Gaspard et le Carnaval des Chatouilles
Par Studio Wonder — Jeunesse
**CHAPITRE : Gaspard, le petit dragon chatouilleux**
Il était une fois, niché au cœur de la Vallée des Nuages-Guimauves, un petit dragon nommé Gaspard.
Gaspard n’était pas un dragon terrifiant avec des dents pointues et des yeux de feu. Non, pas du tout ! Gaspard était un petit dragon tout rond, ...
Gaspard, le petit dragon chatouilleux
**CHAPITRE : Gaspard, le petit dragon chatouilleux**
Il était une fois, niché au cœur de la Vallée des Nuages-Guimauves, un petit dragon nommé Gaspard.
Gaspard n’était pas un dragon terrifiant avec des dents pointues et des yeux de feu. Non, pas du tout ! Gaspard était un petit dragon tout rond, avec des écailles d’un vert éclatant, aussi brillant qu’une pomme après la pluie. Il avait de petites ailes qui faisaient *frou-frou* quand il sautillait et une queue en forme de pinceau qui laissait des traînées de paillettes derrière lui.
Mais Gaspard avait une particularité, un petit secret qui faisait vibrer le bout de ses cornes : il était le dragon le plus chatouilleux de tout l’univers.
Ce matin-là, le soleil se levait doucement, étirant ses rayons d’or sur la mousse moelleuse de la forêt. Gaspard était en train de faire sa gymnastique de dragon.
« Un, deux ! Je gonfle mon torse ! » disait-il avec une petite voix courageuse. « Trois, quatre ! Je fais des flammes de... de... »
Mais au lieu de cracher du feu, Gaspard ne produisait que de petits nuages de fumée rose qui sentaient la barbe à papa.
C’est alors qu’un petit événement vint bouleverser sa séance d’entraînement. Un oiseau moqueur, nommé Pipou, passait par là. Pipou avait une plume bleue, très longue et très douce, qui s’était détachée de son aile et flottait paresseusement dans l’air.
La plume dansa dans le vent. Elle fit une pirouette au-dessus d’un buisson de fleurs-tambours, survola un ruisseau de limonade, et se dirigea tout droit vers le museau de Gaspard.
*Zouit !* La plume frôla la narine de Gaspard.
Le petit dragon fronça le nez. Il essaya de rester très sérieux, comme un vrai gardien de trésor.
« Je suis un dragon de fer... Je suis un dragon de pierre... » murmura-t-il en serrant ses petites griffes.
Mais la plume, malicieuse, continua son voyage. Elle descendit lentement le long de son cou, fit un petit crochet derrière son oreille gauche, puis – *guili-guili !* – elle vint caresser le dessous de son ventre tout mou.
Ce fut l’explosion.
« HIHIHI ! OH NON ! HAHAHA ! »
Gaspard s’effondra dans l’herbe tendre, les quatre pattes en l’air. Son rire résonna comme une cascade de clochettes d’argent. À chaque fois que la plume le frôlait, Gaspard se tortillait dans tous les sens.
« Arrêtez ! Pitié ! Ça chatouille trop ! Hihihi ! »
À chaque éclat de rire, de petites étincelles magiques s’échappaient de ses écailles. Des bulles de savon multicolores sortaient de ses narines et s’envolaient vers le ciel. La forêt entière semblait rire avec lui. Les fleurs fermaient leurs pétales en gloussant et les arbres balançaient leurs branches comme s’ils voulaient l’imiter.
Pipou l’oiseau se posa sur une branche, tout ébouriffé de joie.
— Eh bien, Gaspard ! On dirait que tu as perdu ton combat contre la plume !
Gaspard, tout essoufflé, essuya une petite larme de joie au coin de son œil.
— C’est... c’est plus fort que moi, Pipou ! Dès qu’une plume me touche, mon cœur fait des bonds et mes écailles se mettent à danser ! Regarde, je suis tout vert de rire !
Gaspard se redressa, encore un peu tremblotant. Il aimait ce sentiment. Quand il riait, il se sentait léger, comme s’il pouvait s’envoler jusqu’à la lune sans même battre des ailes.
— Tu sais, Pipou, dit Gaspard en ramassant la petite plume bleue avec précaution, maman dit toujours que mon rire est un trésor. Elle dit qu’un dragon qui rit est bien plus puissant qu’un dragon qui gronde.
Soudain, au loin, un son de trompettes en sucre retentit. C’était le signal ! Le grand jour approchait. Partout dans la vallée, on commençait à suspendre des guirlandes de pop-corn et des lampions en sucre d'orge.
Gaspard écarquilla ses grands yeux brillants.
— Le Carnaval ! C’est le début du Carnaval des Chatouilles !
Il serra la plume contre son cœur (en faisant bien attention de ne pas se chatouiller à nouveau). Il savait que cette année, le carnaval serait spécial. Avec ses écailles vertes, ses bulles de savon et ses rires qui font des étincelles, Gaspard était prêt. Il allait montrer à tout le monde que la magie la plus merveilleuse ne se trouvait pas dans les flammes, mais dans les petits "guili-guili" qui font du bien au ventre.
Gaspard fit un petit bond, lança un dernier nuage de fumée parfumée à la fraise, et s'élança vers le village en chantonnant :
« Je suis Gaspard, le dragon vert, le plus chatouilleux de tout l’univers ! »
Et tandis qu'il courait, la route derrière lui s'illuminait de mille couleurs, car là où Gaspard passait, la joie ne s'arrêtait jamais de briller.
L'invitation au Carnaval
**CHAPITRE : L’invitation au Carnaval**
Le soleil se leva sur la vallée comme une grosse crêpe dorée et toute chaude. Ce matin-là, l’air ne sentait pas simplement la rosée ou l'herbe coupée. Non, il sentait la barbe à papa, la tartine grillée et un petit quelque chose de mystérieux qui picotait le bout du nez.
Gaspard le petit dragon vert était déjà debout. Il avait poli ses écailles pour qu'elles brillent comme des émeraudes et il avait brossé sa queue avec une brosse en poils de nuage. Dans sa patte, il tenait précieusement sa plume magique.
— Aujourd’hui, murmura-t-il avec un grand sourire, c’est le jour des sourires qui font *« Pop ! »* et des rires qui font *« Gling-Gling ! »*.
Gaspard s’installa sur le haut de la Colline aux Chamallows. Il prit une grande inspiration, gonfla son petit ventre tout rond, et au lieu de cracher du feu, il souffla une immense nuée de bulles de savon multicolores. Mais ce n’étaient pas des bulles ordinaires. À l’intérieur de chaque bulle, on pouvait voir une petite image qui dansait : un masque à paillettes, une part de gâteau ou un plumeau pour faire des chatouilles.
— Allez, mes jolies bulles ! cria Gaspard. Allez porter l’invitation à tous mes amis !
Les bulles s’envolèrent en tourbillonnant, portées par un vent léger qui sentait la vanille.
La première bulle vint éclater tout doucement sur le bout du nez de **Barnabé l’Ours**, qui faisait encore une petite sieste dans son hamac.
*Ploc !*
Barnabé ouvrit un œil, puis deux. Une poussière d’étoiles tomba sur ses oreilles.
— Oh ! grogna-t-il d'une voix douce comme du miel. Ça sent le Carnaval des Chatouilles ! Vite, où est mon nœud papillon à pois ?
Une autre bulle, toute rose, alla rebondir sur les noisettes de **Zizou l'Écureuil**.
*Ploc !*
— Chic, chic, chic ! s’écria Zizou en faisant trois pirouettes. Gaspard nous invite ! Je vais apporter mes plus belles plumes pour le concours de guili-guili !
Bientôt, toute la forêt fut en mouvement. On entendait des *« Oh ! »*, des *« Ah ! »* et des petits rires cristallins derrière chaque buisson.
Gaspard, lui, descendait vers la place du village en sautillant. Ses pattes faisaient un bruit joyeux sur le chemin : *Flap, flop, flap !* Partout, les préparatifs étaient magnifiques. Les lapins accrochaient des lampions en sucre d'orge aux branches des saules pleureurs. Les oiseaux tressaient des guirlandes de pop-corn blanc comme de la neige.
Soudain, Gaspard croisa **Mina la Souris**, qui portait un chapeau pointu bien trop grand pour elle.
— Gaspard ! Gaspard ! appela-t-elle avec sa petite voix de flûte. Est-ce qu’il y aura de la musique pour danser ?
Gaspard fit un clin d’œil et secoua sa plume magique. Aussitôt, les clochettes des fleurs de la vallée se mirent à tinter toutes seules : *Ting ! Ti-ling !*
— Il y aura la musique des cœurs joyeux, Mina ! Et il y aura aussi la grande parade des plumes douces !
Gaspard s’arrêta au milieu de la place. Il leva sa plume vers le ciel bleu.
— Écoutez, tout le monde ! lança-t-il.
Tous les animaux s’arrêtèrent de travailler. Le grand ours Barnabé, les écureuils, les hérissons tout ronds et même les papillons aux ailes de velours s'approchèrent.
— Le Carnaval des Chatouilles est ouvert ! annonça Gaspard. Ici, on n’a pas besoin d’être grand ou fort. On a juste besoin d’avoir envie de rigoler. Préparez vos pattes, préparez vos ventres, car les chatouilles arrivent... 1, 2, 3...
Gaspard fit un grand tour sur lui-même et lança un immense nuage de fumée parfumée à la fraise. La fumée se transforma en milliers de petits papillons de lumière qui venaient se poser délicatement dans le cou des invités.
— Hi hi hi ! Oh non ! Ça chatouille ! s'esclaffa Barnabé en essayant d'attraper les lumières.
— Guili-guili ! riaient les lapins en se roulant dans l'herbe tendre.
Le village était devenu une immense boîte à musique et à câlins. Les lampions s’allumèrent tout seuls, diffusant une lumière douce comme une veilleuse. Les tables se remplirent de jus de fruits qui pétillent et de brioches en forme de nuages.
Gaspard regarda ses amis. Il vit que la magie de la plume fonctionnait : tout le monde avait oublié ses petits soucis. Les écailles vertes de Gaspard brillaient plus fort que jamais, car il n'y a rien qui fait plus briller un dragon que le bonheur des autres.
La fête ne faisait que commencer, et déjà, dans toute la vallée, on n'entendait plus que le plus beau chant du monde : celui de l'amitié qui rigole.
— En avant pour la danse des chatouilles ! s'écria Gaspard en agitant sa queue en rythme.
Et tous ensemble, en une longue chenille colorée, ils s'élancèrent sous les guirlandes de pop-corn, prêts à vivre la plus merveilleuse des journées.
Zut ! Le Plumeau Magique a disparu
Voici le nouveau chapitre de ton conte, écrit avec toute la tendresse et la magie du style « Wonder Engine » pour les petits cœurs de 3 à 5 ans.
***
# Chapitre : Zut ! Le Plumeau Magique a disparu
La fête était tellement belle ! On aurait dit qu’un arc-en-ciel était tombé dans un pot de confiture. Les lapins faisaient des pirouettes, les oiseaux jonglaient avec des pétales de fleurs, et Gaspard, le petit dragon aux écailles de menthe à l’eau, sautillait sur place en frappant des mains.
— Quel bonheur ! s'exclama Gaspard. Regardez toutes ces étoiles dans vos yeux !
Mais soudain, la musique s'arrêta. *Zip !* Le silence tomba sur la colline, comme une petite couverture de laine. Les animaux s'arrêtèrent de danser. Au loin, on entendit un bruit tout triste :
— *Snif… snif… Bouououh !*
C’était un gros sanglot, rond et sonore, qui faisait trembler les feuilles des arbres. Gaspard tourna la tête et vit arriver le Roi Léo. Oh, ce n’était pas un lion féroce, non ! C’était un lion très chou, avec une crinière qui ressemblait à un énorme nuage de barbe à papa orange.
Mais aujourd'hui, le Roi Léo n'avait pas la tête à rigoler. Ses oreilles pendaient comme deux vieilles chaussettes, et sa queue ne faisait plus de petits bonds joyeux.
— Majesté ! s’écria Gaspard en trottinant vers lui. Pourquoi tes moustaches sont-elles toutes tombantes ? Est-ce que tu as mangé un citron trop acide ?
Le Roi Léo s’assit par terre avec un gros *Pouf !* et essuya une petite larme qui brillait sur son nez.
— C’est une catastrophe, mon petit Gaspard… Une grande, immense, gigantesque catastrophe !
Il ouvrit ses pattes pour montrer qu’elles étaient vides.
— Le Vent-Coquin est passé par là… *Frouuuu !* Il a soufflé si fort, avec ses joues toutes gonflées, qu’il a emporté le Plumeau Magique !
Un grand « Oh ! » de surprise s’éleva de la foule des animaux. Le Plumeau Magique ! C’était l’objet le plus précieux du Carnaval. Il était fait de plumes de canaris joyeux et de fils d'argent. Quand on le secouait, il lançait des milliers de petits « guilis » invisibles qui faisaient pouffer de rire même les pierres du chemin.
— Sans le Plumeau, reprit le Roi Léo avec une petite voix de souris, le Carnaval des Chatouilles ne peut pas continuer. Les rires vont s’envoler, et la fête va devenir toute grise.
Gaspard sentit son petit cœur de dragon battre un peu plus vite. Il ne voulait pas que la fête s’arrête ! Il aimait trop voir ses amis briller de joie. Il s'approcha du Roi et lui caressa la patte avec son museau tout chaud.
— Ne pleure pas, Grand Lion ! Tes larmes vont mouiller tes jolies moustaches. On va le retrouver, ton Plumeau aux Guilis !
— Mais il est parti très loin, gémit le Roi Léo. Je l’ai vu s’envoler par-dessus la Forêt des Murmures, porté par un tourbillon de poussière d’étoiles.
Gaspard leva les yeux vers le ciel. Le vent soufflait encore un petit peu, faisant danser les drapeaux de couleur.
— Écoutez ! dit Gaspard en tendant l’oreille.
On entendait un bruit léger, comme un petit chatouillis dans les oreilles.
— *Hi-hi-hi…* faisait le vent en passant dans les branches.
— Vous entendez ? s’exclama Gaspard, les yeux pétillants. Le Plumeau est peut-être perdu, mais il sème encore des rires sur son passage ! Il nous laisse des indices, comme des miettes de brioche.
Tous les animaux se mirent à chercher. Les écureuils grimpèrent aux sommets des pins, les petites souris fouillèrent dans les fleurs de pissenlit, et les papillons volèrent très haut pour voir si le Plumeau ne s'était pas accroché à un nuage.
— Regardez là-bas ! cria soudain une petite mésange bleue. Une plume ! Une plume qui brille !
Tout en haut de la Colline aux Soupirs, quelque chose scintillait sous le soleil. C’était une petite étincelle de lumière qui dansait, comme si elle appelait Gaspard et ses amis.
Gaspard gonfla son petit torse vert et s’écria :
— En route, les amis ! On va galoper, on va grimper, et on va ramener le Plumeau Magique ! Personne ne pourra arrêter le Carnaval des Chatouilles !
Le Roi Léo retrouva un petit sourire. Il se releva, secoua sa crinière et donna un grand coup de patte amical sur l’épaule de Gaspard.
— Tu es un dragon très courageux, Gaspard. Allez, tout le monde ! Suivons les étincelles !
Et voilà notre petite troupe qui s'élance, le nez en l'air et le cœur plein d'espoir, prête à courir après le vent pour sauver les rires du monde entier.
Gaspard mène l'enquête
Voici le nouveau chapitre de l'histoire, écrit avec toute la magie et la tendresse du style « Wonder Engine » pour les petits explorateurs de 3 à 5 ans.
***
### Chapitre : Gaspard mène l’enquête
Le petit chemin qui grimpait vers la Colline aux Soupirs n’était pas un chemin comme les autres. C’était un sentier tout doux, couvert d’une mousse qui faisait *« pouic-pouic »* sous les pattes, et bordé de fleurs extraordinaires.
Gaspard, le petit dragon vert aux écailles brillantes comme des émeraudes, marchait en tête. Il avait sorti sa loupe imaginaire et fronçait ses petits sourcils avec un air très sérieux.
— Ne vous inquiétez pas, Monsieur le Roi Léo ! dit Gaspard en agitant sa queue en panache. Un bon détective trouve toujours ce qu’il cherche. Et mon nez de dragon sent que le Plumeau Magique n’est pas loin !
Soudain, Gaspard s’arrêta net devant une rangée de fleurs multicolores. C’étaient des « Giroflées-Gigolettes ». Elles avaient de grands pétales en forme de clochettes et, même s'il n'y avait pas de vent, elles dansaient, s'agitaient et se tortillaient dans tous les sens.
— Regardez ! chuchota Gaspard. Elles ont l’air de savoir quelque chose.
Gaspard s’approcha d’une grande fleur orange qui n'arrêtait pas de se dandiner.
— Bonjour, Madame la Fleur ! Est-ce que tu aurais vu passer une plume qui brille et qui fait des guilis ?
La Giroflée-Gigolette s’arrêta de gigoter une seconde, fit un petit bruit de ressort — *Boing !* — et éclata d'un rire cristallin qui ressemblait à des glaçons qui tintent dans un verre d’eau.
— Hi hi hi ! Oh oui, petit dragon ! répondit la fleur d’une voix flûtée. Elle est passée par ici, portée par un courant d'air coquin. Elle nous a frôlé les pétales, et ça nous a donné une telle envie de danser qu'on ne peut plus s'arrêter !
Gaspard ouvrit de grands yeux ronds.
— Et par où est-elle partie ? demanda-t-il en sautillant d’excitation.
Une autre fleur, une petite bleue aux pétales de velours, s'étira vers le museau de Gaspard et déposa un petit nuage de pollen scintillant sur ses naseaux.
— *Atchoum !* éternua Gaspard.
— *À tes souhaits !* chantèrent les fleurs en chœur. Le Plumeau a volé vers le Grand Chêne à Oreilles, là-haut, près du rocher qui ressemble à un gros gâteau. Mais attention, Gaspard ! Il n’était pas tout seul...
Le Roi Léo s'approcha, sa crinière d'or brillant sous le soleil.
— Pas tout seul ? Qui l'accompagnait ?
Les fleurs se mirent à trembloter doucement, faisant un bruit de papier de soie que l'on froisse.
— Une petite ombre... une ombre avec de longues, longues oreilles et un petit nez qui fait *frou-frou*. Elle courait très vite en serrant le Plumeau contre son cœur !
Gaspard réfléchit très fort. Ses petites ailes battaient doucement dans son dos.
— Une ombre avec de longues oreilles ? Un nez qui fait *frou-frou* ? Mais c’est sûrement un lapin ! Un Lapin-Câlin ou peut-être un Lapin-Malin !
Le petit dragon remercia les fleurs en leur faisant une petite révérence (ce qui le fit presque basculer en avant, car son ventre était bien rebondi).
— En route, les amis ! On doit trouver ce lapin avant qu’il n'utilise tout le pouvoir des chatouilles pour lui tout seul !
La petite troupe reprit sa marche. Le soleil caressait leurs dos, et l'air sentait bon la barbe à papa et l'herbe fraîche. Gaspard se sentait pousser des ailes de géant. Il n'était plus seulement un petit dragon qui aimait les siestes : il était Gaspard le Grand Détective, le protecteur des rires.
— Regardez ! s'écria soudain la petite mésange bleue qui survolait le groupe. Des traces !
Sur le sol sablonneux, juste devant eux, de petites empreintes de pattes toutes mignonnes dessinaient un chemin en zigzag. À côté de chaque empreinte, il y avait un petit grain de poussière d'étoile qui brillait.
Gaspard s'accroupit et toucha une trace avec le bout de sa griffe. Ça picota un peu, comme quand on pose le pied sur un tapis de laine.
— C’est ça ! C’est la trace du Plumeau Magique ! s'exclama-t-il. Il laisse des étincelles de joie partout où il passe.
Le Roi Léo poussa un petit rugissement de contentement, un rugissement tout doux qui ressemblait à un ronronnement de gros chat.
— Bravo Gaspard ! Tu as l'œil d'un vrai chef !
Gaspard bomba le torse, tout fier, et pointa sa petite patte vers le sommet de la colline.
— Suivons les étincelles, les amis ! Le Carnaval des Chatouilles va bientôt pouvoir commencer, je le promets !
Et sous le ciel bleu azur, le petit dragon, le grand lion et tous leurs amis se mirent à courir après les traces lumineuses, le cœur battant de joie à l'idée de la grande fête qui les attendait.
***
Rencontre avec le Singe Malicieux
**CHAPITRE : Rencontre avec le Singe Malicieux**
Le petit chemin de poussière d’étoile serpentait maintenant entre de grands arbres aux troncs couleur de chocolat et aux feuilles aussi douces que du velours vert. Gaspard, en tête de file, trottinait avec entrain. À chaque pas, ses petites écailles brillaient comme des milliers de minuscules miroirs.
Soudain, un bruit étrange fit s’arrêter la petite troupe.
*« Boing ! Pouêt ! Gniark-gniark ! »*
Gaspard dressa ses petites oreilles pointues. Derrière un buisson de fleurs-guimauves, quelque chose s’agitait dans tous les sens. Le Roi Léo, avec sa grande crinière qui sentait bon le soleil et le sable chaud, s’approcha doucement.
— Regardez là-haut ! murmura Gaspard en pointant sa griffe.
Suspendu par la queue à une branche de baobab à bonbons, un petit singe à la fourrure orange vif s'agitait comme une toupie. C’était Coco. Ses oreilles étaient rondes comme des soucoupes et ses yeux pétillaient de malice.
Coco était très occupé. Il étirait ses joues avec ses doigts, tirait une langue toute rose, et faisait rouler ses yeux dans tous les sens. Puis, il s'arrêta, observa les arbres autour de lui, et fronça le nez de déception.
— Oh, zut de flûte de cacahouète ! s’exclama le singe en se laissant tomber par terre avec la souplesse d’un ressort. Ça ne marche toujours pas !
Gaspard s’avança, un peu curieux, en faisant bruire ses petites ailes.
— Bonjour Coco ! Pourquoi fais-tu ces drôles de têtes ? Tu as mangé un citron trop piquant ?
Le petit singe sursauta, fit une pirouette arrière et atterrit juste devant le nez de Gaspard.
— Bonjour Gaspard ! Bonjour Sa Majesté des Chatouilles ! Non, non, pas de citron ! J’essaie de réveiller le rire des arbres. Regardez-les ! Ils sont aussi sérieux que des papas hiboux qui font la sieste.
Il montra du doigt les grands arbres de la forêt. Ils restaient immobiles, leurs branches sagement croisées, leurs feuilles silencieuses. Coco reprit son spectacle : il gonfla ses joues comme de gros ballons, mit ses mains derrière ses oreilles pour les faire bouger, et poussa un petit cri de cochon tout mignon : *« Gruiii-gruiii ! »*
Rien. Pas une feuille ne frémit. Pas un bourgeon ne s'ouvrit. Les arbres restaient de marbre, majestueux mais un peu tristes.
— C’est pour le Carnaval des Chatouilles, expliqua Coco en boudant un peu. Si les arbres ne rigolent pas, la forêt restera toute grise et silencieuse. Et moi, j'adore quand les arbres se tordent de rire, ça fait tomber des confettis de fleurs !
Gaspard regarda les traces de poussière d’étoile à ses pieds. Elles brillaient un peu plus fort ici, comme si elles voulaient dire quelque chose. Il se souvint de ce que sa maman dragonne lui disait toujours : *« Le rire est comme une petite graine, il lui faut un peu de magie pour pousser. »*
— Je crois que je sais pourquoi ça ne marche pas, dit Gaspard avec un petit sourire malin. Tes grimaces sont super rigolotes, Coco, elles me donnent envie de faire des bonds ! Mais les arbres, eux, sont de grands gourmands. Ils n'ont pas besoin de voir, ils ont besoin de *ressentir*.
Le Roi Léo s'approcha et frotta sa grosse tête contre un tronc.
— Gaspard a raison. Le Plumeau Magique est passé par ici, je sens son odeur de barbe à papa. Il a laissé des étincelles, mais elles dorment encore.
Coco gratta sa tête orange.
— Et comment on les réveille, ces étincelles de dodo ?
Gaspard s'accroupit. Il ramassa une petite pincée de poussière d'étoile qui scintillait près d'une racine.
— On ne fait pas rire un arbre en lui montrant sa langue, Coco. On le fait rire en le chatouillant doucement... là où il est le plus sensible !
Gaspard s’approcha du plus grand chêne du bosquet. Avec le bout de sa petite griffe, très délicatement, il commença à faire des petits cercles sur l’écorce, juste en dessous d’un gros nœud de bois qui ressemblait à un nombril.
— Guili-guili ! murmura Gaspard.
Pendant un instant, le silence fut total. Puis, un petit craquement se fit entendre. Un son doux, comme le pétillement d'un bonbon dans la bouche. Une branche se mit à trembler, puis une deuxième. Soudain, un immense bruissement de feuilles s'éleva, et l'arbre poussa un soupir qui ressemblait à un gloussement.
*« Hi-hi-hi... Hou-hou-hou ! »*
— Ça marche ! cria Coco en sautant sur l'épaule du Roi Léo. L'arbre rigole !
Et c'était vrai. Le chêne vibrait de joie. Sous l'effet des chatouilles de Gaspard, les feuilles d'émeraude se mirent à danser une gigue effrénée, se cognant les unes contre les autres dans un joyeux tintamarre. De petites fleurs bleues s'ouvrirent d'un coup, libérant un parfum de fraise des bois qui embauma toute la clairière.
Coco, tout excité, se mit à imiter Gaspard sur tous les autres arbres.
— Guili-guili par-ci ! Chatouillis par-là !
Bientôt, toute la forêt ne fut plus qu'un immense éclat de rire végétal. Les arbres se balançaient de gauche à droite, les lianes s'entortillaient comme des serpentins, et des nuages de pollen doré s'élevaient dans les airs, créant un feu d'artifice de lumière sous le soleil.
Gaspard regarda ses amis, les yeux brillants de bonheur.
— Tu vois Coco ? Avec un peu d'aide et beaucoup de chatouilles, tout le monde peut retrouver le sourire !
Le petit singe malicieux fit une dernière galipette et vint se poser aux côtés de Gaspard.
— Tu es un génie, petit dragon ! Maintenant, je ne vais plus m’arrêter. On va chatouiller toute la montagne s’il le faut !
Le Roi Léo poussa un rugissement joyeux qui fit s'envoler quelques papillons multicolores.
— En route alors ! Le Plumeau Magique n'est plus très loin, je sens que le Carnaval nous appelle !
Et c’est ainsi que Gaspard, Coco et le Roi Léo, suivis par une forêt qui n'en finissait plus de glousser, reprirent leur marche vers le sommet de la colline, là où les étoiles descendent sur terre pour danser avec les amis.
Le Buisson qui fait 'Hi Hi Hi !'
Voici le nouveau chapitre de l'histoire de Gaspard, écrit avec toute la magie et la tendresse du style "Wonder Engine".
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# Chapitre : Le Buisson qui fait « Hi Hi Hi ! »
Le petit groupe avançait sur le sentier de la Colline aux Étoiles. Le soleil ressemblait à un gros bonbon à l’orange qui fondait doucement dans le ciel bleu. Gaspard, le petit dragon aux écailles vert prairie, marchait en tête. À chaque pas, ses pattes faisaient un bruit rigolo : *Plof ! Plof ! Plof !*
Soudain, Gaspard s’arrêta net. Ses grandes oreilles de dragon frémirent.
— Chut ! murmura-t-il en levant une patte. Vous entendez ?
Coco le singe s’arrêta de jongler avec des noix de coco. Le Roi Léo rangea sa majestueuse crinière d’or derrière ses oreilles. Le silence s’installa, mais ce n’était pas un silence ordinaire. C’était un silence qui pétillait.
*Hi hi hi !*
Le petit cri venait de derrière un énorme buisson tout rond, qui ressemblait à un brocoli géant décoré de fleurs jaunes.
*Hiii hiii hiii ! Oh lala !*
Le buisson ne se balançait pas avec le vent. Non, il tressautait ! Il s'agitait comme s'il était rempli de milliers de bulles de savon invisibles. Les fleurs jaunes s'ouvraient et se fermaient, comme si elles essayaient de ne pas éclater de rire.
— C’est peut-être un monstre-gâteau qui a mangé trop de sucre ? demanda Coco en s'accrochant à la queue de Gaspard.
— Ou un nuage qui est tombé du ciel et qui se sent tout chatouilleux ? proposa Léo en souriant.
Gaspard s'approcha à pas de loup... ou plutôt à pas de dragon. *Tip, tap, tip, tap.*
Arrivé devant les feuilles vertes et brillantes, il tendit son petit museau tout rose. Le buisson sentait bon la barbe à papa et la menthe fraîche.
— Ohé ? dit Gaspard d'une petite voix. Est-ce qu'il y a quelqu'un qui a besoin d'un câlin ?
Pour toute réponse, le buisson fit un bond prodigieux : *BOING !*
Et soudain, entre deux branches chargées de feuilles douces comme du velours, une petite chose apparut. Ce n'était pas un monstre, ni un nuage. C’était un objet merveilleux, long et souple, couvert de plumes de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Il y avait des plumes bleu turquoise, des plumes rose bonbon et des plumes jaune tournesol.
— Le Plumeau Magique ! s'écria le Roi Léo en frappant ses pattes l'une contre l'autre.
Le Plumeau n'attendit pas qu'on vienne le chercher. Il s'élança hors de sa cachette comme un petit oiseau étincelant. Il volait en faisant des loopings dans les airs : *Zioum ! Vroum ! Pipou !*
— Regardez-le ! rit Coco. Il danse !
Le Plumeau Magique vint se poser sur le nez de Gaspard. *Guili, guili !* Ses plumes étaient plus douces que le duvet d'un poussin et plus légères qu'un flocon de neige.
— Hi hi hi ! Ça chatouille ! s'esclaffa Gaspard en essayant d'attraper le Plumeau.
Mais le Plumeau était coquin. Il fila vers Coco et lui brossa les orteils. Coco se roula par terre en tenant son ventre, les yeux pétillants de joie. Puis, le Plumeau s'approcha du grand Roi Léo. Il commença à frôler ses oreilles avec une délicatesse infinie.
— Oh... oh non... je suis un lion sérieux... je ne... HI HI HI ! rugit Léo en éclatant de rire. C'est magique ! On dirait que chaque plume contient une petite fée du rire !
Le Plumeau Magique se mit alors à briller d’une lumière dorée. En volant, il laissait derrière lui une traînée de paillettes qui sentaient le biscuit chaud. Il tourbillonnait autour d’eux, créant un petit tourbillon de bonheur.
Gaspard comprit alors que le Plumeau n'était pas seulement un objet. C'était le cœur du Carnaval. C'était lui qui donnait la force aux fleurs de s'ouvrir, aux arbres de danser et aux amis de s'aimer.
— Viens ici, petit Plumeau, dit Gaspard avec tendresse en tendant ses pattes. On a besoin de toi pour la grande fête tout là-haut. La montagne attend ses chatouilles !
Le Plumeau Magique se laissa doucement glisser dans les bras de Gaspard. Il ronronna presque, comme un petit chat de lumière.
— En route ! s'écria Coco en faisant la roue. Le sommet est juste là ! On va faire danser les étoiles !
Gaspard serra le Plumeau contre son cœur. Il sentait une chaleur douce se diffuser dans ses écailles. La marche reprit, plus joyeuse que jamais. Derrière eux, le buisson de menthe continuait de faire *Hi hi hi !*, ravi d'avoir partagé son secret.
Le Carnaval des Chatouilles n'était plus qu'à quelques pas, et avec le Plumeau Magique, Gaspard savait que ce serait la plus belle nuit de toute sa vie de dragon.
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Le sauvetage du Plumeau
# Le sauvetage du Plumeau
Le ciel commençait à se teinter de rose bonbon et de violet pailleté. Gaspard, le petit dragon aux écailles vert pomme, marchait avec précaution. Contre son ventre tout rond, il tenait fermement le Plumeau Magique. C’était une petite boule de plumes arc-en-ciel, plus douce que le plus doux des doudous, qui scintillait comme mille petites étoiles.
— On y est presque, les amis ! lança Gaspard en sautillant. Regardez, les nuages là-haut ressemblent à de la barbe à papa !
Mais alors qu’ils arrivaient devant le Grand Chêne à Sucre, un courant d’air facétieux, le « Zéphyr des Guilis », se mit à souffler. *Fioouuuu !* Le vent passa entre les pattes de Gaspard et, d’un coup de baguette magique invisible, fit s’envoler le Plumeau !
— Oh non ! s’écria Coco en battant des ailes. Petit Plumeau, où vas-tu ?
Le Plumeau Magique tourbillonna dans les airs, dansant avec les feuilles dorées, avant de venir se coincer tout en haut d’une branche. Une branche très, très haute. Elle était perchée là-haut, bien loin des petites pattes de Gaspard.
Le Plumeau avait l’air tout triste, coincé entre deux brindilles qui le chatouillaient un peu trop fort. Il ne ronronnait plus. Ses couleurs devenaient un peu plus pâles.
— Ne t’inquiète pas, petit Plumeau ! appela Gaspard. Je vais te chercher !
Gaspard s’approcha du tronc. L’écorce du chêne sentait bon la cannelle et le sirop d’érable. Le petit dragon essaya de sauter.
*Houp-là !* Ses pattes quittèrent le sol de quelques centimètres, mais il retomba *pouf !* sur ses fesses rebondies.
— C’est trop haut, soupira Coco en se posant sur son épaule. Même moi, avec le vent qui souffle de travers, je n’arrive pas à rester stable pour l’attraper.
Gaspard regarda ses petites griffes. Elles étaient bien jolies, toutes brillantes, mais elles semblaient si courtes face à ce géant de bois. Pourtant, il sentait la chaleur du Carnaval qui battait dans son cœur. Il ne pouvait pas laisser le Plumeau là-haut. Sans lui, les fleurs resteraient endormies et les arbres ne sauraient plus danser.
— Je vais m'étirer, décida Gaspard. Je vais devenir aussi grand qu’un élastique !
Gaspard se tint bien droit sur ses pattes arrière. Il commença par étirer son ventre. *Mmmmiam !* On aurait dit qu’il voulait toucher la lune avec son nombril. Puis, il leva ses petits bras. Ses griffes s’ouvrirent délicatement, comme les pétales d’une fleur au soleil.
— Allez Gaspard ! Encouragea Coco. Allonge ton cou ! Allonge tes oreilles !
Gaspard ferma les yeux très fort. Il poussa sur ses orteils. *Un, deux, trois… on s’étire !* On aurait dit que chaque petite écaille de son corps devenait un peu plus longue. Il sentait ses muscles faire « crac-crac » de joie. Ses pattes avant frôlèrent les feuilles.
— Encore un tout petit peu ! cria Coco en faisant la toupie. Tu y es presque !
Gaspard prit une grande inspiration qui sentait la menthe fraîche. Il se dressa sur la pointe, mais vraiment sur la toute, toute pointe de ses griffes de pieds. Il devint si long, si fin, qu’il ressemblait à une petite asperge verte toute rigolote.
Ses griffes de devant chatouillèrent enfin l’écorce de la branche. *Gratte, gratte.* Le Plumeau Magique, sentant son ami tout près, se mit à briller plus fort. Il sembla se pencher vers Gaspard.
— Je t’ai… murmura le petit dragon dans un souffle.
D’un geste vif mais très tendre, Gaspard referma ses griffes sur le manche en bois de réglisse du Plumeau. Aussitôt, une pluie de confettis lumineux tomba de la branche.
*Plouf !* Gaspard retrouva sa taille normale et retomba doucement sur la mousse moelleuse, le Plumeau serré contre lui.
— Réussi ! s’exclama-t-il, les yeux brillants de bonheur.
Le Plumeau Magique se remit à ronronner. Il envoya une petite vague de chaleur dans les pattes de Gaspard pour le remercier. Coco vint se blottir contre le museau du dragon.
— Tu as été un géant, Gaspard ! Un vrai géant de chatouilles !
Le petit dragon caressa les plumes arc-en-ciel. Elles étaient à nouveau éclatantes, vibrantes de vie. La forêt sembla pousser un soupir de soulagement. Les fleurs alentour commencèrent à frétiller, impatientes de recevoir leur dose de guilis.
Gaspard se redressa, remit son petit sac à dos et leva fièrement le Plumeau vers le sommet de la montagne.
— Regarde, Coco ! Les étoiles commencent à cligner de l'œil. Elles nous attendent pour le Carnaval !
Main dans la patte, ou plutôt aile contre griffe, les deux amis reprirent leur marche. Gaspard ne se sentait plus petit du tout. Il savait maintenant que, même avec de courtes pattes, on pouvait toucher le ciel quand on avait un cœur grand comme une montagne.
Le sommet n'était plus qu'à une petite colline de là. Et au sommet, le monde entier allait bientôt éclater de rire.
Le retour du rire
**CHAPITRE : LE RETOUR DU RIRE**
Le sommet de la montagne n'était plus une simple pointe de rocher. C’était devenu un immense gâteau de nuages tout blancs, tout ronds et tout doux. En arrivant tout en haut, Gaspard et Coco s’arrêtèrent net. Le silence était là, un silence un peu trop lourd, un silence qui attendait qu’on le réveille.
Tous les animaux de la forêt étaient rassemblés : les oursons aux oreilles tombantes, les lapins qui ne remuaient plus le bout du nez, et même les vieux hiboux qui avaient oublié de dire « Hou-hou ». Ils semblaient tous un peu gris, comme si on avait soufflé sur leurs couleurs.
Gaspard prit une grande inspiration. Son petit cœur de dragon battait *poum-pata-poum* contre ses écailles. Il serra le manche du Plumeau Magique.
— Je suis là ! s’écria-t-il d'une voix qui ne tremblait plus du tout. J'ai ramené le trésor !
Un murmure parcourut l’assemblée. Coco, le petit oiseau, fit une pirouette dans les airs en criant :
— Préparez vos bidons ! Préparez vos pieds ! Gaspard va rallumer le soleil dans vos cœurs !
Gaspard leva le grand Plumeau vers les étoiles qui scintillaient comme des diamants de sucre. Il ferma les yeux et commença à le secouer. D’abord doucement, comme pour bercer un rêve.
*Flic... flac... flic...*
Soudain, le Plumeau se mit à briller d’une lumière dorée, bleue, rose et vert pomme. Et là, ce fut comme une explosion de confettis magiques ! Des milliers, des millions de petites plumes légères s’envolèrent du plumeau. Elles ne tombaient pas vers le bas, non, elles dansaient dans le ciel comme des petits papillons de soie.
Une petite plume rose vint se poser sur le nez de l’ours Grognon.
— Atchoum ! fit l’ours.
La plume revint à la charge et lui chatouilla le dessous du menton.
— Hi... hihi... hoho ! grogna-t-il d’abord, avant d’éclater : HAHAHA ! Ça chatouille ! Ça gratouille ! C’est merveilleux !
C’était le signal. Les plumes s’éparpillèrent partout. C’était une véritable pluie de guilis !
*Zouuuu !* Une plume bleue glissa sous la patte d’un petit lapin qui se mit à faire des bonds de joie.
*Vlan !* Une plume jaune vint frôler les oreilles d’une biche qui se mit à gigoter en poussant des petits cris de bonheur.
*Pouf !* Une pluie de plumes multicolores tomba sur les renards qui se roulèrent dans l’herbe en se tenant le ventre.
Le rire se propagea comme une vague de sirop chaud. On entendait des « Hihihi », des « Hahaha », des « Houhouhou » et même des « Prout-prout » de joie (car les rires de dragon font parfois un peu de vent).
Le sommet de la montagne, autrefois gris et triste, devint le plus beau feu d’artifice de la création. À chaque éclat de rire, les fleurs s’ouvraient tout grand en libérant un parfum de fraise et de barbe à papa. Les arbres se mirent à danser en agitant leurs branches comme des bras joyeux.
Gaspard, au milieu de ce tourbillon de bonheur, ne s'arrêtait plus. Il faisait tournoyer le Plumeau Magique comme un bâton de magicien.
— Regarde, Coco ! Tout le monde rit ! Tout le monde chante !
Coco l'oiseau s'était posé sur la tête de Gaspard.
— C’est grâce à toi, Gaspard. Tu as sauvé le Carnaval des Chatouilles !
Soudain, une plume géante, plus brillante que les autres, se détacha du ciel et vint se poser juste sous les bras de Gaspard.
— Oh non ! Pas moi ! Hihihi ! Non, pas les guilis ! Hohoho !
Gaspard se mit à se tortiller, à ricaner, à pédaler dans le vide avec ses petites pattes. Il était si heureux qu’il avait l’impression de flotter au-dessus du sol.
Le Carnaval battait son plein. On partageait des tartes aux nuages et des jus de rayons de lune. La musique du rire montait si haut, si fort, que même la lune sembla se dessiner un grand sourire dans le ciel noir.
Gaspard s'assit un instant sur un rocher de mousse. Il regarda ses amis, anciens et nouveaux, qui dansaient ensemble. Sa petite sacoche était vide, mais son cœur, lui, était rempli jusqu'au bord. Il n'était plus le petit dragon qui avait peur de ne pas être assez grand. Il était Gaspard, le Gardien du Rire, celui qui savait que le plus grand pouvoir au monde, c'était un simple guili partagé avec ceux qu'on aime.
Et cette nuit-là, sous la pluie de plumes magiques, toute la forêt s'endormit avec un immense sourire, en rêvant déjà au prochain carnaval.
La grande fête des Guilis
Voici le chapitre final de ton conte, écrit avec tout le merveilleux et la douceur nécessaires pour les petites oreilles de 3 à 5 ans.
***
# CHAPITRE : La grande fête des Guilis
C’était la plus belle, la plus grande, la plus incroyable des fêtes ! Au milieu de la Forêt des Songes, le Carnaval des Chatouilles battait son plein. Imaginez un peu : les arbres portaient des colliers de lucioles multicolores qui clignotaient au rythme de la musique. *Zim-Boum-Bada-Boum !* L’orchestre des Grillons Rigolos jouait du violon avec des brins d’herbe, et les grenouilles faisaient des percussions sur des nénuphars géants.
Au centre de la clairière, Gaspard, notre petit dragon, était le roi de la soirée. Il portait une magnifique couronne faite de plumes d’or et de pétales de fleurs de rire.
— Regardez ! C’est Gaspard, le Roi de la Rigolade ! s’écria Noisette l’écureuil en faisant une cabriole.
Gaspard ne crachait pas de feu, non, ce n'était pas son style. Quand il ouvrait grand la gueule, il s’en échappait des milliers de petites bulles de savon parfumées à la fraise. Et quand une bulle éclatait sur le nez d’un animal… *Pschitt !* Cela faisait le plus doux des petits guilis.
— À mon tour ! À mon tour ! criait Barnabé le gros ours.
Barnabé était tellement grand qu’il faisait trembler le sol en marchant, mais dès que Gaspard lui effleura les pattes avec ses petites griffes toutes douces, l’ours se mit à se tortiller comme un ver de terre.
— Hihihi ! Hohoho ! Arrête, Gaspard ! Ça chatouille trop ! riait Barnabé en se roulant dans l’herbe bleue.
Tout autour d’eux, c’était le festival des farces. Les lapins s’amusaient à faire des nœuds avec leurs longues oreilles pour transformer leurs amis en cadeaux rigolos. Les oiseaux, eux, volaient bas pour venir brosser le sommet de la tête des renards avec le bout de leurs ailes.
— Guili-guili sous le menton ! chantait une petite mésange en frôlant le vieux hibou.
— Hou-hou-hi-hi ! répondit le hibou, qui d’habitude était très sérieux, mais qui ce soir-là, ne pouvait s’empêcher de glousser.
Le buffet était tout simplement magique. On y trouvait des montagnes de barbe à papa qui changeaient de couleur selon l’humeur : elles devenaient jaunes quand on était joyeux et orange quand on avait envie de sauter partout. Il y avait aussi la célèbre Limonade de Rire. À chaque fois qu’on en buvait une gorgée, on se mettait à faire des « prout-prout » de joie avec la bouche, ce qui faisait rire tout le monde aux éclats.
Gaspard courait partout, ses petites pattes de dragon faisant *floc-floc* sur la mousse tendre. Il était partout à la fois. Un petit coup de queue sur le ventre de la tortue ? *Goulou-goulou !* Elle rentrait sa tête en riant. Une petite caresse sur les oreilles du faon ? *Héhéhé !* Il faisait des bonds de joie.
— Venez tous ! lança Gaspard de sa petite voix de dragon. C’est l’heure de la Grande Farandole des Guilis !
Tous les animaux se prirent par la patte, par l’aile ou par la queue. Gaspard menait la danse. Ils formèrent un immense serpent qui serpentait entre les champignons lumineux. À chaque pas, ils devaient se faire un petit guili dans le cou de leur voisin.
— Guili à gauche ! Guili à droite ! criait Gaspard.
La forêt résonnait d’un immense concert de rires. C’était un son tellement doux que même les fleurs fermaient leurs pétales en frissonnant de bonheur. Le ciel était devenu d’un violet profond, parsemé de poussière d'étoiles qui retombait comme du sucre glace sur les fêtards.
Gaspard s’arrêta un instant pour reprendre son souffle. Il sentait son petit cœur battre fort dans sa poitrine, comme un petit tambour content. Sa sacoche, autrefois pleine de plumes magiques, était maintenant vide. Mais cela n'avait aucune importance. Car les plumes avaient fait leur travail : elles avaient ouvert les cœurs et délié les sourires.
Il leva les yeux vers la lune. Elle brillait si fort qu’on aurait dit une grosse part de fromage blanc prête à être croquée.
— Tu vois, la Lune ? murmura Gaspard. On n'a pas besoin d'être grand pour faire de grandes choses. Il suffit d'un petit doigt, d'une plume ou d'un bisou pour que le monde entier soit heureux.
Fatigués mais le cœur léger comme des plumes, les animaux commencèrent à s'installer pour la nuit. Barnabé l'ours servit d'oreiller géant à une dizaine de petits lapins. Les oiseaux se blottirent dans les crinières des cerfs.
Gaspard, lui, s'installa au creux d'une racine d'arbre qui ressemblait à un petit lit douillet. Il ferma ses grands yeux de dragon, encore tout brillants des souvenirs de la fête. Avant de sombrer dans le sommeil, il sentit une petite brise caresser ses écailles sur son ventre. C’était comme si la forêt elle-même lui faisait un dernier petit guili pour lui dire bonne nuit.
Et c’est ainsi que, sous la pluie de plumes magiques et le regard bienveillant de la lune, Gaspard et tous ses amis s’endormirent, un sourire aux lèvres, en attendant que le soleil revienne leur chatouiller le bout du nez demain matin.
**FIN.**
Le secret de Gaspard
**CHAPITRE : Le secret de Gaspard**
Le lendemain matin, la forêt se réveilla avec un petit sifflement joyeux. Le soleil, qui ressemblait à une grosse clémentine toute chaude, commença à glisser ses rayons entre les feuilles de la forêt. *Guili-guili !* Les rayons venaient chatouiller le bout du museau des lapins et les oreilles du grand ours Barnabé.
Gaspard, notre petit dragon aux écailles vert pomme, ouvrit un œil, puis l’autre. Il s’étira si fort que ses petites ailes firent un bruit de papier froissé : *Cric-crac-pouf !*
Il ne se sentait plus tout à fait le même. Dans sa poitrine, juste derrière ses écailles, il sentait quelque chose de nouveau. Ce n’était pas une flamme qui brûle, non. C’était une petite bulle de savon qui dansait, un pétillement de limonade, une chaleur douce comme un chocolat chaud avec beaucoup de guimauves.
Il sortit de son lit de racines et s’en alla trottiner vers la clairière. Là, tous ses amis étaient déjà réveillés. Ils ramassaient les dernières plumes magiques qui traînaient sur la mousse, en souvenir de la merveilleuse fête de la veille.
— Bonjour Gaspard ! lança Barnabé l’ours en faisant un grand signe de la patte. Tu as bien dormi ? Tu as l’air tout brillant ce matin, on dirait que tu as avalé une étoile !
Gaspard s’arrêta, un grand sourire aux lèvres. Ses yeux brillaient comme des billes de verre.
— Barnabé ! Les amis ! Approchez ! s’écria le petit dragon. J’ai découvert quelque chose de très, très important. C’est un secret, mais un secret qu’on doit raconter à tout le monde !
Curieux, les animaux s’approchèrent en faisant de petits bruits de pattes : *frou-frou* dans l’herbe, *clic-clic* sur les cailloux. Les oiseaux se posèrent sur les branches les plus basses, leurs petites têtes penchées sur le côté.
— Un secret ? demanda une petite lapine en agitant ses moustaches. Est-ce que c’est un secret qui se mange ? Comme une carotte en sucre ?
— Est-ce que c’est un secret qui brille ? Comme un trésor de pirate ? demanda un écureuil.
Gaspard secoua la tête en riant. Son rire ressemblait au tintement de petites clochettes d’argent.
— C’est encore mieux que ça, dit Gaspard d’une voix douce et mystérieuse. Écoutez bien… Avant, je pensais qu’il fallait être un dragon immense, avec des dents pointues et un feu terrible pour être quelqu'un d'important. Je pensais que pour être heureux, il fallait faire des choses géantes que tout le monde admire de très loin.
Il fit une petite pause et posa sa patte sur son cœur.
— Mais j’ai compris mon erreur. Le vrai secret de la magie, le secret pour que le cœur fasse des bonds de joie, ce n’est pas d’être grand. C’est de partager un éclat de rire.
Les animaux se regardèrent, un peu surpris. Gaspard continua, ses écailles s’illuminant d’une lueur dorée :
— Quand on fait un « guili » à un ami, quand on donne un bisou pour soigner un bobo, ou quand on danse tous ensemble sous la lune, on crée la plus belle magie du monde. Mon secret, le voilà : le bonheur, c’est comme une chatouille. Ça commence tout petit, dans un coin de la bouche, et puis ça s’attrape, ça se donne, et ça finit par faire rigoler toute la forêt !
Barnabé l’ours laissa échapper un gros rire de miel.
— Tu as raison, Gaspard ! On n’a pas besoin de cracher du feu pour réchauffer le cœur des autres. Ton rire est bien plus chaud que n'importe quelle flamme.
Alors, pour fêter cette découverte, Gaspard s’approcha de Barnabé et, avec le bout de sa queue en forme de cœur, il lui fit un petit *« tickle-tickle »* sous les pattes. Barnabé se mit à gigoter en pouffant de rire. À son tour, l’ours fit une petite grimace rigolote aux oiseaux, qui se mirent à chanter des chansons loufoques.
En un instant, la clairière devint un océan de joie. C’était une pluie de rires, un feu d’artifice de sourires. Les fleurs semblaient danser et même les arbres paraissaient se balancer plus joyeusement.
Gaspard regarda ses amis. Il comprit que même s'il était petit, son secret était immense. Il n'avait plus besoin de chercher à être un dragon légendaire. Il était simplement Gaspard, le petit dragon qui savait que pour changer le monde, il suffisait d'un bon rire partagé.
Et dans le ciel bleu, un petit nuage blanc passa, en forme de grand éclat de rire, pour saluer le plus heureux des petits dragons.
**FIN**