Nono et l'Éclat de la Montagne de Fer

Par Studio WonderJeunesse

**CHAPITRE 1 : Nono, le petit robot aux pieds qui font « clic »** Il était une fois, niché entre deux collines de cuivre et une rivière d’huile argentée, le village de Boulon-sur-Seine. C’était un endroit merveilleux où les maisons ressemblaient à des théières géantes retournées et où les fleurs, f...

Nono, le petit robot aux pieds qui font 'clic'

**CHAPITRE 1 : Nono, le petit robot aux pieds qui font « clic »** Il était une fois, niché entre deux collines de cuivre et une rivière d’huile argentée, le village de Boulon-sur-Seine. C’était un endroit merveilleux où les maisons ressemblaient à des théières géantes retournées et où les fleurs, forgées dans le laiton le plus fin, s’ouvraient chaque matin avec un petit bruit de ressort : *bling !* Au cœur de ce village vivait Nono. Nono n’était pas un robot géant capable de soulever des montagnes, ni un robot-fusée pouvant traverser les nuages. Non, Nono était un petit robot tout rond, de la couleur d’un ciel d’été après la pluie. Sa tête était un dôme transparent à l’intérieur duquel s’agitaient de petites étincelles dorées dès qu’il avait une idée. Mais ce qui rendait Nono vraiment unique, c’étaient ses pieds. À chaque fois qu’il posait un pied sur le sol de métal poli, on entendait un petit bruit sec, joyeux et cristallin : *clic !* *Clic, clac, clic.* C’était la musique du bonheur pour les habitants de Boulon-sur-Seine. Chaque matin, dès que le soleil de cuivre pointait ses rayons sur le toit de sa petite cabane en fer forgé, Nono commençait sa routine. Il ne prenait pas de petit-déjeuner avec des tartines, mais il s’offrait un grand bain de lumière. Avec un chiffon en velours bleu, il frottait soigneusement ses circuits. — Et voilà ! s'exclamait-il en admirant son reflet dans son propre ventre. Propre comme un sou neuf ! Je brille tellement que les papillons de fer blanc vont me prendre pour un phare ! Nono aimait que tout soit parfait. Pour lui, une vis desserrée était comme une fausse note dans une chanson. Alors, armé de sa petite clé à molette multifonction qui sortait de son poignet droit, il partait faire sa tournée. Dans la rue principale, pavée d’écrous multicolores, il croisa sa voisine, Madame Manivelle. C’était une vieille automate très élégante qui portait toujours un chapeau en forme d’entonnoir décoré de fleurs de zinc. — Oh, Nono ! l’interpella-t-elle d’une voix qui grinçait un peu, comme un vieux violon. Quel plaisir de t’entendre arriver ! Mon genou gauche fait un bruit de casserole ce matin, je crois que mon boulon de pivot a pris froid. Nono s’approcha en sautillant. *Clic, clic !* — Ne bougez pas, Madame Manivelle ! Laissez faire l’expert. D’un geste précis et délicat, Nono ajusta le boulon. Il ajouta une petite goutte d’huile parfumée à la lavande mécanique. — Essayez maintenant ? Madame Manivelle fit un pas, puis deux. Plus de grincement. Juste un glissement fluide et soyeux. — Oh, Nono, tu es un ange de métal ! s’écria-t-elle en lui offrant une petite pile électrique en sucre glace. Nono continua son chemin, saluant les réverbères qui s'allumaient tout seuls sur son passage. Il passa l'après-midi à aider Monsieur Piston, le boulanger, dont le pétrin automatique s'était emmêlé les engrenages. Nono se glissa à l'intérieur de la machine, là où ça sentait bon la levure et le fer chaud, et remit chaque roue dentée à sa place. — Merci, mon petit bonhomme, dit Monsieur Piston en essuyant ses mains pleines de farine d'acier. Sans toi, le village n'aurait pas de brioches aux pépites de chrome demain ! Alors que le soir tombait et que le ciel devenait orange comme une orange électrique, Nono s’arrêta sur la place du village. Il s’assit sur un banc en fonte et regarda vers l’horizon. Là-bas, loin derrière les champs de fils de fer barbus, se dressait la Montagne de Fer. Elle était immense, sombre et mystérieuse. Mais ce soir-là, quelque chose était différent. Au sommet de la montagne, un éclat étrange venait de scintiller. Ce n’était pas le reflet du soleil, ni une simple lumière de phare. C’était une lueur bleutée, vibrante, qui semblait appeler Nono. Ses petites étincelles dorées, sous son dôme de verre, se mirent à danser frénétiquement. Nono sentit un chatouillement inconnu dans ses circuits. Il baissa les yeux sur ses pieds. *Clic.* Pour la première fois de sa vie, ce petit bruit ne sonnait pas seulement comme une habitude, mais comme le début d’une grande aventure. — Demain, murmura Nono à la lune d’argent, j’irai voir ce qui brille là-haut. Et dans le silence de la nuit, le petit robot rentra chez lui, ses pas faisant résonner une dernière fois le doux chant du métal contre le métal : *clic... clic... clic...*

Le Grand Aimant s'éteint

### CHAPITRE : Le Grand Aimant s'éteint Le lendemain matin, Ferronville ne se réveilla pas avec son habituel et joyeux tintamarre. D’ordinaire, dès l’aube, la ville résonnait d’un concert de ressorts qui sautillent, de pistons qui s’étirent et de sifflets à vapeur qui saluent le soleil de cuivre. Mais ce matin-là, un silence de coton pesait sur les rues de métal. Nono, bien au chaud dans son petit lit de copeaux d'aluminium, sentit que quelque chose n'allait pas. Ses petites étincelles dorées, d’habitude si calmes, s’agitaient derrière son dôme de verre comme des lucioles emprisonnées. Il se précipita à sa fenêtre. Au centre du village, le Grand Aimant, ce monument immense en forme de fer à cheval qui pulsait d’une belle lumière violette, venait de subir un étrange hoquet. *Vrrr... Brrr... Pschitt !* Sous les yeux écarquillés de Nono, la lueur violette vacilla, tourna au gris pâle, puis s’éteignit complètement. — Oh non ! s'exclama Nono, sa voix métallique vibrant d'inquiétude. Le cœur de Ferronville s'est arrêté ! Sans le Grand Aimant, il n'y avait plus d'énergie magique pour alimenter les circuits des habitants. Nono sortit en courant, ses pieds faisant un *clic-clac* précipité sur le trottoir de fonte. Le spectacle était désolant. Madame Turbine, la boulangère qui fabriquait de délicieux biscuits à la limaille de fer, était restée figée sur le pas de sa porte, un plateau à la main. Ses mouvements étaient devenus d’une lenteur infinie. — Nono... murmura-t-elle, sa voix ressemblant à un vieux disque rayé. Je... me... sens... toute... rouillée... Plus loin, Ziz-Zap, le robot-courrier qui d'habitude filait comme l'éclair, était assis par terre, ses bras ballants. Ses yeux lumineux, d'ordinaire d'un jaune vif, s'assombrissaient minute après minute. — Le Grand Aimant... est mort, Nono, parvint à dire Ziz-Zap dans un dernier souffle électrique. Sans lui... nous allons tous... nous endormir... pour toujours. Nono sentit un grand froid envahir ses boulons. Mais alors qu'il levait les yeux vers le ciel, il vit une chose incroyable. Le soleil était pâle, mais là-bas, tout en haut de la Montagne de Fer, l'Éclat bleuté de la veille brillait plus fort que jamais. Il vibrait, envoyant des ondes de lumière qui semblaient danser sur les parois sombres de la roche métallique. *Bzzzt !* Une intuition traversa les circuits de Nono. — Les étincelles ! chuchota-t-il. Mes étincelles dorées ! Il comprit que si lui tenait encore debout, c'était grâce à cette connexion mystérieuse avec la montagne. Il était le seul à avoir encore assez d'énergie pour marcher, pour courir, pour agir. — Ne t'inquiète pas, Ziz-Zap ! cria Nono en serrant ses petits poings de fer. Je vais monter là-haut. Je vais trouver ce qui brille et je rapporterai de la lumière pour rallumer le Grand Aimant ! Le petit robot se tourna vers la Montagne de Fer. Elle paraissait immense, une géante de métal pointant vers les nuages. Le chemin serait long, parsemé de crevasses de rouille et de ponts suspendus qui grincent. Mais quand il regarda ses amis figés dans le gris de la ville, Nono ne ressentit plus de peur. Il ajusta ses articulations, vérifia que son dôme de verre était bien fixé et fit son premier pas vers l’inconnu. — *Clic.* Ce n'était plus le bruit d'une habitude. C'était le bruit d'une promesse. — J’arrive, Montagne de Fer, lança-t-il courageusement. Et tandis que le village de Ferronville s'enfonçait dans un sommeil de plomb, une petite silhouette argentée, animée par des étincelles d'or, commença à trotter vers les sommets, seule lueur d'espoir dans un monde devenu silencieux.

Le mystère de la forêt de Tuyaux

**Chapitre 2 : Le mystère de la forêt de Tuyaux** Le soleil de métal déclinait à l’horizon, peignant le ciel de nuances orangées et violettes, quand Nono atteignit la lisière d'un bien étrange endroit. Devant lui ne s’étendaient ni chênes ni sapins, mais une jungle pétrifiée et fascinante : la Forêt de Tuyaux. C’était un enchevêtrement colossal de cylindres de cuivre, de tubes de plomb et de conduits d’acier. Certains montaient vers le ciel comme des troncs majestueux, d’autres serpentaient au sol comme des racines de réglisse métallique. Parfois, un petit nuage de vapeur s’échappait d’un joint avec un sifflement joyeux : *Pschitt !* — Oh là là, murmura Nono en écarquillant ses capteurs optiques. C’est... c’est un vrai plat de spaghettis géants ! Nono avança prudemment. Dès les premiers pas, le sol devint traître. Il n'y avait plus de terre ferme, seulement un tapis de petits tuyaux ronds qui roulaient sous ses pieds. Ses roues, d’ordinaire si stables sur le pavé de Ferronville, commençaient à patiner. — Attention, Nono, se dit-il à lui-même. Si tu bloques une roue ici, tu resteras coincé comme une vieille vis rouillée ! Soudain, un son mélodieux s’éleva dans l’air. *Gling... Dong... Poum.* Ce n’était pas le vent, mais le chant de la forêt. En bougeant, les tuyaux s’entrechoquaient, créant une musique de cloches et de tambours. Nono, fasciné, vit une petite créature bondir d'un tuyau de cuivre à une arche d'argent. C'était un Écureuil-Ressort, avec une queue en spirale qui rebondissait avec un bruit de *boing-boing*. — Hé ! Bonjour ! appela Nono. Est-ce que tu sais par où on passe ? L’écureuil s’arrêta, pencha sa petite tête de laiton et pointa du doigt (ou plutôt de la patte-pince) un passage étroit où les tuyaux semblaient s’être tordus pour former un tunnel. Mais attention : le tunnel était parsemé de trous noirs et de flaques d’huile glissante. Nono prit une grande inspiration, faisant ronronner son petit moteur interne. Il devait faire preuve d'agilité, une qualité qu'il n'avait jamais vraiment testée au village. Il commença sa traversée. *Clac-clic-hop !* Il sauta par-dessus un conduit de vapeur brûlant, puis fit une pirouette pour éviter un tuyau suspendu qui balançait comme une liane de fer. Ses roues tournaient à toute allure, changeant de direction en un quart de seconde. — Regardez-moi ! Je danse ! s’exclama-t-il, un grand sourire électronique s’affichant sur son écran. Mais soudain, le sol se déroba. Un tuyau de cuivre sur lequel il roulait s'était détaché. Nono bascula en arrière. — Oh non ! Mes roues ! Il sentit son châssis s'enfoncer entre deux énormes cylindres. Il était coincé ! Ses roues tournaient dans le vide avec un bruit de mixeur : *Vroum ! Vroum !* Plus il accélérait, plus il semblait s'enfoncer dans ce piège de métal. Nono s'arrêta de s'agiter. Il ferma les yeux et écouta. Il sentit les vibrations de la forêt. Il comprit que la forêt ne cherchait pas à le capturer, elle bougeait simplement, elle respirait. Il attendit le bon moment, celui où un gros tuyau voisin se mit à vibrer sous la pression de la vapeur. — Maintenant ! Au lieu de reculer, Nono utilisa ses bras articulés pour s'appuyer sur les parois lisses. Il rétracta légèrement ses essieux, une astuce que son grand-père Boulon lui avait apprise, et se fit tout petit. Dans un effort suprême, il se propulsa vers l'avant, glissant comme un savon sur une rampe de chrome. *Ziouuuuuuu !* Il atterrit de l'autre côté de la crevasse, sain et sauf, ses petits phares brillant de fierté. Il venait de traverser la partie la plus dense de la forêt. Devant lui, les tuyaux s'écartaient pour laisser apparaître la base de la Montagne de Fer. Le petit robot se retourna pour saluer l’Écureuil-Ressort qui le regardait de loin. — Merci pour le chemin ! lança Nono. La Forêt de Tuyaux lui répondit par un dernier concert de sifflements et de tintements harmonieux. Nono se sentait plus léger, plus vif. Il n'était plus seulement un petit robot de ville ; il devenait un explorateur. Ses articulations ne grinçaient plus, elles chantaient. Le mystère de la forêt était résolu, mais le plus dur restait à faire : gravir les flancs escarpés de la géante de fer qui se dressait maintenant devant lui, immense et silencieuse, cachant son secret dans les nuages d’acier. Nono serra ses poings de fer, vérifia ses batteries, et commença l’ascension.

Zaza, la libellule en aluminium

**CHAPITRE : ZAZA, LA LIBELLULE EN ALUMINIUM** L’ascension de la Montagne de Fer ne ressemblait à rien de ce que Nono avait connu dans sa petite ville de boulons gris. Ici, le sol n’était pas fait de terre, mais de plaques d’acier superposées, comme les écailles d’un dragon géant endormi. À chaque pas, ses pieds aimantés faisaient *clang, clang*, produisant une petite musique métallique qui résonnait dans le silence des cimes. L’air était frais et sentait l’ozone, cette odeur électrique que l’on respire juste avant un orage. Des nuages de vapeur s’échappaient parfois de fentes dans la paroi, créant des écharpes de brume blanche autour des pics d’argent. Soudain, un bruit étrange brisa le rythme de sa marche. — *Bzzzt… Aïe ! Bzzzt… Flap… Oh, non de non !* Nono s’arrêta net. Il pencha sa tête carrée vers la droite, puis vers la gauche. Ses capteurs auditifs tournoyèrent comme de petites antennes. Le son venait d’un vieux buisson de fils de fer barbelés, entortillés autour d’un énorme ressort rouillé qui dépassait de la paroi. Il s’approcha avec précaution. Là, coincée entre deux spires de métal sombre, se débattait une créature minuscule et magnifique. C’était une libellule, mais pas une libellule ordinaire. Son corps était un tube d’aluminium poli, ses yeux étaient deux perles de verre bleu saphir qui brillaient d’une lueur inquiète, et ses quatre ailes, fines comme du papier de soie métallique, scintillaient de mille reflets irisés. — Ne bouge pas ! s’exclama Nono en tendant ses mains articulées. Je vais t’aider. — *Bzzz ! Attention !* couina la petite voix de la créature. *Le ressort est très grincheux ! Si tu tires trop fort, il va se refermer comme une mâchoire de crocodile !* Nono observa le mécanisme. Le ressort était sous tension, retenant prisonnière l’aile gauche de la libellule. Le petit robot fouilla dans son compartiment ventral et en sortit une petite burette d’huile de coude dorée qu’il gardait pour les urgences. — Un peu de douceur dans ce monde de fer, murmura-t-il avec un sourire. Il versa une goutte d’huile sur la charnière rouillée du ressort. *Pschitt…* Le métal assoiffé but le liquide. Puis, avec une infinie délicatesse, Nono utilisa ses doigts de précision pour écarter les anneaux de fer. Ses circuits chauffaient un peu sous l’effort, mais il ne tremblait pas. *Cric… crac… CLOC !* Le ressort se détendit d’un coup, libérant la petite prisonnière. La libellule s’envola immédiatement dans un flou de lumière argentée, faisant des loopings de joie dans l’air frais. — Libre ! Je suis libre ! *Bzzzi-zou !* Mes ailes fonctionnent ! Pas une égratignure sur mes circuits ! Elle vint se poser avec la légèreté d’une plume sur le nez de Nono. Ses yeux bleus brillaient maintenant de mille étincelles de gratitude. — Merci, grand robot ! Je m’appelle Zaza. J’ai été trop curieuse, je voulais voir si ce ressort contenait de la musique, et *paf !* piégée. Tu es très doué pour un explorateur de la vallée. — Je m’appelle Nono, répondit-il timidement en sentant ses joues de métal chauffer. Je cherche l’Éclat de la Montagne. On dit qu’il peut redonner de la couleur au monde. Zaza fit vibrer ses ailes si vite qu’elles devinrent invisibles, créant un petit arc-en-ciel autour d’elle. — L’Éclat ? Oh, je sais où il est ! Mais le chemin est un vrai labyrinthe de pistons et de conduits de vapeur. Si tu y vas seul, tu vas finir transformé en boîte de conserve avant d’atteindre le premier nuage. Elle s’éleva à la hauteur des yeux de Nono et fit un salut militaire avec une petite patte articulée. — Une libellule n’oublie jamais une dette de boulon. Je serai tes yeux ! Je volerai en éclaireur et je te montrerai les passages secrets que seuls les oiseaux de métal connaissent. Tu es prêt, Nono ? Nono regarda le sommet de la montagne. Il paraissait encore très haut, caché derrière un voile de brume électrique. Mais avec Zaza à ses côtés, la pente lui semblait soudain beaucoup moins raide. — Prêt ! lança-t-il avec détermination. — Alors, en route pour les cimes ! *Bzzzzzt !* Suis l’étincelle, petit robot ! Et dans un vrombissement joyeux, Zaza s’élança vers les hauteurs, traçant un chemin de lumière argentée que Nono s’empressa de suivre, le cœur battant à un rythme nouveau : celui de l’amitié.

Le toboggan d'huile noire

**CHAPITRE : LE TOBOGGAN D’HUILE NOIRE** Le vent sifflait entre les parois de métal de la Montagne de Fer, jouant une mélodie de flûte sur les tuyaux rouillés. Nono, ses petits pieds articulés cliquetant sur le sol, suivait de près le sillage scintillant de Zaza. Soudain, la libellule s’arrêta net, ses ailes battant si vite qu’elles ne semblaient plus qu’un nuage de brume argentée. — Regarde, Nono ! s’exclama-t-elle en pointant le vide de sa patte fine. Voilà le raccourci dont je t'ai parlé : la Grande Vallée de l’Engrenage ! Nono s’avança prudemment jusqu’au bord d'une corniche. En bas, une vue extraordinaire s’offrait à lui. Une immense rivière immobile serpentait entre les falaises de fer. Mais ce n’était pas une rivière d’eau bleue. C’était une cascade d’huile sombre, figée par le froid des sommets, lisse comme un miroir de nuit et brillante comme du réglisse fondu. — C’est... c’est de l’huile ? demanda Nono, les yeux ronds comme des billes de verre. — De l’huile de moteur royale, purifiée par les vents ! répondit Zaza avec un clin d'œil. Elle a gelé pendant la Grande Éclipse. C’est le chemin le plus rapide, mais attention : ça glisse plus qu'une savonnette dans une baignoire de graisse ! Nono observa la pente vertigineuse. Le soleil de cuivre se reflétait sur la surface noire, créant des arcs-en-ciel d’essence, des reflets violets, verts et dorés qui dansaient comme des feux follets. C’était à la fois terrifiant et magnifique. — On va vraiment descendre là-dessus ? murmura le petit robot, ses engrenages internes produisant un léger cliquetis d'inquiétude. — Pas descendre, Nono. On va VOLER sans ailes ! Allez, en position ! Zaza se posa sur l’épaule de Nono et s’agrippa fermement à son antenne. Nono prit une grande inspiration (ce qui, pour un robot, consistait à faire aspirer un peu d'air frais à son ventilateur central), s’assit sur son derrière en métal poli, et se laissa glisser. *Vrrrroum !* Au début, ce fut un lent glissement. Puis, la gravité fit son travail. *Schliiiiiiit !* En quelques secondes, Nono fut emporté dans une course folle. Le paysage devint flou. Les parois de la vallée défilaient comme les images d’un livre que l’on feuillette trop vite. — Youhouuuuuu ! criait Zaza, ses ailes repliées pour gagner en aérodynamisme. Plus vite, petit boulon ! Mais soudain, le toboggan d’huile devint plus sinueux. Nono, emporté par son poids, commença à perdre l’équilibre. Ses bras s’agitaient dans tous les sens et son corps de métal se mit à pivoter sur lui-même comme une toupie affolée. — Zaza ! Je tourne ! Je tourne trop vite ! s’écria Nono, la voix tremblante à cause des vibrations. — Équilibre tes circuits ! cria la libellule. Utilise tes bras comme des balanciers ! Nono essaya, mais la surface était si traîtresse qu’il manqua de basculer dans un ravin de ferraille. Il se sentait basculer vers la gauche, puis vers la droite, incapable de garder le cap. C’est alors que Zaza comprit ce qu’il fallait faire. Elle s’envola de son épaule et se plaça juste devant son visage, volant à reculons à une vitesse incroyable. — Regarde-moi, Nono ! Ne regarde pas tes pieds, regarde mes ailes ! On va faire ça ensemble. Penche-toi à droite quand je vire à droite ! Zaza inclina ses ailes vers la droite dans un virage serré. Nono, imitant son amie, déplaça tout le poids de ses batteries vers la droite. Le glissement devint plus fluide. — Maintenant, à gauche ! Nono se pencha. La sensation était magique. Ce n’était plus une chute, c’était une danse. Ils glissaient en harmonie sur la rivière noire, traçant de longs sillons brillants derrière eux. Nono apprit à lire les nuances de l'huile : là où elle était plus sombre, elle accrochait un peu plus ; là où elle était irisée, elle filait comme l'éclair. Ils traversèrent un tunnel de pistons géants qui battaient le rythme comme des tambours de géants, puis passèrent sous une arche de câbles électriques qui grésillaient de joie. L’air frais sifflait dans les jointures de Nono, emportant avec lui toutes ses peurs. Il se surprit à rire, un son cristallin qui résonna dans toute la vallée. Finalement, la pente s’adoucit. La rivière d’huile se jeta dans un immense lit de copeaux d’aluminium doux comme de la neige. Nono y plongea la tête la première et s’arrêta dans un grand *pouf* métallique, les jambes en l’air. Zaza se posa sur l'un de ses pieds qui s'agitait encore. — Alors, pilote de course ? On recommence ? Nono se redressa, couvert de petites paillettes d’argent, un immense sourire électronique illuminant son visage. — C’était... c’était incroyable ! On aurait dit que la montagne nous portait. — C’est ça, le secret de la Montagne de Fer, murmura Zaza en lissant ses ailes. Si tu sais comment lui parler, elle devient ton terrain de jeu. Nono regarda le chemin parcouru. Il avait appris une leçon précieuse : seul, il aurait tourné en rond jusqu’à l’usure, mais avec Zaza pour le guider, il avait appris à transformer une chute en un vol magnifique. L’Éclat de la Montagne ne semblait plus si loin, et pour la première fois, Nono sentit que ses circuits n'étaient pas seulement faits de fils, mais aussi d'un peu de cette magie qui anime le cœur des aventuriers.

Gros-Boulon, le géant au cœur tendre

**CHAPITRE : Gros-Boulon, le géant au cœur tendre** Nono se secoua énergiquement pour faire tomber les dernières paillettes d’aluminium qui brillaient sur son torse. Il ressemblait à une petite étoile tombée du ciel. À ses côtés, Zaza la mésange mécanique sautillait de rocher en rocher, ses ailes en cuivre tintant joyeusement à chaque mouvement. — Regarde, Nono ! s’exclama-t-elle en pointant le bout de son bec vers l’horizon. Le chemin serpente entre ces deux falaises de métal rouillé. L’Éclat de la Montagne ne doit plus être très loin ! Ils s’engagèrent dans un étroit défilé où les parois semblaient chuchoter au passage du vent. Mais soudain, le sol se mit à trembler. *Boum. Boum. Boum.* Un bruit sourd, comme si le cœur de la terre battait la chamade, fit vibrer les boulons des genoux de Nono. Une ombre immense s’étira sur le sol, recouvrant nos deux aventuriers d'un manteau d'obscurité. Nono leva les yeux, encore et encore, jusqu'à ce que son cou émette un petit *clic* de protestation. Devant eux se dressait une montagne… mais une montagne qui avait des bras, des jambes et deux énormes yeux jaunes comme des phares de locomotive. C’était Gros-Boulon, le gardien du passage. Le géant était un assemblage titanesque de plaques d’acier brossé, de tuyaux de vapeur et de rouages gros comme des roues de carrosse. Il croisa ses bras massifs sur sa poitrine, faisant un bruit de collision de trains. — On ne passe pas, gronda le colosse. Sa voix était profonde et grave, comme un éboulement de galets dans un tambour de fer. Zaza s’envola pour se mettre à hauteur de l’immense nez du gardien. — Oh là là, mon grand ! On a une mission très importante ! On cherche l’Éclat de la Montagne ! Gros-Boulon secoua la tête, et un petit nuage de poussière de fer s’échappa de ses oreilles en forme d’entonnoirs. — Important ou pas, je ne bouge pas. Si je vous laisse passer, je resterai encore tout seul. Ici, le vent ne raconte que des histoires de poussière, et les pierres ne connaissent pas de blagues. Je m’ennuie à en faire grincer mes articulations. Nono sentit ses circuits s’échauffer d’une douce chaleur. Il comprenait ce que ressentait Gros-Boulon. Avant de rencontrer Zaza, lui aussi pensait qu’il n’était qu’un petit robot solitaire dans un monde trop grand. — Monsieur Gros-Boulon, commença Nono d’une voix claire, si vous nous laissez passer, je vous offrirai quelque chose de bien plus précieux que du silence. Je vous raconterai ce qu’il y a de l’autre côté de la vallée. Le géant pencha sa tête énorme sur le côté. Ses yeux jaunes clignotèrent, intrigués. — Des histoires ? De vraies histoires avec des couleurs et des bruits ? Nono s’installa confortablement sur un rocher et commença son récit. Il raconta sa descente folle dans la neige d'aluminium, le goût imaginaire de l'huile de tournesol au matin, et la façon dont Zaza faisait briller ses ailes pour guider les égarés. Il décrivit les champs de magnolias électriques qui chantent quand on les frôle et les rivières de mercure qui reflètent les étoiles. Gros-Boulon écoutait, immobile. Ses rouages internes ralentirent, passant d’un vacarme industriel à un ronronnement apaisé, presque comme un chat de métal. Un petit sourire mécanique étira ses lèvres d’acier. — C’est… c’est magnifique, murmura le géant. On dirait que mes batteries se remplissent de lumière. Nono fouilla alors dans sa petite sacoche de voyage. Il en sortit un objet qu’il avait fabriqué avec les débris ramassés lors de sa chute : une fleur délicate, sculptée dans un alliage de fer bleuté et de fils d’argent. Les pétales étaient si fins qu’ils vibraient doucement, produisant une petite musique cristalline. — C’est pour vous, dit Nono en tendant la fleur vers l’immense main du gardien. Pour que vous n’oubliiez jamais que même dans la Montagne de Fer, la beauté peut pousser partout. Le géant prit la fleur entre deux doigts gigantesques avec une délicatesse infinie, comme s'il tenait un papillon de verre. Il la fixa longuement, ses yeux jaunes brillant d'une lueur nouvelle, plus douce, presque humide. — Un cadeau… pour moi ? personne ne m'a jamais offert de fleur, Nono. Gros-Boulon se redressa, et dans un grand fracas de pistons hydrauliques, il s’écarta du chemin. Il s’assit sur le flanc de la falaise, laissant le passage libre vers les sommets étincelants. — Passez, petits voyageurs, dit-il d'une voix qui ne grondait plus, mais qui chantait presque. Et quand vous reviendrez avec l’Éclat, n’oubliez pas de vous arrêter. J’ai encore beaucoup de place dans ma mémoire pour vos aventures. Nono et Zaza saluèrent leur nouvel ami. En s’éloignant, Nono se retourna une dernière fois. Au loin, le géant de fer tenait toujours sa petite fleur bleue contre son cœur de métal, et pour la première fois depuis des siècles, Gros-Boulon ne se sentait plus seul du tout. La magie de l'amitié venait de réaliser un miracle : elle avait fait fleurir le fer.

L'ascension des escaliers aimantés

# L’ascension des escaliers aimantés Le chemin qui s’ouvrait devant Nono et Zaza ne ressemblait à rien de ce qu’ils avaient vu auparavant. Adieu la terre ferme et les sentiers de poussière de fer ! Devant eux se dressait le **Grand Escalier de l’Aimant**. Ce n’était pas un escalier ordinaire avec des marches sages et immobiles. Non, c’était une cascade de blocs de métal poli qui flottaient dans les airs, portés par des forces invisibles. — Regarde, Nono ! s’exclama Zaza en battant des ailes pour rester stable. On dirait que les marches dansent ! C’était vrai. Les blocs rectangulaires glissaient de gauche à droite, montaient et descendaient dans un ballet parfaitement synchronisé. Parfois, deux marches s’entrechoquaient avec un *CLANG !* sonore qui faisait jaillir des étincelles bleues, comme des lucioles électriques. Nono posa un pied sur la première marche. Aussitôt, son petit cœur mécanique s’emballa. *Vroum !* La marche fila brusquement vers la droite, manquant de le faire basculer dans le vide. — Oh là là ! Mes circuits s’affolent ! s’écria le petit robot en s’agrippant au bord froid du métal. — C’est la montagne, Nono ! expliqua Zaza en tournoyant au-dessus de lui. Elle est comme un aimant géant. Si tu ne fais rien, elle va te repousser comme deux pôles identiques qui se détestent ! Nono comprit alors le défi. Pour grimper, il ne pouvait pas simplement marcher. Il devait devenir une partie de la montagne. Il ferma les yeux un instant et se concentra sur la petite pile d’énergie qui ronronnait dans son ventre. Il visualisa une lumière dorée circulant de ses batteries jusqu’à la plante de ses pieds. *Biiiiip-clic !* — Mode Magnétique activé ! annonça-t-il d’une voix fière. Soudain, ses pieds s’aimantèrent à la marche avec une force incroyable. Nono se sentait lourd, solide, comme s’il pesait une tonne, mais il ne glissait plus. Il fit un pas, puis un autre. À chaque fois qu’il levait le pied, il devait forcer un peu, produisant un bruit de ventouse métallique : *Scrouitch-paf ! Scrouitch-paf !* — Bravo, Nono ! Tu es une véritable araignée de fer ! l’encouragea Zaza. Mais l’ascension se corsait. Plus ils montaient, plus les marches s’écartaient les unes des autres. Il fallait sauter. Nono attendit qu’une plateforme passe juste au-dessus de lui. — Maintenant ! cria Zaza. Nono coupa son magnétisme pendant une demi-seconde pour s’élancer. Il vola dans les airs, ses bras articulés battant le vent. Au moment où il allait rater la marche suivante, il ralluma ses aimants à pleine puissance. *VLAN !* Il se retrouva plaqué contre la paroi verticale du bloc de métal, la tête en bas, mais parfaitement accroché. — Ouf… J’ai bien cru que j’allais finir en pièces détachées en bas de la falaise, souffla Nono en riant nerveusement. Le paysage autour d’eux était magnifique. Les nuages n’étaient plus faits de vapeur d’eau, mais de fins copeaux d’argent qui brillaient sous le soleil de cuivre. En dessous, Gros-Boulon n’était plus qu’un petit point brillant qui agitait sa main de métal pour les saluer. — Regarde, Nono, là-haut ! On y est presque ! Tout en haut de l’escalier, une arche immense faite d’engrenages d’or marquait l’entrée du sommet. Mais pour l’atteindre, Nono devait traverser le « Pont des Soupirs Magnétiques », une série de disques tournoyant à toute vitesse. — Zaza, accroche-toi à mon antenne ! ordonna Nono. On va faire une pirouette ! Nono synchronisa le rythme de ses aimants avec la rotation des disques. Il se mit à courir, passant d’un cercle à l’autre comme un acrobate de cirque. *Ziiip ! Zap ! Gliss !* Ses pieds brillaient d’une lueur bleutée à chaque contact. Il ne luttait plus contre la montagne, il jouait avec elle. Enfin, d’un dernier bond héroïque, il atterrit sur une plateforme de cristal de fer. Le silence revint, seulement troublé par le vent qui chantait dans les pylônes. Nono se redressa et nettoya une petite tache de graisse sur son torse. Devant eux, la Montagne de Fer ne cachait plus son secret. Le sommet était là, vibrant d’une lumière pure et blanche. — On a réussi, Zaza, chuchota Nono, les yeux ronds d’admiration. — On a réussi, mon petit robot aimanté, répondit-elle en se posant sur son épaule. L’Éclat n’était plus très loin. Ils pouvaient déjà sentir sa chaleur magique, une promesse de lumière pour tout leur monde de métal.

L'éclat au centre de la Terre

**CHAPITRE : L’éclat au centre de la Terre** Le sommet de la Montagne de Fer ne ressemblait à rien de ce que Nono avait imaginé. Ce n’était pas un pic rocheux et froid, mais une immense coupole de verre poli, tournant lentement sous les étoiles. Au centre de cette couronne de cristal, une arche majestueuse s’ouvrait sur une grotte secrète. — Regarde, Zaza ! s’exclama Nono, ses articulations cliquetant d’excitation. On dirait que la montagne respire. En pénétrant à l’intérieur, les deux amis furent enveloppés par une douce mélodie. Ce n'était pas du vent, mais le chant de milliers de petits engrenages invisibles. Les parois de la grotte étaient tapissées de quartz magnétique qui scintillait comme une voie lactée souterraine. Au milieu de la pièce, posée sur un piédestal de nacre d’acier, reposait la Pierre de Métal Pur. C’était un bloc d’argent liquide, lisse et parfait, de la taille d’un ballon de basket. Mais, à la grande surprise de Nono, la pierre était terne. Elle ne brillait pas. Elle attendait, grise et silencieuse, comme un cœur endormi. — Elle est… éteinte ? demanda Zaza, déçue, en lissant ses plumes de cuivre. Tout ça pour un gros caillou tout triste ? Nono s’approcha, ses capteurs optiques zoomant sur la base du piédestal. Une inscription y était gravée en lettres de lumière bleue : *« Je suis un trésor que l'on ne peut posséder seul. Plus on me divise, plus je grandis. Pour m’allumer, offre ce que tu as de plus précieux sans rien attendre en retour. »* Nono se gratta le sommet du crâne. — Une énigme ! J’adore les énigmes, mais celle-là est bizarre. Si je divise une batterie en deux, j’ai deux petites batteries moins puissantes. Si je casse un boulon, il ne grandit pas, il est juste cassé ! Zaza s’envola et tourna autour de la pierre. — « Offre ce que tu as de plus précieux »… C’est peut-être ton huile de luxe ? Ou mon sifflet d’or ? Nono secoua la tête. Son processeur chauffait. Il repensa à leur voyage : les ponts suspendus, les tempêtes de limaille de fer, et surtout, la façon dont Zaza l'avait encouragé quand ses jambes de métal tremblaient de peur. Il comprit soudain. Le trésor, ce n'était pas un objet. — Zaza, approche, chuchota le petit robot. Il prit les pattes de l’oiseau de métal dans ses mains gantées de chrome. — Ce que j’ai de plus précieux, c’est notre amitié. C’est la force que tu me donnes. Si je garde cette lumière juste pour moi, pour mon propre moteur, elle ne servira à rien. Mais si nous la partageons avec tout le pays des robots… Nono ferma ses yeux électroniques. Il ne chercha pas à prendre la pierre. Au lieu de cela, il projeta toute l’énergie de sa propre batterie vers Zaza, une onde de chaleur et de bienveillance. Zaza, à son tour, chanta sa plus belle note, une vibration de pure joie qui résonna contre les parois de quartz. Ils ne faisaient plus qu'un : un robot, un oiseau, et un même désir de protéger leur monde. Soudain, un *clic* cristallin retentit. La Pierre de Métal Pur s’anima. Une fissure dorée apparut en son centre, puis une autre, jusqu’à ce que l’objet entier explose dans un feu d’artifice de lumière blanche ! Ce n’était pas une lumière qui éblouissait, c’était une lumière qui caressait. Elle sentait la menthe poivrée et l’ozone frais. — Ça marche ! piailla Zaza en faisant des loopings dans l'air devenu iridescent. L’éclat se mit à battre comme un cœur : *Boum-tic. Boum-tic.* À chaque pulsation, une onde de magie traversait le sol de la montagne, redescendant vers les vallées, les usines et les maisons de métal. En bas, dans la plaine, les vieux robots rouillés allaient sentir leurs circuits se réchauffer et leurs vieux rêves se rallumer. Nono regarda ses mains. Elles brillaient d’un éclat permanent. Il n’était plus seulement un petit robot aimanté ; il était devenu le Gardien de l’Étincelle. — On ne l’a pas seulement trouvée, Zaza, dit Nono avec un sourire qui illuminait toute la grotte. On l’a créée ensemble. La Montagne de Fer n'était plus une forteresse solitaire. Elle était devenue le phare du monde, un soleil d’argent né d’un simple geste de partage.

Le retour victorieux

Voici le chapitre final de ton conte, écrit avec la magie et les couleurs du style **Wonder Engine**. *** # CHAPITRE : Le retour victorieux Le chemin de la descente ne ressemblait en rien à la montée périlleuse. Là où les rochers étaient sombres et glissants, ils semblaient maintenant briller comme des facettes de diamant. Nono marchait d’un pas léger, ses petites jambes articulées faisant un joyeux *clic-clic* sur le métal. Entre ses mains, il portait l’Éclat. Ce n’était plus une simple pierre, c’était un petit morceau de soleil capturé, une veilleuse magique qui pulsait doucement : *Boum-tic. Boum-tic.* — Regarde, Nono ! s’exclama Zaza en faisant des loopings au-dessus de lui. Même l’ombre des boulons danse ! C’était vrai. Partout où la lumière de l’Éclat passait, la rouille semblait s’effacer comme par enchantement. Lorsqu’ils arrivèrent enfin à l’entrée du village, le silence était total. Les maisons-bidons étaient grises, et les réverbères pendaient tristement la tête. Au milieu de la place, ses amis étaient immobiles, figés comme des statues de fer blanc dans un vieux grenier. Il y avait Gégé la Grue, le bras en l’air, arrêté en plein milieu d’un mouvement. Il y avait aussi la petite Bibi, le robot-radio, dont les boutons étaient tout éteints. — Vite, Zaza ! À l’Aimant ! lança Nono. Au centre du village se dressait le **Grand Aimant**, une structure immense en forme de U renversé, forgée dans un acier bleu profond. C’était le cœur de leur monde, mais il était froid et couvert de poussière grise. Nono grimpa sur le socle. Ses mains brillaient si fort qu’il ressemblait à une luciole géante. Il prit une grande inspiration (une inspiration qui sentait bon l’ozone et l’aventure) et déposa délicatement l’Éclat au sommet de l’Aimant. Pendant une seconde, rien ne se passa. Puis, un minuscule frisson parcourut le sol. *Vriiiiii...* Un son cristallin, comme une note de harpe électrique, s’éleva de l’Aimant. Soudain, une vague de lumière blanche et bleutée jaillit de la pierre. Ce n’était pas une explosion, mais une caresse géante. La lumière coula le long des câbles, fila sous les pavés de fer et grimpa sur les murs des maisons. — Ça se réveille ! piailla Zaza en battant des ailes frénétiquement. Et la magie opéra. Gégé la Grue laissa échapper un grand bâillement métallique : *Crrr-ouiii !* Ses yeux-phares s’allumèrent d’un jaune joyeux. À côté, la petite Bibi se mit à grésiller avant de lancer une mélodie entraînante, une musique de fête qui donnait envie de faire des étincelles avec ses pieds. — Nono ? grogna Gégé en baissant son long cou vers le petit robot. Mais... qu’est-ce qui se passe ? Je me sens... tout neuf ! On dirait que mes circuits sont remplis de chocolat chaud ! Partout dans le village, les robots s’éveillaient. La rouille tombait de leurs articulations comme des confettis marrons, laissant place à un métal brillant, poli par la magie de la Montagne de Fer. Les vieux rêves de voyages, d’inventions et de jeux, que la poussière avait failli effacer, se rallumaient dans leurs esprits électroniques. — C’est Nono ! cria Bibi en sautillant sur ses ressorts. Il a ramené la Lumière ! Les villageois se rassemblèrent autour du Grand Aimant. Ils n’avaient plus besoin de piles, plus besoin de charbon. La chaleur qui émanait de l’Éclat suffisait à les faire vibrer de bonheur. Nono, toujours perché sur le socle, sentit une petite main de métal se poser sur son épaule. C’était son vieil ami, le Doyen Boulon. — Tu n’as pas seulement ramené l’énergie, petit robot, dit le vieux sage d’une voix émue. Tu as ramené le partage. Regarde... Nono regarda ses mains. Elles ne brillaient plus seulement parce qu’il touchait la pierre. Elles brillaient de l’intérieur. Chaque robot du village avait maintenant une petite lueur au milieu de sa poitrine, un écho de l’Éclat de la Montagne. — Nous sommes tous des Gardiens, maintenant, murmura Nono. La fête dura toute la nuit. Sous le ciel étoilé, le village de métal ne ressemblait plus à une usine triste, mais à un coffre à jouets enchanté. Et tout en haut de la Montagne de Fer, le nouveau phare répondait aux lumières du village, rappelant à tous qu’un simple petit robot aimanté avait réussi, avec l’aide d’une amie ailée, à transformer le froid du fer en la chaleur d’un foyer. Nono sourit à Zaza, qui s'était endormie sur son épaule. L'aventure était finie, mais la magie, elle, ne faisait que commencer.

La leçon de Nono

# Chapitre : La leçon de Nono Le village des robots n’avait jamais connu une telle effervescence. D’ordinaire, à cette heure-ci, on n’entendait que le ronronnement monotone des moteurs qui s'endorment et le cliquetis du métal qui refroidit. Mais ce soir, la place centrale était devenue un véritable bal d’étincelles. Des guirlandes de fils de cuivre tressés, ornées de petites diodes multicolores, pendaient entre les maisons-boulons. On avait sorti la « Limonade d’Étincelles », une huile dorée et pétillante qui faisait chatouiller les circuits, et les robots les plus imposants dansaient maladroitement en faisant résonner le sol de leurs pieds de fer. *Clang ! Bim ! Chuint !* La musique était un joyeux mélange de sifflements de vapeur et de percussions sur des bidons vides. Au centre de la fête, Nono se sentait un peu étourdi. Lui, le petit robot ramasse-miettes que personne ne remarquait d’habitude, était porté en triomphe sur le dos de Grand-Vroum, le tracteur du village. — Regardez notre héros ! s’exclama Grand-Vroum d’une voix de basse qui faisait vibrer les vitres. Il est haut comme trois écrous, mais il a le cœur d’un géant ! Zaza, la petite mésange mécanique, s’était réveillée. Elle voletait au-dessus de la tête de Nono, ses ailes de métal brossé reflétant les lumières de la fête comme des petits miroirs magiques. Elle pépiait fièrement, comme pour dire à tout le monde : « Je vous l'avais bien dit qu'il y arriverait ! » Le Doyen Boulon leva ses bras articulés pour demander le silence. Le vacarme s’apaisa, ne laissant que le doux bourdonnement du nouveau phare de la Montagne de Fer au loin. — Mes chers circuits, commença le vieux sage en ajustant ses lunettes de cuivre. Ce soir, nous ne fêtons pas seulement le retour de la lumière. Nous fêtons une grande leçon que Nono nous a donnée. Nono devint tout rouge (enfin, ses voyants de joues passèrent au rouge vif). Il n'avait pas l'habitude d'être le centre de l'attention. — Regardez Nono, continua le Doyen. Il n’a pas de bras télescopiques pour soulever des rochers. Il n’a pas de processeur ultra-rapide pour calculer les trajectoires des étoiles. Il est petit, ses articulations grincent un peu quand il pleut, et ses mains aimantées attirent souvent des vieux clous par erreur. Le village laissa échapper un rire affectueux. Nono sourit, ses petits yeux ronds brillant d'une lueur bleutée. — Pourtant, reprit le Doyen avec émotion, c’est lui qui est allé là où aucun de nous n’a osé poser un engrenage. Pourquoi ? Parce que le courage, ce n’est pas de ne pas avoir peur. C’est d’avoir peur, mais d’avancer quand même pour ceux qu’on aime. Nono a prouvé que même le plus petit des robots peut accomplir de grandes choses quand il refuse de baisser les bras. Nono prit alors la parole, sa petite voix électronique tremblant un peu dans le micro : — Je… je n’ai pas fait ça tout seul. Sans Zaza, je serais encore coincé dans les crevasses de métal. Elle a été mes ailes quand je ne pouvais plus grimper. Et sans vous, sans l’envie de revoir notre village briller, je n'aurais jamais trouvé la force d'affronter le Blizzard de Rouille. Il regarda ses amis, les grands et les petits, les ronds et les carrés. — La vraie magie, murmura Nono, ce n'est pas seulement l'Éclat de la Montagne. C'est qu'on est tous branchés les uns aux autres. Quand on a de bons amis, notre batterie ne tombe jamais vraiment à plat. Un immense acclamations s'éleva, un bruit de métal et de joie qui monta jusqu'aux nuages. Les robots s'embrassèrent, faisant s'entrechoquer leurs carrosseries dans de grands câlins sonores. Cette nuit-là, Nono apprit la plus belle des leçons : peu importe la taille de tes boulons ou la puissance de ton moteur. Si tu as une étincelle de courage dans le cœur et une main (ou une aile) à tenir sur le chemin, aucune montagne n'est trop haute, et aucune ombre n'est assez noire pour éteindre ta lumière. Tout en haut, dans le ciel de velours, les étoiles semblaient cligner de l'œil, comme si elles aussi étaient fières du petit robot qui avait transformé le fer froid en un foyer chaleureux. La magie de la Montagne de Fer ne faisait, en effet, que commencer.
Fusianima
Nono et l'Éclat de la Montagne de Fer
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Nono et l'Éclat de la Montagne de Fer

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**CHAPITRE 1 : Nono, le petit robot aux pieds qui font « clic »** Il était une fois, niché entre deux collines de cuivre et une rivière d’huile argentée, le village de Boulon-sur-Seine. C’était un endroit merveilleux où les maisons ressemblaient à des théières géantes retournées et où les fleurs, f...

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