Le Père Noël et l'Étoile de la Courtoisie

Par Studio WonderJeunesse

**CHAPITRE : Brouhaha au Pôle Nord** Au cœur des montagnes de glace bleutée, là où les aurores boréales dansent comme des rubans de soie dans le ciel, se cache le plus merveilleux des endroits : le Village du Père Noël. D’ordinaire, on n’y entend que le doux carillon des clochettes et le rire crist...

Brouhaha au Pôle Nord

**CHAPITRE : Brouhaha au Pôle Nord** Au cœur des montagnes de glace bleutée, là où les aurores boréales dansent comme des rubans de soie dans le ciel, se cache le plus merveilleux des endroits : le Village du Père Noël. D’ordinaire, on n’y entend que le doux carillon des clochettes et le rire cristallin des lutins qui travaillent en chantonnant. Mais ce matin-là, à seulement trois jours de la grande distribution des cadeaux, l’ambiance n’avait rien d’une symphonie sucrée. C’était plutôt un véritable charivari ! Dans la Grande Fabrique, le parfum habituel de pain d’épice et de sapin frais était masqué par une odeur de peinture qui sèche trop vite et de métal chauffé à blanc. Les machines — de grandes inventions cuivrées avec des sifflets et des manivelles — tournaient à plein régime. *Vroum ! Chlac ! Pschitt !* « Pousse-toi de là, Gribouille ! Tu es lent comme un escargot enrhumé ! » s’écria Pistache, un lutin aux oreilles particulièrement pointues, en bousculant son camarade pour attraper un pot de vernis rouge. Gribouille, qui tentait de peindre les roues d’un petit train en bois, manqua de renverser son pinceau. « Et toi, surveille tes coudes ! Tu m’as presque fait rater mon tracé ! » grogna-t-il sans même un regard pour son ami. D’habitude, les lutins s'échangeaient des « s’il te plaît » aussi doux que des guimauves et des « merci » qui pétillaient comme du sucre candi. Mais le stress de Noël avait transformé ces petits êtres joyeux en de véritables boules de nerfs. Plus loin, au rayon de l’emballage, c’était le chaos. Ficelle, la lutine responsable des nœuds de satin, tirait frénétiquement sur un ruban argenté. « Donne-moi ces ciseaux, tout de suite ! » ordonna-t-elle à Clochette, qui était en train de couper du papier étoilé. « Attends ton tour, Ficelle ! Je ne suis pas ton esclave ! » répliqua Clochette en serrant les dents. Pas de « s’il te plaît », pas de sourire, pas même un petit clin d’œil complice. La courtoisie semblait s’être envolée par la cheminée, emportée par le vent polaire. Soudain, un bruit sourd fit trembler les murs de l'atelier. *PATATRAS !* Une pile de boîtes de jeux de société venait de s’écrouler au milieu de l’allée centrale. Le lutin Barnabé, chargé d’un immense sac de peluches, avait trébuché sur un camion de pompiers laissé à l'abandon. « Regarde où tu mets tes grands pieds ! » hurla une voix depuis le tas de cartons. « C’est toi qui ranges mal tes jouets ! » répondit une autre voix, tout aussi aigre. Au lieu de s’entraider pour tout ramasser, les lutins se mirent à se disputer, les visages rouges de colère. La magie, qui d’ordinaire faisait briller les murs de la fabrique d’une lueur dorée, semblait s’éteindre. Les étincelles de poussière d'étoile qui flottaient dans l'air devinrent grises et retombèrent sur le sol comme de la vulgaire cendre. Depuis le balcon qui surplombait l'atelier, une silhouette imposante observait la scène avec une tristesse infinie. Le Père Noël, vêtu de son grand gilet de laine rouge, caressait sa barbe blanche d’un air soucieux. Ses yeux, d’habitude si pétillants de malice, étaient assombris. À ses côtés, la Mère Noël soupira : « Écoute ce vacarme, Nicolas. Le cœur n’y est plus. Si les lutins oublient d’être aimables, les jouets perdront toute leur magie avant même d'arriver dans les cheminées. » Le Père Noël hocha la tête. Il sentait bien que l'air était devenu électrique, et pas de la bonne électricité. Le froid qui régnait dehors commençait à s'installer à l'intérieur des cœurs. « Tu as raison, Marie, » répondit-il d'une voix grave et douce. « La politesse est le lubrifiant qui fait tourner les engrenages du bonheur. Sans elle, tout se bloque. Il est temps d'aller chercher un peu d'aide... » Il jeta un dernier regard sur le brouhaha en bas : Pistache venait de chiper le marteau de Gribouille sans demander, et une nouvelle dispute éclatait près de la machine à poupées. Le Père Noël se détourna et se dirigea vers son bureau secret, là où il gardait les objets les plus anciens et les plus puissants du Pôle Nord. Il savait que seul un miracle — ou une étoile très spéciale — pourrait ramener la paix et la courtoisie dans son atelier avant la grande nuit.

L'Étoile perd son éclat

**CHAPITRE : L'Étoile perd son éclat** Le Père Noël s’enfonça dans un couloir dérobé, caché derrière une lourde tapisserie représentant une forêt de sapins enneigés. Ici, le brouhaha de l’atelier — les martèlements, les sifflets des machines et les disputes de Pistache et Gribouille — s’estompait peu à peu. Le silence était doux, presque velouté, parfumé à la cannelle et à l’encaustique ancienne. Il poussa une porte de bois de renne sculpté qui grinça légèrement, comme pour lui souhaiter la bienvenue. C’était la « Chambre des Murmures », son bureau secret. Au centre de cette pièce circulaire se dressait le Sapin de l’Harmonie, un arbre majestueux dont les aiguilles n’étaient pas vertes, mais d’un bleu argenté étincelant. D’ordinaire, ce sapin illuminait toute la pièce d’une lumière chaleureuse, capable de réchauffer même le bout du nez le plus gelé. Mais aujourd’hui, le Père Noël s’arrêta net, le cœur serré. — Par mes bottes fourrées… murmura-t-il, la voix tremblante de tristesse. Tout en haut du sapin, l’Étoile de la Courtoisie, le joyau le plus précieux du Pôle Nord, était en train de s’éteindre. Habituellement, elle brillait comme mille diamants au soleil, projetant des reflets arc-en-ciel sur les murs. Mais là, elle semblait fatiguée, terne, d’un gris de cendre. Sa lumière vacillait comme une bougie luttant contre un courant d’air glacé. Le Père Noël s’approcha doucement, ses pas étouffés par l’épais tapis rouge. Il leva ses mains gantées vers la cime de l'arbre. — Que se passe-t-il, ma belle amie ? demanda-t-il avec tendresse. L’Étoile répondit par un petit tintement mélancolique, un son qui ressemblait au pleur d’une clochette fêlée. En la regardant de plus près, le Père Noël vit de minuscules traînées de givre noir recouvrir les pointes de l’astre. Ce n’était pas de la neige ordinaire ; c’était le froid de l’impolitesse. Soudain, un écho lointain monta de l’atelier, traversant les murs magiques. C’était la voix aigrelette de Pistache qui hurlait : — C’est mon pinceau ! Pousse-toi de là, grand dadais ! À cet instant précis, l’Étoile sursauta et perdit encore un peu de sa lueur. Une étincelle tomba au sol et s’éteignit dans un petit nuage de fumée grise. — Je comprends, soupira le Père Noël en caressant sa barbe blanche. Tu te nourris de la gentillesse, des « s’il te plaît », des « merci » et des sourires. Sans eux, ton feu s’épuise. Le vieux monsieur s’assit sur un petit banc de bois. Il se rappelait que l’Étoile de la Courtoisie était le cœur même de la magie de Noël. C’était elle qui infusait dans chaque poupée, chaque train en bois et chaque livre d’images ce petit supplément d’âme qui fait briller les yeux des enfants au matin du 25 décembre. Sans l’éclat de l’étoile, les jouets ne seraient que de simples objets froids, sans magie, sans vie. Il tendit l’oreille. Un nouveau cri résonna : — Hé ! C’est moi qui devais mettre les rubans ! T’es vraiment trop lent ! L’Étoile devint si sombre qu’elle n’était plus qu’une silhouette de pierre suspendue au sommet du sapin. L’ombre commença à envahir la pièce, grignotant les couleurs des murs. Le Père Noël sentit un frisson parcourir ses épaules. Si l’étoile s’éteignait complètement, la nuit de Noël serait plongée dans une tristesse infinie. — Il ne reste que trois jours, chuchota-t-il pour lui-même. Trois jours pour réchauffer les cœurs et rallumer cette flamme. Il se leva, les yeux pétillants d’une détermination nouvelle. Il ne pouvait pas gronder les lutins, car la courtoisie ne s’impose pas par la force ; elle s’apprend par le cœur. — Marie a raison, dit-il en se tournant vers la porte. Il est temps de montrer à ces petits garnements que les mots les plus simples sont souvent les plus magiques. Avant de sortir, il jeta un dernier regard à l’Étoile moribonde. — Tiens bon, petite lumière. Je vais te ramener ton éclat, je te le promets. Alors qu’il refermait la porte, une petite voix intérieure lui souffla que la tâche serait plus rude qu’une tempête de neige en plein mois de janvier. Car changer les habitudes d’un lutin en colère est parfois plus difficile que de faire voler un traîneau chargé de millions de cadeaux. Le Père Noël remonta vers l'atelier, le pas lourd mais l'esprit vif, prêt à lancer la plus délicate des missions : l'Opération Douceur.

Le traîneau refuse de partir

# Chapitre : Le traîneau refuse de partir Le Père Noël pressa le pas dans les couloirs de son immense palais de givre. Habituellement, à cette période de l’année, l’air embaumait le pain d’épices et la cannelle. Mais ce matin-là, une odeur de vieux métal froid et de poussière semblait flotter dans les courants d’air. Lorsqu’il poussa les doubles portes de la Grande Écurie, son cœur se serra. D’ordinaire, cet endroit était un tourbillon de lumière dorée. Aujourd'hui, les murs de glace étaient ternes, d’un gris de ciel d’orage. Sans l’Éclat de l’Étoile de la Courtoisie pour les guider, les rennes semblaient avoir perdu leur boussole intérieure. — Allons, mes gaillards, murmura le Père Noël en s’approchant de Tornade, le plus fougueux de la bande. Il est temps de s’étirer les sabots ! Mais Tornade, au lieu de hennir joyeusement, laissa échapper un long soupir mélancolique. Ses grands yeux noisette étaient voilés d’une étrange tristesse. À côté de lui, Comète et Cupidon restaient couchés dans la paille, les bois bas, comme s’ils portaient sur leur tête tout le poids du monde. — Voyons, qu'est-ce que c'est que cette mine de papier mâché ? s’étonna le vieux monsieur à la barbe de neige. C’est alors que Grelot et Ficelle, deux lutins chargés de l'attelage, entrèrent dans l'écurie en se bousculant. — Pousse-toi de là, grand dadet ! lança Grelot en donnant un coup de coude à Ficelle. C’est moi qui vérifie les sangles aujourd’hui ! — Même pas vrai, espèce de tête de linotte ! rétorqua Ficelle en lui tirant le bonnet. Le Père Noël a dit que c'était mon tour ! À chaque mot acide, à chaque geste brusque, les lampadaires de cristal de l'écurie vacillaient et s'assombrissaient un peu plus. Le Père Noël comprit alors l'étendue du désastre : le manque de gentillesse agissait comme un brouillard givrant qui paralysait tout. — Silence, s'il vous plaît ! tonna doucement le Père Noël. Les deux lutins s’arrêtèrent net, les joues rouges de colère. — Préparez le traîneau. Nous devons faire un essai de vol. La nuit de Noël approche et nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre que l'Étoile se rallume toute seule. Grelot et Ficelle s’exécutèrent en bougonnant. Ils attachèrent les harnais d’argent avec des gestes secs, sans un regard pour les pauvres rennes qui frissonnaient. Une fois tout le monde en place, le Père Noël grimpa sur le siège de velours rouge. Il saisit les rênes de cuir souple et s'installa confortablement. — Allez, mes amis ! En avant pour le grand tour de chauffe ! Un, deux, trois... HOP ! Rien ne bougea. Le Père Noël fronça les sourcils. Normalement, au simple son de sa voix, le traîneau s’élevait comme une plume portée par une brise d’été. Là, il se sentait lourd, terriblement lourd. On aurait dit que les patins en argent étaient soudés au sol par une colle invisible. — C’est bizarre, grogna Grelot. On dirait qu’il pèse une tonne de briques ! — C'est parce que tu as mal graissé les patins, gros bêta ! persiffla Ficelle. — Ce n'est pas une question de graisse, mes petits, intervint le Père Noël en descendant de son siège. Il s'approcha du traîneau et posa sa main gantée sur le bois de bouleau sculpté. Le bois était glacé, presque mort. Le traîneau de Noël ne fonctionnait pas seulement avec de la magie, il fonctionnait avec l'harmonie. Sans la lumière de la Courtoisie pour lubrifier les rouages du merveilleux, tout restait cloué au sol. — Regardez, dit le Père Noël en pointant du doigt les sabots des rennes. Tornade essayait de lever une patte, mais il semblait s'enfoncer dans le sol de pierre comme dans de la mélasse. Les rennes n'avaient plus de direction, plus d'élan. Sans la clarté de l'Étoile, ils ne savaient plus où était le "haut" et où était le "bas". Ils étaient perdus dans un monde devenu soudainement sombre et impoli. — Si nous ne retrouvons pas la lumière, soupira le Père Noël, les cadeaux resteront ici. Et les cheminées du monde entier resteront froides et silencieuses. Un grand silence tomba sur l'écurie. Grelot et Ficelle se regardèrent, un peu honteux. Ils virent leurs propres reflets dans les harnais ternis : ils n'avaient plus l'air de joyeux lutins, mais de petits gnomes grincheux. Le Père Noël ramassa une poignée de neige qui s'était infiltrée par la porte. Elle ne scintillait pas. Elle ressemblait à du vulgaire givre de congélateur. — Le traîneau refuse de partir, conclut-il d'une voix grave mais pleine d'espoir. Il attend que nous lui redonnions ses ailes. Et ses ailes, mes enfants, ce sont les mots qui font chaud au cœur. Il se tourna vers la sortie, le regard tourné vers le sommet de la tour où l'Étoile de la Courtoisie agonisait. — L'Opération Douceur doit commencer maintenant. Sinon, Noël ne sera qu'une nuit comme les autres... une nuit très, très noire.

À la recherche du 'S'il vous plaît'

**CHAPITRE 2 : À la recherche du « S’il vous plaît »** Le Père Noël boutonna son grand manteau de velours rouge, qui semblait soudain un peu plus lourd et un peu moins éclatant. Il ajusta son bonnet et s'enfonça seul dans la Forêt des Murmures de Glace. D'ordinaire, cette forêt était un enchantement : les arbres y chantaient des berceuses de givre et les flocons dansaient la valse autour des passants. Mais ce soir-là, les sapins ressemblaient à de grands squelettes sombres et pétrifiés. La neige ne craquait pas sous ses bottes comme un biscuit croustillant ; elle se brisait avec un bruit sec, comme du verre brisé. — Quel froid de pierre, murmura le Père Noël en serrant ses gants de laine. La politesse est la laine qui réchauffe le monde. Sans elle, tout gèle. Il marcha longtemps, guidé par une lueur timide qui s'échappait d'un chêne millénaire. Là, perché sur une branche tordue comme un doigt crochu, se tenait Maître Barnabé. C’était un vieux hibou aux sourcils si épais qu’ils ressemblaient à deux petits nuages de tempête. Ses plumes étaient ébouriffées, et il boudait dans son grand col de duvet. — Holà ! Maître Barnabé ! lança le Père Noël en agitant la main. Le hibou ouvrit un œil jaune, rond comme une pièce d’or, puis le referma aussitôt en poussant un grognement qui ressemblait au grincement d’une porte rouillée. — Trop de bruit. Trop de gens. Trop de tout, grommela l’oiseau. Partez d’ici, Grand Homme Rouge. Je ne reçois plus personne. Le monde est devenu trop piquant pour mes vieilles oreilles. Le Père Noël s’approcha doucement. Il sentait que le hibou cachait quelque chose d'important sous ses ailes froissées. — Je cherche le premier secret pour rallumer l’Étoile de la Courtoisie, expliqua-t-il. Sans lui, les cœurs resteront fermés et mon traîneau restera cloué au sol. Barnabé se redressa, faisant gonfler son poitrail. — Le secret ? Les gens veulent toujours tout, tout de suite ! Ils disent : « Donne-moi ceci ! », « Fais cela ! », « Je veux ! ». C'est comme s'ils lançaient des cailloux au lieu de parler. Pourquoi devrais-je vous aider, vous qui débarquez dans mon salon de branches sans y être invité ? Le Père Noël comprit immédiatement son erreur. Dans son inquiétude, il avait oublié la clé la plus précieuse. Il ôta son bonnet avec un sourire de bonté et fit une petite révérence, malgré son gros ventre. — Maître Barnabé, commença-t-il d'une voix douce comme du miel, pardonnez ma hâte. La nuit est sombre et mon inquiétude est grande. Mais vous avez raison. Pourriez-vous, **s'il vous plaît**, m’accorder un peu de votre sagesse ? Pourriez-vous, **s'il vous plaît**, m’indiquer le chemin de la lumière ? À l’instant même où ces mots furent prononcés, quelque chose de merveilleux se produisit. Le « S’il vous plaît » ne fut pas seulement un son. Ce fut une petite étincelle dorée qui sortit de la bouche du Père Noël. Elle vola dans l’air glacé, tourbillonna autour du hibou et vint se poser sur le bec de l’oiseau. Soudain, Maître Barnabé se détendit. Ses plumes se lissèrent, et un parfum de cannelle et d'orange chaude se mit à flotter autour du chêne. Le vieux hibou sembla rajeunir de dix ans. — Ah... « S'il vous plaît »... murmura le hibou en fermant les yeux de plaisir. Voilà une musique que je n'avais pas entendue depuis bien longtemps. Savez-vous ce que c’est, Père Noël ? C’est une main tendue. C’est dire à l’autre : « J’ai besoin de toi, et je respecte ton temps ». Le hibou fouilla dans le creux de son arbre et en sortit une petite fiole de cristal. À l'intérieur, une minuscule plume d'argent brillait avec intensité. — Voici le premier secret, dit Barnabé. Le « S'il vous plaît » est le pont qui permet de traverser toutes les rivières. Sans lui, on reste chacun sur sa rive, seul et au froid. Gardez cette plume. Elle est la graine du respect. Mais attention... Le hibou pointa une griffe vers le sommet de la montagne. — Le « S’il vous plaît » n'est que le pont. Pour que l'Étoile brille à nouveau, il vous faudra trouver ce qui vient après le don. Et pour cela, vous devrez rendre visite à la Reine des Glaces dans son palais de miroirs. Elle est encore plus grognonne que moi ! Le Père Noël rangea précieusement la plume d'argent contre son cœur. Déjà, autour de lui, la neige recommençait à scintiller très légèrement. — Merci beaucoup, Maître Barnabé, dit-il avec sincérité. — Ne me remerciez pas encore, répondit le hibou avec un clin d'œil malicieux. Mais puisque vous l'avez demandé si gentiment... voici un conseil : n'oubliez jamais que les mots magiques n'ont de pouvoir que si on les pense vraiment. Le Père Noël reprit sa route. Dans le ciel noir, une toute petite pointe de l'Étoile de la Courtoisie venait de se rallumer, comme une petite bougie d'espoir dans l'immensité de l'hiver. L’Opération Douceur était en marche.

Le Yéti et le pouvoir du 'Merci'

### Chapitre : Le Yéti et le pouvoir du « Merci » Le Père Noël marchait depuis des heures dans la poudreuse. Ses bottes de cuir faisaient *frouch-frouch* dans la neige fraîche, et le vent chantait une mélodie cristalline à travers les stalactites des sapins. Grâce à la plume d’argent offerte par Maître Barnabé, le grand homme en rouge se sentait léger, comme si ses pas étaient portés par une brise bienveillante. Soudain, un bruit sourd déchira le silence de la montagne. *CRAC ! BOUM ! PATATRAS !* Au détour d’un rocher en forme de sucre d’orge, le Père Noël découvrit une scène bien triste. Un immense yéti, avec une fourrure aussi blanche que de la crème fouettée et de grands pieds poilus, était assis dans la neige, la tête dans ses mains de géant. Devant lui, sa cabane de rondins et de glace s’était effondrée. Le toit avait glissé, et la porte pendait lamentablement à une seule charnière. — Oh, par mes rennes ! s’exclama le Père Noël en s’approchant. Quel malheur vous arrive-t-il, mon ami ? Le yéti poussa un soupir qui fit s'envoler un nuage de givre. — Je m’appelle Grumeau, grogna-t-il d’une voix de tonnerre timide. J’ai voulu renforcer mon toit pour l’hiver, mais je suis trop maladroit. Mes mains sont trop grandes, mes bras sont trop forts... et maintenant, je vais devoir dormir sous la bise glacée. Le Père Noël s'approcha et posa une main gantée de laine sur le genou monumental du yéti. — Ne dites pas cela, Grumeau. Tout problème a une solution, surtout quand on n'est pas seul pour le porter. Puis-je vous aider à reconstruire votre foyer, *s'il vous plaît* ? À l’évocation du mot magique, la plume d’argent dans la poche du Père Noël se mit à chauffer doucement. Grumeau leva ses grands yeux couleur de myrtille, tout étonnés. Personne ne lui demandait jamais rien poliment. En général, les gens s'enfuyaient en criant ou lui jetaient des boules de neige. — Tu... tu veux m'aider ? Même si je suis un grand monstre tout ébouriffé ? — Vous n'êtes pas un monstre, Grumeau. Vous êtes un bâtisseur en difficulté. Allez, au travail ! Pendant une partie de l'après-midi, ce fut un ballet incroyable. Le Père Noël, malgré son petit ventre rebondi, était d'une agilité surprenante. Il guidait Grumeau : — Un peu plus à gauche pour ce tronc d'épicéa... Voilà ! Maintenant, pourrions-nous sceller les fentes avec de la neige mouillée, *s'il vous plaît* ? Le yéti, encouragé par cette douceur, retrouva de l'adresse. Il soulevait les poutres lourdes comme des plumes, tandis que le Père Noël ajustait les angles. Ensemble, ils créèrent une cabane encore plus solide qu'avant, avec une cheminée de pierres bleues et une fenêtre qui laissait entrer la lumière dorée du crépuscule. Quand la dernière touche fut apportée, Grumeau contempla sa maison. Il sentit quelque chose d'étrange dans sa poitrine, comme une petite bouillotte de chaleur qui n'avait rien à voir avec le soleil. Il regarda le Père Noël, qui essuyait un peu de givre sur son bonnet. Grumeau se racla la gorge. C'était un son qui ressemblait à un éboulement de graviers. — Père Noël... commença-t-il. Je... je ne sais pas comment dire. Habituellement, je me débrouille seul et tout le monde m'évite. Mais là... c'est plus joli quand on est deux. Il prit une grande inspiration, et dans un souffle qui sentait la menthe sauvage et la résine, il murmura : — **Merci.** Merci du fond du cœur de m'avoir aidé. À cet instant précis, un prodige se produisit. Le mot « Merci » s’échappa des lèvres du yéti non pas comme un simple son, mais comme une multitude de petites étincelles dorées. Elles tourbillonnèrent autour de Grumeau et du Père Noël, créant une danse de lumière parfumée au chocolat chaud. Puis, comme un élastique invisible, ces étincelles s'élancèrent vers le ciel noir. Elles vinrent frapper l’Étoile de la Courtoisie. *Ding !* Un deuxième pétale de l'étoile s'illumina d'un blanc pur et intense, chassant les ombres de la montagne. Le Père Noël sourit, les yeux pétillants. — Tu sens cela, Grumeau ? C'est le pouvoir du « Merci ». Quand on donne de la gratitude, on répare le monde un petit peu. Le yéti ne se sentait plus du tout grognon. Il se sentait... brillant. — C'est magique, murmura-t-il. Est-ce que je peux vous donner quelque chose en retour ? — Vous l'avez déjà fait, mon ami. Vous avez rallumé une partie de l'espoir. Mais dites-moi... connaissez-vous le chemin vers le palais de miroirs de la Reine des Glaces ? Le yéti hocha la tête, ses poils de barbe s'agitant joyeusement. — Oh oui ! C'est derrière le Glacier des Murmures. Mais attention, Père Noël... la Reine est une dame très fière. Elle possède la beauté, mais elle a oublié la chaleur du cœur. Pour lui parler, il vous faudra plus que des mots... il vous faudra de la patience. Le Père Noël salua son nouvel ami et reprit sa marche. Derrière lui, le yéti agitait sa main géante, et dans le ciel, l'Étoile brillait un peu plus fort, guidant le vieux voyageur vers sa prochaine étape. L'Opération Douceur devenait, pas à pas, une véritable symphonie de lumière.

La dispute des Pingouins

Le vent chantait une mélodie de cristal alors que le Père Noël s’enfonçait dans le Glacier des Murmures. Ici, la neige ne tombait pas simplement : elle dansait en tourbillons de paillettes argentées, et chaque pas du vieux monsieur en rouge déclenchait un petit tintement de clochette sous la glace. L’Étoile de la Courtoisie, accrochée à son bonnet, diffusait une lueur douce, comme une veilleuse dans la nuit polaire. Soudain, un bruit de glissade effrénée brisa le silence. — *WIIIIIIIIZZ ! PAF !* Au détour d’un énorme bloc de glace bleue, deux silhouettes rondes venaient de s’entrechoquer violemment. C’étaient deux pingouins, l’un portant un petit nœud papillon rouge et l’autre une écharpe vert sapin. Ils s’étaient étalés de tout leur long, les pattes en l’air, leurs ventres blancs pointés vers les étoiles. Au lieu de rire de leur maladresse, les deux oiseaux se relevèrent d’un bond, les plumes hérissées par la colère. — Espèce de grosse boule de neige mal dégrossie ! cria le pingouin au nœud rouge. Tu ne peux pas regarder où tu glisses ? Tu as failli m’écrabouiller les nageoires ! — Moi ? répondit celui à l’écharpe verte, le bec rouge d'indignation. C’est toi qui fonçais comme un toboggan fou ! Tu m’as bousculé exprès pour arriver le premier au trou de pêche ! Le Père Noël s’arrêta. Il vit l’Étoile de la Courtoisie vaciller. Sa lumière, d’ordinaire si pure, devenait grisâtre et terne. La colère des deux petits êtres polluait l’air comme une fumée invisible. Les pingouins commençaient à se donner de petits coups de bec, leurs ailes s’agitant comme des éventails furieux. — Holà, holà, mes petits amis ! s’exclama le Père Noël d’une voix profonde et chaleureuse. Quel vacarme pour un peu de neige remuée ! Les deux pingouins se figèrent. Ils n'avaient pas vu le grand voyageur approcher. Leurs yeux ronds s'écarquillèrent, mais la rancœur était encore là. — Il m’a bousculé, Père Noël ! bouda le premier. — Il m’a traité de boule de neige ! renâcla le second. Le Père Noël s’accroupit, malgré ses genoux qui craquaient un peu. Il ramassa une poignée de neige poudreuse et la fit briller dans sa main. — Savez-vous ce qui vient de se passer ? dit-il doucement. Vous avez eu un accident. Vos corps se sont cognés, c’est vrai. Mais en criant ces vilains mots, ce sont vos cœurs qui se sont fait des bleus. Et les bleus au cœur sont bien plus longs à guérir que les bosses sur les fesses. Il désigna l’Étoile sur son bonnet, qui semblait triste. — Pour réparer le monde, j'ai besoin d'une clé magique. Une clé toute simple, qui ne pèse rien mais qui peut soulever des montagnes de glace. Les deux pingouins cessèrent de s’agiter. — Une clé ? demanda le pingouin au nœud rouge. On n'a pas de serrure ici. — C'est une clé qui se prononce avec les lèvres et qui s'écoute avec les oreilles, sourit le Père Noël. Elle s'appelle le mot « Pardon ». Les pingouins se regardèrent de travers. Le mot semblait difficile à sortir, comme s'il était resté coincé dans leur gorge gelée. — Le mot « Pardon » n'est pas une faiblesse, continua le Père Noël. C'est le baume des braves. C'est dire à l'autre : « Je tiens plus à ton amitié qu'à avoir raison ». Essayez, vous verrez. On sent comme un chocolat chaud à l'intérieur de soi. Le pingouin à l'écharpe verte tritura le bout de sa laine. Il regarda son camarade, puis murmura d'une toute petite voix : — Pardon de t'avoir crié dessus... Je sais que tu ne l'as pas fait exprès. À peine eut-il prononcé ce mot que l’Étoile de la Courtoisie projeta un éclair de lumière dorée. Une étincelle tomba sur le sol de glace, lissant instantanément les rayures laissées par leur chute. Le pingouin au nœud rouge sentit sa colère fondre comme un glaçon au soleil. Il se dandina un peu, gêné, puis répondit : — Pardon moi aussi... Je t'ai dit des choses méchantes parce que j'avais eu peur. On fait la paix ? Ils se donnèrent un petit coup d'aile amical, une sorte de « high-five » de banquise. Instantanément, l’Étoile sur le bonnet du Père Noël se mit à briller avec une intensité incroyable, illuminant tout le glacier d'une couleur d'aurore boréale. Le froid ne semblait plus piquer ; une onde de douceur venait de traverser la vallée. — Bravo, mes petits chevaliers de la glace, dit le Père Noël en se relevant. Regardez ! Grâce à votre « Pardon », le chemin est devenu plus clair. En effet, la lumière de l'Étoile montrait maintenant un sentier scintillant qui grimpait vers les sommets escarpés, là où le ciel semblait fait de diamants. — Allez pêcher maintenant, conclut-il avec un clin d'œil. Et souvenez-vous : la politesse est le sel de la vie. Sans elle, tout est un peu fade, même le meilleur des poissons ! Les deux pingouins, désormais inséparables, s'éloignèrent en se dandinant joyeusement, se partageant déjà les souvenirs de leur chute en riant. Le Père Noël, lui, reprit sa route. Son pas était plus léger. Il savait que chaque fois qu'un enfant — ou un pingouin — apprenait à demander pardon, son voyage vers le Palais des Miroirs devenait un peu plus facile. Mais il restait encore beaucoup de chemin, et la Reine des Glaces, il le savait, ne serait pas aussi facile à convaincre que deux petits oiseaux en smoking.

La besace aux mots doux

**CHAPITRE : La besace aux mots doux** Le Père Noël s’enfonça dans la Forêt des Murmures, un endroit où les arbres ne perdaient jamais leurs feuilles, mais se couvraient d’une fine dentelle de givre qui tintait comme des milliers de clochettes au passage du vent. Sous ses bottes, la neige n’était pas seulement blanche ; elle scintillait de reflets lilas et menthe à l’eau, comme si le sol lui-même était saupoudré de sucre magique. S’arrêtant près d’un vieux chêne dont l’écorce semblait sculptée dans du chocolat noir, le vieil homme plongea la main dans sa grande poche. Il en sortit une besace extraordinaire. Elle n'était pas faite de cuir ordinaire, mais tissée avec des rayons de lune et des fils d’argent. C’était la « Besace aux mots doux ». — Allons, murmura-t-il avec un sourire qui faisait plisser ses yeux rieurs, voyons si la forêt a bien conservé ses trésors aujourd'hui. À peine avait-il ouvert le cordon de soie que la magie commença. Dans cette forêt, les formules de politesse ne se contentaient pas d'être entendues : elles étaient visibles. Elles flottaient dans l'air comme de petits papillons de lumière ou des bulles de savon irisées. Soudain, un petit écureuil roux, dont la queue ressemblait à un plumeau de cannelle, bondit sur une branche basse. Il tenait une noisette dorée entre ses pattes et la tendit à une amie mésange. — *« C’est pour toi, s’il te plaît »*, couina-t-il timidement. Aussitôt, les mots « S’il te plaît » s’échappèrent de sa bouche sous la forme d’une petite plume bleu azur qui tourbillonna dans les airs. Le Père Noël leva sa besace, et hop ! La plume vint se nicher doucement à l’intérieur dans un petit bruit de harpe. — Magnifique, se réjouit le grand barbu. Un « s'il te plaît » d’écureuil, il n’y a rien de plus pur pour parfumer le village des lutins ! Il continua sa marche, l’oreille tendue. Plus loin, près d’un ruisseau dont l’eau chantait en cascade, deux renards se croisaient sur un tronc d'arbre étroit servant de pont. Au lieu de se bousculer, le plus vieux s’écarta sur une souche et fit un signe de la patte. — *« Après vous, cher voisin »*, dit-il avec une élégance de prince. Les mots « Après vous » jaillirent comme un ruban de satin doré qui s'enroula autour du poignet du Père Noël avant de plonger de lui-même dans la besace. La sacoche commença à briller d’une lueur chaude, semblable à celle d’une cheminée un soir d’hiver. Elle devenait de plus en plus légère à mesure qu’elle se remplissait, car le poids de la courtoisie est inversement proportionnel à sa valeur : plus on en a, plus on se sent léger ! — Quel festin de gentillesse ! s’exclama le Père Noël. Il ramassa au passage un *« Merci »* éclatant comme un rubis, lâché par un vieux cerf à qui un lapin avait indiqué le chemin des baies givrées. Puis, il cueillit délicatement un *« Enchanté »* qui flottait près d’une fleur de glace, laissé là par deux fées du givre qui venaient de se rencontrer. Chaque mot capturé transformait l’atmosphère de la besace. À l’intérieur, on aurait dit un orchestre miniature : les « Bonjour » faisaient le bruit de petites cymbales d'argent, et les « Pardon » résonnaient comme des notes de violoncelle douces et apaisantes. Le Père Noël s’assit un instant sur un rocher couvert de mousse étoilée. Il caressa le tissu de sa besace qui ronronnait maintenant comme un chat satisfait. — Mes lutins vont être ravis, soupira-t-il. Ils travaillent si dur pour fabriquer les jouets qu'ils oublient parfois de s'offrir ces petits bonbons pour les oreilles. Un village où l’on se dit « Merci » et « S’il vous plaît », c’est un village où les jouets ont deux fois plus de magie. Mais alors qu’il s’apprêtait à refermer le sac, une petite voix cristalline s’éleva du haut d'un sapin géant. C’était l’Étoile de la Courtoisie qui scintillait plus fort que jamais. — N’oublie pas le plus précieux, Père Noël, chuchota l’Étoile. Celui qui ouvre les cœurs les plus serrés. Le vieil homme leva les yeux et vit, flottant tout en haut, un mot qui brillait d’une lumière blanche et pure, comme un diamant brut. C’était le mot *« Respect »*. Il ne volait pas comme les autres ; il trônait, majestueux, au centre de la forêt. Le Père Noël tendit le bras, et d’un geste plein de tendresse, il attrapa le mot précieux. En entrant dans la besace, le « Respect » diffusa une chaleur si intense que la neige autour des bottes du Père Noël commença à fondre pour laisser apparaître de petites fleurs de printemps, malgré le plein hiver. — Voilà, dit-il en serrant le cordon de soie. Ma récolte est faite. La besace est pleine de douceurs. Il jeta le sac sur son épaule. Il se sentait maintenant prêt à affronter n'importe quel obstacle, même les courants d'air glacés de la Reine des Glaces. Car avec une besace remplie de tels trésors, on ne transporte pas seulement des mots, on transporte la clef de tous les Palais du monde. Le pas assuré, il se dirigea vers les sommets escarpés, là où le Palais des Miroirs l'attendait, ses reflets froids déjà visibles à l'horizon. Mais le Père Noël ne craignait plus le froid ; son cœur, nourri par la politesse de la forêt, était un véritable brasier de bonté.

Le grand retour au village

### Chapitre : Le grand retour au village La silhouette familière du Père Noël se découpa enfin sur la crête enneigée qui surplombait le Village des Jouets. En bas, dans la vallée, les cheminées fumaient, mais la fumée semblait grise et hésitante, bien loin des volutes joyeuses et parfumées à la cannelle d'autrefois. Le vieil homme aux joues rouges pressa le pas. Sous ses bottes, la neige ne craquait pas froidement ; elle semblait chuchoter des mélodies de bienvenue. Sa besace, solidement amarrée à son épaule, palpitait d’une lueur d’ambre et de miel. Chaque pas qu’il faisait vers l’atelier diffusait une onde de douceur qui faisait frissonner les sapins de plaisir. Lorsqu’il poussa la lourde porte en bois de chêne de l’atelier principal, un silence pesant l’accueillit. L’air n’était pas rempli du rire habituel des lutins, mais de bruits de marteaux trop secs et de soupirs agacés. Barnabé, le lutin aux oreilles pointues, venait de bousculer par mégarde la petite Prunelle. — Pousse-toi de là, tu es dans mes pattes ! grogna Barnabé en ramassant un train en bois. — C’est toi qui ne regardes pas où tu vas ! répliqua Prunelle, les sourcils froncés comme deux chenilles en colère. Le Père Noël s’avança au milieu de la pièce. Il ne dit rien, mais il posa sa besace sur la grande table de découpe. Un parfum de jasmin et de brioche chaude s’en échappa instantanément, chatouillant les narines des lutins qui s’arrêtèrent net. — Mes amis, commença le Père Noël d’une voix profonde qui résonnait comme un violoncelle, j’ai fait un long voyage. J’ai traversé les glaces et les doutes. Et j’ai rapporté avec moi un trésor plus précieux que tout l’or du Grand Nord. D’un geste lent et théâtral, il dénoua le cordon de soie. Une lumière éblouissante, douce comme un rayon de soleil printanier, jaillit du sac. Des milliers de petites étincelles s’envolèrent dans l’atelier, tourbillonnant autour des établis, des outils et des lutins ébahis. — Regardez bien, murmura le vieil homme. Dans la lumière, les lutins virent apparaître des mots écrits en lettres de givre étincelant : « S’il te plaît », « Merci », « Pardon », et le plus brillant de tous, « Respect ». Ces mots ne se contentaient pas de flotter ; ils chantaient. Une musique cristalline qui apaisait les cœurs les plus boudeurs. Barnabé sentit une chaleur étrange envahir sa poitrine. Il regarda ses mains, puis il regarda Prunelle. Le nuage gris qui pesait sur ses épaules s’évapora comme par magie. — Oh… murmura-t-il, les yeux ronds. Prunelle… je suis vraiment désolé. Je n’aurais pas dû te parler si rudement. Tes ailes de fée sont magnifiques aujourd'hui, et j’ai été un vrai ours mal léché. Prunelle, surprise, sentit sa colère fondre comme un glaçon au soleil. Elle sourit, et ce sourire fit briller ses fossettes. — Merci, Barnabé. Et pardon de t’avoir répondu si méchamment. Veux-tu que je t’aide à peindre ces petits wagons ? À deux, nous irons plus vite et ce sera bien plus rigolo ! Le Père Noël riait doucement, sa barbe de neige tressautant sur son ventre rebondi. Il plongea sa main dans la besace et en sortit une pincée de « Poudre de Courtoisie » qu’il dispersa sur la grande pile de cadeaux en attente. — Voyez-vous, mes petits lutins, expliqua-t-il en s’asseyant dans son grand fauteuil, la politesse est comme l’huile dans les engrenages d’une horloge. Sans elle, tout grince, tout se casse et le temps devient amer. Mais avec un peu de douceur et des mots choisis avec amour, chaque tâche devient une fête. Soudain, l’atelier s'anima d'une énergie nouvelle. On n’entendait plus que des « Pourrais-tu me passer la colle, s'il te plaît ? » ou des « Quel beau travail tu as fait là ! ». Les marteaux semblaient battre la mesure d’une chanson joyeuse. Même les jouets semblaient plus solides, plus brillants, imprégnés de cette atmosphère de bienveillance. Grelot, le plus jeune des lutins, s'approcha du Père Noël et lui tendit une tasse de chocolat chaud fumant, avec une minuscule guimauve en forme d'étoile flottant à la surface. — Tenez, Grand Père Noël. Merci d'être revenu nous apporter la lumière. On s'était un peu perdus dans le froid, je crois. Le Père Noël huma l'arôme délicieux et ferma les yeux de bonheur. L'Étoile de la Courtoisie brillait désormais au sommet du grand sapin de l'atelier, diffusant une clarté éternelle. La magie de Noël était sauve, car elle ne résidait pas seulement dans les cadeaux, mais dans la façon dont on se tendait la main. — Voilà, dit-il en savourant une gorgée. C’est cela, le vrai miracle. Maintenant, au travail, mes enfants ! Nous avons un monde entier à émerveiller, et cette année, chaque paquet contiendra un petit peu de ce respect que j'ai cueilli pour vous. Et dans le village enneigé, sous les aurores boréales qui dansaient en vert et violet, on entendit à nouveau le rire du Père Noël, un rire qui promettait que, tant qu'on se dirait « merci », l'hiver ne serait jamais tout à fait froid.

Une nuit de Noël étincelante

**CHAPITRE : Une nuit de Noël étincelante** Le grand soir était enfin arrivé. Dans l’Atelier du Nord, l’air ne se contentait plus de sentir le sapin et le pain d'épices ; il vibrait d’une énergie nouvelle, une électricité douce qui faisait pétiller la pointe des oreilles des lutins. Au sommet du grand arbre, l’Étoile de la Courtoisie ne se contentait plus de briller : elle palpitait comme un cœur d’or pur. Chaque fois qu’un lutin disait « s’il vous plaît » en tendant un ruban, l’étoile lançait un éclat argenté. Chaque fois qu’un autre répondait « merci » avec un sourire sincère, une pluie de paillettes multicolores retombait sur les cadeaux, les rendant plus légers que des plumes. — Regardez ! s’exclama Pichenotte, le plus petit des lutins, en pointant le sommet du sapin. L’Étoile est devenue si brillante qu’on dirait qu’elle a avalé un morceau de soleil ! Le Père Noël, vêtu de son grand manteau de velours rouge bordé d’une fourrure aussi blanche que l’écume des mers, s’approcha en riant. Son rire, un « Ho ! Ho ! Ho ! » profond et musical, fit trembler délicatement les tasses de chocolat chaud restées sur les établis. — C’est la lumière du respect, mes enfants, expliqua-t-il d’une voix douce. Elle brille plus fort que n’importe quelle bougie, car elle vient de la chaleur que nous nous offrons les uns aux autres. Dehors, le traîneau attendait, magnifique. Ses patins de métal poli luisaient sous les aurores boréales qui dansaient dans le ciel comme des rubans de soie violette et verte. Les rennes, impatients, frappaient le sol de leurs sabots d’argent. Tornade et Danseur se chuchotaient des mots d'encouragement, tandis que Cupidon frottait affectueusement son museau contre l'épaule de Comète. — Tout le monde est prêt ? demanda le Père Noël en grimpant sur son siège de cuir moelleux. Il s'installa confortablement, ajusta ses lunettes et saisit les rênes. À cet instant, l’Étoile de la Courtoisie s’éleva du sommet du sapin dans un sifflement mélodieux. Elle survola l’atelier, traçant un sillage de lumière dorée, avant de venir se fixer juste devant le traîneau, telle une lanterne magique destinée à guider leur voyage. — En route, mes amis ! Et n’oubliez pas : nous ne distribuons pas que des jouets. Nous distribuons la magie d'être ensemble ! D'un coup de rênes léger, le traîneau s'élança. Ce ne fut pas un décollage ordinaire. Sous l’impulsion de l’Étoile, le traîneau ne glissa pas sur l’air, il parut surfer sur une vague de diamants. Dans un immense *FROU-FROU* de neige étoilée, l'attelage s'éleva au-dessus du village, laissant derrière lui une traînée de poussière d’étoiles qui sentait bon la cannelle et la joie. En survolant les premières maisons, le Père Noël remarqua un changement merveilleux. En bas, le monde semblait avoir retrouvé sa douceur. Les lumières des villes n'étaient plus agressives, mais ressemblaient à de petites veilleuses rassurantes. Le vent de l'hiver, autrefois piquant et colérique, s'était transformé en une brise caressante. — Regardez là-bas ! murmura le Père Noël à ses rennes en pointant une petite fenêtre éclairée. Dans une chambre, deux enfants qui se disputaient souvent pour leurs jouets étaient en train de s'aider mutuellement à installer une assiette de biscuits pour le passage du Grand Barbu. Ils se parlaient doucement, avec une gentillesse nouvelle. L'éclat de l'Étoile de la Courtoisie, qui passait dans le ciel, se refléta un instant dans leurs yeux, y déposant une petite graine de bonté. Le Père Noël piocha dans sa hotte. Cette année, les paquets étaient entourés d'un fil de soie invisible qui ne se dénouait que si l'on ouvrait le cadeau avec gratitude. — Allez, l’Étoile, brille encore plus fort ! s'exclama-t-il. Montre-leur que chaque mot gentil est un cadeau que l'on fait au monde ! Le traîneau accéléra, filant à travers les nuages de coton. Partout où l'Étoile passait, les cœurs s'apaisaient, les rancœurs fondaient comme neige au soleil et les sourires fleurissaient sur les visages endormis. La nuit de Noël n'était plus seulement sombre et froide ; elle était devenue une immense fête de la lumière, un bal étincelant où chaque habitant de la Terre, petit ou grand, se sentait enfin relié aux autres par le fil invisible de la politesse et de l'amour. Et tandis que le traîneau disparaissait dans l'immensité du ciel étoilé, on pouvait entendre, porté par l'écho des montagnes, le dernier message du Père Noël : — Joyeux Noël à tous... et n'oubliez pas de dire merci à la vie !

Le secret de l'Étoile

Voici le dernier chapitre de ton conte, écrit dans le style merveilleux et sensoriel du "Wonder Engine". *** # CHAPITRE : Le secret de l’Étoile Le traîneau du Père Noël se posa dans un soupir de neige fraîche sur le toit de la Grande Fabrique. Tout était silencieux au Pôle Nord, d’un silence bleu et pailleté, seulement interrompu par le bruissement des ailes de givre de l’Étoile de la Courtoisie qui scintillait plus intensément que jamais. Le Père Noël descendit lourdement de son siège, ses bottes de cuir craquant sur la poudreuse. Il ramassa une petite lanterne et se tourna vers l’astre radieux qui flottait à ses côtés. — Oh, oh, oh ! Quelle nuit mémorable, ma précieuse amie, murmura-t-il en lissant sa barbe blanche qui sentait encore la cannelle et le vent des sommets. C’est alors que Grelot, le plus petit des lutins, sortit timidement de la fabrique en se frottant les yeux. Il tenait dans ses mains une tasse de chocolat chaud fumant, dont l’odeur de cacao et de guimauve caressait les narines. — Tenez, Monsieur Noël, dit le lutin d'une voix un peu endormie. Vous devez avoir les moustaches gelées. Le Père Noël prit la tasse avec un sourire immense. — Merci infiniment, mon petit Grelot. Ton attention me réchauffe bien plus que ce breuvage ! À cet instant précis, l’Étoile de la Courtoisie projeta un rayon de lumière si pur, si doré, qu’il transforma les flocons de neige en diamants éphémères. Grelot ouvrit de grands yeux ronds. — Dites-moi, Grand Nord... Quel est le secret de cette Étoile ? demanda le lutin. Pourquoi brille-t-elle si fort quand on dit des mots gentils ? Le Père Noël s’assit sur un banc de bois sculpté et invita Grelot à s'asseoir près de lui. L’Étoile vint se poser délicatement sur la paume du vieil homme, vibrant comme un petit cœur de lumière. — Écoute bien, Grelot. Beaucoup de gens croient que la politesse est une règle ennuyeuse écrite dans de vieux livres. Mais l’Étoile connaît la vérité. La politesse est un carburant magique. Chaque « s’il vous plaît », chaque « merci », chaque « pardon » sincère est une petite étincelle de joie que l'on offre à l’autre. Il fit un geste vers l'horizon où les lumières du monde commençaient à s'éveiller. — Tu as vu ce fil de soie invisible autour des cadeaux ? Il ne se dénoue que par la gratitude. Car un cadeau sans un « merci » est comme une fleur sans parfum : il reste fermé. La politesse, c’est la clé qui ouvre les cœurs les plus verrouillés. C’est comme si, en étant courtois, nous allumions une petite bougie dans la nuit de quelqu’un d’autre. L’Étoile de la Courtoisie changea de couleur, passant d’un bleu électrique à un rose de lever de soleil. Elle semblait chanter un air cristallin que seuls ceux qui ont le cœur léger peuvent entendre. — Tu vois, Grelot, reprit le Père Noël, le secret est là : cette petite lumière, nous l’avons tous en nous. Elle n’a pas besoin de piles, elle n’a pas besoin de moteur. Elle a juste besoin d'être partagée. Quand tu es poli, tu rends la vie de tout le monde plus belle, plus douce, plus colorée. C’est une magie que chacun peut pratiquer, même sans traîneau ni rennes volants. Grelot regarda ses propres mains, puis le visage bienveillant du Père Noël. Il se sentait soudain plus grand, plus fort, comme si une chaleur nouvelle l’habitait. — Alors, conclut le lutin avec un sourire malicieux, la politesse, c’est un peu comme si on portait une étoile de Noël dans sa poche tout au long de l’année ? — Exactement ! s'exclama le Père Noël en riant de bon cœur. Une petite lanterne intérieure qui transforme le plus gris des hivers en un bal étincelant. Alors que l’aube pointait le bout de son nez, l’Étoile de la Courtoisie s’éleva une dernière fois dans le ciel pour rejoindre les autres astres. Elle ne disparut pas vraiment ; elle se diffusa dans l'air, se transformant en mille petites paillettes de bienveillance qui retombèrent sur la terre. Le Père Noël termina son chocolat, fit un clin d'œil à Grelot et s'en alla vers ses appartements pour un repos bien mérité. Il savait que, partout dans le monde, des enfants allaient s'éveiller, découvrir leurs cadeaux, et que le fil de soie invisible allait se transformer en éclats de rire dès que le premier "merci" serait prononcé. Car après tout, la plus belle des magies ne se trouve pas dans la hotte, mais dans la douceur d'un mot bien dit.
Fusianima
Le Père Noël et l'Étoile de la Courtoisie
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Le Père Noël et l'Étoile de la Courtoisie

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**CHAPITRE : Brouhaha au Pôle Nord** Au cœur des montagnes de glace bleutée, là où les aurores boréales dansent comme des rubans de soie dans le ciel, se cache le plus merveilleux des endroits : le Village du Père Noël. D’ordinaire, on n’y entend que le doux carillon des clochettes et le rire crist...

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