Mamie Loulou et l'Arbre aux Bisous Papillons

Par Studio WonderJeunesse

**CHAPITRE 1 : LE JARDIN ENCHANTÉ DE MAMIE LOULOU** Il était une fois, nichée au creux d’un vallon qui ressemblait à un gros édredon de mousse verte, une petite maison pas tout à fait comme les autres. C’était la maison de Mamie Loulou. Si vous approchiez votre petit nez de la boîte aux lettres p...

Le jardin enchanté de Mamie Loulou

**CHAPITRE 1 : LE JARDIN ENCHANTÉ DE MAMIE LOULOU** Il était une fois, nichée au creux d’un vallon qui ressemblait à un gros édredon de mousse verte, une petite maison pas tout à fait comme les autres. C’était la maison de Mamie Loulou. Si vous approchiez votre petit nez de la boîte aux lettres peinte en bleu ciel, vous ne sentiriez pas l’odeur du papier ou de l’encre. Non, non ! Vous sentiriez une délicieuse, une merveilleuse, une incroyable odeur de brioche tout juste sortie du four. Une brioche dorée, gonflée comme un petit nuage, avec des grains de sucre qui brillent comme des diamants de gourmandise. À l’intérieur, Mamie Loulou s’activait. Mamie Loulou, c’était un petit bout de femme avec des joues roses comme des pommes d’amour et des cheveux blancs aussi doux que de la barbe à papa. Elle portait toujours un grand tablier avec des poches pleines de secrets : une plume d’oiseau par-ci, un caillou qui brille par-là, et surtout, des graines magiques. — Et voilà ! murmura-t-elle en déposant la brioche sur le rebord de la fenêtre. Refroidis doucement, ma jolie, pour que les fées puissent s'en régaler les narines ! Mamie Loulou enfila ses bottes en caoutchouc jaune canari — celles qui font *Scritch-pschitt* quand on marche dans l'herbe — et poussa la porte de son jardin. Ah, le jardin de Mamie Loulou ! Ce n’était pas un jardin pour rester sage. C’était un jardin pour s’émerveiller. Dès que Mamie Loulou posait un pied dehors, les fleurs ne se contentaient pas de pousser : elles se mettaient à danser ! Les Tulipes-Lampions, d’un rouge éclatant, dodelinaient de la tête en faisant un petit bruit de clochette : *Ting-ting !* Les Marguerites-Chatouilleuses, elles, s’étiraient vers le soleil et agitaient leurs pétales blancs comme des mains qui disent « Bonjour ! ». — Bonjour, mes beautés ! s’exclama Mamie Loulou en riant. Avez-vous bien dormi sous la couverture de rosée ? Les fleurs répondirent par un frisson de joie. Au milieu du jardin, l’herbe était si verte et si tendre qu'on aurait dit un tapis de velours. Mamie Loulou s'avança vers un buisson de Roses-Guimauve. Elles sentaient si bon le sucre glace que les abeilles, en les butinant, repartaient avec des petits ventres tout ronds et tout contents. — Regardez-moi ça, dit Mamie Loulou en s’adressant à un arrosoir bleu qui semblait sourire. Monsieur Tournesol a encore grandi cette nuit ! Il veut attraper les nuages, je parie. Monsieur Tournesol, un géant jaune au cœur plein de graines de soleil, s’inclina doucement. Il aimait beaucoup Mamie Loulou, car elle connaissait le langage secret des jardins. Elle savait que les pivoines aiment qu’on leur raconte des blagues et que les lavandes préfèrent les chansons douces. Soudain, un petit vent coquin se mit à souffler. Il ne faisait pas froid, non. C’était un vent qui sentait le miel et la cannelle. Il fit bruisser les feuilles des arbres et soudain, dans un coin caché derrière les framboisiers, quelque chose de merveilleux se produisit. Des papillons de toutes les couleurs — des bleus électriques, des oranges de feu, des violets profonds — s'envolèrent d'un coup, comme une pluie de confettis vivants. Ils ne s’enfuyaient pas. Ils tourbillonnaient autour de Mamie Loulou en formant une couronne scintillante. — Oh là là ! Quel accueil ! s’émerveilla Mamie Loulou en tournant sur elle-même. On dirait que vous m’attendiez pour le goûter ! Elle s'assit sur son banc en bois de pommier, celui qui était toujours un peu chaud grâce aux rayons du soleil. C’est là, juste en face d’elle, que se dressait le plus grand mystère de son jardin. Un arbre immense, avec un tronc argenté et des feuilles qui ressemblaient à des petits cœurs de soie. Ce n'était pas un chêne, ni un sapin, ni un cerisier. C’était l’Arbre aux Bisous Papillons. Mais aujourd'hui, l'arbre était très silencieux. Ses feuilles-cœurs ne battaient plus aussi vite que d'habitude. Mamie Loulou posa sa main sur l'écorce toute douce. Elle sentit un petit frisson. — Qu’as-tu donc, mon grand ami ? demanda-t-elle avec une voix douce comme une caresse. Tu sembles un peu fatigué aujourd'hui... Est-ce que tes papillons ont oublié comment faire des bisous ? L’arbre fit un petit bruit de papier froissé. Il semblait attendre quelque chose. Ou peut-être quelqu’un. Mamie Loulou sourit, car elle savait que dans son jardin enchanté, chaque petit souci était le début d'une grande aventure. Elle ferma les yeux, respira l'odeur de sa brioche et celle de ses fleurs dansantes, et se prépara à écouter ce que le vent avait à lui raconter... car la magie, dans le jardin de Mamie Loulou, n'était jamais bien loin.

Le dodo de l'Arbre aux Bisous

Voici le chapitre intitulé **"Le dodo de l'Arbre aux Bisous"**. *** Le lendemain matin, le soleil se leva avec un grand sourire doré, prêt à faire danser les ombres du jardin. Mamie Loulou, dans sa chemise de nuit à petits pois, ouvrit grand ses volets. Elle s’attendait à voir son jardin scintiller, à entendre le *frou-frou* joyeux des feuilles-cœurs et à voir les papillons s’envoler pour lui apporter son premier bisou de la journée. Mais en regardant par la fenêtre, Mamie Loulou laissa échapper un petit : « Oh ! » de surprise. Un « Oh ! » tout triste, un « Oh ! » tout gris. Au milieu de la pelouse, l’Arbre aux Bisous Papillons ne ressemblait plus du tout à un bouquet de bonbons. Ses feuilles, d’habitude si roses et si douces comme de la soie, étaient devenues grises, de la couleur d’un vieux nuage de pluie qui a trop pleuré. Elles ne battaient plus la mesure, elles pendaient, toutes molles, le long des branches. Et les papillons ? Les petits papillons magiques étaient là, bien sûr, mais ils restaient accrochés à l’écorce, les ailes refermées. On aurait dit des petits mouchoirs oubliés sur un étendoir à linge. — Doux ciel ! s'écria Mamie Loulou en enfilant ses pantoufles en laine de mouton. Mon bel ami fait un bien gros dodo... mais c'est un dodo tout chagrin ! Elle descendit l'escalier — *crac, flic, flac* — et courut jusqu'au milieu du jardin. L'herbe était encore un peu mouillée de rosée, mais Mamie Loulou ne s'en souciait pas. Elle s'approcha de l'arbre et posa sa joue contre le tronc. L’écorce, qui était normalement tiède comme un câlin, était froide. Un petit silence tout mou enveloppait l'arbre. Pas un *flap-flap*, pas un *poum-poum*. Juste le silence d'une forêt qui s'est endormie sans faire exprès. — Petit Arbre, murmura Mamie Loulou en caressant le bois gris, qu’est-ce qui t’arrive ? Est-ce que tu as fait un cauchemar ? Ou est-ce que tes couleurs sont parties en voyage sans te prévenir ? Elle regarda de plus près un papillon bleu pâle qui d'habitude aimait lui chatouiller le bout du nez. Il était immobile. Mamie Loulou souffla doucement sur lui, un petit souffle tout chaud : *Pshhhh...* Le papillon remua une antenne, juste un tout petit peu, comme pour dire : « Je suis fatigué, Mamie Loulou. Mes ailes sont trop lourdes de grisaille. » — Oh, je vois, comprit Mamie Loulou en hochant la tête. Tu as le cœur en pyjama ! Tes feuilles ont oublié de briller parce qu'elles n'ont plus de chansons à écouter. Elle se redressa et mit ses mains sur ses hanches. Dans le jardin de Mamie Loulou, on ne laissait jamais un ami dans la tristesse. Elle savait que pour réveiller un Arbre aux Bisous, il ne fallait pas secouer ses branches (cela ferait tomber les rêves par terre !), ni l'arroser avec de l'eau glacée. Non, il fallait quelque chose de bien plus magique. Elle ferma les yeux et commença à chantonner une petite mélodie que seules les fleurs et les coccinelles connaissaient. Une chanson qui sentait la fraise des bois et le miel d'été. — *Petit arbre au bois dormant, réveille tes cœurs doucement...* chanta-t-elle. *Donne-nous tes ailes, donne-nous tes baisers, la journée vient de commencer !* Soudain, une toute petite lueur apparut au sommet de l'arbre. Une étincelle, pas plus grosse qu'une luciole. Le gris commença à trembler. Une feuille-cœur, tout en haut, retrouva une petite pointe de rose, comme si elle venait de boire un chocolat chaud. — Ça marche ! s'exclama Mamie Loulou, ses yeux pétillants de joie. Mais je ne peux pas y arriver toute seule. Tu es un grand Arbre, et il me faut beaucoup, beaucoup de lumière pour chasser ce gros dodo gris. L’arbre fit un petit bruit de papier froissé, un soupir léger qui fit s’envoler quelques grains de poussière d'argent. Il semblait dire : « Aide-moi, Mamie Loulou, j'ai envie de refaire des bisous ! » Mamie Loulou regarda autour d'elle. Elle avait besoin de ses amis du jardin, de ceux qui cachent des rires sous les feuilles de menthe et de ceux qui transportent la poussière d'étoiles dans leurs poches. Elle savait que la grande aventure commençait maintenant : il fallait retrouver la couleur perdue de l’Arbre aux Bisous Papillons avant que le soleil ne se couche. — Ne t'inquiète pas, mon grand doudou de bois, murmura-t-elle en lui faisant un dernier bisou sur l'écorce. Je vais te ramener ton éclat de sucre glace et tes ailes de velours. Et, trottinant dans ses pantoufles, Mamie Loulou s'en alla chercher sa baguette de cannelle et son vieux chapeau de paille... car pour soigner un arbre qui fait un dodo trop gris, il faut toujours un peu de gourmandise et beaucoup d'imagination !

Le petit sac aux trésors

**CHAPITRE : Le petit sac aux trésors** Mamie Loulou poussa la porte de sa petite maison de pain d’épices et de bois fleuri. À l’intérieur, ça sentait bon la confiture de mûres, le savon à la lavande et les rêves qui finissent bien. — Vite, vite, mes petites gambettes ! s’exclama-t-elle en sautillant sur le carrelage qui faisait *clic-clac*. On ne peut pas laisser l’Arbre aux Bisous tout gris. Un arbre sans couleurs, c’est comme un goûter sans chocolat, c’est tout triste ! Elle se dirigea vers le vieux buffet en bois de cerisier. Tout en haut, niché entre une théière en forme de chat et un pot de miel étoilé, dormait son objet le plus précieux. — Debout, mon petit sac-panier ! lança Mamie Loulou en frappant trois fois dans ses mains. *Chicoti, chicota, ouvre tes anses pour moi !* Le petit sac, tressé avec des brins d’osier magique et des rubans de soie, s’étira en faisant un bruit de petit bâillement. *Crac-crac…* Il remua ses anses comme des oreilles de lapin et sauta directement dans les bras de Mamie Loulou. — Oh, tu es prêt, je vois ! sourit-elle en lui caressant le flanc. Voyons… Que nous faut-il pour soigner le grand doudou de bois ? D’abord, elle attrapa sa **baguette de cannelle**. Elle était longue, brune et toute striée, comme un bâton de réglisse mais avec une odeur délicieuse qui picotait le nez. Dès qu’elle la toucha, des petites étincelles dorées s’en échappèrent. — Pour réveiller la joie, rien de tel que la cannelle ! dit-elle en la glissant dans le sac. Ensuite, elle posa sur sa tête son **vieux chapeau de paille**. Il n’était pas tout à fait ordinaire : sur le ruban, il y avait des fleurs de camomille qui ne fanaient jamais. — Et toi, mon chapeau, tu vas m’aider à garder mes idées bien au chaud sous mes cheveux blancs ! Mamie Loulou commença alors à remplir son petit sac de trésors étranges et merveilleux. Elle y déposa : 1. **Une petite clochette d’argent** qui faisait *tinn-tinn* pour appeler le bleu du ciel. 2. **Un flacon rempli de rires d’enfants**, récoltés un après-midi de mardi-gras. 3. **Un morceau de ruban rose**, doux comme une joue de bébé, pour retrouver le velours des papillons. 4. Et enfin, **un biscuit à l’anis**, car on ne sait jamais si on va croiser un lutin gourmand ou un hérisson boudeur. Le sac-panier devenait de plus en plus lourd, mais pour Mamie Loulou, il était léger comme une plume. Chaque trésor qu’elle ajoutait faisait briller le fond du sac d’une lueur arc-en-ciel. — Regarde, Petit Sac ! dit-elle en s’adressant à son panier. L’Arbre aux Bisous a perdu son rose tendresse, son jaune soleil et son vert pomme. On va devoir aller les chercher partout où ils se cachent. Dans la rosée, sous les champignons, et peut-être même dans les moustaches du vent ! Elle ferma le loquet de son sac qui fit un petit bruit de bisou : *Mpah !* Mamie Loulou se regarda dans le miroir. Avec son grand tablier à poches, son chapeau fleuri et son sac magique, elle ressemblait à une petite fée de la forêt, un peu rondelette et très déterminée. — Prête ? demanda-t-elle à son ombre. Son ombre hocha la tête avec enthousiasme. Elle attrapa ses clés (qui sonnaient comme des petits oiseaux) et ressortit dans le jardin. Le soleil commençait déjà à descendre un peu, peignant les nuages en orange. Il ne fallait pas perdre une minute. L’aventure n’attendait pas ! — En route, mes pantoufles ! On va ramener les couleurs et faire danser les papillons ! Et c’est ainsi que Mamie Loulou, son sac aux trésors serré contre son cœur, s’enfonça sur le petit sentier de mousse, là où l’herbe chante et où les fleurs murmurent des secrets à l’oreille de ceux qui savent écouter. Elle ne savait pas encore qu’elle allait rencontrer des amis très rigolos, mais elle savait une chose : avec un peu de sucre et beaucoup de cœur, on peut réparer tous les gris du monde.

Le rire du Soleil

# Chapitre : Le rire du Soleil *Trot-trot-trot !* Les petites pantoufles de Mamie Loulou faisaient un bruit de tambourin sur le sentier de mousse. La forêt était magnifique, toute vêtue de vert menthe et de marron chocolat. Les fleurs fermaient doucement leurs pétales pour dire bonne nuit, en faisant un petit bruit de bisou : *Mmuah ! Mmuah !* Mamie Loulou s'arrêta au milieu d'une grande clairière. Au-dessus d'elle, le ciel ressemblait à une immense tartine de confiture à l’abricot. Tout en haut, Monsieur Soleil commençait à mettre son bonnet de nuit. Il avait l’air un peu fatigué, ses rayons étaient tout pâles, comme s’il avait épuisé toute sa peinture dorée. — Oh là là, Monsieur Soleil ! s'exclama Mamie Loulou en mettant ses mains en porte-voix. Ne vous endormez pas tout de suite ! J'ai besoin d'un petit service ! Le Soleil ouvrit un œil tout rond, gros comme une orange géante. Il bailla si fort que les feuilles des arbres s’agitèrent : — *Haaaa-oummm !* Qui m’appelle au moment de la sieste des nuages ? — C’est moi, Mamie Loulou ! Je vais voir l’Arbre aux Bisous Papillons. Il a tout gris, ses branches sont toutes froides et il n’a plus la force de faire danser ses amis. Il me faudrait un petit morceau de votre lumière, un rayon bien chaud, pour réveiller son cœur de bois. Monsieur Soleil fit une petite moue boudeuse. — Oh, ma petite Loulou… Je suis tout flagada. Je n'ai plus un seul éclair de génie en réserve. Mes rayons sont rangés dans mon tiroir à dodo. Pour avoir de la lumière d’or, il faut que je rigole. Et je n'ai pas du tout envie de rigoler, je suis trop grognon-fatigué ! Mamie Loulou sourit. Elle connaissait bien les secrets des cœurs un peu gris. Elle plongea sa main dans son sac magique. On entendit un bruit de papier de bonbon et de clochettes. — Voyons voir… Un bouton de rose ? Non. Une plume de canari ? Non plus. Ah ! Voilà ce qu’il me faut ! Elle sortit une petite boîte en fer-blanc, toute décorée de paillettes. Elle l'ouvrit avec un petit *clic* joyeux. À l’intérieur, il n’y avait rien… du moins, c'est ce qu'on aurait pu croire. Mais quand elle l'approcha de son oreille, on entendait : *Hihihi ! Hahaha ! Houhouhou !* — Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda le Soleil, intrigué, en penchant sa grosse tête orange vers le bas. — C’est une boîte de "Chatouilles de Souris", expliqua Mamie Loulou avec un clin d'œil. Elle attrapa une poignée de ce rien invisible et la lança très haut vers le ciel. Aussitôt, des milliers de petits éclats invisibles galopèrent sur le nez de Monsieur Soleil, passèrent derrière ses oreilles de feu et lui grattouillèrent les rayons. Monsieur Soleil commença par un petit rictus. Puis un petit gloussement. Et enfin… — *Hahahaha ! Hohoho ! Arrêtez ! Ça chatouille trop ! Hahahaha !* Le Soleil se mit à rire si fort que le ciel entier se mit à trembler de joie. Et là, miracle ! À chaque fois qu’il rigolait, une étincelle d’or pur tombait de ses joues rondes. — Vite, mes mains ! s'écria Mamie Loulou. Elle tendit son tablier à grandes poches. Un rayon de lumière, plus chaud qu’un chocolat chaud et plus brillant qu’une pièce neuve, tomba pile au milieu de son tablier. C’était un ruban de soleil, doux comme du velours, qui frétillait comme un petit serpent d'or. Mamie Loulou l'attrapa délicatement. Il ne brûlait pas, il caressait. Il sentait bon la brioche qui sort du four et l’herbe coupée. — Merci, Monsieur Soleil ! cria-t-elle en rangeant précieusement le rayon dans une petite fiole en verre de son sac magique. — Merci à toi, Loulou ! répondit le Soleil, tout rouge de plaisir et bien réveillé par ses fous rires. Ça fait du bien de secouer ses rayons ! Alleï, file maintenant ! L’Arbre a besoin de ta chaleur avant que la lune ne se lève. Mamie Loulou ferma sa besace. Elle sentait la fiole chauffer doucement contre son flanc. Elle avait maintenant de la lumière liquide, du rire en bouteille. — En route ! dit-elle en tapotant sa poche. On a de l'or dans le sac et de l'amour dans les pieds ! Elle reprit sa marche, et partout où elle passait, la mousse sous ses pas devenait un peu plus verte, car elle transportait avec elle un petit bout du rire du monde. L'Arbre aux Bisous Papillons n'était plus très loin, et elle entendait déjà, au loin, le silence triste qui attendait d'être transformé en chanson.

Le doudou de Lapinou

**CHAPITRE : LE DOUDOU DE LAPINOU** Mamie Loulou avançait d’un pas léger, ses souliers de cuir souple faisant *scritch-scratch* sur le tapis de mousse. Dans sa besace, la fiole de lumière cliquetait doucement contre son flanc, diffusant une chaleur de tarte aux pommes tout juste sortie du four. Le ciel commençait à se parer de jolies couleurs de bonbons : du rose fraise, du orange abricot et un soupçon de violet myrtille. Soudain, au détour d’un buisson de framboises sauvages, elle entendit un petit bruit. *Snif. Snif. Gratt-gratt.* Mamie Loulou s’arrêta net. Elle écarta délicatement une branche de fougère et découvrit une clairière qui semblait faite de sucre glace. Là, assis sur un gros champignon tout rond, se tenait Lapinou. Lapinou était un petit lapin tout blanc, si touffu qu’on aurait dit un nuage qui avait poussé des oreilles. Ses oreilles, d’ailleurs, étaient aussi longues que des rubans de satin et tombaient de chaque côté de son petit nez rose qui faisait *frip-frop, frip-frop*. Entre ses pattes, il serrait très fort un doudou tout élimé, un morceau de couverture bleu ciel avec des petits pompons argentés. — Bonjour, petit cœur de beurre ! lança Mamie Loulou avec sa voix qui pétille. Lapinou sursauta, ses oreilles se dressèrent comme deux points d’exclamation. En voyant le grand sourire de Mamie Loulou et ses yeux qui brillaient comme des billes de verre, il se détendit aussitôt. — Bonjour, Mamie Loulou, répondit-il d’une petite voix de flûte. Tu vas voir l’Arbre ? Il est si triste aujourd'hui... ses branches pendent comme des spaghettis trop cuits. Mamie Loulou s’approcha et s’assit en tailleur sur la mousse, juste à côté du champignon. — Oui, Lapinou. J’ai déjà récolté le rire du Soleil pour lui redonner de la force. Mais pour que les Bisous Papillons s’envolent vraiment, il me manque quelque chose d'essentiel. Quelque chose que l’on ne trouve pas dans le ciel. Lapinou pencha la tête sur le côté, curieux. — Qu’est-ce que c’est ? — La **Douceur**, expliqua Mamie Loulou en ouvrant ses mains comme pour bercer un oiseau imaginaire. Les Bisous Papillons ne doivent pas seulement briller. Ils doivent être tendres, comme un câlin de maman, comme le velours d’une oreille de lapin, comme le silence de la neige qui tombe. S'ils sont trop brusques, ils s'envolent trop vite ! Lapinou regarda son doudou bleu. Il le caressa doucement avec le bout de ses griffes. Ce doudou, c’était son trésor. Il sentait la poudre de riz et le sommeil tranquille. — Mon doudou est la chose la plus douce du monde, murmura Lapinou. Si je le frotte contre mon nez, tout devient calme dans ma tête. Est-ce que mon doudou peut t'aider ? Mamie Loulou sourit, le cœur tout ému par la générosité du petit lapin. — Oh, Lapinou, ton doudou est chargé de millions de rêves tout doux. Si tu acceptes de m’en donner un tout petit peu, les bisous de l'Arbre seront les plus merveilleux de la terre. Le petit lapin hocha la tête avec sérieux. Il ferma les yeux très fort, embrassa son doudou, puis commença à le frotter contre une petite boîte en nacre que Mamie Loulou venait de sortir de son sac. Alors, une magie incroyable opéra. De la couverture bleue s’échappèrent des petits flocons de coton invisible, légers comme des plumes de cygne. Ça sentait le propre, le talc et le lait chaud. La boîte en nacre se remplit d’une brume soyeuse qui semblait dire : *« Chuuut... tout va bien. »* — Voilà, dit Lapinou en rendant la boîte. J’en ai mis beaucoup, pour que personne ne manque de tendresse. Mamie Loulou rangea la boîte précieusement. Elle sentait maintenant que son sac ne contenait plus seulement de la lumière, mais aussi du réconfort. Elle s’approcha de Lapinou et lui caressa doucement le sommet de la tête, entre les deux oreilles. — Merci, mon petit bonhomme de neige. Grâce à toi, les cœurs fatigués vont trouver le repos. Lapinou fit un petit bond de joie, ses pattes arrières tambourinant le sol avec bonheur. — Allez-y vite, Mamie Loulou ! L'Arbre attend ! Et n'oublie pas de lui dire que c'est un cadeau de ma part et de celle de mon doudou ! Mamie Loulou se remit en route. Elle se sentait enveloppée dans un manteau d'affection. Le sentier devenait plus étroit, et l’air commençait à vibrer d’un son étrange, comme une harpe dont on aurait cassé les cordes. Elle arrivait enfin au cœur de la Forêt des Murmures. Là, au centre d’un cercle de pierres grises, se dressait l’Arbre aux Bisous Papillons. Mais ses feuilles étaient ternes, et ses branches ne bougeaient plus. On aurait dit qu'il faisait une sieste trop longue, une sieste sans rêves. Mamie Loulou tapa dans ses mains pour se donner du courage. — Bon ! dit-elle en ouvrant sa besace. On a le soleil dans une fiole et la tendresse dans une boîte. Il est temps de réveiller la magie ! Et dans l'ombre de la forêt, une première étincelle d'or s'échappa de son sac, prête à transformer le silence en un immense tourbillon de douceur.

La chanson de l'Oiseau-Bleu

Voici le chapitre suivant de ton conte, écrit dans le style "Wonder Engine", avec toute la douceur et la magie nécessaires pour émerveiller les petits cœurs. *** # Chapitre : La chanson de l’Oiseau-Bleu Mamie Loulou plongea ses mains dans sa besace magique. Elle en sortit d’abord la petite fiole de soleil. *Clic !* Le bouchon de liège sauta avec un bruit de petit bisou. Aussitôt, une lumière dorée, chaude comme une tartine grillée et douce comme une caresse, se répandit sur le tronc gris de l’Arbre aux Bisous Papillons. — Voilà pour tes branches, mon grand ami, murmura Mamie Loulou. Un peu de chaleur pour réchauffer tes écorces frileuses. Puis, elle ouvrit la boîte de tendresse. Une brume de couleur rose bonbon s’en échappa, s’enroulant autour des racines comme une écharpe de laine toute molle. L’Arbre sembla pousser un immense soupir de soulagement, mais ses feuilles-papillons restaient encore fermées, serrées les unes contre les autres comme des petits poings endormis. — C’est un bon début, dit Mamie Loulou en fronçant les sourcils, mais il manque quelque chose… Il manque le réveil-matin du cœur ! Soudain, un sifflement cristallin déchira le silence de la Forêt des Murmures. *Ture-lure-lu ! Ture-lure-li !* Sur la plus haute branche, là où le soleil de la fiole brillait le plus fort, venait de se poser un petit oiseau. Mais ce n’était pas un oiseau ordinaire. Ses plumes étaient d’un bleu si vif qu’on aurait dit qu’il avait été trempé dans un pot de ciel d’été. Ses yeux brillaient comme deux petites perles de rosée. — Oh ! L’Oiseau-Bleu ! s’exclama Mamie Loulou en frappant ses mains de joie. Tu tombes à pic, petit troubadour des bois ! L’Oiseau-Bleu pencha la tête de côté, sautilla sur ses pattes fines comme des allumettes et gonfla son petit poitrail de velours. Il ouvrit son bec minuscule et commença à chanter. Ce n’était pas juste un chant. C’était une cascade de notes qui pétillaient dans l’air comme des bulles de savon. Chaque note semblait porter un nom de fleur ou une odeur de gâteau à la vanille. *Trille-li ! Trille-la !* À chaque sifflement, l’air se mettait à vibrer. Mamie Loulou sentit ses propres pieds picoter. Elle se mit à danser doucement, en faisant tourner son grand tablier de poche. — Écoute bien, petit Arbre ! cria-t-elle. C’est la chanson du réveil ! C’est la musique qui chatouille les ailes ! L’Oiseau-Bleu s’envola et se mit à voltiger tout autour de l’Arbre. Ses battements d’ailes répandaient une poussière d’argent qui se déposait sur les feuilles ternes. Sous l’effet de la mélodie joyeuse, quelque chose d’incroyable se produisit. Une feuille, tout au bout d’une branche basse, commença à frémir. *Frou-frou…* Elle n’était plus grise. Elle devenait d’un jaune citron éclatant. Puis une autre devint rouge fraise. Une troisième s’habilla de bleu turquoise. — Regardez ! Regardez ! s’enthousiasma Mamie Loulou. Ils s’étirent ! Ils se réveillent ! Le chant de l’Oiseau-Bleu devint plus rapide, plus vif, comme un petit rire de cristal. Et soudain, *paf !* Une paire d’ailes se déplia. Puis dix. Puis cent ! Les feuilles n’étaient plus des feuilles : c’étaient des milliers de papillons aux couleurs de l’arc-en-ciel qui commençaient à battre des ailes doucement, tout doucement, sans quitter leurs branches. L’Arbre aux Bisous Papillons n’était plus un arbre endormi. Il était devenu un immense bouquet vivant qui respirait la joie. — Encore un effort, mon petit Oiseau-Bleu ! encouragea Mamie Loulou. Chante pour les ailes de velours ! Chante pour les baisers qui s’envolent ! L’oiseau lança une dernière note, si haute et si pure qu’elle sembla faire scintiller les étoiles même en plein jour. Dans un grand bruissement de soie, les papillons commencèrent à s’agiter de plus belle. Ils n’attendaient plus qu’un signal pour s’élancer dans le ciel et distribuer leurs câlins au monde entier. Mamie Loulou, les yeux brillants d’émerveillement, tendit ses mains vers l’Arbre. — Tu as réussi, petit oiseau. La magie est là, elle palpite, elle frissonne… Il est temps que l’Arbre nous offre son plus beau secret. L'Oiseau-Bleu vint se poser sur le chapeau de Mamie Loulou, épuisé mais fier, tandis que l'Arbre, baigné de lumière et de musique, commençait à briller d'une lueur intérieure de plus en plus forte. Le grand envol était pour tout de suite...

La potion de câlins

Voici le nouveau chapitre de ton conte, écrit avec toute la douceur et la magie de l’univers de Mamie Loulou. *** ### Chapitre : La potion de câlins L’Arbre aux Bisous Papillons ne se contentait plus de briller ; il chantait avec ses feuilles et dansait avec ses branches. Sous son chapeau à fleurs, Mamie Loulou trépignait d’impatience. Ses petits pieds faisaient « floc-floc » dans l’herbe tendre, et son cœur faisait « boum-boum » de bonheur. — Regarde, mon petit Oiseau-Bleu ! Chuchota-t-elle en ouvrant son grand panier en osier. C’est le moment de préparer la plus merveilleuse des recettes. La potion qui réchauffe les cœurs tout froids et qui console les gros chagrins. L’oiseau pencha sa petite tête curieuse. Mamie Loulou ne sortit ni marmite, ni louche, ni sel, ni poivre. Non, elle n'avait besoin que de ses mains agiles et d'un immense sourire qui s'étirait d'une oreille à l'autre. D’abord, elle leva les bras vers le sommet de l’Arbre. Là-haut, la lumière coulait comme du miel doré entre les feuilles. — Un peu de soleil levant pour donner du courage ! lança-t-elle avec malice. D’un geste souple, elle attrapa une poignée de rayons scintillants, comme si elle cueillait des fleurs invisibles. Elle les déposa délicatement au fond de son panier. Aussitôt, l’osier se mit à luire d’une couleur orangée, chaude et rassurante. On aurait dit qu’une petite lampe de chevet venait de s’allumer dans le couffin. — Ensuite, il nous faut de la douceur, beaucoup de douceur ! continua Mamie Loulou. Elle s’approcha d’une branche où des centaines de papillons battaient des ailes au ralenti. Elle ne les toucha pas, car les papillons sont fragiles comme des secrets. Mais elle agita ses doigts dans l’air, juste au-dessus d’eux. Elle récolta le « frou-frou » de leurs ailes de velours et la poussière de soie qui flottait autour d’eux. — Viens par ici, petite caresse ! Viens par là, petit duvet de nuage ! Elle mit cette douceur dans son panier, par-dessus la lumière. On aurait dit qu’elle remplissait son sac avec de la barbe à papa invisible. C’était si léger, si moelleux, qu’Oiseau-Bleu ne put s’empêcher de venir y frotter son bec pour vérifier si c’était vrai. — Et maintenant, la musique ! s’exclama la vieille dame en tapant des mains. Elle demanda à l’oiseau de siffler encore une petite note, juste une toute petite. Oiseau-Bleu gonfla son poitrail et lâcha un « piou-piou » argenté qui resta suspendu dans l’air comme une perle de rosée. Mamie Loulou l’attrapa au vol et la glissa dans le panier. Elle ajouta aussi le rire du vent dans les feuilles et le murmure de la rivière qui coulait un peu plus loin. Alors, Mamie Loulou commença à mélanger. Elle ne touillait pas avec une cuillère en bois, non ! Elle plongea ses mains dans le panier et fit de grands cercles lents, comme si elle pétrissait une pâte magique. — On mélange la lumière qui brille, on mélange la soie qui chatouille, on mélange la musique qui pétille… Sous ses doigts, la potion commença à changer. Ce n’était pas un liquide, ce n’était pas un gâteau. C’était une sorte de brume magique, rose comme une joue d’enfant après la sieste, bleue comme un rêve d’été et jaune comme un bonbon au citron. — Oh ! Regarde, mon petit ! s’émerveilla Mamie Loulou. Ça sent bon, n’est-ce pas ? La potion de câlins dégageait un parfum extraordinaire. Ça sentait le chocolat chaud, la brioche qui sort du four, la lavande des armoires de grand-mère et la pluie fraîche sur le sable chaud. C’était l’odeur de la sécurité, l’odeur de la maison quand on se sent bien. Mamie Loulou souleva une poignée de cette brume scintillante. Elle était si dense qu’elle semblait presque vivante. Elle sautillait entre ses doigts comme des petits grains de joie. — C’est prêt ! déclara-t-elle, les yeux mouillés d’émotion. La potion est parfaite. Elle est pleine de « je t’aime », de « ne t'inquiète pas » et de « je suis là pour toi ». Elle regarda l’Arbre, puis les papillons qui s’impatientaient. Tout était prêt. La lumière, la douceur et la musique étaient maintenant liées dans un grand tourbillon d’amour au creux de son panier. — Allez, mes petits papillons ! appela-t-elle d'une voix vibrante. Venez goûter au trésor ! Venez vous baigner dans la potion de câlins avant le grand voyage ! Dans un immense frisson de joie, les milliers de papillons quittèrent les branches et plongèrent vers le panier de Mamie Loulou, prêts à charger leurs ailes de cette magie pour aller la distribuer aux quatre coins du monde.

Le réveil multicolore

Voici le chapitre suivant de ton conte, écrit dans un style immersif, sensoriel et plein de douceur, parfaitement adapté aux petites oreilles de 3 à 5 ans. *** # Chapitre : Le réveil multicolore Au pied du grand Arbre aux Bisous Papillons, le silence était devenu aussi doux qu’une couverture en laine. Mamie Loulou tenait son panier contre son cœur. À l’intérieur, la potion de brume scintillante dansait, lançant des petits éclats d’argent comme des milliers de minuscules étoiles qui rigolent. Les papillons, posés sur les branches, ne bougeaient plus une seule aile. Ils attendaient. Ils savaient que le moment magique était arrivé. L’air sentait bon la brioche chaude, la fleur d’oranger et le savon à la fraise. C’était l’odeur du bonheur. Mamie Loulou s’avança tout près du tronc, là où l’écorce est aussi douce que la joue d’un doudou. Elle posa son panier au sol. — Regardez, mes petits trésors, chuchota-t-elle avec un sourire qui faisait briller ses pommettes roses. La potion est prête. Elle est pleine de courage pour ceux qui ont peur du noir, de câlins pour ceux qui ont un petit chagrin, et de rires pour ceux qui s’ennuient. Alors, avec une infinie tendresse, elle plongea ses mains dans la brume magique. Elle en ramassa une grande brassée, vaporeuse comme de la barbe à papa, et la lança vers le haut de l’Arbre. — C’est l’heure ! Allez, mes beautés ! Réveillez-vous ! Puis, Mamie Loulou prit une immense inspiration. Elle gonfla ses joues comme deux petites montgolfières toutes rondes. Elle ferma les yeux en pensant très fort à tous les enfants du monde qui allaient bientôt recevoir un bisou-papillon. — Un… deux… trois… CHUUUUUUUUUU ! Elle souffla de toutes ses forces sur l’Arbre. Ce ne fut pas un vent froid, oh non ! Ce fut un souffle tiède, une caresse de lumière qui sentait le soleil d’été. Sous la puissance de ce souffle magique, l’Arbre aux Bisous Papillons parut s’étirer. Un craquement joyeux résonna dans le jardin : *Cric-crac !* Et soudain… l’explosion ! Dans un immense bruit de soie froissée — *Frou-frou ! Frou-frou !* — les milliers de papillons s’envolèrent tous en même temps. C’était comme si un arc-en-ciel géant venait d’éclater en un million de petits confettis vivants. — Oh là là ! Regardez-les danser ! s’exclama Mamie Loulou en frappant des mains. Il y en avait des bleus, profonds comme la mer, qui portaient des rêves de baleines bleues. Il y en avait des jaunes, éclatants comme des citrons, qui transportaient des rayons de soleil pour les matins de pluie. Il y en avait des roses, tout doux, qui sentaient la guimauve et les bisous sur le nez. Et il y en avait même des verts, pailletés d’or, qui apportaient le courage des petits explorateurs de jardin. Les papillons ne s'enfuyaient pas tout de suite. Ils se mirent à tourbillonner autour de Mamie Loulou, créant un immense tourbillon de couleurs. Ils passaient dans ses cheveux d'argent, chatouillaient ses oreilles, se posaient un instant sur le bout de son nez avant de repartir en faisant des loopings de joie. — Hou ! Ça gratouille ! riait Mamie Loulou en essayant d'attraper une petite aile orange qui passait par là. Le tourbillon devint de plus en plus grand, de plus en plus haut. Les ailes des papillons, chargées de la potion magique, laissaient derrière elles des traînées de poussière d’étoiles. On aurait dit que le ciel s’était transformé en un immense gâteau décoré de mille bonbons colorés. — Allez, mes petits messagers ! lança Mamie Loulou en levant les bras vers le ciel. Allez porter ces trésors ! Cherchez les petits lits, les petites joues et les petits cœurs. Murmurez-leur que tout va bien, que Mamie Loulou veille sur eux ! Les papillons formèrent alors une grande spirale, un véritable ruban multicolore qui montait vers les nuages. Ils battaient des ailes si vite qu’on aurait dit une musique douce, un petit chant de clochettes : *Ting-ting, frou-frou, bisou-bisou…* Un par un, par petits groupes, ils quittèrent le jardin. Ils s'envolèrent vers le Nord, vers le Sud, vers l'Est et vers l'Ouest. Ils survolèrent les toits des maisons, les forêts profondes et les montagnes qui touchent le ciel. Mamie Loulou resta là, longtemps, les yeux levés vers l’horizon. Son jardin lui semblait soudain bien calme, mais son cœur, lui, était rempli de musique. Elle savait qu’en ce moment même, quelque part, un petit enfant allait sentir un léger frisson sur sa joue, comme une aile de papillon, et qu’il allait sourire dans son sommeil en murmurant : "Merci, Mamie Loulou." Le voyage des bisous venait de commencer.

Une pluie de bisous papillons

Voici le nouveau chapitre de ton conte, écrit avec toute la magie et la douceur du style "Wonder Engine". *** ### Chapitre : Une pluie de bisous papillons Le jardin était devenu tout calme, tout tranquille. Le grand Arbre aux Bisous balançait ses branches doucement, comme pour dire « au revoir » aux milliers de petits voyageurs qui s’envolaient vers l’horizon. Mamie Loulou, avec son grand tablier à poches et ses lunettes rondes, restait immobile. Elle regardait le ciel devenir rose comme une barbe à papa et orange comme une délicieuse clémentine. — Bon voyage, mes petits cœurs ailés ! murmura-t-elle avec un sourire un peu ému. Portez bien toute ma tendresse aux petits enfants qui dorment. Mais soudain, un bruit étrange se fit entendre. Ce n’était pas le vent. Ce n’était pas non plus le chant d’un oiseau. C’était un petit bruissement, léger comme un secret : *frou-frou, flap-flap, frou-frou…* Mamie Loulou écarquilla ses grands yeux bleus. Là-bas, juste au-dessus du rosier, une petite tache de couleur tourbillonnait. Puis deux, puis trois, puis cent ! Une véritable nuée de papillons ne s’était pas envolée vers le Nord ou vers le Sud. Ils étaient restés là, cachés sous les grandes feuilles de l’Arbre aux Bisous. — Oh ! Mais que faites-vous encore ici, petits coquins ? s’exclama Mamie Loulou en riant. Vous allez être en retard pour la distribution de câlins ! Le plus grand des papillons, un magnifique spécimen d’un bleu électrique, pailleté d’argent, vint voleter juste devant son nez. Il battait des ailes si vite qu’il créait un petit courant d’air frais sur les joues de la vieille dame. — *Zon-zon, mimi-mizou !* semblait-il chanter. D’un seul coup, comme s’ils s’étaient donné le mot, tous les papillons restants s’élancèrent vers Mamie Loulou. Ce n’était plus un envol, c’était une véritable cascade, une pluie de couleurs tombée du ciel ! — Oh là là ! Mais ça chatouille ! s’écria Mamie Loulou en levant les bras. Les papillons jaunes, doux comme des pétales de primevères, vinrent se poser sur ses mains. Les papillons mauves, parfumés comme de la lavande, se perchèrent sur ses épaules. Mais les plus malicieux, les papillons rose bonbon, visaient un endroit bien précis : le bout du nez de Mamie Loulou ! *Papillonne, frissonne, et bisouille !* Un petit papillon se posa délicatement sur la pointe de son nez. Ses ailes battaient tout doucement, frôlant la peau de Mamie Loulou comme des cils qui font des clins d'œil. *Frrrrrt… Frrrrrt…* C’était un "bisou-papillon", le plus léger, le plus aérien de tous les bisous du monde. — Oh, petit bleu, tu me fais des guilis ! s'esclaffa-t-elle. Puis, un deuxième papillon se posa sur sa joue gauche. *Plic.* Un troisième sur sa joue droite. *Ploc.* C’était une pluie de baisers veloutés. Mamie Loulou ferma les yeux de bonheur. Elle avait l'impression d'être enveloppée dans un grand manteau de soie magique, chaud et rassurant. — Merci, mes trésors, murmura-t-elle. Vous voulez prendre soin de moi, c’est ça ? Vous voulez que Mamie Loulou aussi ait son petit bisou pour faire de beaux rêves ? Les papillons répondirent en changeant de couleur tous ensemble. Ils devinrent dorés, comme des petites bougies allumées dans le crépuscule. Ils formèrent une couronne scintillante autour de sa tête, dansant une ronde joyeuse. — *Ting-ting, frou-frou, bisou-bisou…* La sensation était merveilleuse. C’était comme si mille petites plumes de duvet venaient caresser son visage. C’était doux comme une caresse de maman, sucré comme un biscuit au miel, et joyeux comme un éclat de rire. Mamie Loulou sentit son cœur devenir tout léger, aussi léger qu’une bulle de savon. La fatigue de la journée s’envolait. Ses petites douleurs aux genoux disparurent d'un coup de baguette magique. Elle se sentait forte, aimée et terriblement heureuse. — Bon, mes petits amis, dit-elle enfin en ouvrant les yeux, qui brillaient comme des étoiles. Vous m’avez bien gâtée. Maintenant, filez ! Il y a sûrement un petit garçon ou une petite fille, quelque part, qui attend son bisou-papillon pour s'endormir. Allez, ouste ! Portez-leur tout ce bonheur ! Dans un dernier grand scintillement, la pluie de papillons remonta vers les nuages. Ils formèrent un grand cœur dans le ciel mauve avant de s'éparpiller comme des confettis magiques dans toutes les directions. Mamie Loulou resta seule dans son jardin, mais elle n'était pas triste. Sur son nez, elle sentait encore le petit chatouillis tout doux du bisou-papillon. Elle frotta le bout de son nez en souriant et rentra dans sa petite maison de bois. Ce soir-là, même sans les papillons, Mamie Loulou savait qu'elle allait faire le plus beau des voyages au pays des rêves. Car rien n'est plus puissant que la magie d'un bisou donné avec le cœur.

Le secret du bonheur

**CHAPITRE : Le secret du bonheur** Le lendemain matin, le soleil se leva tout doucement dans le ciel, comme une grosse brioche dorée et chaude. Dans sa petite maison de bois, Mamie Loulou étira ses bras, bailla un grand coup — *Ouaaaah !* — et enfila ses chaussons tout doux qui ressemblaient à des lapins gris. Elle ouvrit sa fenêtre. *Cric-crac !* L’air frais du matin sentait la rose, le miel et la rosée. Mamie Loulou regarda tout de suite vers le fond du jardin. Là, l'Arbre aux Bisous Papillons attendait. Sans ses milliers de papillons, il paraissait un peu plus calme, mais ses feuilles brillaient toujours d’un vert tendre, comme si elles étaient saupoudrées de diamants. — Bonjour, mon bel ami, chuchota Mamie Loulou en s’approchant de lui. Elle remarqua alors quelque chose d’étrange. Une petite branche, tout en bas, semblait un peu triste. Ses feuilles étaient un peu tombantes, comme si elles avaient besoin d'un gros câlin. — Oh là là, s'inquiéta Mamie Loulou. Est-ce que tu es fatigué de nous avoir donné tant de magie hier soir ? Soudain, elle entendit un petit bruit derrière la haie. C’était le petit Léo, son jeune voisin. Léo avait les sourcils froncés et une petite moue boudeuse sur son visage. Il avait fait tomber sa glace au chocolat par terre, et il avait très envie de pleurer. Ses genoux tremblaient un petit peu. Mamie Loulou sourit. Elle savait exactement quoi faire. Elle rentra vite dans sa cuisine, attrapa un joli biscuit en forme d’étoile qu’elle avait cuisiné la veille, et ressortit en trottinant. — Coucou, mon petit Léo ! appela-t-elle d'une voix chantante. Regarde ce que j'ai trouvé pour toi. C’est un biscuit-étoile. On dit qu'il donne de la force aux petits champions. Léo leva ses grands yeux mouillés. Il prit le biscuit, sentit l’odeur de la cannelle et du sucre, et un immense sourire éclaira son visage. — Merci, Mamie Loulou ! Tu es la plus gentille du monde ! Léo croqua dans le biscuit — *Crounch, crounch !* — et s'en alla en sautillant, tout joyeux. À cet instant précis, un phénomène merveilleux se produisit. Mamie Loulou entendit un petit son de clochette : *Ting !* Elle se retourna vers l’arbre. La petite branche qui semblait triste s’était redressée d’un coup ! Mieux encore, une petite fleur rose venait de pousser là, pile à l’endroit où le bois était gris. Elle brillait d'une lumière douce, comme une petite veilleuse. — Je comprends ! s’exclama Mamie Loulou en frappant dans ses mains. Elle s’assit sur son banc, juste sous l’arbre, et caressa l'écorce qui était chaude comme une joue au soleil. — Voilà donc ton secret, mon bel arbre. Tu ne restes beau que si nous partageons de l’amour. Tu as besoin de nos gestes doux, de nos sourires et de notre gentillesse pour garder tes couleurs magiques ! L'arbre sembla répondre en faisant frémir toutes ses feuilles : *Frou-frou, frou-frou !* C'était un secret merveilleux : le bonheur n’est pas quelque chose que l’on garde pour soi dans une boîte fermée. C’est un trésor que l’on donne, encore et encore. Chaque fois que Mamie Loulou aidait une coccinelle à retrouver son chemin, chaque fois qu’elle disait « je t’aime » à ses fleurs, et chaque fois qu’elle offrait un thé bien chaud à un ami, l’Arbre aux Bisous Papillons devenait de plus en plus scintillant. Ses feuilles devenaient bleues, mauves, dorées et argentées. — Mes petits amis, dit Mamie Loulou en s'adressant aux enfants qui liront cette histoire, n'oubliez jamais le secret de l'arbre. Pour que le monde reste magique et coloré, il faut semer de la gentillesse chaque jour. Un petit mot doux, un bisou sur un bobo, ou même un simple sourire, c'est comme donner de l'eau magique à la vie. Ce soir-là, alors que la lune montait dans le ciel comme un gros ballon d'argent, Mamie Loulou s'endormit avec un cœur léger. Dans son jardin, l'arbre veillait. Il n'avait plus besoin de faire tomber de pluie de papillons pour être magnifique. Il brillait simplement parce que, dans la petite maison de bois, il y avait quelqu'un qui savait aimer de tout son cœur. Et si vous regardez bien les arbres, parfois, quand vous faites quelque chose de très gentil, vous verrez peut-être une petite feuille briller un peu plus fort que les autres. C’est l’arbre qui vous dit merci. Car le plus grand des secrets, c'est que le bonheur est un voyage qui commence toujours par un geste de tendresse.
Fusianima
Mamie Loulou et l'Arbre aux Bisous Papillons
★ HOT
Seb Le Reveur

Mamie Loulou et l'Arbre aux Bisous Papillons

NOTE
0 avis
PAGES
30
≈ 2h de lecture
CHAPITRES
10
progression inline
LECTURES
0
cette année

**CHAPITRE 1 : LE JARDIN ENCHANTÉ DE MAMIE LOULOU** Il était une fois, nichée au creux d’un vallon qui ressemblait à un gros édredon de mousse verte, une petite maison pas tout à fait comme les autres. C’était la maison de Mamie Loulou. Si vous approchiez votre petit nez de la boîte aux lettres p...

Dans le même univers