L'Agence des Chats et le Mystère des Croquettes d'Or
Par Studio Wonder — Jeunesse
Voici le premier chapitre de votre conte, écrit dans l'esprit du "Wonder Engine" pour émerveiller les jeunes lecteurs.
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# Chapitre 1 : Le Quartier Général sous le Canapé
Sous le grand canapé en velours bleu du salon, là où les humains ne voient que des moutons de poussière et des miettes de bi...
Le Quartier Général sous le Canapé
Voici le premier chapitre de votre conte, écrit dans l'esprit du "Wonder Engine" pour émerveiller les jeunes lecteurs.
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# Chapitre 1 : Le Quartier Général sous le Canapé
Sous le grand canapé en velours bleu du salon, là où les humains ne voient que des moutons de poussière et des miettes de biscuits égarées, se cache un secret extraordinaire. Si vous pouviez rétrécir jusqu'à la taille d'un bouchon de liège, vous découvririez un monde de lumières scintillantes et de ronronnements technologiques. C’est ici, entre deux ressorts bien cachés, que se trouve le Quartier Général de l’Agence des Chats, l’organisation la plus secrète de tout le quartier.
Ce matin-là, l’ambiance était électrique. Au centre de la salle de contrôle, des dizaines de lucioles enfermées dans des lanternes de cristal éclairaient des cartes déssinées sur du papier de soie. Au milieu de ce brouhaha de coussinets, le **Général Moustache** attendait, immobile.
Le Général était un vieux chat de gouttière à la robe grise, dont les moustaches étaient si longues et si blanches qu’elles semblaient briller dans le noir. Il portait autour du cou un médaillon en argent en forme de poisson, le symbole de son autorité.
— Ils arrivent, murmura-t-il d'une voix grave, semblable au bruit du tonnerre au loin.
Soudain, deux ombres s’élancèrent à travers la forêt de pieds de chaises. **Mistigri**, un chat noir et blanc aux yeux vert émeraude, fit une pirouette acrobatique avant de s'arrêter net devant le chef. Derrière lui, **Plume**, une chatte angora d’une blancheur de nuage, trottinait avec élégance, ses oreilles pointues frémissant au moindre courant d'air.
— Agents Mistigri et Plume au rapport ! s’exclama Mistigri en saluant d’une patte alerte. On a entendu dire que l’heure était grave, Général. Est-ce qu’un chien a encore volé le ballon de la voisine ?
Le Général Moustache secoua la tête, l’air sombre.
— C’est bien plus grave que cela, mes enfants. Approchez.
Il pressa un bouton sur une console faite de vieux boutons de couture et de fils de laine. Une image holographique, projetée par un projecteur-luciole, apparut devant eux. Elle montrait un bol de céramique, habituellement rempli de pépites dorées et luisantes.
— Les Croquettes d’Or ont disparu, annonça le Général.
Mistigri laissa échapper un miaulement de stupeur. Plume, d’ordinaire si calme, sentit ses poils se hérisser. Les Croquettes d’Or n'étaient pas de simples repas. C’étaient des trésors légendaires qui donnaient aux chats du quartier l’énergie nécessaire pour grimper aux arbres les plus hauts et voir parfaitement dans la nuit la plus noire. Sans elles, le quartier perdrait sa magie.
— Elles ont été dérobées dans le Coffre-Fort de la Cuisine cette nuit, poursuivit le Général. On n'a retrouvé qu'une seule trace : une étrange odeur de réglisse et un petit sifflement qui ne ressemble à aucun animal connu.
Plume s'approcha de l'image, ses yeux bleus scrutant chaque détail.
— C’est un mystère qui demande de la finesse, dit-elle d’une voix douce comme du velours. Ne vous inquiétez pas, Général. Nous retrouverons ces croquettes avant le coucher du soleil.
— Je savais que je pouvais compter sur vous, répondit le vieux chat avec un petit sourire. Mais avant de partir, passez par le Laboratoire de Bricole.
Dans un coin du canapé, un gros chat roux nommé Bricole leur tendit deux gadgets indispensables : pour Mistigri, une « Pelote-Grappin » capable de s'accrocher à n'importe quelle étagère, et pour Plume, des « Lunettes à Moustaches » permettant de voir les traces de pas invisibles.
— Écoutez bien, conclut le Général Moustache alors que les deux agents s’apprêtaient à bondir vers l’aventure. Le monde des humains est vaste et plein de pièges. Restez groupés, utilisez votre flair, et surtout… n'oubliez pas que le secret de l'Agence est notre plus grande force.
Mistigri ajusta sa pelote-grappin, un éclair de malice dans les yeux.
— Ne vous en faites pas, Chef ! On va leur montrer que personne ne vole le goûter de l’Agence des Chats sans en payer le prix.
D’un bond coordonné, les deux agents quittèrent l’ombre protectrice du canapé. Ils s’élancèrent dans le couloir, leurs pattes ne faisant aucun bruit sur le parquet, prêts à affronter le plus grand mystère de leur carrière.
La mission pour retrouver les Croquettes d’Or venait de commencer.
Alerte ! Le Bol est Vide
### Chapitre 2 : Alerte ! Le Bol est Vide
Le silence de la nuit régnait encore sur le château, mais pour Mistigri et Plume, l’heure était à l’action. Les deux agents de l’ombre se glissèrent sous la porte monumentale de la Cuisine Royale, aussi souples que des rubans de soie.
D’ordinaire, cet endroit était un paradis sensoriel. On y sentait le fumet du saumon grillé, la douceur de la crème fraîche et le parfum sucré des herbes à chat qui poussaient sur le rebord de la fenêtre. Mais ce matin-là, une odeur d’inquiétude flottait dans l’air. Une odeur de… vide.
— Tu sens ça, Mistigri ? chuchota Plume en agitant ses oreilles soyeuses. On dirait que même les courants d’air sont tristes.
— C’est pire que ça, répondit Mistigri, le poil hérissé. Regarde le piédestal de velours rouge.
Au centre de la pièce, baigné par un rayon de lune déclinant, trônait le Grand Bol de Cristal. C’était là que, chaque soir, le Grand Chambellan déposait les **Croquettes d’Or**. Ces friandises légendaires n’étaient pas de simples biscuits : elles brillaient comme de petites pépites de soleil et possédaient le pouvoir magique de rendre le pelage des chats plus scintillant qu’une armure de chevalier.
Mais le bol était vide. Désespérément, tragiquement vide.
— Par les moustaches de mon grand-père ! s’exclama Plume en s'approchant. Il n’en reste pas une seule. Pas même une miette, pas même une poussière dorée !
Mistigri s’approcha du bol de cristal et l’inspecta avec le sérieux d'un expert.
— Ce n'est pas un oubli du cuisinier, Plume. Regarde ces traces sur le rebord… On dirait que quelque chose a aspiré la magie du lieu.
C’était la catastrophe. Sans les Croquettes d’Or, le moral de la Cour Féline allait s’effondrer. Les chats perdraient leur éclat, leur fierté et, pire encore, leurs poils deviendraient ternes comme de vieux tapis poussiéreux.
— C'est le moment de tester nos joujoux, lança Mistigri avec un sourire déterminé. Plume, à toi l'honneur. Sortilège de vue !
Plume ajusta ses **Lunettes à Moustaches**. Les verres teintés de rose se mirent à tourbillonner. Soudain, le monde changea de couleur. Le sol de la cuisine, qui semblait propre, se couvrit de traînées lumineuses.
— Oh ! Je vois des choses ! s’émerveilla Plume. Il y a des empreintes, Mistigri ! Mais elles ne sont pas humaines… et elles ne ressemblent pas non plus à des pattes de chats. Ce sont de petites marques pointues, comme des griffes de fer. Elles se dirigent vers la haute étagère, là-bas, près du garde-manger des épices.
Mistigri leva les yeux vers le sommet de l’immense meuble en chêne qui culminait à plusieurs mètres de haut.
— Trop haut pour un bond ordinaire, même pour moi. Heureusement, le Général a pensé à tout.
D’un geste vif, il dégaina sa **Pelote-Grappin**. C’était une petite balle de laine d’un bleu électrique. Il visa la poignée en cuivre de l’étagère supérieure et lança le gadget. *Zlip-vlan !* Le fil de soie ultra-résistant s’enroula parfaitement autour du métal.
— En voiture ! s’écria l’agent Mistigri.
D'une simple pression sur un bouton caché dans sa patte, le mécanisme se rétracta, le propulsant dans les airs avec la grâce d'un oiseau de nuit. Arrivé en haut, il scruta l'ombre derrière les pots de cannelle et de poivre.
— Plume ! Viens voir ! Il y a un indice !
Plume, restée en bas, le regardait avec admiration. Mistigri redescendit en rappel, tenant entre ses dents quelque chose qui brillait d'un éclat bleuté et froid. Il le déposa délicatement sur le carrelage.
C’était une écaille de métal, fine comme un pétale de rose, mais dure comme du diamant. Elle dégageait une petite lueur inquiétante.
— Ce n'est pas une écaille de poisson, murmura Plume en frissonnant.
— Non, confirma Mistigri, l'air grave. C'est une pièce mécanique. On dirait que nos voleurs ne sont pas de chair et d’os. Quelqu'un a envoyé des créatures de fer pour piller le trésor de l'Agence.
La mission changeait de dimension. Ce n’était plus seulement une histoire de gourmandise disparue, c’était un complot. Les Croquettes d’Or n’avaient pas été mangées… elles avaient été enlevées.
— Suivons ces traces, Plume, ordonna Mistigri en ajustant sa pelote. L'odeur nous mène vers les jardins suspendus. Le voleur est encore dans les parages, je le sens à mes moustaches qui frétillent !
Et dans un froufrou de fourrure, les deux agents s’élancèrent vers la fenêtre, prêts à traquer l'ombre qui avait osé vider le bol royal. Le mystère ne faisait que commencer.
L'Indice du Poil Bleu
**CHAPITRE 2 : L’INDICE DU POIL BLEU**
Mistigri s’arrêta net sur le rebord de la fenêtre, la patte en l’air. Ses pupilles se dilatèrent jusqu’à devenir de grandes soucoupes noires. Juste là, coincé dans une fissure du carrelage, tout près de l’endroit où trônait la gamelle royale, un petit filament s’agitait sous l’effet de la brise.
— Attends, Plume ! s’exclama Mistigri en faisant signe à sa coéquipière de ne plus bouger.
D’un geste délicat, il utilisa la pointe de sa griffe pour ramasser l’objet. Ce n’était pas un fil de laine, ni une brindille. C’était un poil. Mais pas un poil de chat ordinaire. Il était d’un bleu électrique, d’un bleu si intense qu’il semblait avoir été découpé dans un morceau de ciel d’orage. Plus étrange encore : il brillait d’un éclat métallique, tout comme l’écaille trouvée quelques instants plus tôt.
— Regarde ça, murmura Mistigri. C’est rêche comme du fil de fer et ça sent… le vieux grenier et l’étincelle.
Plume approcha son petit nez rose et renifla bruyamment.
— Beurk ! On dirait de l’huile de machine mélangée à de la réglisse. Ce n’est pas un chat qui a fait ça, Mistigri. Aucun chat digne de ce nom n’accepterait de porter une fourrure aussi électrique !
— C’est un indice capital, déclara Mistigri en rangeant précieusement le poil bleu dans la petite sacoche qu’il portait à son collier. L’écaille de métal et le poil bleu… Notre voleur est une chimère de fer. En route pour les jardins !
Les deux agents sautèrent de la fenêtre avec la légèreté de deux flocons de neige. Ils atterrirent sans un bruit dans les Jardins Suspendus de l’Agence. C’était un endroit merveilleux où les fleurs ne fanaient jamais. Il y avait des roses qui chantaient au lever du soleil et des lianes de jasmin qui brillaient comme des guirlandes de Noël.
Mais aujourd’hui, l’ambiance était électrique. Les fleurs balançaient leurs corolles avec nervosité.
— Regarde là-haut ! pointa Plume.
Au-dessus d’un massif de pivoines géantes, un nuage de papillons aux ailes de dentelle s’agitait dans tous les sens. Ils tourbillonnaient comme des confettis emportés par une tornade. C’étaient les gardiens des secrets du jardin : les Papillons-Messagers.
Mistigri grimpa sur une statue de chat en marbre et lança un miaulement clair et autoritaire :
— Messieurs les Papillons ! Par ordre de l’Agence des Chats, je demande le silence !
Le tumulte cessa instantanément. Un grand papillon aux ailes d'un jaune citron, nommé Citronnelle, se détacha du groupe et vint se poser sur le bout de l'oreille de Mistigri. Ses ailes frémissaient de peur.
— Oh, Monsieur l’Agent ! C’était affreux ! bégaya Citronnelle d’une petite voix de flûte. Une chose est passée par ici. Une ombre rapide, tout en métal et en griffes bleues !
— Une ombre bleue ? l’encouragea Plume en s’approchant. Est-ce qu’elle transportait quelque chose ?
— Oui ! Un gros sac qui faisait un bruit de pluie… *Cric-crac, cric-crac* ! C’étaient les Croquettes d’Or, j’en suis sûr ! Ça sentait si bon que mes antennes en ont encore le vertige. Elle a bondi par-dessus la haie de glycines en laissant derrière elle des étincelles bleues.
Mistigri fronça les sourcils. Tout se recoupait.
— Vers où est partie cette créature, Citronnelle ?
Le papillon pointa une aile tremblante vers le vieux mur de pierres qui délimitait le domaine de l’Agence. Au-delà du mur s’étendait la Forêt des Murmures, un endroit où les arbres aimaient raconter des devinettes et où les sentiers changeaient de place quand on ne les regardait pas.
— Elle est allée là-bas, dans les profondeurs de la forêt, là où le soleil ne touche jamais le sol, répondit le papillon avant de s'envoler pour rejoindre ses amis.
Mistigri regarda Plume. La petite chatte blanche ajusta son nœud papillon avec détermination.
— Une créature de fer, des poils électriques et une fuite vers la forêt… Ce mystère devient de plus en plus croustillant, Mistigri. Presque autant que les croquettes disparues !
— Alors ne perdons pas une seconde, conclut le chef de l’Agence en agitant la queue. Si ces voleurs mécaniques pensent qu’ils peuvent nous semer dans les bois, ils oublient que nous avons des moustaches de détective !
Et d’un même élan, les deux chats s’élancèrent vers le mur de pierre, prêts à affronter les ombres de la Forêt des Murmures pour retrouver leur trésor croquant.
Le Témoignage du Rat Rigolo
**CHAPITRE : LE TÉMOIGNAGE DU RAT RIGOLO**
L’air changea brusquement de saveur dès que Mistigri et Plume franchirent le vieux mur moussu. Dans la Forêt des Murmures, le vent ne se contentait pas de souffler ; il fredonnait des airs de flûte et transportait des parfums de barbe à papa et de terre mouillée. Les arbres, des géants aux écorces argentées, semblaient pencher leurs branches pour écouter le froissement des coussinets des deux chats sur le tapis de feuilles multicolores.
— Regarde, Mistigri ! s’exclama Plume en pointant une patte blanche vers un sentier qui s’enroulait comme un ruban de réglisse avant de disparaître derrière un buisson de fougères phosphorescentes. Il était là il y a une seconde, et maintenant, il est à droite !
— Restons groupés, répondit Mistigri, les oreilles en alerte. Cette forêt joue des tours, mais elle ne pourra pas cacher l’odeur de l’huile chaude et du métal que le papillon a décrite.
Soudain, un rire aigu, semblable au tintement de petites clochettes, tomba de la canopée.
*« Hi, hi, hi ! Des chats dans les bois ? C’est le monde à l’envers ! Vous cherchez votre chemin ou vous avez perdu votre pelote de laine ? »*
Les deux détectives levèrent les yeux. Suspendu par la queue à une branche basse, un rat à la fourrure poivre et sel les observait, la tête en bas. Il portait un minuscule gilet tricoté dans une laine rouge vif et une paire de lunettes rondes un peu trop grandes pour son petit museau remuant.
— Je suis Mistigri, chef de l’Agence des Chats, et voici mon associée Plume, déclara le chat noir avec dignité. Et toi, qui es-tu pour te moquer ainsi ?
Le rat fit une pirouette acrobatique et atterrit avec la grâce d'un gymnaste sur une souche d'arbre.
— Barnabé, le Rat Rigolo, pour vous servir ! Je connais chaque racine et chaque secret de cette forêt. Et je parie mes moustaches que vous cherchez la « Chose-qui-Grince » et ses Croquettes d’Or.
Plume fit un pas en avant, ses yeux bleus pétillants d'espoir.
— Tu l’as vue ? Où est-elle allée ?
Barnabé se frotta le ventre, qui émit un petit gargouillis sonore. Il prit une mine tragique, posant une patte sur son front de manière théâtrale.
— Ah, la mémoire est un mécanisme bien fragile… Il lui faut du carburant, voyez-vous. Une étincelle de saveur pour débloquer les souvenirs. Mes moustaches frétillent à l’idée d’un certain trésor… jaune, odorant, avec des petits trous…
Plume sourit. Elle fouilla dans sa sacoche de détective et en sortit, enveloppé dans une feuille de vigne, un petit morceau de fromage oublié lors de leur dernier goûter au club-house. C’était un bout de gruyère affiné, dont l’odeur délicieusement piquante embauma immédiatement le sous-bois.
Barnabé eut les yeux qui sortirent presque de leurs orbites. Il bondit sur le fromage, le huma avec extase, puis l'engloutit en trois bouchées de rongeur affamé.
— Oh ! Par la sainte croûte de Brie ! Voilà qui rafraîchit les idées ! s'écria-t-il en s'essuyant les moustaches.
Il reprit son sérieux, baissant la voix comme s'il craignait que les arbres ne répètent ses paroles.
— C’était une créature étrange, mes amis. Pas un animal, non. Ça brillait comme une casserole neuve sous la lune. Ça avait des pattes en fer qui faisaient *clic-clac* et des yeux qui lançaient des éclairs bleus. Elle traînait derrière elle un sac énorme qui sentait… le paradis des croquettes.
— Vers où est-elle partie ? demanda Mistigri, le poil du dos légèrement hérissé.
Barnabé pointa une griffe vers le cœur de la forêt, là où les ombres devenaient plus denses et plus violettes.
— Vers la Vallée des Échos de Fer. Elle ne marchait pas, elle glissait. Et elle n’était pas seule… J’ai vu des ombres volantes, comme des corbeaux de métal, qui surveillaient ses arrières. Faites attention, les matous. Cette forêt est magique, mais ce qui s'y cache en ce moment ne vient pas de la nature. C’est froid, c'est dur, et ça ne ronronne jamais.
Mistigri et Plume se regardèrent. Le mystère s'épaississait. Barnabé, dans un dernier éclat de rire, grimpa le long d’un tronc d’arbre.
— Bonne chance, les détectives ! Si vous retrouvez les croquettes, gardez-en une pour moi, juste pour la science !
Et d'un bond, il disparut dans le feuillage argenté, laissant les deux chats face à la direction indiquée. La Vallée des Échos de Fer les attendait, et le vent commençait à porter un bruit nouveau : un *clic-clic* métallique qui n'avait rien d'une chanson de la forêt.
Course-poursuite sur les Toits
### CHAPITRE 4 : Course-poursuite sur les Toits
Le *clic-clic* métallique résonna à nouveau, plus sec cette fois, comme deux cuillères d’argent qui s’entrechoquent. Mistigri dressa ses oreilles en pointe, pivotant son museau vers la lisière de la forêt où les premières maisons du village de Ronron-les-Bains pointaient leurs cheminées de brique.
Soudain, une lueur électrique déchira l’obscurité. Ce n’était pas un éclair, mais une silhouette d’un bleu profond, presque étincelant, qui venait de bondir d’un buisson vers le rebord d’un vieux puits.
— Regarde, Plume ! Chuchota Mistigri, les pupilles dilatées par l’excitation. L’Ombre Bleue !
La forme mystérieuse ne perdit pas une seconde. D’un mouvement fluide, presque irréel, elle s’élança vers la gouttière d’une vieille bâtisse dont le grenier semblait toucher les nuages. Ce n’était pas la course d’un animal ordinaire ; on aurait dit qu’elle glissait sur l’air, laissant derrière elle une traînée de poussière d’étoiles azurées.
— Elle se dirige vers le Vieux Grenier aux Souvenirs ! s'exclama Plume en agitant sa queue touffue. Vite, avant qu’elle ne s'évapore !
Les deux compères s’élancèrent. Mistigri, avec sa carrure de détective aguerri, menait la marche, tandis que Plume, légère comme une bulle de savon, fermait la marche. Ils grimpèrent sur un tas de bois, sautèrent sur un volet mal fermé et, d’une poussée vigoureuse de leurs pattes arrière, atteignirent le royaume des hauteurs : les toits.
Ici, le monde changeait de visage. Les tuiles de terre cuite brillaient sous la lune comme les écailles d’un dragon endormi. Mais une fine pluie fine venait de tomber, rendant le sol de briques terriblement glissant.
— Attention aux patounes ! prévint Mistigri en manquant de déraper sur une mousse verdâtre. C’est une vraie patinoire là-haut !
Devant eux, l’Ombre Bleue filait avec une agilité déconcertante. Elle bondissait de cheminée en cheminée, indifférente au vide qui s'ouvrait sous elle. À chaque bond, le bruit métallique — *clic, clic, vizzz* — devenait plus sonore. On aurait dit le mécanisme d'une horloge magique en plein emballement.
Soudain, un croassement strident déchira le ciel. Barnabé ne s’était pas trompé : deux corbeaux de métal, aux ailes articulées et aux yeux de rubis, plongèrent des nuages pour leur barrer la route. Ils ne battaient pas des ailes, ils vrombissaient.
— Des oiseaux-robots ? Mais c’est du jamais vu à Ronron-les-Bains ! s’étonna Plume en faisant le gros dos.
L’un des corbeaux piqua vers elle, les serres de fer grandes ouvertes. Plume, avec une grâce digne d’une ballerine, fit une pirouette sur une tuile instable, évitant l’attaque de justesse.
— Continue, Mistigri ! Je m’occupe de ces tas de ferraille ! cria-t-elle en sortant ses griffes, prête à défendre son partenaire.
Mistigri accéléra. Son cœur battait la chamade, mais son instinct de détective était plus fort que la peur. Il arriva au pied de la grande lucarne du vieux grenier. L’Ombre Bleue s’arrêta un instant sur le rebord de la fenêtre. Sous la lumière de la lune, Mistigri crut distinguer des engrenages dorés qui tournaient sous la fourrure bleutée de la créature. Ce n'était pas un chat... c'était un chef-d’œuvre de mécanique !
L’Ombre tourna la tête vers lui. Ses yeux étaient deux saphirs brillants d’une intelligence triste. Dans sa gueule, elle tenait un petit sac en velours d’où s’échappait une odeur irrésistible : celle des Croquettes d’Or.
— Attends ! Qui es-tu ? miaula Mistigri en tendant une patte.
Pour toute réponse, la créature émit un sifflement de vapeur et s’engouffra dans l’ouverture sombre du grenier. Au même moment, une rafale de vent fit claquer les lourds volets de bois, manquant de pincer les moustaches de Mistigri.
Plume le rejoignit dans un souffle, ayant réussi à semer les oiseaux mécaniques qui tournaient maintenant en rond au-dessus du clocher, tels des gardiens désorientés.
— Elle est à l'intérieur ? demanda Plume, le poil tout ébouriffé par le combat.
Mistigri hocha la tête, fixant l’obscurité de la lucarne.
— Oui. Et je crois que nous venons de découvrir que la voleuse n'est pas tout à fait vivante, Plume. C’est une machine… une machine qui a faim de magie.
Le vent se remit à souffler, apportant avec lui une odeur de vieille poussière et de fer froid. Le mystère des Croquettes d'Or ne faisait que commencer, et le Vieux Grenier semblait prêt à leur raconter ses secrets les plus sombres.
Le Piège de la Grosse Pelote
**CHAPITRE : Le Piège de la Grosse Pelote**
Le grenier de la vieille demeure n’était pas un simple débarras. C’était une forêt d’objets oubliés, une jungle de bois ciré et de fer rouillé où la poussière dansait dans les rayons de lune comme des millions de minuscules fées d'argent. Mistigri avança la première patte, le cœur battant comme un petit tambour sous sa fourrure. Plume, juste derrière lui, humait l’air, ses oreilles pivotant comme des radars miniatures.
— Tu sens ça, Mistigri ? murmura Plume. Ça sent la vieille huile de moteur et… la barbe à papa à la cannelle ?
Mistigri hocha la tête, ses yeux verts dilatés pour capter la moindre lueur.
— C’est l’odeur de la magie mécanique, Plume. Sois prudente. La créature est passée par là.
Ils progressèrent en silence, contournant un vieux cheval à bascule qui semblait les observer d’un air malicieux et une pile de malles recouvertes de velours élimé. Soudain, au fond de la pièce, une lueur cuivrée fila entre deux piles de journaux. C’était elle ! La voleuse de Croquettes d’Or. On aurait dit un gros scarabée de métal avec des pattes en ressorts et des yeux qui brillaient comme des lucioles électriques.
— Halte-là ! s’écria Mistigri en bondissant sur une vieille malle. Au nom de l’Agence des Chats, rendez les croquettes !
La créature s’arrêta net. Elle émit un petit bruit de rouage grippé, un genre de « *clic-clic-pouf* », et ses yeux passèrent du bleu au rouge vif. Dans un sifflement de vapeur, elle percuta un gros levier en bois qui dépassait d’une étrange machine à tricoter automatique.
*CRAC !*
Un grondement sourd fit vibrer les lattes du plancher. Mistigri et Plume se figèrent, les poils de l’échine dressés.
— C’était quoi, ça ? demanda Plume, la queue gonflée comme un goupillon.
La réponse ne se fit pas attendre. Au-dessus d'eux, un immense filet de cordelette dorée se déchira, libérant une avalanche d’un genre très particulier. Ce n’était pas de la neige, ni des pierres, mais une cascade de pelotes de laine !
Des centaines, des milliers de boules de laine de toutes les couleurs — bleu azur, rose bonbon, vert menthe, jaune tournesol — dégringolèrent du plafond dans un bruit de coton étouffé. *Flop ! Boing ! Chpouf !*
— C’est un piège ! hurla Mistigri en essayant de bondir sur le côté.
Trop tard. Une pelote géante, grosse comme un canapé et d'un rouge éclatant, lui tomba dessus, l'écrasant sous son poids moelleux. Plume, plus agile, tenta une pirouette acrobatique, mais elle fut percutée en plein vol par une salve de petites pelotes violettes qui rebondissaient partout comme des balles magiques.
En quelques secondes, les deux agents furent submergés. C’était un océan de laine, un tsunami de douceur qui les emprisonnait. Mistigri essayait de nager dans cette mer de fils, mais plus il bougeait, plus les fils s’enroulaient autour de ses pattes.
— Je… je suis saucissonné ! râla Mistigri, dont seul le bout du nez dépassait d'un écheveau de laine turquoise. Et ça… ça chatouille !
Plume, de son côté, était coincée entre deux pelotes orange vif qui sentaient la lavande. Elle tenta de donner un coup de griffe, mais la laine était élastique et semblait s’étirer à l’infini.
— C’est de la laine enchantée ! s’exclama-t-elle en éternuant à cause d'un brin de laine qui lui effleurait les moustaches. On ne peut pas s’en défaire par la force, Mistigri ! C'est le piège de la Grosse Pelote !
À quelques pas de là, la créature mécanique s’approcha doucement. Elle ne semblait pas méchante, mais plutôt curieuse. Elle inclina sa tête de cuivre d'un côté, puis de l'autre, émettant un sifflement qui ressemblait à un rire de théière. Dans ses pinces métalliques, elle serrait un petit sac en toile qui brillait d'une lueur dorée : les Croquettes d'Or.
— *Clic-clic… Chats rigolos… Clic-clic… Chats tricotés…* grésilla la machine d'une voix métallique et aiguë.
Elle fit demi-tour et s'éloigna vers le fond du grenier, là où une petite trappe s'ouvrait sur le toit, laissant entrer la lumière de la lune.
— Reviens ici ! cria Mistigri en tentant une poussée héroïque, ce qui ne fit que le faire rouler sur lui-même comme un gros nem en fourrure.
Plume ferma les yeux et prit une grande inspiration.
— Mistigri, arrête de te débattre ! Si on veut sortir de là, il faut faire le contraire de ce qu'un chat ferait. Ne chasse pas la pelote… deviens la pelote !
Mistigri s’immobilisa, une patte en l’air, coincée dans un fil rose.
— Devenir la pelote ? Tu es sûre que c'est le moment pour de la philosophie, Plume ?
— Fais-moi confiance ! Détends tes muscles. Laisse la laine glisser.
Les deux chats cessèrent de lutter. Ils se firent tout petits, tout mous, comme s'ils s'apprêtaient à faire la plus longue sieste de leur vie. Lentement, miraculeusement, la pression des fils se relâcha. La laine enchantée, ne sentant plus de résistance, commença à se dénouer d'elle-même, les fibres se rétractant comme si elles s'ennuyaient de ne plus avoir rien à tenir.
Dans un dernier *plop* sonore, la grosse pelote rouge roula plus loin, libérant Mistigri.
— Vite ! s'écria le chat noir en se secouant frénétiquement pour enlever les derniers brins de laine. Elle s'échappe par les toits !
Ils s'élancèrent à travers le chaos de laine multicolore, bondissant de pelote en pelote comme sur des trampolines géants. Ils arrivèrent à la trappe juste à temps pour voir une petite étincelle cuivrée disparaître sur les tuiles argentées du village de Ronron-les-Bains.
Le mystère s’épaississait. Pourquoi une machine volerait-elle des croquettes magiques pour les emmener sur les toits ?
Mistigri regarda Plume, un brin de laine rose encore coincé sur l'oreille.
— La poursuite continue, Plume. Mais la prochaine fois… j'espère qu'elle nous lancera des sardines, ce sera moins encombrant.
La Cachette du Voleur Bleu
**CHAPITRE : LA CACHETTE DU VOLEUR BLEU**
Le vent de la nuit sifflait entre les oreilles de Mistigri alors qu’il bondissait de toit en toit. Sous ses pattes, les tuiles de Ronron-les-Bains brillaient comme des écailles d’argent. À ses côtés, Plume semblait voler, sa silhouette blanche découpée par la lune ronde comme un grand fromage blanc.
— Regarde ! chuchota Plume en désignant une petite lueur cuivrée qui zigzagua derrière une cheminée de briques rouges.
C’était la machine voleuse, cet oiseau mécanique aux ailes de métal qui les narguait depuis le début de l’enquête. Elle transportait dans son bec une petite bourse en velours qui tintentait joyeusement.
— Elle se dirige vers le Vieux Grenier de la ruelle des Souris-Muettes ! s’exclama Mistigri en gonflant le poitrail. Suivons-la, et par ma moustache, on saura enfin où disparaissent les Croquettes d’Or !
L’oiseau de fer plongea brusquement vers une lucarne entrouverte. Les deux agents de l’Agence des Chats se faufilèrent à sa suite dans un silence de velours. À l’intérieur, l’air sentait la poussière ancienne, le bois sec et… une étrange odeur de peinture fraîche.
Au milieu de la pièce, sous un rayon de lune qui transperçait le plafond, se trouvait un objet insolite : une énorme chaussure de cuir, une vieille bottine abandonnée, si grande qu’elle aurait pu servir de lit à un dogue allemand. Mais ce qui frappa les détectives, c’est que la bottine était entièrement recouverte d’une poudre scintillante d’un bleu électrique.
— La cachette du Voleur Bleu… murmura Plume, les yeux écarquillés.
Soudain, un petit bruit de ferraille retentit. *Clic. Clac. Pouet.*
L’oiseau mécanique venait de se poser sur le rebord de la chaussure. Et là, une petite tête apparut. Ce n’était pas un monstre, ni un grand sorcier, ni même un rat de bibliothèque. C’était un chaton. Un tout petit chaton aux grands yeux ronds, dont la fourrure blanche était barbouillée de craie bleue de la tête aux pattes.
— Filou ? s’étonna Mistigri en reconnaissant le plus jeune habitant du village. C’est toi le Voleur Bleu ?
Le chaton sursauta, manquant de tomber dans la bottine. Il tenait dans ses pattes une Croquette d’Or qui brillait comme une petite étoile.
— Je… je ne voulais pas faire de mal, bafouilla Filou d’une voix chevrotante.
Il baissa les oreilles, tout penaud. Autour de lui, à l’intérieur de la vieille chaussure, les Croquettes d’Or étaient empilées comme un trésor de pirate. Elles illuminaient l’intérieur du cuir d’une lueur chaleureuse et magique.
— Mais pourquoi as-tu construit cet oiseau mécanique pour voler le stock de l’Agence ? demanda Plume en s’approchant doucement pour ne pas l’effrayer.
Filou renifla, une petite larme faisant une trace blanche sur sa joue bleue.
— Parce que personne ne me remarque jamais. Je suis petit, je suis discret… je voulais être spécial. Je me suis dit que si je devenais le « Mystérieux Voleur Bleu » et que je possédais le trésor le plus brillant du monde, les autres chats voudraient enfin être mes amis. Je voulais juste… briller un peu.
Mistigri sentit son cœur de détective s'attendrir. Il rangea ses griffes et s’assit élégamment, enroulant sa queue autour de ses pattes.
— Écoute-moi, Filou. Les Croquettes d’Or sont magiques, c’est vrai. Elles donnent de l’énergie et font pétiller les moustaches. Mais elles ne fabriquent pas l’amitié. L’amitié, c’est comme une bonne sieste au soleil : ça ne s’achète pas et ça ne se vole pas.
Plume hocha la tête en souriant :
— Regarde-toi, tu as construit une machine incroyable ! C’est ça, ton vrai talent. Pas besoin de poudre bleue ou de trésor volé pour nous impressionner.
Filou regarda sa petite invention mécanique, puis les deux célèbres agents. Ses yeux brillèrent, cette fois de joie et non de malice.
— Vous croyez ?
— J’en suis sûr, répondit Mistigri. Mais pour commencer, tu vas nous aider à rapporter tout ce butin à l’Agence. Et après… j’ai entendu dire qu’on cherchait un ingénieur pour réparer nos gadgets de détective.
Le chaton sauta de la chaussure, faisant voler un petit nuage de poussière bleue.
— Oh oui ! Je serai le meilleur ingénieur de tout Ronron-les-Bains !
Alors que les trois chats commençaient à remplir des sacs avec les précieuses croquettes, Mistigri jeta un œil à la vieille chaussure.
— Dis-moi Filou, la prochaine fois que tu veux briller, évite la peinture bleue. Ça va être un cauchemar à laver dans ta litière !
Et dans le vieux grenier, les rires des chats s’élevèrent, plus brillants et plus précieux que tout l’or du monde. Le mystère était résolu, et l'Agence comptait désormais un nouveau membre, un peu moins bleu, mais bien plus heureux.
L'Opération Chatouilles
**CHAPITRE : L'Opération Chatouilles**
Le vieux grenier, autrefois sombre et poussiéreux, semblait maintenant scintiller sous une lumière nouvelle. Les rayons du soleil couchant traversaient les lucarnes, transformant les grains de poussière en une nuée de petites fées dansantes. Filou, le chaton bleu comme un ciel d’été, sautillait d’une patte sur l’autre. Il était prêt à devenir le plus grand ingénieur de l’Agence, mais il restait une petite montagne de Croquettes d’Or à déplacer.
Mistigri, le chef de l’Agence, lissa ses moustaches d’un air mystérieux. Il échangea un regard complice avec son associée, la svelte et agile Plume.
— Dis-moi, Filou, commença Mistigri d’une voix de velours, tu sais que dans l’Agence, nous avons une règle très spéciale pour les nouveaux membres qui ont fait un peu trop de bêtises ?
Filou baissa ses oreilles bleues, un peu inquiet. Allait-il être privé de lait pour les dix prochaines années ? Allait-il devoir porter une clochette autour du cou ?
— Une... une punition ? balbutia-t-il.
Plume laissa échapper un petit rire qui ressemblait au tintement d’un carillon de cristal. Elle plongea sa patte dans sa sacoche de détective et en sortit deux objets extraordinaires : des plumeaux télescopiques en plumes de paon enchantées, dont les reflets changeaient du vert émeraude au violet profond.
— Pas une punition, Filou, annonça Plume avec un clin d'œil malicieux. C’est la procédure officielle de bienvenue. On appelle cela... **L’Opération Chatouilles !**
Avant que le chaton ne puisse comprendre, Mistigri sortit lui aussi un plumeau de son trench-coat miniature.
— Alerte aux moustaches ! s’écria Mistigri. Engagement du protocole « Guili-Guili » !
Les deux agents d’élite se jetèrent sur le chaton bleu avec la grâce de danseurs de ballet. Les plumes de paon commencèrent à frôler les oreilles de Filou, à brosser son petit ventre rond et à chatouiller le bout de sa queue azur.
— Non ! Oh non ! Pas là ! gloussa Filou en se roulant sur le dos.
Le grenier fut instantanément rempli d’un son merveilleux : le rire d’un chaton. C’était un mélange de petits couinements joyeux et de ronronnements explosifs. En se tortillant de bonheur, Filou heurta involontairement la pile de Croquettes d’Or.
*Cling ! Cling ! Froush !*
Les précieuses croquettes s’envolèrent dans les airs comme une pluie d'étoiles filantes. Elles retombèrent en cascade sur le plancher de bois, créant une musique métallique et joyeuse.
— Regardez ! Elles dansent ! s’exclama Plume, tout en continuant de chatouiller les coussinets de Filou avec la légèreté d'un papillon.
Mistigri, malgré son air habituellement sérieux, ne put s’empêcher de succomber à la magie du moment. Il attrapa une plume et commença à faire des cercles sur le museau du chaton.
— Alors, Filou ? On avoue tout ? Où est caché le bouton secret de ta machine à vapeur ?
— Je... je dirai tout ! s’esclaffa le chaton, les pattes en l’air, luttant contre un fou rire titanesque. Il est... il est sous la semelle de la chaussure ! Mais arrêtez, par pitié pour mes pauvres moustaches !
Le trio finit par s’écrouler sur le sol, essoufflé et hilare, au milieu du trésor éparpillé. Les Croquettes d’Or ne ressemblaient plus à un butin volé, mais à des confettis de fête. L’odeur des croquettes — un délicieux parfum de saumon grillé et d’herbe à chat fraîche — embaumait toute la pièce.
— Mission accomplie, décréta Mistigri en rangeant son plumeau. Les croquettes sont libérées, le coupable est capturé par le rire, et l’Agence a un nouveau membre.
Plume s’approcha de Filou et lui passa une petite médaille en argent autour du cou, gravée d’une empreinte de patte.
— Bienvenue parmi nous, petit génie bleu. On a besoin de ton talent pour transformer nos gadgets. Mais attention, si tu recommences à chiper le goûter des autres, l’Opération Chatouilles durera deux fois plus longtemps !
Filou, les yeux brillants d’émerveillement, admira sa médaille qui scintillait autant que les croquettes. Il se sentit soudain très grand, malgré sa petite taille. Il n’était plus un voleur solitaire caché dans l’ombre, mais un héros en devenir.
— Je jure sur mes neuf vies que je n’utiliserai plus mes inventions que pour le bien de Ronron-les-Bains ! Et pour fabriquer les meilleurs plumeaux de l’univers !
Ensemble, dans une ambiance de fête, ils ramassèrent les croquettes une à une, les glissant dans des sacs en soie. Le mystère des Croquettes d’Or était enfin clos, mais l’aventure de Filou, l’ingénieur bleu, ne faisait que commencer. Sous la lune qui commençait à se lever, trois silhouettes de chats quittèrent le grenier, emportant avec elles le plus beau des trésors : une amitié scellée par des éclats de rire.
Le Grand Festin Partagé
**CHAPITRE : Le Grand Festin Partagé**
La lune, ronde et brillante comme un gros fromage d’argent, veillait sur le village de Ronron-les-Bains. Dans les rues pavées, le silence était d’habitude roi, mais ce soir-là, un petit cliquetis mystérieux résonnait. C’était le bruit des sacs de soie qui s’entrechoquaient sur le dos de nos héros.
Mistigri, Barnabé et Filou arrivèrent enfin sur la place de la Fontaine aux Poissons. C’était l’endroit le plus majestueux du quartier, là où l’eau chantait une douce mélodie de cristal.
— Posez tout ici, chuchota Mistigri en agitant ses moustaches avec excitation. Filou, c’est le moment de montrer ton génie. Transforme cette place en un restaurant cinq étoiles pour nos amis !
Filou, l’ingénieur bleu, ne se fit pas prier. Il sortit de sa sacoche une petite boîte en cuivre munie d’une hélice.
— Voici le « Diffuseur de Paillettes de Joie », annonça-t-il fièrement.
D’un coup de patte habile, il actionna un levier. Aussitôt, des centaines de petites lumières colorées s’envolèrent, s’accrochant aux branches des platanes comme des lucioles magiques. La place s’illumina d’un éclat rose, bleu et doré. Puis, Barnabé ouvrit les sacs de soie.
Ce fut une explosion de parfums ! Les Croquettes d’Or ne sentaient pas seulement le poisson. Elles dégageaient une odeur merveilleuse de saumon grillé, de lait tiède, de crème de thon et même une pointe de menthe à chat rafraîchissante. C’était un parfum si délicieux qu’il aurait pu réveiller une marmotte en plein hiver.
Mistigri grimpa sur le rebord de la fontaine et poussa un miaulement clair et puissant qui s’envola par-dessus les toits :
— Chat-moulues, matous, toutous et amis des jardins ! Le trésor est retrouvé ! Venez tous, le Grand Festin est ouvert !
D’abord, on vit deux oreilles pointues dépasser d’un buisson. Puis une queue touffue. Bientôt, une cascade d’animaux envahit la place. Il y avait Minouchette, la chatte persane toujours un peu snob, qui trottinait avec élégance. Il y avait Brutus, le gros bouledogue du boulanger, qui bavait déjà de bonheur. Même les moineaux de la place et un vieux hérisson nommé Piquant s’approchèrent, le nez en l’air.
Barnabé, qui ne pouvait s'empêcher de grignoter, servait les parts avec une louche en argent.
— Pour toi, Brutus, une double portion ! Pour les oiseaux, des miettes de soleil ! Et pour toi, Piquant, un dôme de croquettes croustillantes !
Le bruit qui suivit fut la plus belle des symphonies : un immense « Crounch-Crounch » collectif. Les Croquettes d’Or pétillaient sur les langues comme des bonbons magiques. Chaque bouchée semblait donner des forces nouvelles et remplir les cœurs de courage.
Filou restait un peu à l’écart, observant la scène avec une pointe d'émotion. C’était la première fois qu’il voyait autant de sourires grâce à ses inventions (et un peu grâce à ses bêtises passées). Mistigri s’approcha de lui, poussant du museau un bol en porcelaine rempli à ras bord des pépites dorées.
— Tiens, Filou. La première bouchée de l’amitié est pour l’architecte de cette fête, dit-elle avec un clin d’œil.
Filou croqua une croquette. Instantanément, il sentit une chaleur douce parcourir ses pattes, de la pointe de ses griffes jusqu'au bout de ses oreilles bleues. Ce n'était pas seulement le goût du saumon ; c'était le goût d'appartenir à une famille.
— C’est… c’est bien meilleur quand on ne les mange pas tout seul dans un grenier, avoua-t-il, la voix un peu tremblante.
La fête dura une partie de la nuit. Les chats dansaient avec leurs ombres, les chiens faisaient des pirouettes, et les oiseaux chantaient des hymnes à la gloire de l’Agence. Sous les lumières magiques de Filou, Ronron-les-Bains n’était plus un simple village, mais un royaume de contes de fées.
Alors que les premières lueurs de l'aube commençaient à colorer le ciel en violet, Mistigri, Barnabé et Filou s'assirent côte à côte au sommet de la fontaine. Ils étaient fatigués, mais leurs cœurs étaient légers comme des plumes de dindon.
— Alors, l'Agence des Chats a une nouvelle recrue ? demanda Barnabé en se léchant une moustache pleine de miettes d'or.
Mistigri regarda Filou, puis l'horizon où le soleil se levait.
— L'Agence n'a pas seulement une nouvelle recrue. Elle a trouvé un trésor bien plus précieux que toutes les croquettes du monde : un ami qui sait transformer l'ombre en lumière.
Et c'est ainsi que se termina le mystère des Croquettes d'Or. Mais dans les ruelles secrètes de Ronron-les-Bains, on raconte que si vous écoutez bien les nuits de pleine lune, vous entendrez encore le rire de trois chats qui s'apprêtent à vivre de nouvelles aventures extraordinaires.
La Morale du Ronron
Voici le dernier chapitre de votre conte, écrit avec la magie et la tendresse du style "Wonder Engine".
***
# CHAPITRE : La Morale du Ronron
Le soleil pointait désormais le bout de son nez orangé par-dessus les collines de sucre glace qui entouraient Ronron-les-Bains. La lumière n’était plus seulement celle du jour ; c’était une clarté nouvelle, infusée par la magie de Filou. Chaque pavé de la ruelle semblait taillé dans une opale, et les fontaines ne crachaient plus de l’eau ordinaire, mais une cascade de diamants liquides qui chantaient en tombant.
Mistigri, la chatte de gouttière au pelage de velours noir, étira ses pattes avant dans un long bâillement gracieux. À ses côtés, Barnabé, le gros roux dont le ventre gargouillait toujours un peu, fixait une miette d'or qui brillait sur le bout de sa griffe.
— Dites-moi, les amis, commença Barnabé d’une voix pensive. On les a trouvées, ces fameuses Croquettes d’Or. On a résolu le mystère. Mais… je n’ai même plus faim. C’est grave pour un chat de mon calibre ?
Filou, le petit chat aux yeux pailletés de reflets changeants, laissa échapper un petit rire cristallin.
— C’est parce que tu as mangé de la lumière, Barnabé ! La magie, ça remplit l’estomac d’une drôle de façon, mais ça remplit surtout le cœur.
Mistigri se tourna vers ses deux compagnons. Le vent du matin faisait frissonner ses moustaches argentées. Elle sentait en elle une vibration particulière, un bourdonnement doux et puissant qui partait du bout de sa queue jusqu’à la pointe de ses oreilles pointues.
— Écoutez, murmura-t-elle.
Les trois chats firent silence. Au début, on n'entendait que le réveil des oiseaux. Puis, s’élevant des paniers d'osier, des toits de tuiles et des coussins moelleux de tout le village, un son monta en chœur. Un murmure profond, apaisant, comme le moteur d’un petit nuage de bonheur.
— C’est le Grand Ronron, expliqua Mistigri. Le village tout entier remercie Filou d’avoir transformé la tristesse en étincelles. Voilà la véritable Morale du Ronron, mes amis : on peut posséder toutes les croquettes d’or du monde, si on les mange seul dans son coin, elles ont le goût de la poussière. Mais une simple caresse, un secret partagé ou un ami retrouvé, voilà le trésor qui ne s’épuise jamais.
Barnabé hocha la tête, les yeux mi-clos de bien-être.
— C'est vrai. Une amitié sincère, c’est comme une boîte de thon infinie. C’est savoureux, ça réchauffe, et on en redemande toujours.
Filou s’approcha de Mistigri et frotta son museau contre son épaule. Pour la première fois de sa vie, il ne se sentait plus comme un chat « bizarre » ou un étranger. Il faisait partie de quelque chose de plus grand. Il faisait partie de l’Agence.
— Alors, demanda-t-il, les yeux brillants d’excitation, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On reste ici à regarder les fleurs de cristal pousser ?
Mistigri se redressa, sa queue s’agitant avec autorité. Elle sortit de sous son collier une petite médaille en argent gravée d’une empreinte de patte. Elle la posa délicatement devant Filou.
— L’Agence des Chats ne se repose jamais très longtemps, Filou. Partout où un chat a besoin d’aide, partout où un mystère menace la tranquillité d’une sieste au soleil, nous serons là. Bienvenue officiellement parmi nous.
Soudain, un bruit étrange attira leur attention. Ce n’était pas un ronronnement, ni le chant d’un oiseau. C’était un petit sifflement argenté, comme une flûte miniature, qui semblait venir de la forêt des Sapins-Bleus, de l’autre côté de la vallée. Un sifflement qui portait un message urgent.
Barnabé dressa ses oreilles rousses.
— Vous avez entendu ça ? On dirait… un appel au secours. Et ça sent… la menthe poivrée ?
Mistigri sourit, ses yeux verts pétillants de malice. Elle ajusta son allure, prête à bondir.
— L'odeur de l'aventure, Barnabé. On dirait que notre prochaine mission vient de nous trouver. Filou, prépare tes étincelles. Barnabé, essaie de ne pas t'arrêter à la première pâtisserie.
Les trois silhouettes — la noire, la rousse et la magique — s’élancèrent alors ensemble sur les toits de Ronron-les-Bains. Ils couraient si vite qu’ils ne semblaient être que trois traits de couleur filant sous le ciel de l'aube.
Le mystère des Croquettes d’Or était résolu, mais pour l’Agence des Chats, l’histoire ne faisait que commencer. Car tant qu’il y aura des cœurs à réchauffer et des secrets à percer, Mistigri et ses compagnons trotteront dans l'ombre et la lumière, prouvant à chaque pas que la plus belle des magies est celle que l’on vit à trois.
Et dans le silence du matin, on n'entendit plus que le petit écho de leurs pattes sur les tuiles, un rythme joyeux qui disait : *« En route, l'Agence est prête ! »*