane. Le fragment d’étoile brillait d’une ferveur nouvelle, nourri par ce moment de complicité. — Merci, petite humaine, dit Octave en changeant sa texture pour devenir tout doux, comme de la mousse de mer. Ton secret m’a rappelé que même quand on est un gros poulpe tout mêlé, on a toujours une petite étincelle de fantaisie cachée quelque part. Il utilisa deux de ses bras pour faire une petite révérence et, avec un troisième, il offrit à Pipou un minuscule coquillage en forme de chapeau. — Tenez, prenez l’Éclat. Il brille plus fort maintenant. C’est parce que le vrai courage, ce n'est pas de ne jamais être triste, c'est de savoir partager sa vulnérabilité pour retrouver le sourire. Océane prit la pierre lumineuse. Elle était chaude et sentait le sable chaud et la victoire. Elle fit un clin d'œil au poulpe multicolore. — Au revoir, Octave ! Et n'oublie pas de faire la fête avec tes tentacules ! — Compte sur moi ! répondit le poulpe en commençant à jongler avec des bulles irisées. Océane et Pipou reprirent leur route. Le tunnel suivant n’était plus sombre du tout ; il était éclairé par le souvenir du rire d’un poulpe et par la certitude que chaque secret partagé était un pas de plus vers la lumière du phare.

Le Chant de la Baleine Sage

**CHAPITRE : Le Chant de la Baleine Sage** Le tunnel de cristal déboucha soudain sur une plaine liquide d’un bleu si profond qu’on aurait dit de l’encre de nuit. Ici, l’eau n’était plus tiède et accueillante. Elle était devenue piquante, parsemée de minuscules aiguilles de givre qui faisaient grelotter les écailles des poissons-lanternes. — Glagla… Océane, je crois que mes pinces se sont transformées en glaçons ! claqua Pipou en essayant de se cacher sous sa petite écharpe d’algues. Océane serra l’Éclat contre son cœur. La pierre diffusait une douce lumière, mais devant eux, le chemin semblait insurmontable. Le « Grand Courant de Glace » barrait la route. C’était une rivière invisible au milieu de l’océan, un tourbillon furieux qui emportait tout sur son passage : les rochers, les algues et même les souvenirs de chaleur. — On ne pourra jamais traverser, murmura Océane, le souffle court. C’est trop vaste, trop froid… et nous sommes si petits. C’est alors qu’une ombre immense, plus grande qu’un château, plus vaste qu’une île, glissa au-dessus d’eux. Le ciel marin s’obscurcit de façon rassurante. Un son grave, profond comme le tonnerre mais doux comme une berceuse, fit vibrer l’eau tout entière. *Hooooom… Mwaaaaaa…* — Regarde, Pipou ! s'exclama Océane en levant les yeux. C’était Bérénice, la Baleine Sage. Sa peau était d’un gris bleuté, parsemée de coquillages qui ressemblaient à des étoiles collées sur sa peau. Ses yeux, deux grandes lunes de sagesse, se posèrent sur les voyageurs. — Approchez, petits marcheurs d’écume, dit la baleine d’une voix qui semblait venir du fond des âges. Le courant est fort, mais mon dos est une forteresse. D’un coup de nageoire majestueux, elle créa un rempart contre l’eau glacée. Océane et Pipou s’agrippèrent avec précaution à une petite aspérité près de sa nageoire dorsale. C’était comme s'installer sur une colline vivante et tiède. Bérénice s'élança. Elle fendait les courants froids avec une force tranquille. Autour d'eux, le courant hurlait, mais contre le flanc de la baleine, on n'entendait que le battement régulier de son cœur géant : *Boum-boum. Boum-boum.* — Dites-moi, Grande Bérénice, demanda Océane alors qu’ils traversaient une tempête de flocons de sel, comment faites-vous pour ne pas avoir peur ? Vous êtes si grande, rien ne peut vous arrêter, n’est-ce pas ? La baleine laissa échapper un panache de bulles argentées par son évent, ce qui fit rire Pipou. — Détrompe-toi, petite étoile. La taille n’est qu’une apparence. Dans ce courant glacé, si je ne comptais que sur mes muscles, je finirais par m’épuiser et couler. Le vrai courage, il ne vient pas de la force de mes nageoires. — Ah bon ? demanda Pipou, les yeux ronds. Il vient d’où alors ? De votre chapeau ? (Car Pipou pensait que tout le monde devrait porter un chapeau). Bérénice rit, et la vibration fut si joyeuse qu’Océane sentit ses propres pieds se réchauffer. — Il vient de la petite flamme intérieure, expliqua Bérénice. Écoutez bien… La baleine commença à chanter. Ce n’était pas un chant ordinaire. C’était une mélodie qui racontait des histoires de soleils lointains, de nids douillets et de câlins de maman poulpe. Océane ferma les yeux. Elle sentit une chaleur étrange naître au creux de son ventre. Ce n’était pas la chaleur de l’Éclat, c’était la sienne. Une force qui disait : *« Je suis là, je suis capable, je suis lumière. »* — Vous voyez ? reprit la baleine. Le courage, c'est ce petit feu que l’on allume en soi quand tout est noir et froid autour. Ce n'est pas de ne pas avoir peur, c'est de laisser sa lumière intérieure briller plus fort que la tempête. Le voyage dura ce qui sembla être une éternité de douceur. Finalement, les courants se calmèrent. L’eau redevint claire et paisible. Bérénice s'arrêta à la lisière d'une forêt d'anémones luminescentes. — Nous y sommes, dit-elle en aidant ses passagers à descendre. Le Phare des Étoiles Courageuses n'est plus loin maintenant. Océane caressa la peau rugueuse et amicale de la géante. — Merci, Bérénice. Je me sens… plus grande, d’une certaine façon. — C’est parce que tu as trouvé ton propre chant, petite Océane, répondit la baleine avec un clin d'œil brillant. N’oublie jamais : quand le monde te semblera trop vaste ou trop froid, écoute ton cœur. C’est là que se cache ton plus bel éclat. Sur un dernier chant mélodieux, la baleine s'éloigna vers les profondeurs, laissant derrière elle un sillage de poussière d'étoiles marines. Océane et Pipou se regardèrent. Ils n'avaient plus froid. Ils étaient prêts pour la suite, car ils savaient désormais que même les plus petits héros portent en eux un incendie de bravoure.

Le Face-à-Face avec l'Ombre

### Chapitre : Le Face-à-Face avec l'Ombre Le chemin qui menait à la Grotte des Murmures ressemblait à un ruban de velours sombre, parsemé de petits coquillages qui brillaient comme des veilleuses. Océane avançait prudemment, ses petites mains serrées sur son sac de voyage. À ses côtés, Pipou, le petit hippocampe à lunettes, battait des nageoires plus vite que d'habitude. — Tu entends ça, Océane ? chuchota Pipou en se cachant derrière une mèche de cheveux de la petite fille. On dirait que les parois de la grotte nous parlent… Océane tendit l’oreille. La grotte ne criait pas, elle ne grondait pas. Elle murmurait. C’était un son doux, comme le vent dans les voiles d’un bateau, mais ce qu’elle entendait faisait frissonner son cœur. *« Tu n’y arriveras jamais… »* *« Tu es bien trop petite pour une si grande mission… »* *« Et si le phare restait éteint à cause de toi ? »* L’entrée de la grotte se dressait devant eux, semblable à une immense mâchoire de cristal bleu. À l’intérieur, l’obscurité n'était pas totale, mais elle semblait épaisse, presque solide. C’était là, au centre de cette salle souterraine, que reposait la Poussière d’Étoile, le trésor nécessaire pour rallumer le Phare des Étoiles Courageuses. — On doit entrer, Pipou, dit Océane d’une voix qu’elle essayait de rendre ferme. À peine eurent-ils franchi le seuil qu'une forme étrange se détacha des parois. Ce n'était pas un monstre avec des dents pointues, ni un pirate fantôme. C'était une silhouette qui ressemblait trait pour trait à Océane, mais elle était faite de fumée grise et de reflets d'encre. C’était son Ombre. L’Ombre se dressa devant le coffre de nacre qui contenait la poussière magique. Elle ne bougeait pas, mais ses murmures devinrent plus distincts, s’immisçant dans l’esprit d’Océane comme de l’eau glacée. — Regarde-toi, dit l’Ombre d’une voix qui ressemblait à un écho triste. Tu as eu peur des courants, tu as eu peur du noir. Tu n’es pas une héroïne, tu es juste une petite fille perdue au fond de l’océan. Abandonne… Rentre chez toi. Pipou laissa échapper un petit couinement de peur et se recroquevilla. Océane, elle, sentit ses genoux trembler. Pendant un instant, elle crut que l’Ombre avait raison. Elle se sentit minuscule, aussi fragile qu’une bulle de savon prête à éclater. Le doute, lourd et gris, commençait à l’envahir. Mais soudain, elle se souvint de la chaleur de Bérénice la baleine. Elle se souvint de ce que la géante lui avait dit : *« Écoute ton cœur. C’est là que se cache ton plus bel éclat. »* Océane ferma les yeux. Elle ne chercha pas à combattre l’Ombre avec ses poings. Elle chercha la petite flamme qui brûlait en elle. Elle se remémora le voyage, le courage qu'elle avait déjà montré, et l'amitié de Pipou. — Tu as tort, murmura-t-elle d’abord, puis plus fort : Tu as tort ! Elle fit un pas en avant, droit vers la silhouette de brume. — Je suis peut-être petite, et j'ai peut-être peur, mais la peur ne m'empêche pas d'avancer. Elle me dit juste que ce que je fais est important. Océane commença à fredonner le chant que Bérénice lui avait appris. C’était une mélodie claire, une note d’espoir qui vibrait dans l’eau comme une clochette d’argent. À chaque note, la grotte s’illuminait d’une lueur dorée. L’Ombre, surprise, commença à perdre de sa force. Elle ne semblait plus menaçante, elle semblait… fatiguée. — Je n'ai pas besoin que tu disparaisse, poursuivit Océane avec douceur en tendant la main vers sa propre image de fumée. Tu es une partie de moi. Tu es ma peur, et c'est d'accord. Mais aujourd'hui, c'est mon courage qui commande. Au moment où les doigts d’Océane effleurèrent l’ombre, celle-ci ne se brisa pas. Elle se transforma. La fumée grise devint une pluie d'étincelles scintillantes qui s’envolèrent vers le plafond de la grotte, révélant enfin le coffre de nacre. — Regarde, Océane ! s’exclama Pipou en sautant de joie. Tu as réussi ! Elle est partie ! Océane s’approcha du coffre et souleva le couvercle. À l’intérieur, une lumière éblouissante tourbillonnait. C’était la Poussière d’Étoile. Elle sentait le sable chaud et les rêves d’été. C'était la chose la plus magnifique qu'elle ait jamais vue. Elle en remplit délicatement une petite fiole de verre. Le doute s'était envolé, remplacé par une certitude tranquille. Elle n'était plus la même petite fille qu'au début du voyage. Elle portait en elle la force des courants et la clarté des étoiles. — Allez, Pipou, dit-elle en rangeant précieusement le trésor. Le Phare nous attend. Et cette fois, je crois que c'est nous qui allons éclairer l'océan. Main dans la nageoire, ils quittèrent la Grotte des Murmures. Dehors, l'océan ne semblait plus si vaste, ni si froid. Car au fond de ses yeux, Océane brillait déjà de mille feux.

L'Étincelle du Cœur

# Chapitre : L’Étincelle du Cœur Le chemin du retour ressemblait à une fête sous-marine. Autour d’Océane et de Pipou, les algues dansaient comme des rubans de soie émeraude, et les petits poissons-lanternes s'écartaient pour les laisser passer, émerveillés par la fiole de Poussière d’Étoile qui brillait à la ceinture de la petite fille. Pourtant, alors qu’ils approchaient des grands récifs de corail qui bordaient le pied du Phare, un froid soudain saisit l'eau. Une brume sombre, épaisse comme de la barbe à papa oubliée, commença à s’enrouler autour d’eux. C’était la Brume des Hésitations, les derniers restes de l’ombre qui cherchait à éteindre les rêves. Pipou, le petit hippocampe, s'arrêta net. Ses nageoires tremblaient. — Océane… j’ai l’impression que l’océan devient tout petit et tout noir, murmura-t-il d'une petite voix de cristal. J’ai peur qu’on ne retrouve jamais le chemin. Océane sentit une pointe d’inquiétude lui pincer le ventre. Elle plongea la main dans sa sacoche pour saisir la fiole. — Ne t’inquiète pas, Pipou ! La Poussière d’Étoile va nous éclairer. C’est de la magie, ça gagne toujours ! Elle sortit le flacon de verre. Elle s’attendait à ce qu’une explosion de lumière déchire la brume. Mais, à sa grande surprise, la poussière à l'intérieur semblait s’endormir. Elle scintillait faiblement, comme une bougie fatiguée. Plus Océane s'efforçait de « commander » à la magie de briller, plus la lueur diminuait. — Ça ne marche pas ? s’inquiéta Pipou, dont les yeux ronds s’emplissaient de larmes salées. Si la poussière s'éteint, le Phare restera éteint lui aussi… Océane regarda son ami. Elle vit son petit corps fragile bousculé par le courant froid. À ce moment-là, elle oublia la fiole, elle oublia la mission, elle oublia même le Phare. La seule chose qui comptait, c’était que Pipou n’ait plus peur. Elle lâcha la fiole (qui resta suspendue par son cordon) et prit délicatement l’hippocampe entre ses mains. Elle le serra contre elle, sentant le battement rapide de son petit cœur contre sa paume. — Écoute-moi, Pipou, dit-elle d’une voix douce et assurée, une voix qui sentait bon le chocolat chaud et les promesses tenues. Même si cette poussière s’éteint, même si le soleil décide de ne pas se lever demain, je ne te lâcherai pas. On est ensemble. Je suis là, et je suis assez forte pour nous deux. Alors qu’elle prononçait ces mots, quelque chose d’extraordinaire se produisit. Ce ne fut pas la fiole qui s’alluma. Ce fut la poitrine d’Océane. Au creux de son cœur, une étincelle dorée venait de naître. Ce n’était pas une lumière froide comme celle de la grotte, mais une chaleur vibrante, une lumière qui picotait de joie. L’Éclat de Courage, le véritable trésor du Phare, venait de se réveiller. Il ne se nourrissait pas de formules magiques, mais d'une chose bien plus puissante : l'amitié pure. — Océane ! Regarde ! s'écria Pipou, dont les écailles se mirent à briller par reflet. Tu… tu brilles comme un petit soleil ! Océane regarda ses mains. Elles irradiaient une lumière d'ambre et d'or rose. La brume sombre, touchée par cette chaleur humaine, commença à fondre comme du sucre dans l’eau. — J’ai compris, Pipou, rit Océane en sentant une force immense couler dans ses veines. La poussière d’étoile n’est qu’un miroir. Elle ne brille que si nous, nous brillons à l’intérieur. Je n'ai pas besoin d'un trésor pour être courageuse. Mon courage, c'est de t'aimer et de vouloir te protéger. D’un coup de nageoire puissant, Océane s’élança. Elle ne suivait plus un chemin tracé, elle *était* le chemin. La lumière qui émanait d'elle créait un tunnel d'or à travers l'obscurité. Pipou, ragaillardi, faisait des cabrioles autour d’elle, laissant derrière lui des bulles de lumière argentée. Ils n’étaient plus une petite fille perdue et un hippocampe craintif. Ils étaient les Gardiens de la Lumière. — Regarde là-haut ! pointa Pipou. Tout en haut, la silhouette majestueuse du Phare des Étoiles Courageuses se découpait enfin contre le bleu profond de la surface. Sous l'impulsion de l'étincelle du cœur d'Océane, la Poussière d'Étoile dans la fiole se mit soudain à tourbillonner avec une énergie folle, comme si elle avait hâte de rejoindre sa maison. — On y est, murmura Océane, le visage illuminé par une détermination nouvelle. Prêt pour le grand final, Pipou ? — Avec toi, Océane, je pourrais nager jusqu'à la lune ! Main dans la nageoire, portés par une vague de chaleur et d'espoir, ils s'élancèrent vers le sommet du monde marin, là où les rêves allaient enfin retrouver leur éclat.

Le Phare se Rallume !

**CHAPITRE : Le Phare se Rallume !** Le sommet du Phare des Étoiles Courageuses ne ressemblait à rien de ce qu’Océane avait pu imaginer. C’était une immense coupole de cristal pur, suspendue entre l’écume de l’océan et le velours de la nuit. Au centre de cette pièce transparente trônait une vasque de nacre sculptée en forme de coquillage géant. Elle semblait attendre, silencieuse et froide, depuis une éternité. — C’est là, chuchota Océane. C’est là que bat le cœur du phare. Pipou l’hippocampe, dont les nageoires frétillaient d’excitation, tournait autour de la vasque comme un petit satellite doré. — Regarde, Océane ! La fiole ! Elle brille tellement qu’on dirait qu’elle va s'envoler ! C’était vrai. Dans la main d’Océane, la petite bouteille de verre vibrait. La Poussière d’Étoile à l’intérieur ne tourbillonnait plus ; elle sautillait, frappant contre les parois avec un tintement de clochettes argentées. On aurait dit un petit animal joyeux impatient de retrouver sa liberté. D’un geste lent et solennel, Océane s’approcha du réceptacle de nacre. Ses doigts tremblaient légèrement, non pas de peur, mais d’une émotion immense. Elle se souvint de l’obscurité glacée des profondeurs, des doutes qui l’avaient assaillie, et de la petite étincelle de courage qu’elle avait dû aller chercher tout au fond de son propre cœur. — Merci de m’avoir accompagnée, Pipou, dit-elle avec un sourire radieux. — On fait une super équipe, Gardienne ! répondit le petit hippocampe en faisant un clin d’œil. Océane dévissa le bouchon. Pendant un court instant, le temps sembla s’arrêter. Le vent cessa de souffler, les vagues retinrent leur souffle. Puis, dans un murmure de soie, l’Éclat s’échappa de la fiole. Ce n’était pas juste une lumière, c’était une explosion de vie. Une colonne de lumière bleu saphir et d’or pur jaillit de la vasque, traversa le dôme de cristal et monta droit vers le ciel, perçant les nuages sombres comme une épée magique. — Oh… ! s’exclama Océane, les yeux écarquillés par l’émerveillement. Le faisceau du phare s’était rallumé, puissant et protecteur. Il commença à tourner lentement, balayant l’horizon marin d’une lueur réconfortante qui sentait bon le sable chaud et la fleur de sel. Mais le vrai miracle ne faisait que commencer. Répondant à l’appel du phare, de petites lueurs commencèrent à sortir de l’ombre partout autour d’eux. Des étoiles égarées, qui s’étaient cachées dans les récifs de corail, derrière les rochers ou au creux des vagues pour échapper au noir, s’élançaient maintenant vers le ciel. Elles ressemblaient à des milliers de lucioles magiques remontant des profondeurs. — Regarde, là-bas ! s’écria Pipou en pointant sa petite nageoire. C’est l’Étoile Polaire ! Elle rentre chez elle ! Une à une, les étoiles retrouvaient leur place dans la grande tapisserie de la nuit. Le ciel, autrefois vide et triste, redevenait un jardin étincelant. Chaque étoile qui se rallumait envoyait un petit scintillement de remerciement vers le phare. Sous l’eau, le royaume marin s’illuminait lui aussi, les coraux se mettant à briller d’une douce lueur rose et turquoise. Océane posa ses mains sur le rebord de cristal. Elle sentait la chaleur du phare se diffuser dans tout son corps. Ce n’était plus seulement la lumière des étoiles, c’était sa propre lumière, celle qu’elle avait découverte en affrontant ses peurs. — On a réussi, Pipou, murmura-t-elle alors qu’une pluie de paillettes argentées tombait doucement sur eux. — Le monde n'aura plus jamais peur du noir, ajouta l’hippocampe en se perchant fièrement sur l’épaule de son amie. Parce qu'il y aura toujours des cœurs courageux pour rallumer les étoiles. Au-dessus d'eux, le ciel était redevenu un océan de diamants. Océane leva les yeux et sourit. Elle savait qu'à partir d'aujourd'hui, chaque fois qu'une étoile brillerait dans la nuit, ce serait pour raconter l'histoire d'une petite fille et de son ami hippocampe qui n'avaient pas eu peur de l'obscurité. Le Phare des Étoiles Courageuses veillait à nouveau, et dans son éclat retrouvé, tout le monde marin s'endormit, bercé par la plus belle des lumières.

La Fête des Étoiles

# Chapitre : La Fête des Étoiles Le lendemain matin, le village sous-marin de Coralia ne ressemblait plus du tout à l’endroit sombre et silencieux qu’Océane avait quitté. Dès l'aube, une lueur dorée, douce comme une caresse, s'était mise à danser entre les anémones. Le Phare des Étoiles Courageuses, perché tout là-haut sur son rocher de cristal, veillait sur l'océan comme un grand veilleur bienveillant. — Réveille-toi, Océane ! Regarde ! s'exclama Pipou en exécutant une triple pirouette dans l'eau. Océane ouvrit les yeux et resta bouche bée. Devant sa fenêtre en nacre, des milliers de petites bulles irisées montaient vers la surface. Elles transportaient des éclats de lumière argentée qui faisaient scintiller le sable de mille feux. — C’est la Fête des Étoiles ! s’écria-t-elle en sautant de son lit de mousse. Lorsqu’elle sortit de sa maison, un immense « HOOOOORAY ! » fit vibrer ses nageoires. Tout le village était réuni. Les poissons-clowns jonglaient avec des perles lumineuses, les raies mantas volaient avec élégance en traînant derrière elles des guirlandes d’algues phosphorescentes, et les crabes battaient la mesure avec leurs pinces sur des carapaces vides. Au centre de la place, la Grande Tortue de Sagesse attendait Océane. Elle portait une couronne faite de corail bleu et de diamants de mer. — Approche, petite gardienne, dit la tortue d’une voix profonde et douce. Océane avança timidement, Pipou toujours perché sur son épaule, bombant le torse comme s’il avait lui-même porté le phare sur son dos. Le silence se fit dans la foule, un silence joyeux, rempli d’admiration. — Océane, reprit la tortue, tu es allée là où personne n’osait plus s'aventurer. Tu as affronté tes propres peurs pour ramener la lumière à ceux qui en avaient besoin. D’un geste lent, la tortue posa sur le cou d'Océane un médaillon unique : un éclat de cristal du phare, suspendu à un fil d'argent. — Merci, murmura Océane, le cœur battant à tout rompre. Mais je n'étais pas toute seule. Pipou m'a aidée, et... j'ai découvert que la lumière était déjà là, à l'intérieur de moi. La fête commença alors pour de bon. On servit des délices incroyables : du nectar de corail sucré, des mousses d’algues fondantes et des petits gâteaux de sable à la vanille des mers. La musique des trompettes de conques résonnait dans chaque recoin de l'océan. Océane dansait avec ses amis, tourbillonnant dans les courants chauds. Elle se sentait légère, comme si elle était faite de bulles et de sourires. Pourtant, au milieu des rires et des chants, Océane remarqua un petit poisson-lanterne qui restait caché derrière un rocher, sa petite lumière tremblotant de timidité. Elle s'approcha de lui avec douceur et lui tendit un morceau de son gâteau. — Pourquoi restes-tu là ? demanda-t-elle avec un sourire chaleureux. — Je... je suis trop petit pour la fête, murmura le poisson-lanterne. Ma lumière ne brille presque pas par rapport au grand phare. Océane s’accroupit près de lui. Elle prit sa petite nageoire dans la sienne. — Écoute-moi bien, petit ami. Sais-tu ce que j'ai appris pendant mon voyage ? Même la plus petite étoile dans le ciel immense empêche la nuit d'être tout à fait noire. Et même quand on est petit comme nous, on peut éclairer le monde. Il suffit d'un tout petit peu de courage et d'une grande dose de gentillesse. C’est ça, la vraie magie. Le petit poisson-lanterne la regarda avec de grands yeux brillants. Lentement, sa petite lampe s'illumina d'un éclat vif et joyeux. Il rejoignit la danse, fier de sa propre lumière. Le soir venu, alors que le village s’endormait enfin sous la garde du grand Phare, Océane regarda le ciel à travers l’eau cristalline. Les étoiles là-haut semblaient lui faire un clin d’œil. Elle comprit alors que son aventure ne s'arrêtait pas là. Chaque jour était une occasion de faire briller sa petite lumière. Pipou bailla, les paupières lourdes. — On a bien travaillé, Océane... — Oui, Pipou. On a montré au monde que personne n'est trop petit pour faire de grandes choses. Et sous le regard protecteur des étoiles, la petite fille courageuse ferma les yeux, le cœur rempli d'une lumière que l'obscurité ne pourrait plus jamais éteindre.
Fusianima
Océane et le Phare des Étoiles Courageuses
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Océane et le Phare des Étoiles Courageuses

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Voici le premier chapitre de l'histoire, écrit dans le style merveilleux et sensoriel demandé. *** # Chapitre 1 : Le Mystère du Phare Scintillant Il était une fois, niché entre deux falaises de craie qui ressemblaient à d’énormes morceaux de sucre, un petit village nommé l’Anse-aux-Coquillages. D...

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