L'Asphalte des Soupirs : Terminus Passion

Par ErosRomance

Marseille à minuit, c'est une gueule de bois qui n'en finit pas. L'air est une couverture lourde, saturée de sel, d'échappements et de cette odeur de friture rance qui remonte du Vieux-Port. Je sens la sueur perler entre mes seins, une goutte traîtresse qui glisse lentement le long de mon ventre pour mourir dans l'élastique de ma culotte en coton. Quarante-cinq ans. C’est ce que me renvoie le ré...

Le Compteur à Zéro

Marseille à minuit, c'est une gueule de bois qui n'en finit pas. L'air est une couverture lourde, saturée de sel, d'échappements et de cette odeur de friture rance qui remonte du Vieux-Port. Je sens la sueur perler entre mes seins, une goutte traîtresse qui glisse lentement le long de mon ventre pour mourir dans l'élastique de ma culotte en coton. Quarante-cinq ans. C’est ce que me renvoie le rétroviseur central. Danielle, la taxi de nuit, avec ses cernes comme des coups de poing et ses lèvres qui ont oublié le goût d’un baiser qui ne soit pas un adieu. Ma Mercedes est mon seul royaume, un cercueil de cuir noir et de plastique usé où je rumine ma solitude au rythme du cliquetis du compteur. Ce soir, la ville est vide, ou c’est moi qui suis trop pleine de ce silence qui hurle. Je lâche le volant d’une main pour déboutonner le haut de ma chemisette. Le tissu est poisseux. Je cherche de l'air, mais il n'y en a pas. Je roule vers la Corniche Kennedy, là où l'asphalte lèche la Méditerranée. Le moteur ronronne entre mes cuisses, une vibration sourde, régulière, qui finit toujours par réveiller ce que je m'efforce de tuer chaque matin : cette faim animale, ce besoin de sentir quelque chose de vivant dans ce corps que j'ai mis au rancart. Je me gare sur un bas-côté sombre, juste après le marégraphe. Face à moi, le noir absolu de la mer. Derrière, les lumières de la ville qui s'étouffent. Je coupe les phares, mais je laisse le moteur tourner. J'ai besoin de cette secousse mécanique, de ce battement de cœur en acier qui résonne dans mon siège. Je suis seule. Toujours seule. Mes doigts tremblent légèrement quand je les glisse sous ma jupe. Ma main remonte lentement le long de ma cuisse droite, sentant le grain de ma peau, un peu trop sèche, un peu trop froide malgré la canicule. Je ferme les yeux et j'imagine. Je n'imagine pas un prince, ni un amant tendre. J'imagine un homme sans visage, une ombre brutale qui m'aurait arrêtée au détour d'une ruelle, qui m'aurait plaquée contre la carrosserie brûlante de mon taxi pour me prendre sans un mot. Je glisse ma main dans ma culotte. C'est déjà inondé. Ma chatte est une plaie ouverte, une éponge de désir qui ne demande qu'à être pressée. La chaleur qui s'en dégage me fait monter les larmes aux yeux. C’est pathétique, non ? Quarante-cinq piges et je suis là, à me tripoter dans une bagnole parce que personne ne veut plus ouvrir mes jambes avec autre chose que du mépris ou de la lassitude. « Putain… » je souffle, la voix brisée par une envie qui me tord les boyaux. Mes doigts trouvent mon clitoris, gonflé, battant. Je frotte avec une rudesse qui me fait gémir. Je ne veux pas de douceur. Je veux que ça fasse mal, je veux que la sensation efface la pensée. Je sens l’odeur de mon propre sexe qui remonte, forte, musquée, se mélangeant à l’odeur du gasoil et du cuir vieux. C’est une odeur de femme en rut, une odeur de solitude crue. Je commence un va-et-vient frénétique. L'humidité entre mes lèvres est une huile épaisse qui facilite mon auto-viol. Je m'enfonce deux doigts d'un coup, cherchant le fond, cherchant à m'étouffer de l'intérieur. Je suis tellement mouillée que le bruit de mes doigts qui entrent et sortent – ce *shlick-shlick* obscène – emplit l'habitacle exigu. Je me cambre sur le siège conducteur, mes fesses décollant du cuir. Je m'imagine une bite énorme, dure comme le granit des calanques, qui me défoncerait les entrailles, qui me ferait oublier que demain, je devrai encore sourire à des clients qui ne me voient même pas. Je veux du foutre sur mon visage, je veux sentir le poids d'un corps qui m'écrase, qui me réduit à l'état de viande, de simple orifice hurlant son besoin. « Prends-moi… » je murmure contre le volant, les dents serrées sur mon propre poignet pour ne pas hurler. Mes doigts s'activent plus vite, frappant contre ma chair devenue pourpre. Ma chatte me brûle, elle me supplie de finir ce supplice. Je sens l'orgasme monter, une vague noire et violente, une décharge électrique qui part de mon bassin pour irradier jusque dans ma gorge. C’est une douleur magnifique. Je suis une épave, une femme finie, mais là, dans l'obscurité de ce taxi, je suis un volcan de foutre et de larmes. Ma respiration se transforme en un râle animal. Je ne suis plus Danielle la conductrice. Je suis une fente qui réclame son dû. J'appuie plus fort sur mon clito, l'écrasant presque, cherchant la limite entre le plaisir et la déchirure. La moiteur de Marseille s'est infiltrée partout, je suis trempée de sueur, mes cheveux collent à mes tempes, et mes doigts, couverts de mon jus, brillent sous le faible éclairage du tableau de bord. Le compteur affiche toujours zéro euro, mais à l'intérieur de moi, la facture s'alourdit à chaque seconde. Je suis à deux doigts de basculer, de lâcher la rampe et de sombrer dans ce petit mort que je poursuis chaque nuit comme une droguée. Mon bassin donne des coups de boutoir dans le vide, cherchant le contact, cherchant la collision. L'odeur de mon excitation devient suffocante, presque écœurante, et j'aime ça. J'aime cette saleté, cette vérité brute qui me rappelle que je suis encore en vie, même si c'est une vie de merde. Mes doigts s'enfoncent encore, je sens mon col de l'utérus qui palpite sous l'assaut. Je suis une fontaine, je sens le liquide chaud couler sur mes jointures, tremper le siège de ma Mercedes. Je m'en fous. Personne ne s'assoit jamais ici. C'est mon sanctuaire de honte. « Allez… viens… salope… donne tout… » je m'insulte à mi-voix, m'excitant de ma propre déchéance, tandis que la mer, impassible, continue de frapper les rochers en contrebas. Mes doigts ne sont plus des membres, ce sont des outils de terrassement. Je laboure ma propre chair avec une frénésie qui me fait mal, et c’est exactement ce qu’il me faut. La douleur anesthésie le vide. Je sens mes ongles griffer les lèvres gonflées de ma chatte, je cherche le noyau, ce petit bouton de nerfs qui concentre toute ma détresse et ma rage. Je suis trempée. Une mélasse épaisse et chaude colle à mes phalanges, s’étale sur la paume de ma main, remonte jusqu’au poignet. À chaque mouvement de va-et-vient, un bruit de succion dégueulasse emplit l'habitacle, se mêlant à mon souffle court. *Slap, slap, slap.* C’est le son de ma solitude. C’est le son d’une femme de quarante piges qui s’achève dans une bagnole de fonction parce que personne d’autre ne veut s’en charger. Soudain, une ombre. Mon cœur rate un battement, mais ma main ne s’arrête pas. C’est instinctif. Une silhouette s’est découpée contre la lueur blafarde d’un lampadaire, à quelques mètres du capot. Un homme. Il est là, debout, une silhouette massive dans le vent de la Corniche. Il ne bouge pas. Il regarde. Il regarde la Mercedes tressauter sous mes coups de reins. Il regarde la buée qui commence à envahir les vitres, sauf là où mon visage est collé. La peur ? Non. C’est une décharge d’adrénaline qui me foudroie les ovaires. L’exhibitionnisme, c’est le dernier stade de la déchéance, et j’y plonge la tête la première. Je lâche le volant de ma main gauche et je baisse la vitre électrique. Le bruit du moteur de la fenêtre est un cri dans le silence nocturne. L’air marin, glacial, s’engouffre dans la voiture, venant fouetter mes seins que j’ai libérés de mon soutien-gorge dans un geste brusque. Mes tétons durcissent instantanément, pointant comme des balles de fusil vers l’inconnu. — Qu’est-ce que tu regardes, connard ? je lâche, la voix brisée, rauque de désir et de haine. L’homme s’approche. Il a une démarche lourde, celle d’un mec qui a bossé toute la journée et qui n’a plus rien à perdre. Il s’arrête à un mètre de la portière. Je vois son visage maintenant : une gueule cassée, de la barbe de trois jours, des yeux sombres qui brillent d’une faim animale. Il ne répond pas. Il regarde ma main qui continue de s’acharner entre mes cuisses, le majeur et l’index enfoncés jusqu’à la garde dans ma fente qui bave. — Tu veux voir ? je siffle en écartant un peu plus les jambes sur le cuir noir. Regarde bien. Regarde comment je suis pleine de flotte. Regarde comment je me déglingue pour rien. Je retire mes doigts d’un coup sec. Ils brillent sous la lumière, filants de cyprine transparente et épaisse. Je porte ma main à ma bouche et je lèche mes propres fluides en le fixant droit dans les yeux. Le goût est âcre, salé, c’est le goût de ma propre fièvre. — Monte, je lui ordonne. C’est pas une invitation, c’est une condamnation. J’ai besoin qu’on m’écrase. J’ai besoin de sentir un poids sur moi qui ne soit pas celui de mes factures ou de mes souvenirs. Il n’hésite pas. Il contourne la Mercedes et ouvre la portière passager. L’odeur de tabac froid et de sueur masculine envahit instantanément mon espace. Il s’installe, son genou heurte le levier de vitesse. Il est immense dans cette bagnole. Il ne dit toujours rien, mais son souffle est lourd, saccadé. Je vois sa main, une main de travailleur, calleuse, s’abattre sur sa braguette. — T'as pas de clients, Danielle ? il grogne. Sa voix est un roulement de gravier. Il connaît mon prénom. Il a dû le lire sur ma licence fixée au tableau de bord. — J’en ai un maintenant, je réponds en attrapant sa main pour la guider vers l’entrejambe de mon pantalon déboutonné. Fais-moi oublier que j’existe. Cogne. Salis-moi. Il n’attend pas un second signal. Ses doigts rugueux s’insèrent sous la dentelle de ma culotte trempée. Il ne fait pas dans la dentelle, justement. Il attrape mon clitoris entre son pouce et son index et il presse, fort, à la limite de la douleur. Un cri de bête s’échappe de ma gorge. Mon bassin se soulève du siège, cherchant cette agression. — T’es une sacrée traînée, Danielle, murmure-t-il en penchant sa tête vers mon cou. Tu sens le cul à plein nez. Tu mouilles comme une chienne en chaleur. — Oui… vas-y… traite-moi… encore… Il sort sa bite. C’est un morceau de viande sombre, pulsant de sang, qui jaillit de son jean. Elle est énorme, impatiente, avec une goutte de pré-sperme qui perle déjà au sommet du gland violacé. Sans un mot de plus, il m’attrape par la nuque et force ma tête vers le bas. — Nettoie-la, ordonne-t-il. Je plonge. Ma bouche s’ouvre sur le cuir brûlant de son sexe. Je l’étouffe, je sens son gland heurter le fond de ma gorge, me faisant manquer d'air. C’est délicieux. C’est immonde. Je ferme les yeux et je me concentre sur la sensation de cette barre de fer qui remplit ma bouche, tandis que ses doigts, dans ma chatte, continuent de me déchirer avec une régularité de métronome. Le compteur est toujours à zéro, mais le moteur, lui, est en train de surchauffer. Je sens sa main se crisper dans mes cheveux, m’enfonçant encore plus profondément sur lui, alors que ses doigts fouillent mon cul maintenant, cherchant l’entrée interdite, celle qui fait vraiment mal, celle qui efface tout. — Tu la veux, ma queue ? il souffle à mon oreille en me redressant brutalement. Tu veux que je te démonte sur ton siège de cuir ? Je ne réponds que par un gémissement, mes yeux révulsés cherchant le plafond de la Mercedes. Je sens le bout de sa bite qui cherche mon entrée, humide de ma propre salive et de sa sueur. Le frottement du tissu de son jean contre mes cuisses nues me rend dingue. On est au bord du précipice, et je n’ai qu’une envie : qu’il me pousse. Il ne me laisse pas le temps de reprendre mon souffle. D’un geste brusque, il me fait basculer sur le côté, ma joue écrasée contre le cuir glacé du siège passager, mes fesses offertes, hautes, pointées vers le pare-brise sombre où se reflètent les lueurs lointaines du port de Marseille. Je sens l’air frais sur ma peau trempée, un contraste violent avec la chaleur qui irradie de mon entrejambe. Puis, je sens le contact. La tête de sa bite, large et brûlante, vient s’écraser contre ma fente. Elle est gluante de ma propre salive, lubrifiée par ce mélange de désir et de dégoût de moi-même qui me fait couler sans fin. Il ne l’enfonce pas tout de suite. Il joue. Il fait glisser son gland le long de mes lèvres, d’un bout à l’autre, de mon clitoris palpitant jusqu’à l’entrée de mon cul qui se contracte spasmodiquement. — Regarde-toi, murmure-t-il, sa voix n’est plus qu’un grognement animal. T'es une vraie fontaine. T'as tellement besoin de ça que t'en crèves, hein ? Je ne peux pas nier. Je ne veux pas nier. Je lâche un cri étouffé quand il pousse enfin. Ce n’est pas une entrée délicate. C’est une invasion. Il s’enfonce d’un coup sec, déchiquetant ma résistance, sa queue m’écartelant avec une force brute. Je sens chaque centimètre de sa peau nerveuse pénétrer ma chair, jusqu’à ce que ses couilles viennent frapper contre mes fesses avec un bruit de viande contre viande qui résonne dans l’habitacle clos. — Ah… putain… L’impact me coupe le souffle. C’est une douleur magnifique, une plénitude qui efface tout le vide de ma journée, toute la solitude de mon appartement trop propre. Il commence son mouvement, lent d’abord, pour bien me faire sentir la taille de son membre qui racle mes parois, puis il accélère sans prévenir. C’est un rythme de machine, sans pitié. À chaque coup de boutoir, mon corps est projeté vers l’avant, mes mains griffant désespérément le tableau de bord en plastique mou. Le cuir du siège grince sous nos mouvements saccadés. Je sens l’odeur de la sueur, de l’homme, et cette odeur de chatte excitée qui remplit l’habitacle, m’étouffant presque. Il retire sa queue presque entièrement, me laissant vide un quart de seconde, avant de me ramoner avec une violence redoublée, cherchant à atteindre mon col, à me briser de l’intérieur. Ses doigts ne m’oublient pas ; il glisse son majeur dans mon anus, le forçant avec la même absence de manières, créant un double embrasement qui me fait hurler. — Oui… démonte-moi… fais-moi mal… j’en ai rien à foutre… vas-y ! je hurle, ma voix se brisant contre le pare-brise. Il répond en me saisissant les cheveux, tirant ma tête en arrière pour que je puisse voir, dans le reflet de la vitre, son visage déformé par l’effort et ma propre silhouette brisée sous lui. Il ne me traite pas comme une femme, mais comme un exutoire. Et c’est exactement ce qu’il me faut. Je veux être de la viande. Je veux être un trou. Je veux que cette bite soit le seul centre de mon univers. Sa cadence devient frénétique. Je sens mes muscles vaginaux se tétaniser autour de lui, le broyant, le suppliant de lâcher prise. Mon orgasme monte, sombre, électrique, une décharge qui part de mon ventre pour irradier jusqu’à mes orteils qui se crispent. Je sens son propre plaisir arriver. Sa respiration devient un râle rocailleux. — Je vais te remplir… je vais te noyer, Danielle… Il donne trois derniers coups d’une violence inouïe, enfonçant sa queue si profondément que j’ai l’impression qu’il touche mon cœur. Puis, il se fige. Je sens le spasme de son urètre contre ma paroi. La première giclée de foutre est brûlante, un jet puissant qui me frappe au fond. Puis une deuxième. Une troisième. Il continue de décharger en lui, de longues saccades qui me remplissent littéralement, tandis que je sombre dans une jouissance qui me fait perdre connaissance une seconde. Je crie son nom, ou peut-être un cri sans nom, alors que mes propres fluides se mélangent aux siens, coulant le long de mes cuisses, souillant le cuir de la Mercedes. Le silence revient, brusquement, seulement troublé par nos respirations hachées. Il se retire lentement, le bruit de succion marquant la fin de l’acte. Je m’effondre sur le siège, les jambes tremblantes, incapable de refermer mes cuisses. Je sens le foutre tiède qui commence à glisser hors de moi, une traînée poisseuse qui me rappelle que je suis vivante, et que je suis sale. Il ne dit rien. Il se rhabille, remonte son jean, range son sexe encore palpitant. Le charme est rompu. La solitude de Marseille m’attend de nouveau, de l’autre côté de la portière. Le compteur est à zéro. Le moteur a refroidi. Mais dans mes entrailles, la brûlure persiste, comme une marque au fer rouge. J’ai eu ce que je voulais : une demi-heure d’oubli au prix de mon âme. Je ferme les yeux, une larme se perdant dans la sueur de mon visage, tandis que l’odeur du sexe s’évapore doucement dans la nuit.

L'Inconnu du Vieux-Port

La nuit marseillaise n’est pas une caresse, c’est une gifle humide. L’air est saturé de sel, de gasoil et de cette odeur de pourriture noble qui remonte du Vieux-Port. Dans l’habitacle de ma Mercedes, la température ne descend pas. Mes cuisses collent au cuir noir du siège, une sensation poisseuse qui me rappelle à chaque mouvement que je suis seule dans cette carcasse de métal. J'ai quarante-cinq ans, et mon corps est une église désaffectée où plus personne ne vient prier, sauf moi, dans le secret de mes doigts et de mes délires. Je roule au pas sur le quai des Belges. Le néon d’un bar à chicha se reflète sur mon capot, une traînée de sang artificiel. Je sens la sueur perler entre mes seins, couler lentement dans le creux de mon ventre pour finir sa course dans la dentelle de ma culotte, déjà humide de l’attente, de l’ennui, de cette dalle sexuelle qui me bouffe les entrailles depuis des semaines. C’est là que je le vois. Il est debout sur le bord du trottoir, juste devant l’ombre des mâts qui oscillent. Il n'a pas l'air d'un touriste. Trente ans, peut-être un peu plus. Un t-shirt blanc un peu trop serré sur des épaules larges, un jean brut, et cette démarche de prédateur qui n’a nulle part où aller mais qui possède la rue. Il lève la main. Je pile. Le crissement des pneus sur le bitume chaud sonne comme un cri de soulagement. Il s’approche de la portière passager. Je baisse la vitre. L’odeur de la mer et du tabac froid s’engouffre dans la voiture. — Libre ? demande-t-il. Sa voix est basse, éraillée, le genre de voix qui vous attrape par la gorge et vous fait vibrer le clitoris sans même essayer. Je le dévisage. Il a les yeux sombres, presque noirs, incrustés dans un visage anguleux mangé par une barbe de trois jours. Il y a une cicatrice fine qui barre son arcade sourcilière. Un homme qui sait ce que c’est que de cogner, ou d’être cogné. — Monte, je réponds simplement. Ma voix est plus rauque que d’habitude. Je sens le rouge me monter aux joues, mais l'obscurité me protège. Il ouvre la portière et s'installe à côté de moi. L'habitacle, d'un coup, semble avoir rétréci de moitié. Sa présence physique est un assaut. Il dégage une chaleur animale, une odeur de mâle, de sueur propre et de cuir qui vient percuter mes narines. Je passe la première, mes doigts serrant le pommeau du levier de vitesse comme si ma vie en dépendait. Ma main frôle son genou. Le tissu de son jean est rugueux. — On va où ? — Roule. Juste roule. Vers la Corniche. Je te dirai quand m’arrêter. Je ne discute pas. Je n’ai aucune envie de discuter. Je veux juste qu’il reste là, dans ce périmètre intime, alors que je sens mon propre désir monter comme une marée noire. Je branche le compteur, le tic-tac mécanique marquant les battements de mon cœur qui s'emballe. Je prends la direction de l'anse de la Fausse Monnaie. Les lampadaires défilent, jetant des éclairs de lumière sur son profil. Je le surveille du coin de l’œil. Il ne regarde pas le paysage. Il me regarde, moi. Il fixe mes mains sur le volant, puis ses yeux descendent lentement le long de mon buste, s'arrêtant sur l'ouverture de mon chemisier en lin. Je n'ai pas mis de soutien-gorge ce soir. Trop chaud. Trop envie de sentir le tissu frotter contre mes tétons. Sous son regard, ils pointent instantanément, durcissant comme des cailloux. — Tu conduis souvent la nuit ? demande-t-il soudain. Sa main s'est posée sur la console centrale, à quelques centimètres de la mienne. Une main de travailleur, large, avec des veines saillantes qui courent sur le dos. J'imagine ces doigts s'enfoncer dans ma chair, m'ouvrir, me fouiller. — Toujours, je souffle. C'est le seul moment où la ville me laisse respirer. — Et tu n’as pas peur ? Une femme seule… avec des types comme moi qui montent sans dire où ils vont ? Il y a un défi dans sa voix. Une tension sexuelle si épaisse qu’on pourrait la trancher au scalpel. Je tourne le volant pour m'engager sur la route qui surplombe la mer. L'obscurité devient plus dense, le fracas des vagues contre les rochers étouffe le bruit du moteur. — Qui te dit que c’est moi qui devrais avoir peur ? je réplique, bravache, alors que mes jambes tremblent sur les pédales. Il laisse échapper un rire court, sans joie. Il se penche un peu vers moi. Je sens son souffle sur ma joue. — J'aime ta repartie, Danielle. Je sursaute. Comment connaît-il mon prénom ? Puis je me rappelle la licence affichée sur le tableau de bord. Il a lu. Il sait qui je suis. Une chauffeur de taxi de quarante-cinq ans, désespérée, la chatte en feu, qui conduit un inconnu vers les calanques sombres. — Arrête-toi là, ordonne-t-il brusquement. On est sur un renfoncement de la route, un belvédère désert qui surplombe le vide. En bas, la Méditerranée est un gouffre d'encre. Je coupe le moteur. Le silence qui suit est assourdissant. On n'entend plus que le cliquetis du métal qui refroidit et ma respiration qui devient trop courte, trop bruyante. Je ne le regarde pas. Je fixe le pare-brise, les mains crispées sur le cuir du volant. Je sens mon sexe me lancer, une pulsation sourde, humide, qui irradie jusqu'à mes hanches. Je suis une flaque. Je suis une blessure ouverte. — Regarde-moi, Danielle. C’est un ordre. Je tourne la tête. Il s’est détaché. Il est tourné vers moi, une jambe repliée sur le siège. Dans l'ombre, je devine la bosse imposante que fait son sexe sous son jean. Il ne se cache pas. Il l’exhibe presque, une promesse de violence et de plaisir. — Tu as envie, n’est-ce pas ? murmure-t-il. Tu as envie que je te prenne ici, sur ce siège pourri, que je te démonte jusqu’à ce que tu oublies ton nom. Les mots sont crus. Ils me frappent comme des décharges électriques. Je ne peux pas nier. Je ne veux pas nier. Une larme, née d'une frustration trop longue, roule sur ma joue. — Oui, je murmure, ma voix brisée. Putain, oui. Il tend la main. Ses doigts rugueux saisissent mon menton, m'obligeant à lever le visage. Il ne m'embrasse pas. Il me domine du regard. — Alors écarte les jambes, Danielle. Fais-moi voir ce que Marseille cache sous ses jupes. Ma main descend, tremblante, vers le bas de ma robe. Je remonte le tissu lentement, dévoilant mes genoux, mes cuisses marquées par le temps mais encore fermes, jusqu'à ce que la dentelle noire de ma culotte apparaisse, souillée, trempée d'un désir qui ne demande qu'à exploser. Je sens l’air frais sur ma peau chauffée à blanc, et l’odeur de ma propre excitation qui remplit l’habitacle, se mélangeant à l’odeur du gasoil. Il fixe l’entrejambe de ma culotte, là où la soie colle à mes lèvres, foncée par les fluides. Ses narines se dilatent. Il approche sa main, mais il ne me touche pas encore. Il joue avec le supplice. — Tu es une vraie petite chienne en chaleur, Danielle. Tu es trempée. Je parie que tu sens le foutre et la mer. Je ferme les yeux, ma tête bascule en arrière sur l'appui-tête. Je suis à lui. Dans l'étroitesse de ce taxi qui est toute ma vie, je m'apprête à disparaître dans le corps d'un étranger. Je ne peux plus reculer. L’air dans l’habitacle est devenu poisseux, chargé d’une électricité qui me brûle les poumons. Ses yeux noirs ne lâchent pas l’entrejambe de ma culotte. Je vois le tissu tressaillir au rythme des battements de mon cœur, là, juste sur mon clitoris qui hurle. Soudain, sa main plonge. Pas de caresse, pas de douceur. Il attrape le montant de ma culotte et tire violemment vers le bas. Le craquement de la dentelle qui cède sous sa force me fait lâcher un cri étouffé. Mes fesses se soulèvent du siège en cuir usé tandis qu’il dégage mes jambes. Je me retrouve nue, offerte, les genoux écartés contre les portières de ma propre voiture, mon outil de travail transformé en lupanar de fortune. — Regarde-toi, murmure-t-il d'une voix rauque, presque méprisante. Tu es une vraie fontaine. Ta chatte est en train de bousiller le cuir de ton siège. Il avance deux doigts, longs et fermes, et les écrase sans ménagement sur ma fente. Je sursaute, les hanches prises de spasmes. C’est froid, puis brûlant. Il écarte mes lèvres avec une brutalité qui me fait gémir de douleur et de plaisir mêlés. Je sens ses doigts s'enfoncer dans ma mouille, brassant le liquide chaud qui s'écoule de moi. Le bruit est obscène, un clapotis sourd dans le silence de la nuit marseillaise. — Tu aimes ça, hein ? Que je te traite comme la traînée que tu es ? À attendre le client pour qu’il te démonte sur ton lieu de travail. — Oui… murmure-je, la voix brisée. S'il te plaît… plus fort. Il ne se fait pas prier. Il enfonce ses doigts d’un coup sec, fouillant mes entrailles. Je sens mes parois se contracter désespérément autour de lui. Je suis tellement serrée, tellement affamée de ce contact brut. Ma main cherche un appui, agrippe le volant, fait klaxonner la voiture dans un sursaut involontaire. Le bruit résonne contre les façades sombres du port, mais je m’en fous. Je veux que tout le monde sache. Je veux qu’on sache que Danielle, la conductrice sans histoire, est en train de se faire ravager par un inconnu. Il retire ses doigts, luisants de mon foutre, et les porte à sa bouche. Il les lèche lentement, ses yeux fixés dans les miens. — Tu as le goût de la solitude et de la luxure, Danielle. C’est acide, c’est sauvage. D’un mouvement brusque, il défait sa ceinture. Le cliquetis métallique sonne comme un verdict. Il baisse son pantalon, libérant sa bite qui jaillit, sombre, nerveuse, déjà couverte d'un filet de cyprine pré-éjaculatoire. Elle est magnifique et terrifiante à la fois. Grosse, parcourue de veines saillantes, elle semble vibrer de la même violence que son regard. — Viens là. Pose tes mains sur le tableau de bord. Cambre-toi. Je m'exécute, totalement soumise à sa volonté. Mes paumes glissent sur le plastique froid tandis que je relève mon cul vers lui. L’étroitesse de l’habitacle rend chaque mouvement complexe, douloureux presque. Mes seins s'écrasent contre le volant, le klaxon gémit à nouveau, de façon continue cette fois, un cri mécanique qui accompagne ma déchéance. Je sens la pointe de son gland, brûlante, s’appuyer contre mon entrée. Il ne rentre pas tout de suite. Il frotte, de haut en bas, étalant mon propre jus sur ma peau tendue. — Tu sens ça ? Ma bite est en train de devenir aussi brûlante que ton moteur. Je vais te remplir, Danielle. Je vais te ramoner jusqu’à ce que tu oublies ton nom, jusqu’à ce que tu ne sois plus qu’un trou qui encaisse. — Fais-le… je t’en supplie… défonce-moi… Il attrape mes hanches, ses doigts s'enfonçant dans ma chair comme des griffes, et il pousse. Lentement. Cruellement. Je sens ma chatte se déchirer, s’ouvrir centimètre par centimètre pour laisser passer ce membre massif. C’est une invasion. Je sens chaque ride de sa peau, chaque pulsation de sa verge à l’intérieur de moi. Je suis pleine. Pour la première fois depuis des années, le vide en moi disparaît sous le poids de sa chair. Il commence à pomper. Des coups de boutoir courts, secs, qui font tressauter le taxi sur ses suspensions. À chaque impact, mon front tape contre le pare-brise. Le monde extérieur n’est plus qu’un flou de lumières orangées et d’ombres mouvantes. La sueur perle sur mon front, coule entre mes seins. L’odeur de son sexe, forte, animale, envahit tout. C’est l’odeur du foutre et de la sueur, l’odeur de la vie brute qui me revient en pleine gueule. — Regarde-toi dans le rétro, chienne ! hurle-t-il en me tirant les cheveux vers l'arrière pour forcer ma tête à se lever. Regarde ta gueule quand je te tringle ! Je vois mon visage dans le petit miroir. Mes yeux sont révulsés, ma bouche grande ouverte dans un cri silencieux, ma peau rougie par l'effort et l'excitation. Je ne me reconnais pas. Je suis une bête. Une bête qui ne demande qu'à être possédée jusqu’à l’os. Il accélère la cadence. Sa bite claque contre mes fesses avec un bruit de viande mouillée qui me rend folle. Il ne cherche pas mon plaisir, il cherche son exutoire, et c’est exactement ce dont j’ai besoin. Je sens ses couilles lourdes frapper ma peau à chaque va-et-vient, un rythme métronomique qui me mène au bord du gouffre. — Je vais te déglinguer le moteur, Danielle… murmure-t-il, le souffle court, ses dents mordant mon épaule jusqu'au sang. Je vais te laisser en ruine sur ce port. Ses mouvements deviennent erratiques, plus profonds, cherchant à atteindre mon col. Je sens que je vais lâcher. Mon corps est une corde tendue au maximum, prête à rompre sous ses assauts. La pression monte, insoutenable, entre mes cuisses. C’est une douleur magnifique, une agonie de plaisir qui me fait perdre pied. Mais il s'arrête net. Il se retire d'un coup, me laissant béante, le souffle coupé par la frustration. — Pas encore, dit-il avec un sourire carnassier. On ne fait que commencer. Retourne-toi. Je veux voir tes yeux quand je vais t'achever. Je pivote sur la banquette étroite, mes genoux s’enfonçant dans le cuir qui grince sous mon poids. Mes mouvements sont maladroits, entravés par l’exiguïté de l'habitacle et la moiteur de ma propre peau. L’air est saturé d’une odeur de sexe brut, de sueur et de tabac froid. Je me retrouve face à lui, les jambes écartées de chaque côté de ses hanches, mon dos pressé contre la portière glacée du taxi. Il est là, sombre, ses yeux noirs plantés dans les miens comme des lames. Sa bite est dressée entre nous, luisante de mon propre suc, une barre de chair sombre et palpitante qui semble défier l’obscurité du Vieux-Port. Je ne peux pas détacher mon regard de ce membre qui m’a labourée il y a un instant. Je vois les veines qui le parcourent, la goutte de pré-sperme qui perle à son gland violacé. — Regarde-moi bien, Danielle, ordonne-t-il d'une voix qui n'admet aucune réplique. Il ne me laisse pas le temps de respirer. Ses mains calleuses saisissent mes fesses avec une force qui me fera des bleus demain, et il me soulève avant de me rasseoir d'un coup sec sur lui. Je pousse un cri qui se meurt dans ma gorge alors qu'il m'enfile d'un trait. Le choc est total. Ma chatte, déjà gorgée de sang et dilatée par ses assauts précédents, l’accueille dans un déchirement de plaisir pur. Il est tellement gros que j’ai l’impression qu’il va me fendre en deux, qu’il remonte jusqu’à mon estomac. Il commence à pomper, un rythme lent, cruel, calculé pour me torturer. À chaque fois qu’il descend, sa bite s’enfonce jusqu’au fond de mon col, me faisant basculer la tête en arrière contre la vitre. Le bruit est obscène : un claquement de viande mouillée, le son de nos sexes qui s'entrechoquent, le glissement de sa peau contre mes lèvres de chair trempées. — Tu sens ça ? souffle-t-il en écrasant son pouce contre mon clitoris gonflé à bloc. Tu sens comme tu es ouverte pour moi ? Je ne peux que hocher la tête, incapable de formuler une phrase cohérente. Ma vue se trouble. Je m’agrippe à ses épaules, mes ongles s’enfonçant dans son cuir alors qu’il accélère la cadence. Ce n'est plus de la tendresse, c'est un saccage. Il me baise comme on exorcise un démon, avec une rage sourde qui résonne dans tout mon corps. Je sens ses couilles lourdes battre contre mon périnée à chaque coup de boutoir, un métronome charnel qui m'emmène vers l'abîme. Ma chatte devient un brasier. Les parois de mon vagin se contractent frénétiquement autour de lui, essayant de pomper tout ce qu’il a à offrir. La sensation est si intense, si anatomiquement précise, que je sens chaque millimètre de sa verge glisser contre mes parois irritées. Je suis inondée, un mélange de cyprine et de sueur qui coule le long de mes cuisses et vient tacher le siège du taxi, mais je m’en fous. Je veux qu’il me détruise. — Plus vite… s’il te plaît… je murmure, ma voix brisée par les sanglots de plaisir. Il m'obéit, mais avec une violence redoublée. Il me saisit par la nuque, me forçant à garder le contact visuel. Ses yeux sont injectés de sang, sa respiration n'est plus qu'un grognement animal. Il me pilonne sans relâche, chaque coup m’envoyant un peu plus loin dans une agonie délicieuse. Je sens le spasme arriver, cette onde de choc qui part de mon ventre pour irradier dans tout mon être. — Je vais venir, Danielle… je vais te remplir de tout mon foutre, grogne-t-il. D’un coup, il me plaque contre le dossier, ses hanches s’agitant dans un mouvement frénétique, presque convulsif. Je sens sa bite gonfler encore, s'allonger, chercher le moindre recoin de mes entrailles. L'orgasme me percute de plein fouet, une explosion de lumière derrière mes paupières closes. Ma chatte se resserre dans un spasme violent, me broyant contre lui, tandis qu'il lâche un cri rauque. Je sens alors les jets brûlants de son sperme frapper mon col. C’est une sensation incroyable, une chaleur liquide qui m’inonde de l’intérieur, coup après coup. Un jet, deux jets, trois jets… Il se vide en moi avec une générosité brutale, son corps secoué de tremblements tandis qu’il continue de me pénétrer jusqu’à la garde, voulant s'assurer qu'aucune goutte de son foutre ne s'échappe. Nous restons ainsi de longues minutes, soudés l'un à l'autre dans le silence pesant du taxi. Ma tête repose sur son épaule, mes larmes de décharge mouillant son cou. Je sens sa bite redescendre lentement, glissant hors de moi dans un bruit de succion écoeurant, laissant mon sexe béant et dégoulinant de son liquide séminal qui commence déjà à refroidir sur mes cuisses. Il se rhabille sans un mot, ses gestes précis, presque mécaniques. L’homme mystérieux a disparu, ne laissant derrière lui qu’un client qui réajuste sa braguette. Il sort de la voiture, l’air frais de la nuit s’engouffrant dans l’habitacle, emportant avec lui l’odeur de notre débauche. — Gardez la monnaie, Danielle, lance-t-il simplement avant de disparaître dans les ombres du quai. Je reste seule sur la banquette arrière, les jambes tremblantes, le ventre encore lourd de son foutre. Je regarde le rétroviseur : mon maquillage est ruiné, mes yeux sont vides. La solitude me frappe plus fort que ses coups de reins. Je suis une épave au milieu du port, une femme de trente ans qui vient de se faire déglinguer par un fantôme pour oublier qu'elle n'est rien. Je me rallonge sur le siège, fermant les yeux, sentant la substance visqueuse couler lentement hors de moi. Le chapitre se ferme sur le clapotis de l'eau contre les coques des bateaux et le goût amer d'un plaisir qui ne soigne aucune blessure. Seule. Toujours seule.

Parfum de Gazole et de Peau

La nuit marseillaise est une chape de plomb, humide et poisseuse, qui s’écrase sur le toit de ma Toyota. Je suis garée dans une ruelle borgne, quelque part derrière les entrepôts du Vieux-Port, là où les lampadaires grésillent avant de crever dans l’indifférence. L’odeur du gazole mal brûlé et du sel marin sature l’habitacle, se mélangeant à l'effluve plus âcre, plus troublante, du foutre qui commence à sécher sur mes cuisses. Je devrais rentrer. Je devrais remonter ma culotte, nettoyer ce carnage de fluides et de solitude, et aller m’écrouler dans mon lit vide du Panier. Mais je ne peux pas. Mon corps est une plaie ouverte. Le client de tout à l’heure m'a baisée comme on vide un sac de détritus, sans un mot, sans un regard, et le vide qu'il a laissé en moi est plus douloureux que ses coups de reins. À quarante-cinq ans, Danielle, tu n'es qu'une carcasse qui transporte les autres vers leur vie, pendant que la tienne s’étiole dans le rétroviseur. Mes doigts, encore tremblants, glissent sur le cuir chaud du siège passager. Je ferme les yeux et, soudain, la moiteur de la nuit ne vient plus de la mer, mais de ce garage de la Plaine où je me suis arrêtée ce matin pour un problème d’injecteur. Je les revois. Léo et Thomas. Vingt-cinq ans chacun. La brutalité de la jeunesse. Léo était sous le capot, les bras couverts de cambouis noir, les muscles des avant-bras saillant sous l’effort. Thomas, lui, s’essuyait les mains sur un chiffon dégueulasse, le regard planté dans le mien avec une insolence qui m'avait fait couler entre les jambes instantanément. Ils sentaient la sueur, le métal froid et le tabac de mauvaise qualité. Ils ne m’ont pas vue comme une conductrice de taxi usée par les nocturnes. Ils m’ont déshabillée avec une faim de loups, notant la courbe de mes seins sous ma chemise un peu trop cintrée, l’écartement de mes genoux sur le tabouret huileux. Ici, dans l’ombre de ma bagnole, je ramène mes genoux contre mon torse. Je déboule ma chemise, libérant mes seins qui pointent, durcis par le souvenir de leurs yeux. Je saisis mon sein gauche, je l’écrase violemment dans ma paume. Mes tétons sont des billes d’acier. Je ne veux plus du souvenir du client anonyme. Je veux eux. Je veux leur crasse, leur force, leur odeur de moteur en surchauffe. Je glisse une main entre mes jambes. Ma chatte est en feu, déjà inondée, palpitante. Mes doigts s'enfoncent dans ma chair, rencontrant la substance visqueuse laissée par l'autre, mais dans ma tête, c'est la langue râpeuse de Léo qui me lèche, qui vient goûter mon sel et mon amertume. Je sens presque l'odeur du gazole qui imprègne sa peau contre la mienne. « Allez-y, Danielle… » je murmure pour moi-même, ma voix n’étant plus qu’un râle étouffé par le clapotis lointain de l’eau contre le quai. Je m’imagine Thomas, derrière moi, saisissant mes hanches avec ses mains noires de graisse, ses doigts s'incrustant dans ma peau mature, marquant mon flanc de traces sombres. Je me tourne sur le côté, frottant mon clitoris gonflé contre le rebord du siège, cherchant la douleur, cherchant l'abrasion. Je veux qu'ils me traitent comme cette putain de machine qu'ils réparaient ce matin. Je veux être démontée, vidangée, récurée par leur désir brut. Ma main droite s'agite frénétiquement, mes deux doigts longs s'enfoncent à fond dans mon sexe, ramassant le mélange de ma propre cyprine et du foutre froid, le faisant remonter jusqu’à mon entrée qui se contracte spasmodiquement. C'est dégueulasse, c'est sale, et c'est la seule chose qui me fait me sentir vivante. Je lèche mes doigts, le goût est métallique, amer, exactement comme l'atmosphère de ce garage. Dans mon esprit, Léo déboutonne son bleu de travail. Sa bite est déjà dressée, énorme, veinée, une barre de chair impatiente qui ne demande qu'à me déchirer. Je le vois s'approcher, le regard sombre, tandis que Thomas me force à me mettre à quatre pattes sur le siège de mon taxi, le visage écrasé contre le volant. Le klaxon laisse échapper un petit cri étouffé, comme un gémissement que je n'ose pas pousser. « Regarde-moi cette chatte, Thomas… » je l'entends presque dire. « Elle en crève, la vieille. Elle veut qu'on lui remplisse le réservoir. » La honte se mêle à une excitation insoutenable. Je suis une femme seule, à la dérive, et je me caresse en pensant à deux gamins qui pourraient être mes fils, imaginant leur mépris et leur appétit. Ma main s'accélère. Je triture mon bouton de plaisir avec une rage désespérée, mes ongles s'enfonçant dans mon mont de Vénus. Je ne suis plus Danielle la conductrice, je suis juste un trou qui hurle son besoin de ne plus être vide. Le cuir du siège grince sous mes fesses alors que je commence à cambrer le dos, les yeux révulsés. Je sens le fantôme de la bite de Léo qui presse contre mon anus, alors que Thomas s'apprête à m'enfoncer la sienne dans la bouche, avec cette odeur de pétrole et de mâle qui me monte à la gorge. Je suis à la limite. Le moteur de mon désir s'emballe, les tours montent, je sens que tout va exploser. Je ne suis qu'au début de mon voyage au bout de l'ombre, et je sais que la chute sera aussi brutale que l'extase. Car ici, dans cette ruelle, il n'y a que moi, mes doigts souillés et le parfum persistant du gazole qui me rappelle que demain, je serai de nouveau seule au volant. Mais pour l'instant, je m'en fous. Je veux qu'ils me brisent. Mes doigts sont des pistons enragés, brûlants, enduits de cette humidité poisseuse qui coule désormais le long de mes cuisses. Je ne sens plus le froid de la nuit qui s'insinue par les joints du pare-brise. Je n'entends plus que le sifflement de ma propre respiration, un râle animal qui cogne contre les vitres embuées. Dans l’obscurité de l’habitacle, l’ombre de Thomas se matérialise sur le siège passager. Je peux presque voir l’éclat de ses yeux sombres, moqueurs, alors qu’il déboutonne son bleu de travail maculé de cambouis. — Tu mouilles pour nous, Danielle ? grogne sa voix dans mon esprit, une voix de papier de verre et de vieux tabac. Regarde-toi, garée comme une traînée dans le noir, à te triturer le clito en pensant à nos mains sales. Je gémis, ma tête bascule en arrière, heurtant l’appui-tête avec un choc sourd qui envoie une décharge jusque dans mon bas-ventre. Mes doigts ne suffisent plus. J'écarte mes jambes au maximum, mes talons s’enfonçant dans le tapis de sol, exposant ma chatte béante et congestionnée au vide de la ruelle. Je m’imagine Thomas m’attrapant la mâchoire, ses doigts déshuilés au dégraissant s'enfonçant dans mes joues pour me forcer à ouvrir grand la bouche. Je veux sentir le goût du métal et de la peau sur ma langue. Je veux qu’il m'enfonce sa bite, épaisse et dure comme un arbre de transmission, au fond de la gorge, jusqu’à ce que mes yeux pleurent, jusqu'à l'étouffement. « Suce, salope, » murmure-t-il dans mon délire. « Nettoie-moi ça. » Simultanément, je sens l’absence de Léo derrière moi. Dans mon fantasme, il a glissé par-dessus le dossier du siège conducteur. Je sens son souffle chaud sur ma nuque, l’odeur de la sueur rance et du gazole qui émane de son corps massif. Ses mains rugueuses, calleuses, aux ongles bordés de noir, viennent broyer mes seins à travers mon t-shirt fin. Il ne prend pas de gants. Il pétrit la chair, pince mes tétons durcis avec une violence qui me tire un cri de douleur et de jouissance mêlées. Ma main droite quitte mon entrejambe un instant pour venir griffer le cuir du volant, mes ongles y laissant des sillons profonds, tandis que ma main gauche s'acharne sur mon bouton de plaisir. Je le malmène, je le broie entre mon pouce et mon index, imitant la rudesse que ces deux prédateurs auraient eue s'ils étaient réellement là, à se partager mon corps comme une carcasse de moteur. — Léo… Thomas… murmure-je, la voix brisée, le corps secoué de tressaillements. Prenez-moi… cassez-moi en deux… Léo, dans mon dos, ne perd pas de temps. Je visualise sa bite, sombre et nerveuse, jaillissant de son pantalon de travail. Il n'y a aucune tendresse, aucun préliminaire. Il écarte mes fesses avec la force d'un cric hydraulique. Je sens, dans mon imagination si fertile qu'elle en devient douloureuse, la pointe de son gland appuyer contre l'entrée de mon cul, là où le cuir du siège est le plus chaud. C'est un point de pression insupportable. Je sens l’étirement, la promesse de la déchirure. Il crache dans sa main, une traînée de salive épaisse qu'il étale sans soin sur mon sphincter qui se contracte de terreur et d'envie. Pendant ce temps, Thomas, face à moi, se délecte de mon agonie. Il ne me touche pas encore le sexe, il se contente de me regarder me détruire. Il sort son membre, une barre de chair pulsante et veinée, et commence à se masturber avec une lenteur provocante, faisant gicler un peu de son propre foutre sur le tableau de bord, sur mon visage imaginaire. — Tu la veux, ma bite de mécano ? demande-t-il, un sourire cruel aux lèvres. Tu veux sentir le gasoil et la semence te remplir jusqu’au bord ? Je ne réponds que par un sanglot. Je descends ma main, j'enfonce trois doigts dans ma chatte, profondément, cherchant à simuler la double pénétration qui me hante. Je suis inondée. Ma cyprine est un lubrifiant brûlant qui coule sur mes doigts, se mélangeant à la sueur de mes paumes. C’est un carnage sensoriel. Je commence à faire des va-et-vient frénétiques, mon bassin s'élevant du siège, cherchant l'impact, cherchant la collision. Je sens le fantôme de Léo pénétrer mon anus d'un coup sec, sans prévenir. La douleur est fulgurante, une lame incandescente qui me traverse la colonne vertébrale. Je cambre le dos à m'en rompre les vertèbres, la bouche grande ouverte, aspirant l'air froid de la voiture. Dans ma tête, il me défonce, ses hanches claquant contre mes fesses avec le bruit sourd de la tôle que l'on redresse. Chaque coup me propulse un peu plus vers la folie. Thomas, lui, saisit mes cheveux, me tirant la tête en avant pour m'enfoncer sa bite dans la bouche, m'obligeant à avaler chaque centimètre de son arrogance. Je suis prise en étau. Entre le cuir du siège qui me brûle le dos et l'acier invisible de leur désir. La ruelle est silencieuse, mais à l'intérieur de moi, c'est un vacarme de métal hurlant. Mes doigts dans ma chatte bougent avec une violence désespérée, je laboure ma propre chair, je me griffe, je veux laisser des traces, je veux que mon corps se souvienne de ce viol psychique comme d'une marque au fer rouge. Les tours montent. L'aiguille de mon excitation est dans le rouge, elle vibre contre la butée. Je sens le liquide s'accumuler, la pression devenir insoutenable dans mon bas-ventre. Je ne suis plus une femme, je suis une machine en surchauffe, un réservoir prêt à exploser sous la pression de la vapeur. — Donnez-moi tout… donnez-moi votre foutre… je veux être sale… je veux être à vous… Je commence à perdre pied. La frontière entre le cuir noir de ma voiture et la peau huileuse des mécaniciens s'efface. Je suis à quelques secondes de la rupture. Mon corps se tend comme un câble d'acier sous tension, prêt à claquer et à tout dévaster sur son passage. Mais alors que l'orgasme pointe son nez, une ombre réelle passe devant mes phares éteints, me ramenant brutalement à la réalité de la ruelle glacée. Je bloque ma respiration, les doigts toujours enfouis dans ma chair trempée, le cœur battant à rompre ma poitrine. Est-ce qu'ils m'ont trouvée ? Est-ce que le cauchemar devient enfin réalité ? Le clic de la portière qui se déverrouille résonne comme un coup de feu dans le silence de l'habitacle. Mon cœur cogne si fort contre mes côtes que j’ai l’impression qu’il va briser le cuir du tableau de bord. L’ombre s’immobilise. Puis, une main. Une main large, aux ongles bordés de noir, les articulations marquées par les chocs et le travail de force, vient s'écraser contre ma vitre teintée. C’est Marc. Je reconnais la cicatrice qui barre son index. Derrière lui, la silhouette plus massive de Bastien bloque la lumière du réverbère lointain. Ils ne disent rien. Ils n’ont pas besoin de parler. L’air frais de la ruelle s’engouffre dans la voiture quand la porte s’ouvre en grand. L’odeur de gazole, de sueur acide et de métal froid m’envahit, balayant mon parfum de luxe. — Alors comme ça, on finit le boulot toute seule dans le noir ? grogne Marc. Sa voix est un râpeux grondement de moteur mal huilé. Il ne me laisse pas le temps de répondre. Sa main plonge, agrippe mes cheveux à la racine et tire ma tête en arrière. Mon cou se cambre, m'offrant totalement à lui. Mes doigts sont toujours enfoncés dans ma chatte, trempés de mon propre jus qui brille sous la lueur blafarde du plafonnier. — T’as envie d’être sale, pas vrai ? murmure Bastien en contournant la voiture pour ouvrir la portière passager. Je lâche un gémissement étranglé. Je suis prise au piège entre eux deux, entre le cuir de mon siège et leur virilité brutale. Bastien déboutonne son bleu de travail d'un geste sec. Sa bite jaillit, sombre, nerveuse, déjà monstrueusement raide. Elle luit d'un éclat séminal. Marc, lui, ne lâche pas ma chevelure. Il dégage mon autre sein, l'écrase entre ses doigts calleux, pinçant le mamelon jusqu'à la douleur. — Regarde-moi, ordonne Marc. Je lève les yeux, mes pupilles dilatées par le manque et la peur excitée. Il sort son sexe, une barre de chair massive et violacée, et la frotte sans préambule contre ma bouche. Je sens le goût du sel, du gazole et de la peau. Je l’attrape, je la dévore, ma langue cherchant le méat déjà humide. En bas, Bastien a déjà écarté mes cuisses. Il ne s'embarrasse pas de préliminaires. Il crache dans sa main, étale la glaire sur son gland et pousse. Le choc me cloue au siège. Il rentre d'un coup sec, déchirant mes dernières résistances. Ma chatte, déjà gorgée de sang et de cyprine, s'étire violemment pour accueillir son diamètre imposant. — Ah ! Putain... Le cri se perd dans la gorge de Marc que j'étouffe de ma bouche. Je sens Bastien se mettre à pilonner, ses hanches claquant contre mes fesses avec une régularité de piston. C’est du métal contre de la chair. C’est brut, c’est dégueulasse, c’est exactement ce que je réclamais. Marc retire sa bite de ma bouche, me force à me retourner, à quatre pattes sur le cuir, le cul offert à la ruelle sombre. Bastien me saisit par les hanches, ses doigts s'enfonçant dans ma peau comme des étaux. Il me ramone avec une violence animale, chaque coup de boutoir me propulsant vers l'avant. Je sens ma chatte s'échauffer, brûler sous la friction. Le liquide s'accumule, un mélange de ma fontaine et de leur sueur qui goutte sur les tapis de sol. — Tu la sens, ma grosse bite de mécano ? souffle Bastien dans mon oreille, ses dents mordant mon lobe. Tu sens comment je te défonce le réservoir ? Marc se place devant moi. Il ne me laisse pas respirer. Il attrape mon visage, me force à ouvrir grand. Il s'enfonce dans ma gorge, sa bite cognant le fond, me faisant manquer d'air. Je suis prise en sandwich, un morceau de viande entre deux blocs de muscles et de cambouis. Mes sens saturent. L’odeur de la gomme brûlée, le bruit de la chair qui s'entrechoque, la vue de leurs sexes qui disparaissent et réapparaissent dans mes orifices. Je sens l'onde de choc monter. C’est plus qu'un orgasme, c’est une explosion de chaudière. Mes muscles pelviens se contractent de façon spasmodique sur le membre de Bastien. — Je vais venir... hurle-je, la voix brisée. — Donne-tout, salope, lâche Marc en accélérant le mouvement dans ma bouche. Bastien rugit, ses reins s'emballent, il me laboure les entrailles avec une force de forgeron. Je sens son jet brûlant, épais, saccadé, venir frapper le fond de mon utérus. C’est une inondation. Au même moment, Marc se retire de ma gorge, empoigne son sexe à deux mains et décharge son foutre sur mon visage, sur mes seins, dans mes cheveux. Le liquide blanc et collant coule sur mes joues, se mélangeant à mes larmes de pur plaisir. Je m'effondre sur le siège, vidée, le corps tremblant de spasmes résiduels. Bastien se retire lentement, un bruit de succion humide marquant son départ. Je sens son foutre dégouliner le long de mes cuisses, une traînée laiteuse et chaude sur la peau froide. Ils ne disent pas un mot de plus. Ils remontent leurs bleus de travail, leurs visages restant impénétrables dans l'ombre. Marc me jette un dernier regard, un mélange de mépris et de satisfaction brutale, puis il ferme ma portière. Le silence retombe sur la ruelle, seulement troublé par le tic-tac du moteur qui refroidit. Je reste là, étalée, couverte de leur semence et de l'odeur du garage. Je ne suis plus la femme élégante du matin. Je suis une machine qui a enfin trouvé son maître. Je ferme les yeux, savourant la brûlure entre mes jambes, le goût de Marc encore sur mes lèvres, et le poids de ce secret qui restera gravé dans le cuir de ma voiture, comme une tache de gazole indélébile. Le chapitre se ferme sur le froid qui revient, mais mon ventre, lui, reste un brasier de foutre et de regrets magnifiques.

Les Cicatrices de l'Âme

Le silence est revenu, mais c’est un silence qui gueule. Un silence qui pèse plus lourd que le corps de Marc quand il m’écrasait contre la banquette arrière. Je suis restée là, les jambes en coton, grandes ouvertes sur le cuir noir de mon taxi, les talons plantés dans la moquette dégueulasse. Mes cuisses tremblent encore, un spasme nerveux que je n’arrive pas à contrôler. Je sens la tiédeur gluante du foutre de Marc et de l'autre type — je ne sais même plus son nom, l'odeur du gasoil a tout effacé — qui coule lentement vers mes fesses. C’est une sensation précise, une traînée laiteuse qui trace un chemin thermique sur ma peau qui refroidit trop vite. Je redresse la tête vers le rétroviseur central. Mon reflet me dégoûte et me fascine. J’ai le mascara qui a dégouliné sur mes pommettes, des traces de doigts graisseux sur le cou, et mes lèvres sont gonflées, rougies par leurs morsures et la friction de leurs bites. Je ressemble à ce que je suis devenue : une épave magnifique échouée dans une ruelle de Marseille, une femme de quarante-cinq ans qui se fait défoncer par des mécanos pour oublier qu’elle n’existe plus pour personne. Je passe une main tremblante entre mes jambes. Ma chatte est en feu, béante, saturée de leur semence. Quand je plonge mes doigts à l'intérieur, ça fait un bruit de succion mouillée, un *shplock* écoeurant qui résonne dans l'habitacle clos. Je retire ma main, couverte de ce mélange blanc et visqueux, filant entre mes doigts. Je devrais me nettoyer. Je devrais reprendre mon service, chercher un client vers le Vieux-Port. Mais je reste immobile, les doigts pleins de leur foutre, parce que l’odeur de leur virilité brute est la seule chose qui me raccroche encore au présent. C’est là que ça remonte. Sans prévenir. Une vague de fond qui me submerge. Une chanson à la radio ? Non, juste une nuance de bleu dans le ciel nocturne, cette teinte précise que les yeux de Julien prenaient quand il me regardait dormir. Julien. Rien que de penser à son nom, j’ai l’impression qu’on me plante un tesson de bouteille dans le diaphragme. Dix ans. Dix ans que je me noie dans la pisse, la sueur et le gazole, et son souvenir est toujours là, intact, comme une plaie qui refuse de cicatriser, une infection qui bouillonne sous la peau. Il m'aimait. Il me touchait comme si j'étais faite de cristal, avec une lenteur qui me rendait folle. Et aujourd'hui, je me fais tringler par des inconnus qui ne connaissent même pas mon prénom, cherchant dans la violence de leurs assauts une douleur assez forte pour faire taire celle de son absence. Une larme brûlante s'échappe et vient mourir sur le coin de ma bouche, se mélangeant au goût âcre et salé du foutre que Marc m'a laissé sur les lèvres. Je commence à sangloter. C’est un bruit minable, un hoquet de gamine perdue dans un corps de femme usée. Je ramène mes genoux contre ma poitrine, me foutant de tacher ma chemise avec la merde qu'ils m'ont laissée sur la peau. Je me déteste. Je déteste cette solitude abyssale qui me pousse à ouvrir mes jambes au premier venu pour ne pas crever de froid. Mes doigts retournent d'eux-mêmes vers mon sexe. J'ai besoin de sentir quelque chose de violent, de concret. Je n'utilise pas deux doigts, j'en enfonce trois d'un coup, brutalement, cherchant à me faire mal. Ma chatte, encore dilatée par leurs bites énormes, les accueille dans un glissement fluide et chaud. Je me frotte le clitoris avec une rage désespérée, mes ongles griffant ma peau fine. Je veux que ça brûle. Je veux que cette excitation de fin de race étouffe le souvenir de Julien. « Allez, Danielle... putain, oublie-le... » je murmure entre mes dents serrées. Je me masturbe avec une frénésie sauvage, le cul collé sur le cuir qui couine à chaque mouvement de mon bassin. Je ne cherche pas le plaisir, je cherche l’exorcisme. Je sens le foutre qui s’est accumulé au fond de moi ressortir par vagues, lubrifiant mes propres doigts, giclant sur mes poignets. Je suis une fontaine de tristesse et de sperme. Je ferme les yeux et je le vois. Julien, debout sur la Corniche, le vent dans ses cheveux. Il me sourit. Ce sourire qui me disait que j’étais tout pour lui. Je gémis, un son guttural, déchiré. Ma main s'accélère. Je me déchire presque le sexe à force de vouloir disparaître en moi-même. Mon clitoris est dur comme une pierre, battant au rythme de mon cœur affolé. Je sens la tension monter, non pas comme une caresse, mais comme une exécution. L'orgasme arrive, sombre et dévastateur. Je me cambre, les fesses décollées du siège, la tête jetée en arrière contre l'appuie-tête. Mes muscles se contractent dans une crampe douloureuse. Je jouis dans un cri qui se transforme en sanglot long et rauque. Mon sexe expulse les derniers restes de Marc et de l'autre dans des spasmes incontrôlables, un mélange de fluides qui s'écrase sur mes cuisses. Je m'effondre contre le volant, le front sur le klaxon qui laisse échapper un petit râle étouffé. Je pleure toutes les larmes de mon corps, mon visage pressé contre mes mains pleines de foutre et de regrets. La moiteur de Marseille s’engouffre par la fenêtre entrouverte, apportant l’odeur de la mer et du sel, mais pour moi, tout ce qui reste, c’est l’odeur de ma propre déchéance. Je suis seule. Je suis vide. Et même l’orgasme le plus violent ne peut pas remplir le trou que Julien a laissé en partant. Je reste là, prostrée, le moteur qui commence à faire des bruits métalliques en refroidissant, comme le tic-tac d'une bombe qui aurait déjà explosé il y a longtemps. Mes doigts sont englués, mon ventre est une mare de semence, et mon âme n'est plus qu'une cicatrice béante que je n'arrive plus à recoudre. Je sens l’air poisseux de la nuit marseillaise coller à ma peau, mais ce n’est rien comparé à la substance visqueuse qui macule mes cuisses et mes mains. Le foutre de Marc refroidit, devient une pellicule élastique et dégoûtante qui me rappelle ma propre turpitude. Je renifle, un bruit sourd et laid dans l’habitacle étroit. Je voudrais disparaître, me dissoudre dans le skaï déchiré des sièges, mais la portière s’ouvre brusquement. Marc est là, debout sur le bitume craquelé du parking désert. Sa chemise est ouverte, son torse luit de sueur sous les réverbères blafards. Il ne me regarde pas avec pitié. Il me regarde comme une bête blessée qu’il n’a pas fini de dévorer. — Tu vas chialer longtemps ? grogne-t-il, sa voix vibrant d’une impatience carnassière. Je lève les yeux vers lui. Ma vision est floue, mes cils sont collés par le sel de mes larmes et les projections de leur plaisir égoïste. Je vois l'ombre de Julien derrière lui, cette silhouette élégante, ce sourire qui me sauvait de tout. L'absence de Julien est un hurlement sourd dans mes tempes. Pour le faire taire, j'ai besoin de bruit. De choc. De saleté. — Ferme-la, Marc, je crache, la voix brisée. Remonte dans cette putain de bagnole et fais-moi oublier que j’existe. Il esquisse un sourire cruel. Il sait que je suis à bout. Il s'engouffre sur la banquette arrière et me tire par les hanches avec une violence qui m'arrache un gémissement. Mes fesses glissent sur le cuir, laissant des traînées de semence et de sueur. Il me plaque contre le dossier, mes jambes s’ouvrant d’elles-mêmes, offrant ma vulnérabilité la plus crue. Ma chatte est rouge, gonflée, encore béante du passage précédent, et le liquide s’en écoule en filets lents le long de mes lèvres malmenées. — T’as encore le foutre de l’autre qui dégueule de partout, murmure-t-il en enfonçant ses doigts calleux dans ma fente trempée. T’es une vraie porcherie, Danielle. Il fouille mes entrailles sans ménagement, ses doigts cherchant mon col de l'utérus pour y écraser ma douleur. Je rejette la tête en arrière, mes cheveux s'emmêlant dans les poignées de sécurité. Je pleure de plus belle, mais ce ne sont plus des sanglots de tristesse, c'est une décharge d'adrénaline pure et de haine de soi. — Je m'en fous... Vas-y... Enfonce-toi dedans, je halète. Tue-le. Tue Julien. Marc ne se le fait pas dire deux fois. Il dégage sa bite, déjà raide et monstrueuse, pulsante de veines saillantes. Elle est luisante de cyprine et de résidus de notre première passe. Sans aucun préliminaire, il s’aligne contre mon entrée dévastée. Il n’utilise pas de lubrifiant, il utilise ma propre détresse comme onguent. Il entre d'un coup sec. Un coup de boutoir qui me soulève du siège. — Ahhh ! Putain ! Le cri déchire la nuit. Ce n'est pas seulement le choc de son sexe qui s'enfonce jusqu'à la garde, c'est la sensation de ma chair qui s'étire à la limite de la rupture. Il me remplit totalement, déplaçant le mélange de foutre et de sécrétions qui stagne au fond de moi. À chaque va-et-vient, un bruit de succion spongieux, obscène, emplit la voiture. *Splotch. Splotch.* Le son de ma dignité qui se noie dans les fluides. Il me saisit le cou, pas pour m'étrangler, mais pour m'ancrer dans la réalité physique du moment. Ses pouces appuient sur ma trachée, juste assez pour que je sente la mort rôder, juste assez pour que l'image de Julien s'efface derrière le besoin vital d'oxygène. — Regarde-moi ! ordonne-t-il en pilonnant mon bassin. Regarde qui te baise ! C’est pas ton fantôme, c’est moi ! Je fixe ses yeux sombres, injectés de sang. Je vois la sauvagerie. Je sens son gland heurter mon fond avec une régularité de métronome, chaque impact résonnant dans mes os. Ma chatte me brûle, une inflammation délicieuse et atroce. Je sens le frottement de ses poils pubiens contre mon clitoris déjà irrité, une torture électrique qui me fait tordre les orteils. — Plus fort... Marc, s'il te plaît... Plus fort ! Je veux qu'il me brise. Je veux que la douleur physique l'emporte sur le vide dans ma poitrine. Il attrape mes jambes et les rabat sur ses épaules, m'ouvrant comme un livre dont on veut arracher les pages. Dans cette position, sa bite pénètre encore plus profondément, on dirait qu'il cherche à m'embrocher le cœur. Mes mains cherchent désespérément une prise, s'agrippant à ses bras musclés, mes ongles s'enfonçant dans sa peau jusqu'au sang. Je sens l'odeur de son excitation, une odeur de mâle, de cuir et de tabac froid, qui vient polluer le souvenir du parfum léger de Julien. C'est ce que je veux. Je veux être souillée. Je veux être cette chose informe et humide qui gémit sous lui. Le rythme s'accélère. Marc est une machine, un piston de chair qui laboure mon sexe avec une rage communicative. Ses couilles frappent violemment contre mon périnée à chaque coup, un martèlement sourd qui m'étourdit. Je sens la vague monter, ce moment où le chagrin se transforme en une électricité incontrôlable. — Je vais venir... Marc... Je vais... — Garde tout, salope, grogne-t-il, sa respiration devenant un râle animal. Je vais te remplir jusqu'à ce que ça ressorte par tes yeux. Il lâche mon cou pour me pétrir les seins, ses doigts pinçant mes tétons avec une telle force que je manque de défaillir. La douleur et le plaisir se mélangent dans un cocktail toxique. Je sens mes parois vaginales se contracter, aspirer sa bite, la supplier de libérer sa charge. Mon orgasme arrive, non pas comme une caresse, mais comme une explosion de napalm dans mon bas-ventre. Mes muscles se figent, je suis prise de secousses violentes, mon sexe expulsant des jets de liquide qui viennent se mêler à la sueur de Marc. Je hurle le nom de Julien une dernière fois, une incantation désespérée alors que le plaisir me déchire les entrailles. Marc redouble d'effort, sa propre fin est proche. Ses coups deviennent désordonnés, brutaux, il me traite comme un simple réceptacle. Son visage se crispe, ses muscles se tendent à rompre. — Tiens... prends tout... putain... prends tout ! Il s'enfonce une dernière fois, si fort que je crois qu'il va passer au travers, et je sens le premier jet brûlant de son foutre frapper mon col. C'est une éruption. Une, deux, trois giclées massives qui inondent mon utérus, une chaleur liquide qui semble vouloir colmater mes brèches intérieures. Il reste en moi, lourd, battant encore de quelques spasmes, alors que sa semence commence déjà à refluer le long de son sexe pour couler sur le siège. On reste là, haletants, dans l'odeur âcre du sexe et de la défaite. Mais le silence qui revient est encore plus terrifiant que le bruit de la baise. Car dans ce silence, Julien m'attend toujours. Et il n'est pas content. Marc se retire lentement. Le bruit de succion, ce « shloop » humide et dégoûtant, résonne dans l'habitacle exigu de la voiture comme un reproche. Je sens mon col de l'utérus se contracter, orphelin de cette intrusion brutale, tandis que son foutre commence déjà à déborder de mes lèvres gonflées. C’est une traînée gluante, épaisse et chaude qui coule le long de mes fesses pour venir souiller le cuir du siège. Je suis une épave. Une charogne encore fumante. Le silence revient, s’insinuant entre nos souffles courts. Et avec lui, l’ombre de Julien. Je le vois dans le reflet de la vitre embuée. Il me regarde avec cette douceur qui me déchire plus sûrement qu'une lame. Je ne peux pas rester là, dans ce vide. Si je m'arrête, je meurs. — Ne t'arrête pas, Marc. Putain, ne me laisse pas réfléchir. Il me regarde, les yeux vitreux, la sueur perlant sur son front. Il est vidé, mais ma détresse est une drogue pour lui. Il attrape sa bite, encore à moitié raide, luisante de mon jus et de sa propre semence. Il la pétrit avec une rudesse qui me fait tressaillir. — Tu en veux encore, sale petite pute ? Tu veux que je te démonte jusqu’à ce que tu oublies ton propre nom ? — Oui... Détruis-moi. Fais-moi mal. Je me retourne, je me fous à quatre pattes sur le siège passager, le cul pointé vers son visage. Mes doigts écartent violemment mes miches, offrant à son regard ma chatte béante, rougie par les assauts précédents, dégoulinante de foutre mêlé à ma propre cyprine. L’odeur est forte, animale, un mélange de sexe âcre et de désespoir. Marc ne se fait pas prier. Il crache dans sa main, lubrifie grossièrement son membre qui a repris toute sa vigueur sous l'effet de ma soumission, et d'un coup de rein sauvage, il s'enfonce à nouveau en moi. Le choc me projette la tête contre le tableau de bord. La douleur est fulgurante, délicieuse. Sa bite, dure comme de la pierre, frotte contre les parois déjà irritées de mon vagin. Ça brûle. Chaque va-et-vient est une agression, un labourage méthodique. Il me prend par les cheveux, me tirant la tête en arrière pour que je voie mon propre reflet dans le rétroviseur : mes yeux sont fous, ma bouche est tordue par un cri silencieux. — Regarde-toi, Danielle ! hurle-t-il entre deux coups de reins qui font craquer les suspensions. Regarde comme tu aimes ça, te faire défoncer alors que tu chiales ton mort ! Il redouble de violence. Ses couilles frappent mon périnée avec un bruit de viande qui claque. C’est mécanique, dépourvu de tendresse, exactement ce qu’il me faut. Je veux sentir chaque centimètre de sa chair déchirer la mienne. Je veux que le plaisir soit si intense qu'il agisse comme un acide, dissolvant les souvenirs, effaçant le visage de Julien. Je sens la vague monter, plus dévastatrice que la première. Mes muscles vaginaux se serrent spasmodiquement autour de son sexe, essayant de lui arracher tout ce qu'il a encore. Je griffe le cuir du siège, mes ongles s'y enfoncent alors que mon bassin vient percuter le sien dans un rythme frénétique. Marc grogne, un son de bête blessée, et je sens ses doigts s'enfoncer dans mes hanches, y laissant des bleus que je porterai demain comme des médailles. — Je viens... Danielle... Je te vide tout dedans... encore... ! Sa voix se brise. Il me plaque contre le dossier, ses coups deviennent des impacts de piston sourds. Mon orgasme explose, un éclair noir derrière mes paupières. Mes entrailles se tordent dans un plaisir qui confine à l’agonie. Au même instant, Marc se fige, le dos arqué, les muscles saillants sous la peau moite. Il décharge avec une force inouïe. Je sens les jets brûlants me frapper au plus profond, une inondation visqueuse qui vient remplir chaque recoin de mon intimité. Il reste planté en moi, tressaillant de tout son long, nous injectant son trop-plein de vie alors que je ne suis que ruine. Le calme retombe, lourd, poisseux. Marc se retire enfin, son sexe glissant hors de moi dans un dernier râle humide. Il se rassoit, épuisé, et allume une cigarette sans un mot. La fumée stagne dans l'air saturé d'humidité. Je reste prostrée sur le siège, les jambes écartées, le souffle court. Entre mes cuisses, le mélange de nos fluides coule lentement, une flaque de foutre froid et de honte sur le cuir sombre. La douleur physique commence à refluer, laissant place à la seule brûlure qui compte vraiment. Je ferme les yeux. Le silence est là. Julien est là. Il est assis sur la banquette arrière, invisible mais omniprésent. Son regard est triste. Il a tout vu. Et la vérité me frappe plus violemment que n'importe quel coup de rein de Marc : je pourrais me faire baiser par mille hommes, me faire remplir jusqu'à la gorge de leur semence, me faire déchirer la peau et l'âme... rien ne comblera jamais le gouffre qu'il a laissé en partant. Ma main tremble alors que je ramasse mes sous-vêtements tachés. Les cicatrices de l'âme ne se referment pas avec du foutre. Elles ne font que s'infecter un peu plus, dans le noir, en attendant la prochaine fois. — C'est fini, Marc, je murmure d'une voix que je ne reconnais pas. Rentre-nous. Le moteur vrombit, et la voiture s'élance dans la nuit, emportant deux corps vides et le fantôme d'un amour que même la luxure la plus crue ne parvient pas à tuer.

L'Arrêt de Trop

Le soleil de Marseille n'est pas une caresse, c'est une agression. Il tape sur le capot de ma Toyota comme un marteau sur une enclume, faisant vibrer l'air d'une buée de gasoil et de goudron fondu. À l'intérieur du taxi, la clim crache un souffle asthmatique qui ne fait que déplacer la moiteur. Je sens une goutte de sueur dégouliner entre mes seins, se frayer un chemin sous mon soutien-gorge en dentelle bon marché, pour finir sa course dans le creux de mon ventre. Je suis garée en double file, à l'ombre précaire d'un immeuble en chantier près de la Corniche. Derrière mes lunettes noires, mes yeux brûlent. J'ai quarante-cinq ans, et ma vie ressemble à ce compteur qui tourne dans le vide : beaucoup de kilomètres, mais aucune destination qui en vaille la peine. Julien est partout. Dans le reflet du rétro, dans l'odeur du cuir chauffé, dans le silence de mon appartement de la Joliette. Pour ne pas crever de chagrin, pour ne pas hurler son nom jusqu'à m'en déchirer les cordes vocales, je me shoote à l'obscène. Je transforme ma solitude en un brasier que seule la chair peut éteindre. De l'autre côté du pare-brise, ils sont quatre. Des ouvriers, torse nu sous le cagnard, occupés à décharger des sacs de ciment d'un camion benne. La poussière blanche colle à leur peau luisante de sueur, dessinant des muscles noueux, des veines saillantes sur des avant-bras noircis par le labeur. Il y en a un, un grand brun aux cheveux ras, dont le jean délavé pend bas sur les hanches, révélant la naissance d'un buisson de poils sombres sous le nombril. À chaque fois qu'il soulève une charge, ses pectoraux se contractent, et je devine la puissance brute de son corps, une machine faite pour broyer, pour posséder. Ma main, tremblante, lâche le volant pour descendre entre mes cuisses. J'ai écarté les jambes, froissant ma jupe en coton. La chaleur dans l'habitacle est devenue irrespirable, une étuve saturée de mes propres effluves. Je ne porte pas de culotte. Je ne le fais plus depuis longtemps. J'ai besoin de sentir l'air, aussi brûlant soit-il, contre ma fente. Mes doigts, longs et nerveux, trouvent immédiatement le chemin. Ma chatte est déjà un marécage. Je suis trempée, une humidité épaisse et chaude qui s'étale sur le cuir du siège. Je ferme les yeux un instant, imaginant l'odeur de ces hommes : un mélange de sel, de poussière, de bitume et de mâle en rut. Je frotte mon clitoris du bout de l'index, un mouvement circulaire, lent, presque douloureux. « Regarde-moi, putain… » je souffle entre mes dents serrées. Le grand brun s'arrête pour s'essuyer le front. Il plante son regard dans le mien à travers la vitre teintée. Il ne peut pas me voir distinctement, mais il sent ma présence. Il sent cette louve en cage qui le dévore des yeux. Il boit à une bouteille d'eau, et le liquide s'écoule sur son menton, sur son cou, avant de se perdre dans la toison de son torse. Mon doigt s'enfonce brusquement dans mon sexe. Un doigt, puis deux. Je suis tellement ouverte, tellement offerte dans le secret de ma cabine. Je l'imagine s'approcher. Je l'imagine poser ses mains calleuses et dégueulasses de poussière sur mes hanches. Dans ma tête, le scénario s'emballe, violent, sans filtre. Il n'est pas seul. Les trois autres abandonnent leurs pelles. Ils sentent l'odeur de ma mouille qui s'échappe par la vitre entrouverte, une odeur de femelle en manque qui appelle le foutre. Mon bassin se soulève légèrement du siège. Je commence à accélérer le mouvement, mes doigts s'agitant frénétiquement dans ma fente qui claque, un bruit de succion humide qui remplit le taxi. Je veux qu'ils m'encerclent. Je veux que le grand brun ouvre la portière, qu'il sorte sa grosse bite sombre, déjà raide d'avoir deviné mon manège, et qu'il me la foute dans la bouche sans un mot. Je veux sentir le goût du sel et de la crasse sur son gland. Je vois ses camarades ricaner, leurs regards se faisant plus lourds, plus prédateurs. L'un d'eux, un gamin à peine sorti de l'adolescence mais au regard déjà vicieux, se frotte ostensiblement l'entrejambe à travers son bleu de travail. L'excitation me monte à la gorge, une boule de feu qui menace de m'étouffer. Je n'en peux plus d'être seule. Je n'en peux plus de ce vide laissé par Julien. S'ils venaient tous, s'ils me prenaient là, sur la banquette, en me retournant comme une chienne, peut-être que je cesserais d'exister pendant quelques minutes. Ma main s'agite comme une possédée, mes ongles s'enfoncent dans ma propre chair. Je suis une fontaine. Je sens le liquide chaud couler le long de mon poignet, mouiller le levier de vitesse. Le monde extérieur s'efface, il n'y a plus que le vrombissement du moteur, le soleil qui cogne et cette brûlure entre mes jambes qui demande à être éteinte par un déluge de semence. Le grand brun fait un pas vers la voiture. Un sourire carnassier étire ses lèvres. Il sait. Ils savent tous que derrière ce pare-brise, une femme de quarante-cinq ans est en train de se liquéfier de désir pour leur brutalité. Ma respiration se transforme en un râle sourd. Le premier acte est posé. Le décor est en place. Ma solitude est une plaie ouverte, et j'ai besoin qu'ils y versent leur sel. Le claquement de la portière que je déverrouille dans un réflexe suicidaire résonne comme un coup de fusil dans l'habitacle surchauffé. L’air brûlant du dehors s’engouffre, chargé d’une odeur de bitume frais, de poussière et de testostérone pure. Le grand brun est là, debout contre le montant de la voiture. Il est immense. Sa peau est tannée, luisante de sueur, striée de traces de charbon et de graisse. Ses yeux sombres plongent directement entre mes cuisses, là où ma main est toujours figée, mes doigts encore enfoncés dans les replis trempés de ma chatte. — Alors comme ça, on se donne en spectacle, la bourgeoise ? grogne-t-il d'une voix qui ressemble au roulement d'un moteur diesel. Je ne réponds pas. Je ne peux pas. Ma gorge est nouée par un mélange de terreur délicieuse et de besoin animal. Je lâche un petit gémissement pitoyable quand il s'appuie contre la carrosserie, faisant tanguer le taxi sous son poids. À quelques mètres, deux autres ouvriers lâchent leurs pelles. Ils s'approchent, le regard lourd, les mains sales pendant le long de leurs corps musclés. L'un est plus jeune, blond, le torse barré par une sangle de cuir ; l'autre est un colosse aux épaules larges comme un buffet, dont la braguette semble déjà prête à exploser. Le brun tend une main calleuse. Il ne demande pas la permission. Il saisit mon poignet, écartant ma propre main de mon sexe pour contempler le désastre. Ma vulve est gonflée, rouge, luisante d'une cyprine épaisse qui goutte sur le cuir noir du siège. — T’es une vraie fontaine, murmure-t-il en s’accroupissant pour être à ma hauteur. Tu veux que je t’aide à éponger tout ça ? Ses doigts rugueux, marqués par le travail de la pierre, s’enfoncent brutalement en moi. Le contraste est foudroyant. La rudesse de sa peau contre la soie de mes muqueuses me tire un hurlement que j'étouffe dans ma main libre. Il cherche mon point sensible avec une précision de prédateur, ses phalanges me labourant sans aucune douceur. — Regarde-les, ordonne-t-il en désignant ses collègues qui encerclent maintenant la portière ouverte. Ils ont tous envie de te remplir, tu le sais, hein ? Tu sens cette odeur ? C’est l’odeur de la semence qui demande qu’à gicler. Le blond s'approche. Sans un mot, il déboutonne son pantalon de chantier délavé. Sa bite jaillit, sombre, nerveuse, déjà parcourue de veines saillantes. Elle est magnifique de brutalité. Il l'empoigne, la secoue deux fois devant mon visage, et une goutte de liquide séminal vient s'écraser sur ma joue. C'est l'étincelle qui fait sauter les derniers verrous de ma dignité. — S’il vous plaît… je souffle, la tête renversée contre l'appuie-tête. Prenez-moi. Cassez-moi. Faites-moi oublier que je suis seule. Le colosse aux épaules larges se place derrière le brun. Il sort lui aussi son membre, une masse de chair imposante et lourde qui semble faite du même acier que leurs machines. — On va te soigner ta solitude, maman, ricane le blond en approchant son gland de mes lèvres. On va te remplir jusqu’à ce que ça dégueule par tous les trous. Le grand brun retire ses doigts brusquement, me laissant dans un état de manque insupportable. Il se lève, défait sa ceinture dans un bruit de cuir qui claque et baisse son froc. Sa bite est la plus impressionnante : longue, légèrement courbée, couronnée d'un gland pourpre qui pulse au rythme de son cœur. — À quatre pattes sur la banquette, ordonne-t-il. Et frotte ton cul contre la vitre, que tout le chantier en profite. Je m'exécute comme une chienne dressée. Je bascule sur le côté, mes talons hauts s'enfonçant dans le rembourrage des sièges, mon cul offert à la chaleur du soleil et à leurs regards carnassiers. Ma jupe est remontée jusqu'à ma taille, révélant l'absence de culotte et l'état de débauche de mon intimité. Les deux autres montent à l'arrière, s'écrasant dans l'espace exigu du taxi qui devient une cage de désir pur. L'odeur de la sueur, du tabac froid et de l'homme m'enveloppe. Je sens une main massive se refermer sur ma nuque, m'écrasant le visage contre le dossier du siège conducteur. — Ouvre la bouche, petite pute, ordonne le blond en enfonçant son sexe entre mes lèvres avant même que je puisse respirer. Le goût est âcre, salé, métallique. Je m'étouffe à moitié alors qu'il commence des va-et-vient rageurs, sa bite cognant contre le fond de ma gorge. Au même moment, je sens le contact brûlant du grand brun derrière moi. Il écarte mes fesses avec une force brute, ses pouces s'enfonçant dans ma chair. Il crache un gros jet de salive sur mon entrée pour lubrifier le passage. — Je vais te fendre en deux, prévient-il, sa voix vibrant contre mon dos. Je sens la pointe de son gland s'appuyer contre ma fente, juste à l'entrée de mon vagin qui palpite de terreur et d'envie. La pression augmente. C'est trop gros. C'est trop dur. C'est exactement ce qu'il me faut. Dans un grognement de bête, il pousse d'un coup sec, s'enfonçant en moi jusqu'aux couilles. La douleur et le plaisir se mélangent dans une explosion blanche derrière mes paupières. Julien est loin. Julien n'existe plus. Il n'y a que cet homme de fer qui me laboure les entrailles et ce jeune fauve qui me ramone la bouche. Le troisième homme, le colosse, s'empare de ma main droite et la guide vers son propre sexe en érection, m'obligeant à le branler frénétiquement tandis qu'il se masturbe par-dessus, son foutre pré-éjaculatoire mouillant mes doigts. — Regarde-toi, siffle le brun en me tirant les cheveux pour relever ma tête vers le rétroviseur. Regarde cette gueule de salope qui se fait démonter par trois ouvriers sur son lieu de travail. T’aimes ça, hein ? T’aimes sentir nos bites de prolos t’éclater la tuyauterie ? Je ne peux que hocher la tête, les yeux révulsés, la bouche pleine de la bite du blond qui accélère la cadence, ses couilles venant frapper mon menton avec un bruit sourd et régulier. Le taxi tangue sur ses suspensions, les gémissements du métal se mêlant à mes râles étouffés et à leurs insultes crues. Je suis une mare de fluides, une poupée de chair entre leurs mains expertes et violentes. Et le pire, c'est que ce n'est que le début. Le rythme s'intensifie, la chaleur devient suffocante, et je sens que je vais sombrer dans un abîme dont je ne voudrai jamais remonter. Le blond ne me laisse aucune chance de reprendre mon souffle. Il saisit l’arrière de mon crâne, ses doigts s’enfonçant dans mon cuir chevelu avec une brutalité qui m’arrache un gémissement étouffé, et il recommence à pilonner ma bouche. Sa bite est brûlante, épaisse, elle cogne contre le fond de ma gorge à chaque assaut, me provoquant des haut-le-cœur que je suis forcée d’avaler. Je sens l’arête de ses dents frôler ma peau, le goût de sa sueur et ce liquide séminal amer qui tapisse déjà ma langue. — Regarde-moi quand je t'encule la bouche, chienne, grogne-t-il, la voix brisée par l’excitation. Pendant ce temps, le brun, qui ne s'est pas arrêté de me malmener les cheveux, déplace sa main libre pour pétrir mes seins à travers le tissu de mon haut, les écrasant comme s'il voulait les broyer. Mais c’est l’arrivée du troisième, le colosse aux mains calleuses, qui finit de me briser. Je sens ses doigts rugueux écarter violemment les lèvres de ma chatte, déjà trempée de mon propre désir et de la peur qui me tord le ventre. Sans aucun préliminaire, il crache sur son sexe énorme, une barre de chair sombre et veinée, et l’aligne contre mon entrée. L’impact est brutal. Il s’enfonce d’un coup sec, déchirant mon cri de douleur qui meurt dans la bouche du blond. Ma chatte me semble trop étroite, trop fragile pour accueillir une telle violence. Je sens les parois de mon vagin s’étirer jusqu’à la rupture, mon utérus encaissant chaque coup de boutoir de ce prolo qui me traite comme un simple morceau de viande. Le balancement du taxi s’accentue, les amortisseurs grincent sous le poids de nos corps entremêlés. L’odeur est insoutenable : un mélange de gasoil, de sueur acide, de tabac froid et de sexe brut. — Putain, elle est tellement serrée, siffle le colosse derrière moi, sa voix n'est plus qu'un grognement animal. Je vais lui éclater la tuyauterie à cette bourgeoise. Je suis prise en étau. Devant, ma gorge est ramonée sans pitié ; derrière, je suis dévastée par un rythme de marteau-piqueur. Le brun au-dessus de moi finit par sortir sa bite de son pantalon, une lame de chair tendue qu'il vient frotter contre ma joue, m’éclaboussant déjà de gouttes de foutre pré-éjaculatoire. Il se masturbe frénétiquement, ses yeux sombres fixés sur mon agonie de plaisir et de honte. — Elle va tout prendre, murmure-t-il. On va la remplir jusqu'au bord. La chaleur dans l'habitacle devient une entité physique. Mes larmes coulent, traçant des sillons de sel sur mes joues, se mélangeant à la salive qui s'écoule de ma bouche saturée. Le blond accélère encore, ses hanches claquant contre mon visage avec une cadence inhumaine. Je sens ses couilles lourdes frapper mon menton. Il est au bord. Le colosse derrière moi lâche un rugissement, ses mains s'ancrant dans mes hanches pour me soulever et s'enfoncer encore plus profondément, là où personne n'est jamais allé. — Je viens ! Je sors tout ! hurle le blond. Il se retire brusquement de ma bouche, juste assez pour saisir son sexe à deux mains et viser mon visage. Un premier jet de foutre brûlant et épais m'atteint l'œil, m'aveuglant instantanément. Puis un deuxième, un troisième, recouvrant mon nez, mes lèvres, mon menton d'une nappe blanche et visqueuse. Au même moment, le colosse me donne un dernier coup de rein dévastateur. Je sens son sexe tressaillir au plus profond de mes entrailles, se gonfler encore avant de libérer une inondation de sperme brûlant. La sensation de ce liquide chaud qui remplit mon vagin, qui déborde et coule le long de mes cuisses, me fait perdre connaissance une fraction de seconde. Je n'ai pas le temps de réaliser que le brun s'abat sur moi. Il me force à ouvrir la bouche de nouveau, y enfonce son gland et décharge ses propres munitions dans un râle de pur plaisir. Le jet frappe le fond de ma gorge, me forçant à déglutir cette semence lourde et amère. Je suis submergée. Je suis une mare de foutre. Puis, le silence revient. Brutalement. Ils se retirent l'un après l'autre, remontant leurs braguettes dans un bruit de métal qui résonne comme un verdict. Le blond s'essuie les mains sur un chiffon sale qu'il me jette au visage. — Merci pour le service, princesse. On repassera demain, si t'as encore de la place. Ils sortent du taxi, me laissant effondrée sur la banquette, les jambes tremblantes et écartées, ma chatte béante laissant échapper un mélange de sang et de sperme sur le cuir usé. La porte claque. Le froid de l'air extérieur s'engouffre un instant avant de disparaître. Je reste là, seule dans l'obscurité, l'odeur de leur virilité encore incrustée dans ma peau, dans mes cheveux, au fond de mes poumons. Les larmes, les vraies, celles qui ne sont plus dues à l'excitation mais au vide sidéral qui vient de s'ouvrir en moi, se mettent à couler. J'ai eu ce que je voulais. J'ai été brisée, salie, utilisée jusqu'à l'os. Et le plus terrifiant, alors que je regarde mon reflet dévasté dans le rétroviseur, c'est de savoir que je reviendrai. Demain. Et tous les jours d'après.

Le Regard dans le Rétro

Le soleil de Marseille n'est pas une caresse, c'est une agression. Il tape sur le pare-brise de mon taxi avec une violence sourde, transformant l’habitacle en une étuve où flottent des relents de gasoil, de tabac froid et de javel. J’ai frotté tout le reste de la nuit. J’ai frotté le cuir de la banquette arrière jusqu’à ce que mes doigts saignent, pour effacer les traces de leur passage. Mais l’odeur de leur foutre, ce parfum âcre et tenace de virilité brute, semble s’être incrustée dans les coutures du taxi, tout comme elle s’est incrustée dans ma propre chair. J’ai mal. Entre mes cuisses, ma chatte est une plaie béante, gonflée par les assauts de la veille. Chaque mouvement pour passer les vitesses ou appuyer sur l’embrayage est un rappel électrique de ma déchéance. Mon jean frotte contre mes lèvres irritées, et je sens le liquide s’écouler doucement, un mélange de sécrétions naturelles et de restes de leur semence que mon corps rejette enfin. Ça me brûle, et pourtant, cette douleur est la seule chose qui me fait me sentir vivante dans cette ville de béton et de sel. Je m'arrête au feu rouge sur la Corniche. La mer scintille, d’un bleu trop pur, presque insultant. Je réajuste mon rétroviseur intérieur. Mon visage est une épave : des cernes creusés, les lèvres encore un peu mordues, et ce regard… ce regard de chienne battue qui en redemande. C’est là que je le vois. Sur le trottoir, devant l’hôtel chic où je le prends souvent. Marc. Trente-cinq ans, costume impeccable, une gueule d’ange avec des mains de prédateur. Il me fait signe. Mon cœur rate un battement, un spasme de peur et d'excitation me tord les entrailles. Il grimpe à l'arrière, côté passager, juste là où l'autre blond m'a prise quelques heures plus tôt. La portière claque. L’odeur de son parfum coûteux, un mélange de cuir et de bois de santal, vient percuter la puanteur de javel. — Bonjour Danielle. Toujours fidèle au poste, à ce que je vois. Sa voix est basse, traînante. Il ne me regarde pas directement, il regarde mes mains sur le volant. Mes doigts tremblent légèrement. — On va où, Marc ? Je demande, ma voix plus rauque que d'habitude. — Fais un tour. Prends la route des Calanques. Je n'ai pas de rendez-vous ce matin. Je veux juste... rouler. Je passe la première. Le moteur vrombit entre mes jambes, envoyant des vibrations directement dans mon sexe endolori. Je serre les dents. Dans le rétro, je vois que Marc ne regarde plus le paysage. Il me fixe. Ses yeux plongent dans les miens à travers le miroir, brisant la barrière invisible de ma fonction de chauffeur. — Tu as l'air fatiguée, Danielle, murmure-t-il. Ou peut-être... épuisée. Tu as passé une nuit agitée ? Le ton est provocateur, presque cruel. Il sait. Il ne sait pas les détails, il n'était pas là, mais il sent l'odeur du péché qui émane de moi. Il voit le pli de douleur au coin de mes yeux quand je change de rapport. — Le travail, Marc. Les clients sont exigeants en ce moment. Je tente de garder une façade de professionnalisme, mais mon corps me trahit. Sous son regard, ma chatte se remet à pulser. Le frottement du denim sur mon clitoris gonflé devient une torture exquise. Je sens l'humidité imbiber ma culotte, une flaque chaude et visqueuse qui s'élargit. Il s'installe plus confortablement, écartant les jambes. Je vois le renflement dans son pantalon de costume gris. Il ne se cache pas. Il sait que je regarde. Il sait que je suis une voyeuse de ma propre vie. — Les clients… Je parie qu’ils t’utilisent bien, n'est-ce pas ? Ils montent, ils déchargent leur stress, et ils repartent sans se retourner. Il appuie ses mots, chaque syllabe est une gifle. Je sens mes tétons durcir sous mon chemisier fin, pointant comme des appels au secours. La chaleur dans la voiture devient insupportable. La climatisation crache un air tiède qui ne fait qu'accentuer la moiteur de ma peau. — Pourquoi tu dis ça ? ma voix tremble, trahissant mon excitation. — Parce que tu as cette odeur, Danielle. Une odeur de foutre et de soumission. Même à travers ton nettoyage maniaque, ça pue la salope qui s'est fait démonter sur sa propre banquette. Le mot "salope" claque dans l'habitacle comme un coup de fouet. Mes mains se crispent sur le volant. Je devrais l'arrêter, le foutre dehors, l'insulter. Mais à la place, je sens un spasme parcourir mes cuisses. Je mouille tellement que je sens le liquide couler le long de mes fesses, se mélangeant à la sueur du cuir. — Tu te trompes, Marc, je souffle, incapable de détacher mes yeux de son regard dans le rétro. Il sourit, un sourire carnassier. Il porte lentement sa main à sa braguette et commence à caresser la bosse qui tend son tissu. Le geste est lent, délibéré. Il veut que je voie chaque mouvement. — Tu as envie que je me trompe ? Ou tu as envie que je vérifie par moi-même si tu es encore pleine de la semence des autres ? Je sens mes larmes monter, un mélange de honte absolue et de désir dévastateur. Le taxi dévie légèrement de sa trajectoire alors que je sens mon propre désir m'envahir, l'image de ses mains de bourgeois sur ma peau meurtrie me brûlant l'esprit. La frontière entre mes fantasmes et la réalité est en train de s'effondrer, et je sais que je ne ferai rien pour l'empêcher de m'achever. Je freine brusquement sur le bas-côté, les pneus crissant sur le goudron humide d'une ruelle sombre, loin des grands boulevards. Le moteur tourne encore, un ronronnement sourd qui fait vibrer tout l'habitacle, résonnant jusque dans mes os, jusque dans mon sexe qui palpite douloureusement. Je lâche le volant, mes mains tremblent tellement que je crains de ne plus pouvoir diriger quoi que ce soit. Dans le rétroviseur, Marc ne me quitte pas des yeux. Sa main est toujours sur son entrejambe, ses doigts pétrissant avec une force brutale la forme impressionnante qui tend son pantalon de costume. Je l’entends défaire le bouton, le bruit du zip qui descend me claque aux oreilles comme un coup de fouet. — Arrête... je murmure, sans aucune conviction. — Arrête quoi, Éva ? Que je te montre ce que c'est qu'un vrai homme ? Pas un de ces types que tu ramasses à la sortie des boîtes et qui te défoncent le cul pour cinquante balles ? Il se penche en avant, entre les deux sièges. L’odeur de son parfum coûteux se mêle à une odeur plus âcre, plus sauvage : celle de son excitation. Je sens son souffle chaud contre ma nuque. Ses mains, larges et soignées, viennent se poser sur mes épaules. Il serre, ses pouces s'enfonçant dans mes trapèzes, m’obligeant à rester droite alors que je voudrais m'effondrer. — Je t'ai vue, continue-t-il d'une voix rauque, presque un grognement. Je t'ai vue les regarder dans ton miroir. Je t'ai vue te mouiller en écoutant leurs baisers, leurs mains qui traînaient. Tu es une petite voyeuse dégueulasse, Éva. Une petite chienne qui ne demande qu'à être dressée. Ma respiration se transforme en halètements saccadés. Il a raison. Chaque mot est une gifle qui m'excite davantage. Je sens le liquide s'écouler de ma chatte, inondant mon entrejambe, collant le tissu de mon jean contre mes lèvres déjà gonflées. C'est une humiliation délicieuse. Soudain, il lâche mes épaules et glisse sa main vers le bas. Il ne demande pas la permission. Il attrape la fermeture éclair de mon jean et la descend d'un coup sec. Le bruit du métal qui déchire le silence me fait sursauter. Je tente de serrer les cuisses, mais il s'interpose, glissant son bras entre mes genoux pour m'écarter, me forçant à m'ouvrir à lui, là, sur le siège conducteur, sous la lumière blafarde des lampadaires qui filtrent par le pare-brise. — Voyons ça, souffle-t-il. Il plonge sa main dans mon slip. Ses doigts sont froids au premier contact, puis brûlants lorsqu'ils rencontrent ma propre chaleur. Il pousse un soupir de satisfaction en sentant l'inondation. — Putain, Éva... Tu es une vraie fontaine. Tu es trempée jusqu'aux fesses. C'est le foutre de l'autre qui te fait cet effet ? C'est l'idée que je puisse le sentir sur mes doigts ? Il enfonce deux doigts d'un coup en moi, sans ménagement. Je pousse un cri qui se meurt dans ma gorge, les hanches se soulevant instinctivement pour l'accueillir. C'est brutal, presque douloureux. Il fouille, il cherche, il remue ses doigts à l'intérieur de moi comme s'il voulait m'éventrer de plaisir. Je sens ma paroi vaginale se contracter frénétiquement autour de lui, essayant de retenir chaque millimètre de sa chair. — Regarde-toi, dit-il en s'approchant encore plus de mon oreille. Tu es en train de te vider sur mes doigts. Tu sens comment tu es large ? Comment tu m'appelles ? Il retire ses doigts avec un bruit de succion écœurant et me les plaque sous le nez. Ils brillent, recouverts d'un liquide translucide et visqueux, mêlé de quelques traces blanches plus opaques. L'odeur de mon propre désir, musquée, entêtante, remplit mes narines. — Lèche, ordonne-t-il. Je le regarde, les yeux embués de larmes de honte, mais ma bouche s'ouvre d'elle-même. Je saisis ses doigts, je les englobe dans ma bouche, aspirant le liquide, goûtant le sel de ma propre excitation et le goût métallique de sa peau. Je ferme les yeux, me laissant dériver dans cet océan de perversion. Pendant que je lèche ses doigts, il sort son sexe de son pantalon. Je l'entends sortir, lourd, frappant contre le cuir du siège. Même sans regarder, je devine sa taille, sa puissance. Le gland doit déjà perler de cyprine. — Tu veux la goûter, ma bite de bourgeois ? demande-t-il en me saisissant les cheveux pour tirer ma tête en arrière. Tu veux voir si elle est plus dure que celle des clochards que tu transportes ? Il me force à me retourner sur mon siège, une manœuvre maladroite dans l'espace exigu de la voiture. Je me retrouve à genoux sur le siège conducteur, le buste écrasé contre le dossier, les fesses offertes vers l'arrière, vers lui. Mon jean est descendu aux chevilles, mes fesses nues et moites brillent dans l'obscurité. Je sens la pointe de son gland venir se frotter contre mon entrée. C’est une chaleur massive, une promesse de destruction. Il ne pénètre pas tout de suite. Il s’amuse à étaler son pré-sperme le long de ma fente, du haut de mon clitoris qui hurle de manque jusqu'à mon anus qui se contracte de peur et d'envie. — Tu es tellement offerte, Éva. Une vraie petite pute de taxi. Tu sais ce qu'on fait aux putes qui nous font attendre ? Il me claque une fesse, un coup sec qui laisse une trace cuisante et me fait gémir de plaisir pur. La douleur ravive l'incendie entre mes jambes. Je sens ma chatte se gorger de sang, les lèvres battant la chamade, implorant l'intrusion. — S'il te plaît, Marc... Je t'en supplie... Prends-moi... — Te prendre ? Non, je vais te dévaster. Je vais te remplir tellement que tu n'oseras plus t'asseoir sur ce siège sans penser à moi. Je vais te faire oublier chaque bite qui est passée avant la mienne. Il saisit mes hanches avec une telle force que je sais que j'aurai des bleus demain. Il se positionne, la tête de son membre forçant déjà le passage, s'enfonçant lentement, millimètre par millimètre, dans ma chair brûlante et trempée. Je sens mon ouverture s'étirer à l'extrême, la sensation de plénitude est si intense qu'elle me donne le vertige. — Dis-le, murmure-t-il, alors qu'il est à moitié entré. Dis-moi que tu es ma chienne. Dis-moi que tu veux mon foutre partout. Je lâche un sanglot, mes mains agrippant le volant pour ne pas sombrer. — Je suis ta chienne... Remplis-moi... Marc, s'il te plaît, défonce-moi... Il pousse un dernier coup de reins sauvage, s'enfonçant jusqu'à la garde, me clouant contre le dossier du siège. Le cri que je pousse déchire la nuit, mais il est étouffé par sa main qui vient s'écraser sur ma bouche, m'obligeant à avaler mon propre plaisir. Le rythme commence, lent, lourd, implacable. Chaque va-et-vient est une torture délicieuse, le son de nos corps qui s'entrechoquent se mêlant aux bruits de succion de son sexe qui laboure mes entrailles inondées. Je sens tout : les veines de sa bite qui frottent contre mes parois, la chaleur de ses bourses qui viennent frapper contre mon périnée, l'odeur de la sueur et du sexe qui sature l'air. On n'est plus dans un taxi. On est dans un abattoir de sentiments, et je suis la proie consentante. Et ce n'est que le début. Je sens ses doigts se crisper sur ma mâchoire, m’obligeant à basculer la tête en arrière contre son épaule massive. Le cuir du siège grince sous le poids de son corps qui me martèle sans aucune pitié. Ma chatte n’est plus qu’une plaie béante, une plaie affamée qui s’abreuve de chaque centimètre de sa queue. Il se retire presque entièrement, laissant l’air frais de l’habitacle s’engouffrer une fraction de seconde dans mon antre béante, avant de me transpercer à nouveau d’un coup de rein si violent que mes yeux se révulsent. — Regarde-toi, murmure-t-il contre mon oreille, sa voix n’étant plus qu’un grognement animal. Regarde ce que tu es devenue, putain. Il lâche ma bouche et attrape le rétroviseur central, l’orientant brutalement vers mon visage. Je suis forcée de voir. Mes cheveux sont en bataille, mes yeux brillent d’une détresse érotique insoutenable, et mes lèvres sont gonflées, rougies par ses baisers et mes propres cris étouffés. Mais le plus insoutenable, c'est le reflet de l'acte lui-même : le mouvement saccadé de son bassin contre mes fesses, le va-et-vient de sa grosse bite qui disparaît et réapparaît dans mes lèvres charnues, déjà luisantes de mes propres sucs. — Je suis… je suis rien du tout… Marc… s’il te plaît… — Tais-toi et encaisse, grogne-t-il en me saisissant les hanches à pleines mains, ses pouces s'enfonçant dans ma chair. Le rythme s’accélère. Ce n’est plus de la baise, c’est une exécution. Le bruit est obscène, un claquement sourd, humide, répétitif : *slap, slap, slap*. À chaque impact, je sens son gland heurter mon col de l'utérus, provoquant une décharge électrique qui remonte jusqu'à ma nuque. Ma chatte est en feu, les parois se contractent frénétiquement autour de lui, essayant de broyer ce membre qui me dévaste. La sueur coule le long de ma colonne vertébrale, se mélangeant à la sienne. L'odeur est de plus en plus forte : un mélange de cuir, de parfum masculin cher et de cette odeur âcre et primitive du sexe en train de s'accomplir. Ses mouvements deviennent erratiques, plus courts, plus sauvages. Je sens ses couilles lourdes et tendues taper contre mon périnée à chaque fois qu’il se perd en moi. Il est à la limite, je le sens à la façon dont ses muscles se tétanisent, à la façon dont ses doigts s’enfoncent dans mes hanches comme s’il voulait me briser. — Je vais… je vais te remplir, gémit-il, le souffle court. Je vais t’inonder, ma petite chienne… Tu vas le sentir couler au fond de toi… L’idée de son foutre bouillant m’arrache un cri de pure agonie. Mes muscles pelviens se serrent dans un spasme final, une agonie de plaisir qui me fait perdre tout contact avec la réalité. Mon propre orgasme me frappe comme un coup de poignard, violent, dévastateur. Je me cambre, les doigts griffant le tableau de bord, tandis que Marc pousse un rugissement de bête blessée. Il s’enfonce une dernière fois, jusqu’à la garde, se clouant littéralement en moi. Je sens son sexe tressaillir, se gonfler encore davantage, et alors, le premier jet de son foutre me percute. C’est une chaleur liquide, épaisse, qui vient frapper mon col. Un jet, deux jets, trois jets… Je les compte dans ma tête, chaque pulsation m’apportant une nouvelle vague de détresse et de jouissance. Il continue de décharger son sperme en moi, de longs spasmes qui semblent durer une éternité. Je sens le liquide chaud commencer à refluer, glissant le long de mes parois, saturant chaque repli de ma chair. Il reste là, lourd, son visage enfoui dans mon cou, son souffle brûlant contre ma peau humide. Le silence qui retombe sur le taxi est plus lourd que le bruit de notre baise. C’est un silence de deuil. Lentement, il se retire. Le bruit de succion de sa bite sortant de ma chatte défoncée me fait frémir. Je me sens vide, horriblement vide, malgré la semence qui commence déjà à couler le long de mes cuisses pour venir souiller le velours de mon siège de taxi. Marc ne dit rien. Il se rhabille dans le noir, le clic de sa ceinture de sécurité sonnant comme le verdict d’un procès. Il ne me regarde plus. Je reste là, prostrée sur le volant, les jambes tremblantes, sentant le froid de la nuit s'insinuer par la vitre entrouverte. — On est arrivés, lâche-t-il enfin d’une voix monocorde, redevenu le passager distant qu’il n'aurait jamais dû cesser d'être. Je relève la tête, les yeux brouillés de larmes. Dans le rétroviseur, celui qu’il avait tourné vers moi, je vois son regard. Il est froid. Vide de toute l’ardeur qui vient de nous consumer. Il pose quelques billets froissés sur le siège passager – bien plus que le prix de la course. Le prix de mon âme, sans doute. Il ouvre la portière et sort. Je le regarde s’éloigner dans la lumière blafarde des réverbères, sa silhouette s’effaçant peu à peu. Je reste seule dans l’habitacle qui pue le sexe et le désespoir. Entre mes jambes, la sensation de son foutre qui refroidit est une brûlure constante. J’attrape un mouchoir, j’essaie d’essuyer la tache sur le siège, mais je ne fais que l’étaler. Je pose mes mains sur le volant, là où il me tenait il y a quelques minutes, et j’éclate en sanglots. Ce n’était pas un rêve. La frontière a éclaté, et sous les décombres, il ne reste que moi, ma solitude et l'odeur de Marc qui ne partira jamais tout à fait de ce taxi. Je passe la première, les yeux fixés sur le rétroviseur. Je ne vois plus que l’ombre de la femme que j’étais, et cette trace de foutre qui coule maintenant sur ma chaussure, comme une marque d'infamie que je suis la seule à porter. Le chapitre se ferme sur le bruit du moteur qui gronde, étouffant mes derniers hoquets. Fin du voyage. Fin de l'illusion.

L'Orage Marseillais

Le ciel de Marseille s'est effondré d'un coup, comme une digue qui lâche. Une pluie grasse, chargée de poussière et de sel, martèle le toit de mon taxi avec une violence de fin du monde. Les essuie-glaces grincent, luttant contre des seaux d'eau qui noient le pare-brise, mais je ne vois plus rien. Je ne veux plus rien voir. Le port, les silhouettes floues des réverbères, l'ombre du Mucem... tout ça n'est qu'un décor de théâtre délavé qui me donne envie de hurler. Je donne un coup de volant brusque, les pneus crissent sur le bitume détrempé. Je m'engouffre sous le pont de la Corniche, là où le béton dévore le bruit de l'orage pour le transformer en un écho sourd, oppressant. Je coupe le contact. Le silence qui suit est pire que le vacarme. Il n'y a plus que le tic-tac du moteur qui refroidit et l'odeur. Cette putain d'odeur. L'habitacle empeste encore l'homme. Le foutre de Marc, mêlé à la sueur froide et au cuir fatigué de mes sièges. Je sens cette traînée visqueuse qui a séché sur l'intérieur de ma cuisse, une pellicule rigide qui me rappelle ma déchéance à chaque mouvement. Je baisse la vitre de quelques centimètres. L'air humide s'engouffre, chargé de l'amertume du gasoil et de la fraîcheur de la mer. Je tremble. Pas de froid, non. C'est cette brûlure familière qui repart du bas de mon ventre, cette faim atroce que même les larmes n'arrivent pas à éteindre. Je me regarde dans le rétroviseur central. Mes yeux sont rouges, mon mascara a coulé, traçant des sillons noirs sur mes joues de femme de quarante-cinq ans qui n'attend plus rien. Mais ma bouche est entrouverte, affamée. Je glisse une main entre mes jambes, par-dessus mon jean humide. C’est dur, c’est froid, c’est une barrière. Je déteste ce froc. Je déteste cette armure. D’un geste sec, je déboucle ma ceinture de sécurité. Le cliquetis résonne comme un coup de feu dans la carcasse métallique. Je remonte mon pull, mes doigts maladroits luttant avec le bouton de mon pantalon. Je l’ouvre, j’abaisse la fermeture éclair dans un cri de métal. Mes hanches se soulèvent du siège pour libérer ma chair. Je ne porte rien en dessous. Je n’en porte jamais quand je conduis la nuit ; c’est mon seul secret, ma seule liberté. L’air frais de l’orage vient lécher ma chatte, un contraste violent avec la chaleur qui irradie de mon sexe. Je suis déjà trempée. Pas seulement de pluie. Mon propre jus coule, épais, collant, se mélangeant aux restes de Marc que je n’ai pas eu la force d’essuyer proprement. Je glisse mes doigts dans la fente, écartant mes lèvres gonflées. C’est brûlant. C’est un volcan sous la glace du pont. « Merde... » je murmure, ma voix se brisant contre le tableau de bord. Je ferme les yeux et je l’imagine. Je ne veux pas de Marc, je ne veux pas d'un visage. Je veux l'orage. Je veux que la foudre s'incarne en un homme sans nom qui me briserait sur ce siège. J'imagine des mains rugueuses, calleuses, qui me saisissent les cuisses pour m'ouvrir en deux. Je visualise une bite énorme, violente, qui s'enfonce dans ma gorge pour faire taire mes sanglots, avant de venir labourer mes entrailles. Je commence à me masser, le pouce écrasant mon clitoris avec une force qui frise la douleur. Mes doigts s'enfoncent, explorant ma propre moiteur, cherchant le fond, cherchant à s'arracher de cette solitude. Le son de mes doigts qui font des bruits de succion dans ma chatte se mêle au martèlement de la pluie sur le béton au-dessus de moi. *Splotch. Splotch.* C'est le son de ma honte. C'est le son de mon plaisir. Je sens mon clitoris durcir sous la pression, une petite perle de nerfs à vif qui hurle pour obtenir plus. Je ne suis plus une conductrice de taxi, je ne suis plus une femme brisée ; je suis un morceau de viande en rut, enfermée dans une boîte de métal au milieu de la nuit marseillaise. Mon cul se soulève, je frotte mon bassin contre le bord du siège en cuir, cherchant une friction plus brute, plus sale. L'image s'intensifie. Je le vois, lui, l'inconnu né de la pluie. Il est derrière moi, ses mains broyant mes seins contre le volant. Je sens son membre, une barre d'acier brûlant, qui vient cogner contre mon entrée. Je me cambre, le dos arqué, les vertèbres craquant sous la tension. Je veux être prise ici, maintenant, sous ce pont qui pue la pisse et le désespoir, avec le tonnerre pour seule musique. Je rentre deux doigts, puis trois, de plus en plus profondément, imitant le va-et-vient d'une baise sauvage. Ma chatte les engloutit, les parois de mon vagin se contractant violemment autour de ma propre main. Je suis tellement lubrifiée que mes doigts glissent sans résistance, ressortant luisants de ma propre cyprine mêlée aux restes du foutre de l'autre. C'est dégueulasse. C'est divin. « Prends-moi... » j’étouffe entre mes dents, ma tête basculant en arrière contre l’appui-tête. Je commence à accélérer le rythme, ma main devient floue dans l'obscurité de l'habitacle. Je me cogne les hanches contre le volant, le klaxon lâche un bref cri étouffé, mais je m'en fous. Personne ne m'entend. Personne ne me voit. Je suis seule avec ma rage et ma faim. La tension monte dans mes jambes, mes orteils se crispent sur les pédales de mon taxi, comme si je cherchais à accélérer vers un mur de plaisir pur. Mon pouce ne lâche plus mon bouton de chair, le triturant avec une frénésie de possédée. Chaque battement de mon cœur résonne dans mon sexe. Je sens l’orgasme arriver, une vague de fond noire et puissante, aussi dévastatrice que la boue qui dévale les collines de Marseille. Je suis à la limite, à cet instant précis où la douleur et l’extase ne font plus qu’un, là où je peux enfin oublier qui je suis. La pluie redouble de violence, les éclairs déchirent le ciel au loin, illuminant brièvement l'habitacle d'une lumière crue, révélant mes jambes écartées, mon pantalon baissé sur mes chevilles, et ma main qui s'acharne sur mon entrejambe luisant. Je suis une épave, et je n'ai jamais eu autant besoin de couler. La buée a totalement envahi le pare-brise, transformant l’habitacle de mon taxi en une cellule de verre opaque, isolée du reste du monde. Dehors, Marseille se noie sous des trombes d’eau, mais ici, à l’abri sous ce pont de béton froid, l’air est devenu si épais qu’il me brûle les poumons. C’est une odeur de cuir vieux, de tabac froid et surtout, l’odeur âcre et entêtante de ma propre excitation qui remonte de mes jambes écartées. Mon majeur vient rejoindre mon pouce pour pincer mon clitoris, ce petit bouton de chair gonflé à bloc, dur comme une pierre précieuse. Je ne fais plus semblant. Je ne cherche plus la grâce. Je suis une bête coincée dans une cage de métal. Je remonte violemment mon bassin, mes fesses décollant du siège conducteur alors que je m'enfonce les doigts dans ma chatte, cherchant à combler ce vide béant qui me déchire les entrailles. « Oh putain... » Le mot m'échappe, rauque, étouffé par le fracas du tonnerre qui fait vibrer la carrosserie. Mes doigts sont trempés, poisseux de cette cyprine épaisse qui coule le long de mon poignet. Je sens le glissement visqueux, le bruit de succion obscène que font mes doigts à chaque va-et-vient frénétique à l'intérieur de moi. C'est cru, c'est sale, et c'est exactement ce qu'il me faut. Je ne suis plus la chauffeuse de taxi polie qui ramasse les épaves de la nuit marseillaise. Je suis un gouffre. Je regarde mon reflet dans le rétroviseur intérieur, éclairé par un nouvel éclair. Mes yeux sont injectés de sang, mes lèvres entrouvertes laissent échapper une plainte animale. Je me dégoûte presque autant que je me désire. Je saisis mon sein droit à travers mon t-shirt trempé de sueur, le pétrissant avec une violence qui me fera des bleus demain. Mon mamelon pointe, dur et douloureux sous le tissu rêche, tandis que ma main gauche continue son carnage entre mes cuisses. Je change de rythme. Je ralentis volontairement, juste pour sentir chaque pli de ma chatte, chaque ride de ma muqueuse qui se gonfle de sang. Je sens la chaleur irradier de mon sexe, une fournaise entre mes jambes alors que mes pieds, toujours chaussés de mes baskets usées, se crispent contre le tapis de sol. Je sens la texture de mes grandes lèvres, gorgées de désir, que j'écarte brutalement avec deux doigts pour laisser l'air frais de l'habitacle frapper mon méat urinaire et mon clitoris. Ce contraste me fait pousser un cri que le vent emporte. « Plus... je veux plus... » Je ne me contente plus de mes doigts. Je veux sentir la morsure de l'acier, la froideur du monde extérieur contre ma brûlure interne. Je me contorsionne sur le siège, manquant de cogner ma tête contre la vitre latérale. La ceinture de sécurité me scie l'épaule, mais je m'en sers, je m'appuie contre elle pour enfoncer mon poignet plus profondément. Je me doigte avec une rage désespérée, mes ongles griffant parfois l'entrée de mon vagin, ajoutant une pointe de douleur qui démultiplie l'extase. Je suis couverte de fluides. Ma chatte est une plaie ouverte, une fontaine de foutre féminin qui macule le velours gris du siège. Je m'en fous. Je vendrais mon âme pour que cet orage ne s'arrête jamais, pour rester ici, sous ce pont, à me dévorer de l'intérieur. Je commence à accélérer le mouvement, mes doigts s'agitant dans un rythme saccadé, imitant le martèlement de la pluie sur le toit. C'est une mécanique de précision, un piston de chair et de muscle qui s'emballe. Je sens mon col de l'utérus s'abaisser, prêt à recevoir une décharge que je retiens encore, juste pour le plaisir de souffrir. Ma main droite abandonne mon sein pour descendre rejoindre la gauche. Maintenant, c'est un carnage à deux mains. Je triture mon bouton avec une main pendant que l'autre explore mes profondeurs, cherchant ce point précis, cette zone de turbulence qui me fera perdre connaissance. L'humidité dans la voiture est telle que des gouttes de condensation commencent à tomber du plafond, venant s'écraser sur mon ventre nu. Chaque goutte est un choc électrique. Je sens l'odeur de mon excitation se mélanger à celle de la vase du Vieux-Port que le vent ramène jusqu'ici. C'est l'odeur de ma ville, l'odeur de ma misère et de ma jouissance. Ma respiration n'est plus qu'un sifflement erratique. Mes hanches ne m'obéissent plus, elles tressautent au rythme d'une musique que seule la tempête compose. Je commence à voir des taches sombres devant mes yeux. Je suis au bord du précipice, là où la raison s'arrête et où l'instinct prend le relais. Ma chatte se contracte violemment sur mes doigts, les emprisonnant dans un étau de muscles brûlants. Je n'ai jamais été aussi seule, et pourtant, j'ai l'impression que Marseille tout entière me regarde, cachée derrière les rideaux de pluie, observant la conductrice du taxi 402 se transformer en une flaque de plaisir et de honte. Je sens la vague monter, immense, noire, chargée de toute la crasse et de toute la beauté de cette nuit. Elle arrive, elle est là, dans le creux de mes reins, prête à exploser et à tout balayer sur son passage. Je plante mes doigts encore plus loin, jusqu'à la garde, sentant mon propre col battre contre mes phalanges. Je suis prête. Je suis une épave prête à se briser sur les récifs. Mais pas encore. Pas tout de suite. Je veux encore sentir cette tension insoutenable, ce feu qui me lèche la colonne vertébrale. Je veux que ça fasse mal. Je veux que Marseille m'entende hurler. L’acier du taxi 402 tremble sous les assauts du tonnerre, mais ce n’est rien comparé au séisme qui ravage mon entrejambe. Je suis arquée sur le siège conducteur, les fesses décollées du cuir noir qui colle à ma peau nue. Mes doigts, enfoncés jusqu’à la garde dans ma chatte béante, ne me suffisent plus. Je veux plus. Je veux tout. Ma main gauche délaisse le volant pour venir pincer mon clitoris avec une violence désespérée. Il est gonflé, dur comme une pierre précieuse, irradiant une chaleur qui menace de me consumer. Je le malaxe entre mon pouce et mon index, triturant la chair sensible jusqu'à ce que des éclairs blancs zèbrent ma vision, plus vifs que ceux qui déchirent le ciel de Marseille. La douleur et le plaisir se confondent en une seule et même lame de fond qui me transperce de part en part. « Putain… oh putain… » Le mot s’échappe de mes lèvres comme un râle de mourante. Ma propre odeur remplit l’habitacle clos, un parfum musqué, acide, l’odeur de la solitude et du désir à vif. À l’intérieur de moi, mes parois se contractent autour de mes doigts dans un rythme erratique. Je sens le glissement gras de ma cyprine, cette sauce épaisse et brûlante qui inonde ma paume et coule le long de mon poignet, trempant la manche de mon chemisier. Je m’en fiche. Je veux me noyer dedans. Je commence un va-et-vient frénétique, mes trois doigts martelant mon col de l'utérus. Chaque coup est une décharge électrique. Je ne suis plus une femme, je suis une plaie ouverte, un cri qui cherche à sortir. Mon bassin cogne contre le bas du volant, le cuir froid heurtant mon pubis en feu, créant un contraste qui me tire des gémissements de bête blessée. Je ne me touche pas avec douceur, je me baise avec une rage noire, cherchant à expulser toute la crasse de ma vie dans ce mouvement de piston. Ma chatte est devenue un brasier. Elle est rouge, trempée, offerte à l’ombre du pont. Je sens mes muscles pelviens se figer, une crampe délicieuse et terrifiante qui remonte de mes talons jusqu'à ma nuque. Le point de non-retour. « Maintenant… donne-moi tout, bordel ! » Je crispe mes doigts à l'intérieur de moi, les repliant en crochet pour gratter ma paroi antérieure, là où tout mon être semble s'être concentré. En haut, mon pouce écrase mon clitoris avec une force qui devrait me faire hurler de douleur, mais qui ne fait que nourrir la bête. Mon ventre se durcit, devient de la pierre. Et soudain, le barrage cède. L'orgasme me frappe comme un direct au foie. C’est une explosion de foutre féminin, une giclée violente qui vient poisser mes doigts et le siège du taxi. Mes muscles se convulsent par vagues successives, des spasmes si puissants que mon dos se cambre jusqu'à toucher le plafond de la voiture. Je hurle. Un cri rauque, sauvage, qui déchire le fracas de la pluie. Un cri pour tous les clients qui m'ont ignorée, pour les rues qui m'ont salie, pour cette ville qui me bouffe les entrailles. Ma chatte aspire mes doigts dans un mouvement de succion désespéré, se refermant sur eux comme pour les broyer. Je décharge pendant ce qui me semble être une éternité, le corps secoué de tremblements incontrôlables. Ma tête retombe lourdement contre l'appui-tête, mes yeux révulsés ne voient plus que les gouttes d'eau qui glissent sur le pare-brise, déformant les lumières lointaines de la Joliette. Le plaisir continue de pulser en moi, longuement, par petits chocs électriques qui me laissent vidée, anéantie. Je retire mes doigts lentement, sentant l'air froid s'engouffrer dans mon sexe resté béant, palpitant de chaque spasme résiduel. Ma main est couverte de mon propre jus, un mélange de sueur et de vie qui brille à la lueur d'un lampadaire faiblard. Le silence retombe dans le taxi 402, seulement troublé par le cliquetis du moteur qui refroidit et le tambourinement de l'orage. Je reste là, les jambes écartées, le souffle court, sentant le liquide chaud refroidir sur mes cuisses. La honte n'est pas encore là. Pour l'instant, il n'y a que ce vide immense, cette paix brutale qui suit les grandes catastrophes. Je porte mes doigts à ma bouche, goûtant l'acidité de ma propre jouissance. C'est le goût de Marseille. C'est le goût de ma survie. L'orage commence à faiblir. Je remonte ma culotte sur ma peau encore collante, je referme ma braguette avec des gestes de automate. Je suis Danielle, conductrice de taxi, et je viens de laisser un morceau de mon âme sous ce pont. Je passe la première, les mains tremblantes sur le volant. Le compteur est à zéro. La nuit ne fait que commencer.

Confessions Nocturnes

Le bitume de la Canebière luit sous les projecteurs oranges, encore trempé par l’orage qui vient de balayer la ville. L’air est lourd, une mélasse d'humidité et d'iode qui s'engouffre par ma vitre entrouverte. Je roule au pas, les mains crispées sur le cuir élimé du volant. Entre mes jambes, ça brûle encore. Ma culotte est une éponge tiède, collée contre mes lèvres qui palpitent au rythme des irrégularités de la chaussée. L’odeur de mon propre foutre, ce musc acide et entêtant que j’ai sur les doigts, imprègne l’habitacle. C’est mon parfum, ma signature de femme seule. Je jette un œil au rétro. Mes yeux sont injectés de sang, cernés par des années de nuits blanches et de désillusions. Quarante-cinq ans. La peau de mon cou commence à trahir la fatigue, mais mon ventre, lui, est un brasier permanent. C'est là que je la vois. Sur le trottoir, devant un bar qui ferme ses rideaux métalliques dans un fracas de ferraille. Elle est seule. Une silhouette gracile perdue dans une robe en soie émeraude qui lui moule les hanches comme une seconde peau trempée. Elle lève la main. Je pile. Le pneu couine sur le goudron humide. Elle monte à l’arrière, côté droit. Une bouffée de luxe et de détresse envahit le taxi : un mélange de Chanel N°5, de gin bon marché et de larmes fraîches. — Où je vous emmène ? je demande, ma voix plus rauque que d'habitude. — N'importe où. Roulez. Montez vers la Corniche. S'il vous plaît. Elle s'effondre contre la banquette. Je la dévisage dans le miroir central. Elle doit avoir trente ans. Des traits fins, une bouche charnue dont le rouge a bavé, et des yeux d'un bleu délavé par le chagrin. Elle retire ses talons aiguilles, révélant des pieds cambrés, nerveux. Je sens une décharge électrique me traverser l'échine. Le contraste entre ma rudesse de chauffeuse de taxi, mes mains calleuses, mes fringues de boulot, et sa fragilité de poupée de porcelaine brisée me donne envie de cogner quelque chose. Ou de l'ouvrir en deux. Je passe la seconde, le moteur grogne. Le silence dans la bagnole est épais, chargé de tout ce qu'elle ne dit pas. Je sens son regard sur ma nuque, sur mes cheveux courts et grisants. — Il n'a même pas fini, lâche-t-elle soudain, sa voix brisée par un sanglot sec. Je ne réponds pas. Je sais qu’à cette heure-là, je ne suis pas une conductrice. Je suis un confessionnal roulant. — Il m'a retournée sur le lit comme un sac de viande, continue-t-elle, les yeux fixés sur les lumières qui défilent. Il est entré en moi sans même me regarder. Sec. Brutal. Juste pour se vider. Et quand il a eu son compte, quand il a craché son foutre au fond de moi, il s'est levé pour aller fumer sur le balcon. Il m'a laissée là, ouverte, vide... avec cette sensation de n'être qu'un trou. Un putain de vide-ordures. Ma main glisse du volant vers ma cuisse. Je sens le pli de mon jean s'enfoncer contre mon clitoris gonflé. La simple évocation de ce type, de cette semence jetée avec mépris, me fait monter une bouffée de chaleur aux joues. Ma chatte se remet à pleurer, une onde de chaleur liquide qui s'écoule lentement le long de mon pli de l'aine. — Les hommes ne savent plus toucher, je grogne, les yeux rivés sur la route sinueuse qui surplombe la mer. Ils ne savent plus goûter la peau. Ils veulent juste planter leur bite et oublier qu'il y a une âme autour. Elle se penche en avant, ses mains s'agrippant au dossier de mon siège. Je sens son souffle chaud près de mon oreille. Elle sent la femme en rut, celle qui a été excitée mais jamais rassasiée, une frustration chimique qui m'excite au-delà du raisonnable. — Et vous ? murmure-t-elle. Vous savez ? Je ralentis. Nous sommes sur les hauteurs de Malmousque. La mer, en bas, est une gueule noire qui écume. Je gare le taxi sur un renfoncement de terre battue, loin des lampadaires. Je coupe le moteur. Le silence est assourdissant, seulement troublé par le cliquetis du métal qui refroidit. Je me tourne lentement vers elle. Elle ne s'est pas reculée. Son visage est à quelques centimètres du mien. Je vois la sueur perler entre ses seins, là où le tissu vert s'arrête. Ses tétons pointent, agressifs, sous la soie fine. — Je sais ce que c'est que d'avoir faim, je dis, ma main cherchant instinctivement la poignée de la portière arrière pour la verrouiller. Je sais ce que c’est que d'avoir le feu entre les jambes et personne pour l'éteindre avec de la douceur. Juste avec du muscle et de la salive. Elle me regarde droit dans les yeux, et je vois une lueur de défi, de besoin pur, de perversion. Elle écarte lentement les jambes sur la banquette arrière. Elle ne porte rien sous sa robe. Ses lèvres vulvaires, d'un rose sombre et gonflé, apparaissent dans la pénombre. Elle est trempée. Je vois les fils de son désir briller sur le cuir noir du siège. — Montrez-moi, Danielle, souffle-t-elle en lisant mon nom sur mon badge professionnel. Montrez-moi comment une femme prend une autre femme quand elle a le cœur en cendres. L'air dans le taxi devient irrespirable. Mon sang cogne dans mes tempes. Je ne suis plus la conductrice solitaire. Je suis une prédatrice affamée, et elle est mon repas de minuit. Je détache ma ceinture d'un coup sec. Le cliquetis métallique résonne comme le coup d'envoi d'un carnage. Je passe à l'arrière, mes mains tremblantes d'une rage érotique que je ne peux plus contenir. Je veux enfouir mon visage dans cette toison humide, je veux sentir le goût de sa déception se transformer en gémissements de plaisir pur. Je veux mes doigts dans ses entrailles jusqu'au poignet, je veux qu'elle oublie jusqu'à son propre nom sous mes assauts. — Écarte-toi encore, je lui ordonne en m'agenouillant entre ses cuisses ouvertes. Écarte cette chatte que ce connard n'a pas su honorer. Je vais te faire oublier ce que c'est qu'une bite. Elle obéit, les yeux révulsés, ses mains s'agrippant à ses propres cuisses pour s'ouvrir davantage, m'offrant son intimité béante, luisante, prête à exploser. Ma main plonge dans l'échancrure de son entrejambe, mes doigts s'enfonçant immédiatement dans une mélasse de désir brûlant. Elle lâche un cri, un râle de gorge, alors que mon pouce écrase déjà son bouton de chair tendu au maximum. Le voyage commence. Et il n'y aura pas de retour. Mes doigts s'enfoncent dans sa chair comme dans du beurre chaud, mais un beurre électrique, vibrant de toutes les frustrations qu’elle m’a déballées à l'avant de la bagnole. Je sens l’humidité poisseuse qui me remonte jusqu’aux articulations. C’est pas juste de la mouille, c’est de la lave, un appel au secours liquide qui vient de ses entrailles. — Putain, t'es tellement trempée, je souffle contre sa cuisse, ma voix n'étant plus qu'un grognement animal. Tu l'attendais, hein ? Tu attendais que quelqu'un vienne enfin s'occuper de ce gâchis. Elle ne répond pas avec des mots. Elle jette sa tête en arrière, son crâne cognant contre le cuir du siège dans un bruit sourd. Sa bouche est une plaie ouverte, un orifice qui cherche l'air alors que je lui retire tout oxygène. Je rajoute un deuxième doigt, puis un troisième, écartant ses lèvres gonflées, violacées par l'afflux de sang. Je sens sa chatte se refermer sur ma main dans un spasme désespéré, essayant d'aspirer mes doigts, de les garder prisonniers pour l'éternité. — Plus fort... murmure-t-elle, une larme traçant un sillon brillant sur sa joue fardée. Je t’en supplie, Danielle... déchire-moi. Fais-moi oublier qu’il m’a touchée avec ses mains mortes. Je ne me le fais pas dire deux fois. Je retire mes doigts d'un coup sec, provoquant un bruit de succion écoeurant, un claquement mouillé qui résonne dans l'habitacle confiné. Elle lâche un petit cri de protestation, les hanches se soulevant instinctivement pour poursuivre ma main. Mais je n'en ai pas fini. Je plonge mon visage entre ses jambes. L’odeur me frappe, brutale, entêtante. C’est l’odeur de la femme en rut, mêlée à celle de son parfum de luxe qui commence à tourner sous la chaleur de l’acte. Je ne prends pas de gants. J'écrase mon nez contre son clitoris, inhalant son essence, avant de darder ma langue sur ce bouton de chair durci comme une bille d'acier. Je la goûte. Elle est acide, sucrée, métallique. C’est le goût de la défaite qui se transforme en victoire. Ma langue travaille avec une rage méthodique, remontant et descendant le long de sa fente, léchant le jus qui perle de son méat pour aller l'étaler sur son trou de balle tendu, puis revenant s'acharner sur son gland. — Oh dieu... oh non... Danielle ! Elle s'agrippe à mes cheveux, ses ongles s'enfonçant dans mon cuir chevelu, me tirant avec une violence qui me donne une érection mentale. Elle me force contre sa chatte, m'étouffant presque sous sa toison. Je mords. Pas fort, juste assez pour qu'elle sente mes dents sur son clitoris. Elle hurle, un son pur, strident, qui doit faire vibrer les vitres du taxi. Je ne m'arrête pas. Je veux qu'elle soit à bout de souffle. Je rentre deux doigts dans son cul, cherchant la résistance, sentant l'anneau se détendre sous l'assaut de ma salive et de ses propres fluides. C’est sale, c’est direct, c’est exactement ce qu’elle réclamait sans oser le dire. — Regarde-moi, je lui ordonne, m'extrayant un instant de son entrejambe, le visage luisant de son foutre, les lèvres rouges de l'avoir trop frottée. Elle ouvre les yeux, ses pupilles sont deux trous noirs immenses. Elle est là, mais elle est déjà ailleurs, dans cette zone où la douleur et le plaisir ne font plus qu'un. — Dis-moi que c'est moi que tu sens. Pas lui. Pas ses excuses. Pas sa mollesse. Dis-moi que je suis en train de te démonter. — C'est toi... gémit-elle, ses mains descendant pour pétrir ses propres seins, écrasant ses tétons entre ses doigts avec une cruauté délicieuse. C’est tes doigts... c’est ta bouche... j’ai l’impression que tu vas me briser en deux. — C'est l'idée, ma belle. Je me redresse un peu, mes genoux s'enfonçant dans la banquette. Je prends sa jambe droite et je la balance par-dessus mon épaule, l'ouvrant comme un livre dont je vais arracher toutes les pages. L'angle est parfait. Son intimité est offerte, béante, palpitante. On dirait une fleur carnivore en pleine éclosion, humide et affamée. Je crache dans ma paume, un gros mollard de désir que j'étale sans cérémonie sur son entrée déjà ravagée. Je reforme une fourche avec mes doigts, les tendant comme un poignard. — Je vais rentrer tout ça dedans, et je ne m'arrêterai pas tant que tu n'auras pas vidé tout ce que t'as dans le ventre sur mes doigts. Tu m'entends ? Tu vas dégorger chaque goutte de ta honte. Je n'attends pas sa réponse. J'enfonce ma main d'un coup brusque, cherchant le fond, cherchant son col, cherchant l'endroit exact où elle cache ses sanglots. Elle se cambre tellement que seul son crâne et ses talons touchent encore le siège. Un râle rauque, presque masculin, sort de sa gorge alors que je commence un mouvement de va-et-vient sauvage, mes phalanges percutant son os pubien à chaque coup. Le bruit est obscène. Un martèlement de chair contre chair, un floc-floc incessant qui remplit l'espace. Je sens ses parois se convulser, essayer de broyer ma main, de rejeter l'intrusion tout en l'exigeant. Sa chatte est un étau de feu. — Plus profond ! aboie-t-elle, perdant toute contenance. Plus loin ! Tue-moi avec tes doigts, Danielle ! Je sens la vague arriver. Pas la petite vague de plaisir poli, mais le tsunami. Son corps commence à trembler de spasmes incontrôlables. La sueur perle sur son front, coulant dans ses yeux, mais elle ne cligne même pas. Elle me fixe, me dévorant du regard alors que je la laboure sans pitié. Je sens son urètre se tendre, sa vessie s'affoler sous la pression de mes doigts qui accrochent son point G avec une précision de chirurgien. Elle est sur le point de rompre. Je le sens à la façon dont son odeur change, devenant plus forte, presque électrique. Je ralentis volontairement le rythme, la faisant frémir sur le rebord du gouffre, juste pour l'entendre me supplier. — S'il te plaît... ne t'arrête pas... Danielle, je vais... je vais... — Tu vas quoi ? Je siffle, enfonçant mon pouce sur son clitoris pour la verrouiller dans cette agonie délicieuse. Dis-le. Dis-moi ce que je te fais. — Tu me tues... tu me fais jouir comme une traînée... s'il te plaît... donne-le moi ! Je sens le premier jet de son plaisir frapper le dos de ma main, une chaleur liquide et soudaine qui annonce l'explosion. Mais je ne la laisse pas encore partir. Je veux qu'elle rampe. Je veux qu'elle se noie. Je ne bouge plus. Mes doigts sont crochetés à l’intérieur d’elle, verrouillés contre cette paroi rugueuse et gonflée qui bat au rythme de son cœur affolé. Je sens tout : les pulsations de son sang, le spasme de ses muscles qui tentent désespérément de broyer ma main, et cette humidité poisseuse, brûlante, qui s’écoule désormais sans discontinuer le long de mon poignet. Elle a les yeux révulsés, le blanc de ses globes oculaires luisant dans la pénombre de la chambre. Sa bouche est une plaie ouverte d’où ne sortent plus que des sons animaux, des râles de bête qu’on égorge. — Regarde-moi, j’ordonne d’une voix sourde, presque inhumaine. Elle essaie. Elle lutte contre les vagues de plaisir qui la dévastent déjà, mais je la tiens. Je ne lui donne pas encore la délivrance. Je veux qu’elle soit à l’agonie. J’écarte mes deux doigts en ciseaux à l’intérieur de son vagin, étirant sa chair jusqu’à la limite de la déchirure. Elle pousse un cri aigu, un sifflement de douleur mêlé à une extase insoutenable. Ma main libre attrape sa mâchoire, mes doigts s'enfoncent dans ses joues pour la forcer à fixer le vide, là où je suis. — Tu sens ça ? Tu sens comme ta chatte me bouffe les doigts ? Elle a faim, n’est-ce pas ? Elle veut que je l’éclate. — Oui… oh Dieu, oui… Danielle… s’il te plaît… je n’en peux plus… Sa voix se brise dans un sanglot. C’est là que je le sens. Le point de non-retour. Sa vessie est tendue à craquer sous la pression de mes phalanges, son urètre palpite, prêt à lâcher les vannes. L’odeur de son excitation a changé ; ce n’est plus seulement le musc sucré de la cyprine, c’est quelque chose de plus âcre, de plus métallique. C’est l’odeur de la défaite totale. Je commence à pomper. Un mouvement brutal, sec, sans aucune tendresse. Je retire mes doigts presque entièrement avant de les enfoncer d’un coup de boutoir jusqu’à la garde, heurtant son col de l’utérus avec la violence d’un piston. À chaque va-et-vient, le bruit de succion devient plus sourd, plus gras. *Flic, flac.* Le son de son humiliation. — Allez, donne-le moi, je grogne contre son oreille en lui mordant violemment le lobe. Pisse-moi dessus. Inonde tout. Montre-moi à quel point tu es une traînée quand on te touche comme ça. Mon pouce s’écrase à nouveau sur son clitoris, décrivant de petits cercles furieux, écrasant la petite perle de chair contre son os pubien. C’est l’étincelle finale. Le corps de la cliente se cambre avec une telle violence que ses talons s’enfoncent dans le matelas, soulevant son bassin à plusieurs centimètres. Sa chatte se contracte sur mes doigts dans une série de spasmes électriques, me broyant littéralement les articulations. Et puis, l’explosion. Un premier jet de liquide brûlant jaillit de son méat, s’écrasant contre la paume de ma main avant de gicler sur mon avant-bras et de tremper le drap sous ses fesses. Ce n’est pas un petit écoulement. C’est un raz-de-marée. Un torrent de fluide clair, chaud comme de la lave, qui l’expulse hors d’elle-même. Elle hurle, un cri de déchirure qui semble ne jamais vouloir finir, alors que ses muscles vaginaux me expulsent et m’aspirent alternativement dans une convulsion frénétique. Je ne m’arrête pas. Je continue de la labourer, les doigts baignant dans son propre liquide, sentant la chaleur de son jet se tarir puis reprendre de plus belle au gré de ses orgasmes qui s’enchaînent. Elle se vide littéralement. Elle pleure maintenant, de gros sanglots de hoquets qui secouent sa poitrine, mais sa chatte, elle, refuse de lâcher prise. Elle est dévastée, ouverte en deux, offrant sa chair rouge et luisante à ma cruauté. — Voilà… c’est ça… vide-toi, je murmure, ma propre voix étranglée par une excitation que je ne peux plus cacher. Je sens mes propres muscles pelviens se tendre, mon propre manque me brûler le bas-ventre. La voir ainsi, brisée, offerte, noyée dans ses propres fluides, déclenche en moi une pulsion de possession absolue. Je retire brusquement mes doigts. Ils sont rouges, trempés, fumants dans l’air frais de la pièce. Elle retombe lourdement sur le lit, les jambes écartées, incapable de les refermer. Ses lèvres vulvaires sont gonflées, boursouflées par l'afflux de sang, et continuent de perler un mélange de foutre féminin et de liquide saphique. Elle est magnifique de détresse. Je m’approche de son visage. Elle ne bouge plus, ses yeux fixent le plafond, ses pupilles encore dilatées par le choc. Je lèche mes doigts, lentement, un par un, savourant son goût acide et salé sous son regard vide. C’est le goût de ma victoire, mais aussi celui de ma propre solitude. — C’est fini, je dis d’un ton froid, presque clinique, contrastant avec le chaos que je viens de déclencher. Je me lève, la laissant là, au milieu de la mare humide qui marque le drap. Le silence retombe, lourd, étouffant. Elle ne dit rien. Elle se contente de ramener une main tremblante sur ses yeux pour cacher ses larmes. Le conflit est résolu, mais à quel prix ? Je sens la morsure du froid sur ma peau nue et l'écho de son cri qui résonne encore dans mes os. Dans le reflet du miroir, je vois une femme qui a pris ce qu'elle voulait, mais dont le cœur reste un champ de ruines. Je ramasse mes vêtements sans un regard en arrière. La confession est terminée. La nuit peut maintenant m'avaler tout entière.

La Peau contre le Cuir

La moiteur de Marseille est une main poisseuse qui me plaque contre le dossier de mon taxi. Il est deux heures du matin. L’air est saturé de sel, de gasoil et de cette odeur de bitume surchauffé qui ne refroidit jamais vraiment, même quand la lune surplombe la Méditerranée. Mes doigts serrent le volant en cuir usé de ma Mercedes. Ce cuir, il est comme moi : craquelé par le temps, marqué par des milliers de passages, mais encore souple, encore vivant sous la pression. Je viens de déposer mon dernier client près du Vallon des Auffes. Un type qui empestait le mépris et le parfum de luxe. Je suis seule, maintenant. Toujours seule. Dans le rétroviseur, mes yeux de quarante-cinq ans me fixent avec une lucidité qui fait mal. Les cernes sont là, mais l’éclat de mes pupilles trahit l'incendie qui couve sous ma chemise de chauffeur, déboutonnée juste assez pour laisser respirer la naissance de mes seins. Je braque le volant et m'engage sur un renfoncement de la Corniche, là où l'obscurité est assez dense pour avaler ma honte. J’éteins le moteur. Le silence qui suit est assourdissant, seulement rompu par le cliquetis du métal brûlant qui refroidit. *Clic. Clic.* Comme un compte à rebours. Ma main glisse sur le levier de vitesse. C’est un objet froid, dur, impersonnel. Je ferme les yeux. Je n'ai pas besoin de voir. Je sens le fantôme de *lui* s'installer sur le siège passager. Un étranger. Un homme sans visage mais avec des mains de géant et une voix qui ne demande pas, qui ordonne. Dans mon esprit, il m'attrape par la nuque, ses doigts s'enfonçant dans ma chair, et il grogne : « Ne bouge pas, Danielle. Fais ce que tu sais faire. » Un frisson me parcourt l'échine, une décharge électrique qui finit sa course entre mes cuisses. Je suis trempée. Ma culotte en coton est une éponge chaude collée contre mes lèvres. Je ne perds plus de temps. Je dégrafe mon pantalon de service, le bruit de la fermeture éclair déchire le silence comme un cri. Je l’abaisse jusqu’aux genoux, libérant mes hanches lourdes, ma peau qui garde encore la marque élastique de mes vêtements. L'odeur monte d'un coup. Ma propre odeur. Forte, musquée, celle d’une femme en manque, une odeur de marée basse et de désir brut. Je me cabre sur le siège. Le contact du cuir froid contre mes fesses nues me fait rager de plaisir. C’est un contraste violent, presque douloureux. Je saisis ma propre chatte à pleine main, mes doigts s’enfoncent dans les poils drus, cherchant la fente qui brûle. Je suis une fontaine. Le liquide coule, glisse sur mes doigts, vient napper le cuir noir du siège. « Regarde-moi, salope », murmure la voix du fantôme dans mon oreille. Je m’obéis. Je fixe mon reflet dans le rétro intérieur tout en triturant mon clitoris gonflé à bloc. Il est dur comme un caillou sous la pulpe de mon pouce. Je frotte, fort, sans aucune douceur, cherchant la douleur pour oublier la tristesse. Ma main gauche remonte sur ma poitrine, je pétris mon sein droit, j'écrase le mamelon entre l’index et le majeur jusqu’à ce que je sente une pointe de souffrance. Je ne suis plus une conductrice de taxi. Je suis une bête en cage dans cet habitacle de cuir et d'acier. Je sors ma langue, je lèche mes lèvres sèches, imaginant le goût de son foutre, amer et chaud. Mes doigts s'enfoncent maintenant à l'intérieur de moi, deux phalanges, puis trois. Je suis tellement large, tellement prête. Je me déchire presque tant je veux sentir quelque chose de massif me remplir. Je ramène mes genoux contre le tableau de bord, exposant mon sexe béant aux lumières lointaines du port qui scintillent au loin. Le levier de vitesse est là, à portée de main. Son pommeau est lisse, impitoyable. Je l’imagine se transformer en une bite énorme, une barre de fer charnelle qui n’aurait aucune pitié pour mon deuil ou ma solitude. Je me penche en avant, ma poitrine écrasée contre le volant, le klaxon manque de retentir. Je cherche le contact. Je veux que cet habitacle devienne mon amant, qu'il me pénètre, qu'il me brise. Je glisse une main entre mes fesses, cherchant l'entrée plus étroite, plus sombre. Mes doigts, enduits de mon propre jus, forcent le passage. Je gémis, un son rauque, animal, qui se perd dans l'immensité de la nuit marseillaise. Je suis Danielle, j’ai 45 ans, et je n’existe plus que par cette friction, par ce besoin de me sentir saccagée pour ne plus me sentir vide. Ma main qui travaille mon clitoris accélère la cadence. Je commence à voir des taches de lumière derrière mes paupières closes. La sueur perle sur mon front, dégouline entre mes seins, vient se mêler à l’humidité de mon sexe. Le cuir du siège gémit sous mes coups de reins désordonnés. *Frotte. Enfonce. Brise.* Je ne suis qu'au début de ma descente aux enfers, et je ne veux surtout pas qu'on me sauve. Le cuir noir crépite sous mes fesses nues, un son sec qui ponctue chacun de mes mouvements erratiques. Je sens la sueur couler le long de ma colonne vertébrale, une traînée glacée qui finit sa course dans le pli de mon cul, là où mes doigts s’acharnent. L’odeur dans l’habitacle a changé ; ce n’est plus le parfum bon marché du désodorisant à la vanille, c’est l’odeur de ma propre viande, de ma mouille qui sature l’air confiné du taxi. Une odeur de marée, de sel et de besoin brut. Je me redresse brusquement, le dos cambré à m’en rompre les vertèbres. Mon regard se pose sur le levier de vitesse. Ce morceau de métal froid, gainé de cuir usé par des milliers de passages de rapports, devient l’objet de ma fixation. Dans mon délire, ce n’est plus une pièce mécanique. C’est la bite d’acier de ce client fantôme, cet étranger autoritaire que j’ai inventé pour combler le gouffre de ma solitude. — Regarde-toi, Danielle... murmure-je, ma voix n'étant plus qu'un sifflement rauque. Regarde quelle sale traînée tu fais. Je me déplace, glissant mes hanches vers le centre, enjambant la console centrale. Le frein à main me griffe la cuisse, mais je m'en fous. Je veux la douleur. Je veux que ça marque. Je m’accroupis au-dessus du levier de vitesse, les pieds calés sur les tapis de sol crasseux. Mes lèvres génitales, gorgées de sang et d’excitation, sont grandes ouvertes, dégoulinantes. Ma chatte est une plaie béante qui ne demande qu'à être colmatée. Je descends lentement. Le pommeau du levier vient heurter mon clitoris, un choc électrique qui me fait hurler contre le pare-brise embué. Je ne m’arrête pas. Je joue avec l’inclinaison, cherchant l’angle qui me déchirera le mieux. Je sens le froid du métal à travers le cuir fin du levier qui s'enfonce entre mes lèvres. Je pousse encore. Ma chatte l’avale centimètre par centimètre. C’est dur, inflexible, inhumain. C'est exactement ce qu'il me faut. — Oui... prends-moi, putain... défonce-moi... Je lâche le volant pour saisir la ceinture de sécurité du passager. Je l'enroule autour de mon cou, serrant jusqu'à ce que mes veines tempes battent à tout rompre, jusqu'à ce que l'air manque. Je veux sentir la suffocation monter en même temps que le plaisir. Dans le rétroviseur central, je vois mes yeux : deux billes sombres, sauvages, injectées de sang. Je ne reconnais pas cette femme de quarante-cinq ans. Je ne vois qu'une bête en rut, une épave qui cherche son salut dans l'ordure. Ma main droite retourne à mon cul. J’ai maintenant deux doigts enfoncés profondément dans mon anus, qui s’étire et se révolte. La sensation de double pénétration — le levier de vitesse dans ma chatte, mes doigts dans mon cul — crée un court-circuit dans mon cerveau. Je commence à basculer d'avant en arrière, un mouvement de va-et-vient frénétique. Le levier de vitesse s'enfonce et ressort, lubrifié par mon propre foutre qui gicle à chaque secousse, maculant la console centrale, les boutons de la radio, le carnet de courses. Je ferme les yeux et il est là. L’Étranger. Je sens sa main invisible plaquer ma tête contre le tableau de bord. J’imagine ses doigts sales s'enfoncer dans ma bouche pendant qu'il me laboure de l'intérieur. — Tu aimes ça, hein ? me souffle son ombre dans l'oreille. Tu aimes sentir le fer te remplir ? Tu n'es rien d'autre qu'un trou, Danielle. Un trou vide que personne ne veut combler. — Plus fort... supplie-je l'obscurité. Brise-moi les hanches... je veux que ça saigne... je veux sentir que j'existe ! Je retire mes doigts de mon cul avec un bruit de succion immonde et je les porte à ma bouche. Le goût de ma propre merde et de mon sexe se mélange sur ma langue. C’est âcre, c’est sale, c’est la vérité de ma vie. Je me remets à me masturber le clitoris avec une violence inouïe, mes doigts frappant la chair comme un marteau-piqueur, tandis que je continue de m'enfiler sur le levier de vitesse. Mon bassin est pris de spasmes. Je sens l’orgasme arriver, non pas comme une caresse, mais comme une explosion de shrapnels. Mon corps se tend, mes muscles se tétanisent. Le levier de vitesse semble vouloir me transpercer l'utérus. Je sens les parois de mon vagin se contracter désespérément autour du cuir froid, essayant d'en extraire une semence qui ne viendra jamais. La sueur me brûle les yeux. Je lâche la ceinture de sécurité et mes mains agrippent le tableau de bord, mes ongles griffant le plastique dur. Je suis à la limite. Le point de non-retour. Chaque frottement du levier contre mon point G déclenche des décharges qui me font gémir comme une truie qu'on égorge. — Je t'en prie... murmure-je, le visage écrasé contre le plastique froid. Finis-moi... tue-moi là-dedans... Le mouvement devient erratique, désordonné. Je ne contrôle plus rien. Mon cul se soulève et retombe sur le levier avec une force qui me fait grimacer de douleur, mais la douleur est le seul carburant qui me reste. Je sens mon sphincter se contracter et se relâcher au rythme de mes halètements. L'humidité entre mes jambes est telle que je glisse, manquant de tomber de la console. Je me raccroche au levier, le serrant entre mes cuisses de toutes mes forces, mon clitoris broyé contre le sommet du pommeau. Je suis une carcasse en surchauffe, une machine dont le moteur va exploser. Et pourtant, je sens qu’il manque encore quelque chose. Une ultime humiliation. Une étape supplémentaire dans ma déchéance. Je jette un regard vers la portière arrière, imaginant la main de l'Étranger qui s'apprête à m'attraper par les cheveux pour me traîner sur la banquette, là où le vrai massacre pourra commencer. Ma main descend à nouveau vers mon entrejambe, mes doigts cherchant à s'enfoncer encore plus loin, là où la chair est la plus tendre, la plus meurtrie. Le silence de la nuit marseillaise est déchiré par le bruit de ma respiration, un râle de bête agonisante qui refuse de mourir seule. Je ne suis pas encore au bout. L'abîme m'appelle, et je vais y plonger la tête la première. Je bascule par-dessus le dossier du conducteur, mes mouvements sont heurtés, presque convulsifs. Je me fiche de la dignité, je me fiche des bleus que je me fais sur les côtes en franchissant la paroi. Je tombe lourdement sur la banquette arrière, ce cuir noir qui a vu défiler des centaines d'inconnus, de poivrots et de putains, et qui maintenant recueille ma propre souillure. L’ombre de l'Étranger me suit. Je l'invente si fort que je crois sentir l'odeur de son tabac froid et de sa sueur âcre dans l'habitacle confiné. Dans ma tête, il ne demande pas la permission. Il m'attrape par la nuque, son pouce écrasant ma trachée, m'obligeant à lever le menton vers le plafonnier éteint. — Regarde-toi, salope, je me murmure à moi-même d'une voix qui n'est plus la mienne. Regarde ce que tu es devenue. Je m'allonge sur le dos, les jambes grandes ouvertes, les talons plantés dans les portières. Ma jupe est remontée jusqu'à ma taille, exposant ma vulnérabilité la plus crue. Je suis trempée. Ma chatte est une plaie ouverte, rouge, battante, qui réclame d'être achevée. L'humidité coule le long de mon sillon interfessier, poisseuse, marquant le cuir d'une trace luisante. Mes doigts, souillés de mon propre suc, ne me suffisent plus. J'attrape la boucle métallique de la ceinture de sécurité. Le métal est glacial, un contraste violent avec la fièvre qui me dévore les entrailles. Je ne cherche pas la douceur. Je cherche l'impact. Je plaque le bord plat de la boucle contre mon clitoris gonflé à bloc et j'exerce une pression brutale, un mouvement de va-et-vient frénétique. Le froid du métal me fait hurler. Un cri sourd qui vient du fond de mes tripes et vient mourir contre les vitres embuées. Je ferme les yeux et je vois l'Étranger. Il est au-dessus de moi, déboutonnant son pantalon avec une lenteur sadique. Je vois sa bite, sombre, énorme, parcourue de veines saillantes. Dans mon délire, il la saisit, la frotte contre mes lèvres déjà tuméfiées, avant de l'enfoncer d'un coup sec, sans lubrifiant, sans un mot de tendresse. Je m'enfonce deux doigts, puis trois, dans mon vagin qui se contracte spasmodiquement autour de l'intrusion. C’est trop, et ce n’est pas assez. Je veux être déchirée. Je veux que ce taxi devienne le théâtre de mon exécution. Ma main libre attrape mon sein droit, je tords le mamelon jusqu'à la douleur, cherchant dans la souffrance physique le seul ancrage qui me reste. — Viens… prends-moi… détruis-moi… j'expire entre deux sanglots. Le rythme s'accélère. Ma main droite s’acharne sur ma chatte, mes doigts entrant et sortant dans un bruit de succion écœurant, de plus en plus rapide. Le foutre imaginaire de cet homme me brûle déjà la gorge. Je sens l’orgasme monter, non pas comme une vague, mais comme un tsunami de fiel et de feu. C’est une agonie. Mes muscles se tendent jusqu'à la rupture. Mon dos s'arque, mes hanches se soulèvent du siège dans un mouvement de bascule désespéré. L'Étranger, dans mon esprit, me saisit les hanches, ses doigts s'enfonçant dans ma chair comme des griffes, et il se vide en moi, un jet brûlant, épais, qui vient tapisser mon col de l'utérus. C'est là que j'explose. L'orgasme me percute avec la violence d'un accident frontal. Ma vue se brouille, des taches de lumière dansent sous mes paupières. Mes parois vaginales broient mes doigts dans une série de spasmes incontrôlables. Je ne respire plus. Je suis une carcasse de cuir et de fluides. Mon corps décharge tout ce qu'il a de haine, de manque et de désir dans un flot ininterrompu de sécrétions qui inondent la banquette. Je jouis pendant ce qui me semble être une éternité, des petits cris rauques s'échappant de ma gorge sèche, ma main continuant de martyriser mon clitoris jusqu'à ce que la sensation devienne insupportable, proche de la brûlure chimique. Puis, le silence. Brutal. Obscène. Je retombe lourdement, les membres en coton. Mes doigts se retirent lentement de mon corps, laissant derrière eux une traînée de glaire translucide et de sang léger. L'odeur de mon excitation remplit l'espace, une odeur de marée et de défaite. L'Étranger a disparu. Il n'y a jamais eu d'Étranger. Il n'y a que moi, une femme seule dans un taxi à l'arrêt sur une bretelle d'autoroute, les jambes écartées et le cœur en miettes. Je sens les larmes monter, enfin. Elles se mélangent à la sueur qui perle sur mon front. Je me dégoûte. Cette intensité, cette recherche de l'extrême, n'est que le pansement dérisoire sur une plaie que rien ne pourra jamais refermer. Je reste là, prostrée sur le cuir froid qui commence à me coller à la peau, écoutant le moteur du taxi qui cliquette en refroidissant. La nuit marseillaise reprend ses droits, indifférente à mon naufrage. J'ai atteint le fond de l'abîme, et il n'y a personne pour m'en sortir. Je referme mes jambes, mes genoux tremblants s'entrechoquant. Le chapitre se ferme sur le goût amer de ma propre salive et le souvenir fantôme d'une main que je n'ai jamais tenue.

L'Empreinte de Marc

La nuit marseillaise est une chape de plomb liquide qui pèse sur mes épaules. Le moteur de mon taxi cliquette, un bruit métallique et régulier qui scande mon naufrage personnel sur ce bas-côté de la Corniche Kennedy. L’odeur est un mélange écœurant de gasoil mal brûlé, d’iode rance et de mon propre désespoir qui transpire à travers ma chemisette en synthétique. Je suis Danielle, quarante-cinq ans, et je n’ai pour seule compagnie que le reflet de mes yeux rougis dans le rétroviseur et le vide sidéral de ma vie. Mes doigts tremblent encore sur le volant de cuir usé. La peau de mes cuisses colle au siège, une sensation poisseuse qui me rappelle que je suis vivante, hélas. Je m’apprête à redémarrer, à retourner dans le flux anonyme des phares, quand mon regard accroche une masse sombre sur la banquette arrière. Une écharpe. C’est celle de Marc. Marc, ce client d’il y a une heure, dont l’odeur de tabac froid et de parfum boisé imprègne encore l’habitacle clos. Il est descendu près du Vieux-Port, me laissant un pourboire minable et ce morceau de tissu en cachemire gris. Je devrais le mettre aux objets trouvés. Je devrais l’oublier. Mais la solitude est une bête affamée qui me ronge les entrailles. Je tends le bras, mes articulations craquent dans le silence de la cabine. Je saisis l’écharpe. Elle est douce, d’une douceur indécente par rapport à la rudesse de mes paumes calleuses. Je la porte à mon visage. L’odeur me frappe comme un coup de poing : c’est l’empreinte de sa peau, le musc de son cou, l’émanation d’un homme qui n’en a rien à foutre de moi, mais dont la trace physique devient mon unique bouée de sauvetage. Je sens une décharge électrique partir de mes narines pour aller mourir directement dans mon entrejambe. Ma chatte, déjà humide de la session précédente, se remet à palpiter, une pulsation lourde et douloureuse. Je ne peux pas rentrer. Pas comme ça. Je coupe le contact. Le silence qui s’installe est terrifiant. Je passe à l’arrière, me glissant entre les sièges avec la maladresse d’une femme qui a trop longtemps ignoré son propre corps. Le cuir de la banquette arrière est plus frais, moins marqué par mon labeur quotidien. Je m’assois, les jambes écartées, et je regarde cette écharpe. Elle devient l’instrument de ma chute. Je la déplie lentement. Elle est longue, souple. Je prends une profonde inspiration, m'imprégnant de Marc une dernière fois avant de l'effacer de ma vue. Je plaque le tissu sur mes yeux. Je fais un nœud serré à l'arrière de ma tête. L'obscurité est instantanée, brutale. Je suis seule avec mon souffle court et le bruit de la mer qui se fracasse contre les rochers, quelques mètres plus bas. Sans la vue, mes autres sens s'aiguisent jusqu'à la torture. Je sens la moiteur de l'air sur mes bras nus. Je sens l'odeur de mon propre sexe qui remonte, une effluve de marée montante, acide et chaude, qui se mélange au luxe du cachemire. Mes mains cherchent mes boutons. Mes doigts sont gourmands, impatients. Je déboutonne ma chemise, une à une, sentant l'air conditionné résiduel caresser mes seins lourds. Je ne suis plus Danielle la chauffeuse de taxi. Je suis une proie volontaire dans mon propre piège. Je glisse mes mains sous mon soutien-gorge de dentelle bon marché. Mes tétons sont déjà des billes de verre, dressés, implorant un contact qu'aucun homme ne me donnera ce soir. Je les pince entre mon pouce et mon index, fort, jusqu'à ce que la douleur me tire un gémissement sourd. "Putain..." je souffle dans le vide. Ma main descend, impitoyable. Elle survole mon ventre flasque, marqué par les années de sandwiches mangés sur le pouce, pour atteindre la barrière de mon pantalon de costume. Je dézippe le métal, le bruit de la fermeture éclair déchire le silence comme un cri. Je glisse mes doigts sous l'élastique de ma culotte trempée. Le premier contact avec ma propre glaire est une explosion. Je suis inondée. Mes doigts s'enfoncent dans les replis de ma chatte, trouvant immédiatement le bouton de mon clitoris, gonflé de sang, qui bat comme un cœur affolé. C’est gluant, c’est chaud, c’est brut. Je ne fais pas dans la dentelle. Je ne cherche pas la poésie. Je cherche à m'anéantir. Je commence à frictionner mon bouton avec une régularité de métronome, tandis que mon autre main, restée sur mon visage, presse l'écharpe de Marc contre mes narines. Je m'imagine que c'est lui. J'imagine ses mains d'homme, fortes, calleuses, qui me maintiennent la tête en arrière pendant qu'il m'écarte les lèvres avec ses doigts tachés de nicotine. Je commence à bouger mon bassin, mes fesses frottant contre le cuir de la banquette, créant un bruit de succion dégoûtant avec ma propre mouille. Je m'en fous. Personne ne voit. Personne ne sait. Je suis la reine de ce dépotoir de luxe. "Prends-moi," je murmure, et ma propre voix me fait l'effet d'une caresse étrangère. "Prends-moi, espèce de connard." Mes deux doigts pénètrent mon trou, d'un coup sec. Je suis si excitée que l'entrée de mon vagin est un anneau de feu qui se resserre sur mes phalanges. Je sens mes propres parois, striées, mouillées de ce jus translucide qui commence à couler sur mes cuisses, tachant irrémédiablement le siège du taxi. Le contraste entre la douceur du cachemire sur mes yeux et la violence de mes doigts qui me ramonent l'intérieur me fait perdre pied. Je commence à accélérer le mouvement, mes doigts entrant et sortant avec un bruit de flic-flac obscène. Ma chatte est une bouche affamée qui dévore ma propre main. Je sens le foutre mental de mon fantasme m'envahir, une chaleur qui part de mon bas-ventre pour irradier tout mon être. Je suis au bord, à cet endroit précis où la solitude devient une extase insupportable. C'est là que je sens le premier spasme. Ce n'est pas encore l'orgasme, c'est l'avertissement. Mon corps se tend comme un arc, mes talons s'enfoncent dans le tapis de sol crasseux. Je suis Danielle, et dans cette obscurité de laine et de sueur, je suis en train de disparaître. Le spasme me traverse, une décharge électrique qui me cloue au cuir froid de la banquette, mais je ne m'arrête pas. Au contraire. Je courbe l'échine, mes seins compressés contre ma poitrine, et j'enfonce un troisième doigt. Brutalement. Je veux me fendre, je veux que cette absence de Marc devienne une présence physique, douloureuse, envahissante. Ma chatte n'est plus qu'une plaie béante, une crevasse de chair pourpre qui réclame son dû. Le flic-flac devient un vacarme dans le silence de l'habitacle. Je n'entends plus le moteur du taxi, je n'entends plus les rumeurs de la ville derrière la vitre. Je n'entends que le bruit de ma propre luxure, ce son gras, spongieux, de mes doigts qui lamine ma propre mouille. Je suis inondée. Le jus coule, chaud, épais, une traînée de cyprin qui glisse le long de mon périnée pour aller se perdre entre mes fesses. C'est dégoûtant. C’est sublime. « Marc… » Son nom n’est qu’un souffle écorché qui meurt contre la laine de l’écharpe. J’aspire le tissu, je m’étouffe presque avec l’odeur de son parfum – ce mélange de santal et de tabac froid qui me rend dingue. Sous le bandeau, mes paupières tremblent. Je l’imagine là, en face de moi, dans ce taxi. Je l’imagine me regardant me détruire avec mes propres mains, ses yeux sombres fixés sur l’écartement de mes jambes, sur mes lèvres vaginales gonflées à bloc, rouges comme des fruits mûrs sur le point d’éclater. Je replie mes jambes davantage, mes talons accrochant le bord du siège, offrant mon intimité au vide, à l’obscurité. Je commence un mouvement de va-et-vient frénétique, une rotation de mon poignet qui fait cogner mes phalanges contre mon col de l’utérus. La douleur sourde qui en résulte est une ancre. Elle m'empêche de sombrer tout à fait. Je sens ma paroi antérieure, rugueuse, frémissante, qui s'agrippe à mes doigts comme si elle essayait de les aspirer pour ne plus jamais les lâcher. Avec ma main libre, je cherche mon clitoris. Je le trouve enfin, cette petite perle de nerf en feu, durcie, saillante. Je l’écrase sous mon pouce avec une violence qui me tire un gémissement rauque. Je ne le caresse pas, je le broie. Je veux que ça fasse mal, je veux que l’extase soit une punition. Chaque pression de mon pouce envoie des ondes de choc jusque dans mes ovaires. Je suis une usine à foutre, une mécanique de plaisir solitaire qui s’emballe. — Allez, Danielle… donne-toi à lui, murmure une voix dans ma tête. Je commence à haleter, de courts aboiements de plaisir qui saturent l’air confiné du taxi. Je sens l’humidité de mon souffle rebondir contre l’écharpe et venir me chauffer les joues. Ma main droite, celle qui me pénètre, est maintenant recouverte d’un mélange luisant de sueur et de sécrétions. Je la sors brusquement, le bruit de succion est presque obscène, et je porte mes doigts à mon visage, soulevant légèrement le bas du bandeau de cachemire. Je lèche. Je goûte Marc à travers moi. Le sel, l’amertume, cette saveur métallique de l’excitation extrême. Je m’enfonce à nouveau les doigts dans la bouche, aspirant ma propre peau, imaginant que c’est son sexe que je dévore, sa bite dure et impitoyable qui devrait être là, à la place de cette solitude crasseuse. Le taxi prend un virage serré. Mon corps bascule sur le côté, mais je ne lâche pas prise. Ma main gauche continue son travail de démolition sur mon clitoris tandis que ma main droite retourne s'engouffrer dans ma chatte, plus profondément encore. Je sens les bords de mon sexe se tendre à la rupture. Je suis béante, offerte au cuir, à la nuit, à ce chauffeur que je n'ose plus regarder mais dont je sens, peut-être, le regard dans le rétroviseur. L'idée qu'il puisse voir mes doigts disparaître en moi, voir l'éclat de ma mouille briller sous les néons de la ville, redouble mon excitation. « Regarde-moi, Marc… regarde comme je suis une pute pour toi… » Les parois de mon vagin se mettent à pulser rythmiquement autour de mes doigts. C’est une série de spasmes incontrôlables, des micro-orgasmes qui s’enchaînent sans me donner la libération finale. Je suis coincée dans cet entre-deux, cette zone de torture où le plaisir est si intense qu'il en devient insupportable. Ma chatte est en feu, une fournaise de sang et de fluides. Je sens mon utérus se contracter, se préparer à l’explosion. Je commence à accélérer encore, mes doigts ne sont plus qu'un flou de mouvement dans mes entrailles. Je ramone, je laboure, je cherche le fond, je cherche à atteindre cette partie de moi que Marc a marquée. Je sens la sueur perler sur mon front, tremper les racines de mes cheveux. L’écharpe me serre les tempes, m’isolant dans ce monde de sensations pures, brutales. La tension monte dans mes cuisses, mes muscles se tétanisent. Je sens l’orgasme arriver, non pas comme une vague, mais comme un mur de briques. Une pression insensée s'accumule derrière mon os pubien. Mon ventre est dur comme de la pierre. Je commence à cambrer le bassin, de petits coups de reins désespérés contre le vide, cherchant un contact qui n'existe pas. — Putain… Marc… je vais… je vais… Je n'ai plus de mots, seulement des sons gutturaux. Je sens ma chatte se gorger d'encore plus de sang, les parois devenir si sensibles que le moindre frottement de mes ongles contre ma chair me fait hurler silencieusement. Je suis au bord du précipice, les doigts enfoncés jusqu’à la garde, le pouce écrasant mon clitoris qui bat comme un second cœur. Et là, au moment où je pense que je vais mourir de ce manque, le taxi freine brusquement. Le choc me projette vers l'avant, mes doigts s'enfonçant encore plus loin dans un cri étouffé, et je sens la première grosse vague me percuter de plein fouet. Mais ce n'est pas fini. Ce n'est que le début du naufrage. Chaque nerf de mon sexe semble exploser un par un, et pourtant, je continue de frapper, de me marteler, refusant de laisser la vague redescendre. Je veux que ça dure l'éternité. Je veux que le trajet ne s'arrête jamais. Je veux que Marc sente, là où il est, l'incendie qu'il a allumé et que je suis en train de nourrir de mes propres larmes et de mon propre foutre. Le taxi continue sa course dans la nuit pluvieuse, mais pour moi, le monde s’est arrêté aux frontières de cette banquette en cuir froid et de l’écharpe de Marc qui m’écrase les paupières. L’odeur de son parfum — ce mélange de tabac froid, de santal et de cette sueur mâle qui n'appartient qu'à lui — m'inonde les sinus, me drogue, m'autorise toutes les impudeurs. La première secousse de l’orgasme a laissé ma chatte béante, palpitante, mais le manque est encore plus féroce qu’avant. Je n’ai pas fini. Je ne veux pas que ça s'arrête. J’enfonce mes deux doigts, l’index et le majeur, encore plus profondément dans mon sexe. C’est un carnage de fluides. Je suis tellement trempée que j’entends le bruit de succion, ce *slap-slap* obscène et humide qui résonne dans l’habitacle silencieux. Je m'en fous que le chauffeur entende. Je m'en fous qu'il me regarde dans son rétro. Tout ce qui existe, c’est cette cavité brûlante qui réclame Marc et que je tente de combler avec ma propre rage. Je cambre les reins, mon dos décollant du siège. Ma main libre vient serrer le nœud de l’écharpe derrière ma nuque, tirant si fort que ma tête bascule en arrière. Je veux sentir la contrainte. Je veux être sa prisonnière. Dans l’obscurité de ma cécité volontaire, je l'imagine. Je vois sa bite, sombre et nerveuse, se substituer à mes doigts. Je sens son poids sur moi. « Marc... putain, Marc... » Le nom s’échappe de mes lèvres en un souffle rauque, chargé de foutre et de larmes. Ma main s'accélère. Mon pouce, rigide, ne lâche plus mon clitoris. Il le broie, l'écrase contre mon os pubien jusqu'à ce que la douleur devienne un plaisir insupportable. Je sens mes parois vaginales se gonfler, enserrer mes doigts dans un étau de sang et de désir brut. Je suis une fontaine. Ma culotte, rejetée sur le côté, est une loque inutile ; le cuir du siège commence à devenir glissant sous mes fesses. Je commence à donner des coups de bassin violents, rencontrant ma propre main avec la force d'un impact. Je me traite comme il me traiterait : sans douceur, avec cette urgence animale qui nous dévaste à chaque fois qu'on se touche. Ma chair est à vif. Je sens l’électricité remonter le long de mes cuisses, crisper mes orteils dans mes escarpins. C’est une agonie. Une agonie délicieuse où chaque centimètre de ma peau appelle son empreinte. Le chauffeur prend un virage serré. Mon corps bascule, mais je ne lâche pas ma prise. Au contraire, je m’enfonce les ongles dans le mont de Vénus, cherchant à marquer ma propre viande pour que la douleur me maintienne au sommet. Je sens le spasme arriver, le vrai, celui qui vous brise les os. Ma chatte se contracte violemment, expulsant presque mes doigts avant de les aspirer de plus belle. Je sens le jet de mon propre foutre inonder ma paume, couler entre mes doigts, poisser mes poils pubiens. C'est chaud, c'est visqueux, c'est l'essence même de mon abandon. Je hurle, mais le son meurt dans ma gorge, étouffé par l'écharpe que je mords maintenant à pleines dents. La laine de Marc est dans ma bouche, son goût est sur ma langue, tandis que mon sexe explose en mille éclats de verre brûlant. Je convulse. Une, deux, dix fois. Mon vagin me broie les doigts dans des contractions rythmiques, impitoyables. Je suis en train de me vider de toute ma substance. Je sens le liquide couler le long de mes cuisses, une traînée de chaleur qui refroidit trop vite au contact de l'air de la clim. Mon cœur cogne contre mes côtes comme un animal en cage. Je suis au bord de l'évanouissement, les yeux révulsés sous le bandeau de laine. Puis, le silence. Ou plutôt, le retour à la réalité. Le taxi ralentit. Le moteur ronronne doucement. On est arrivés. Je reste immobile, les doigts toujours logés dans mes entrailles qui tressautent encore de temps à autre. Je respire par la bouche, de grands appels d'air saccadés. Je sens l'humidité de mon propre sexe partout sur ma main, sur mes vêtements, sur le siège. Je pue le sexe. Je pue le besoin. D’une main tremblante, j’arrache l’écharpe. La lumière des lampadaires de la rue me brûle les rétines. Le monde est trop vif, trop réel, trop froid. Je regarde ma main droite : elle est luisante, couverte de ce suc transparent et épais qui témoigne du désastre que je viens de vivre. « On est arrivés, Madame », lâche le chauffeur d’une voix monocorde, sans se retourner. Il sait. Bien sûr qu’il sait. L’odeur dans la voiture est celle d’un bordel après la bataille. Je ne réponds pas. Je ramasse mon sac, je replace ma jupe sur mes cuisses trempées. Je garde l’écharpe de Marc serrée contre mon cœur, comme un trophée ou une relique. Je sors du véhicule, l’air froid de la nuit me giflant le visage, contrastant avec l’incendie qui couve encore entre mes jambes. Je marche vers mon immeuble, les jambes en coton, sentant le foutre sécher et me coller la peau à chaque pas. Marc n’est pas là. Il est ailleurs, peut-être déjà endormi, ignorant que je porte son odeur jusque dans mes draps, et que mon corps tout entier est marqué par son absence. Je ne me laverai pas ce soir. Je veux garder cette trace. Je veux que l’empreinte de Marc, cette souillure sacrée, reste gravée en moi jusqu’à ce que la douleur me reprenne. Parce que dans ce vide qu'il a laissé, il n'y a que cette rage érotique qui me donne l'impression d'être encore en vie. FIN DU CHAPITRE.

Le Poids du Silence

Marseille pue ce soir. Elle pue le bitume chaud, le sel rance du Vieux-Port et cette humidité poisseuse qui colle aux tempes comme un regret. J’ai garé le taxi en bas de mon immeuble, une cage de béton décrépite dans le quartier de la Plaine. Le moteur a tressauté une dernière fois avant de s'éteindre, laissant place à un silence de plomb, celui qui te tombe sur les épaules quand tu réalises que personne ne t'attend derrière la porte vitrée du hall. Je suis restée un moment les mains crispées sur le volant en cuir, les phalanges blanches. Mes cuisses me brûlent. Entre mes jambes, sous ma jupe en coton froissée, la sensation est insoutenable. Le foutre de Marc — ou l’idée que j’en ai, ce fantôme de fluide qui me hante — a séché, formant une pellicule rigide, une croûte de désir inutile qui me tiraille la peau à chaque mouvement. C’est une souillure que je chéris. C’est tout ce qu’il me reste de lui, de nous, de cette illusion de vie que je m’injecte entre deux courses pour ne pas simplement m'ouvrir les veines avec les clés du bagnon. Je sors de la voiture. Mes jambes sont en coton, instables. En montant les quatre étages, je sens l’odeur du gasoil qui imprègne mes vêtements se mélanger à celle, plus acide, de ma propre excitation. L'escalier est sombre, l'ampoule du deuxième a encore sauté. Je grimpe dans le noir, une main sur la rampe graisseuse, l’autre serrant l’écharpe de Marc contre mon nez. Je respire ce qui reste de lui : un mélange de tabac froid, de cuir et d’homme. Mon sexe pulse, une douleur sourde, une béance qui réclame d'être comblée. Quand je pousse la porte de mon appartement, le silence me percute comme un direct au foie. C’est un silence épais, lourd, qui sent la poussière et la solitude. Je ne branche même pas la lumière. Seule la lueur orangée des lampadaires de la rue filtre à travers les persiennes, découpant des zébrures sur le lino usé. Je jette mes clés sur le buffet. Le bruit métallique résonne, trop fort, trop seul. Je me dirige vers la salle de bain, mais je m’arrête devant le grand miroir piqué du couloir. Je me dégoûte autant que je me fascine. À quarante-cinq ans, j'ai encore ce corps de louve affamée, les hanches larges, la poitrine lourde sous le chemisier déboutonné. Mais mes yeux… mes yeux racontent le naufrage. — Regarde-toi, Danielle, je murmure d'une voix brisée. T’es rien d’autre qu’une épave en chaleur. Mes mains tremblent quand je remonte ma jupe. Je n'ai pas mis de culotte. Je ne le fais plus depuis longtemps ; je veux être prête, au cas où le destin me jetterait un os, ou simplement pour pouvoir me toucher au feu rouge, entre deux clients qui ne voient en moi qu'une chauffeuse de taxi un peu rude. Mes doigts plongent dans l'obscurité de mes cuisses. C’est trempé. Une mare de désir, une mélasse de fluides qui brille sous la faible lumière. Je sens l’odeur monter, forte, animale. Ma propre chatte m’agresse les narines. C’est l’odeur de la frustration. Je frotte mes doigts sur mes lèvres charnues, sentant la texture collante, les résidus de ma propre solitude. Je ferme les yeux et je vois Marc. Je vois sa bite dure, sombre, cette barre de chair qui savait exactement comment me briser pour mieux me reconstruire. Je me souviens du poids de son corps, de la façon dont il me clouait au matelas, m'enfonçant ses doigts dans la gorge pour étouffer mes cris de jouissance. Je glisse un doigt, puis deux, dans ma fente brûlante. Le bruit de succion est obscène dans ce silence de tombeau. *Flic, flac.* Le son de ma propre déchéance. Je commence à pomper, lentement d'abord, sentant les parois de mon vagin se contracter autour de mes phalanges comme si elles cherchaient désespérément à y trouver une présence humaine, une chaleur qui ne soit pas la mienne. — Putain… Marc… Le prénom s’échappe de mes lèvres dans un souffle rauque. C'est là que la première fissure apparaît. Une larme, une seule, roule sur ma joue et vient s’écraser sur mon menton, avant de tomber sur ma poitrine dénudée. Je commence à accélérer le mouvement. Mes doigts entrent et sortent avec rage, imitant l'assaut que je ne recevrai plus. Je laboure ma propre chair, cherchant ce point de non-retour où la douleur physique étouffera enfin la douleur de l'âme. Je me malmène. Je sens mes ongles griffer l'entrée de mon sexe, je veux que ça saigne presque, je veux sentir que j'existe. Le contraste est violent : la poisse du foutre imaginaire, la moiteur réelle de ma chatte qui déborde, et ce froid polaire qui s'installe dans ma poitrine. Je suis une machine de chair en train de s'auto-consommer. Je commence à haleter, ma respiration devient un râle saccadé. Je me baisse, je m'appuie contre le mur froid pour ne pas tomber, et je m'enfonce la main entière contre mon clitoris gonflé à bloc, le triturant sans aucune pitié. C'est là que la réalisation me frappe, plus dure que n'importe quelle pénétration. Ces mains... ces mains sont les miennes. Elles n'ont pas de poils sur le dos, elles n'ont pas la force brute de Marc, elles n'ont pas cette odeur de peau masculine. Elles sont juste un substitut misérable, une prothèse pour une femme qui n'est plus que l'ombre d'elle-même. La jouissance commence à monter, une vague de fond, acide et dévastatrice. Elle ne vient pas du plaisir, elle vient du désespoir. C'est un orgasme de deuil qui se prépare, un spasme qui va me secouer comme un chien enragé avant de me rejeter sur le rivage, plus vide encore qu'avant. Je sens mon col de l'utérus s'ouvrir, mon vagin se spasmodier violemment autour de mes doigts. Je commence à couler, de l'eau et de la honte. Et alors que le plaisir explose, un sanglot déchire ma gorge, étouffant le cri de jouissance que j'aurais dû pousser. Je suis en train de jouir, et je n'ai jamais eu autant envie de mourir. Mes doigts s’enfoncent encore plus profondément, cherchant à atteindre cette zone de moi qui ne semble plus appartenir qu'au vide. Je suis trempée, une mare de cyprine visqueuse et chaude qui macule mes draps, mais cette humidité me dégoûte. C’est le lubrifiant de ma propre déchéance. Je replie mon majeur et mon index, crochetant ma propre chair, forçant l’ouverture de ma chatte jusqu’à sentir la brûlure de l’étirement. Je veux me faire mal. Je veux que la douleur physique étouffe ce hurlement silencieux qui me déchire les poumons. — Putain, Marc… murmure-je entre deux sanglots étouffés. Le son de son nom dans la pièce vide est une gifle. Je ferme les yeux et je tente de l’imaginer là, au-dessus de moi. Je veux sentir son poids, ses quatre-vingt-dix kilos de muscles et de fureur, m’écraser contre le matelas. Je veux sa bite, cette barre de fer impitoyable, qui me ramone les entrailles jusqu'à ce que je ne sache plus qui je suis. À la place, je n'ai que mes propres doigts, fins et ridicules, qui s'agitent dans ma fente béante. Je rajoute un troisième doigt, le pouce pressé avec rage contre mon clitoris gonflé à s'en déchirer. Le va-et-vient devient frénétique, presque violent. Je me cogne le bassin contre ma main, simulant un assaut que je ne recevrai plus. Le bruit est obscène : le claquement sourd de ma paume contre mes lèvres gorgées de sang, le glissement dégueulasse de mes doigts dans mon foutre et ma sueur. Je suis une chienne en chaleur qui hurle à la lune dans une chambre close. — Prends-moi… murmure-je, la voix brisée, le visage inondé de larmes. Viens me détruire, s’il te plaît… Je me cambre, les talons plantés dans le lit, les muscles de mes cuisses tendus à en avoir des crampes. Ma main droite travaille ma chatte avec une régularité mécanique, presque haineuse, tandis que ma main gauche vient broyer mon sein gauche, pinçant le mamelon jusqu’à la limite de la coupure. Je veux ressentir une agression, une invasion. Je veux que mon corps soit un champ de bataille, pas ce sanctuaire désert et froid. La sensation monte, ce picotement électrique qui part du bas de mon ventre et remonte le long de ma colonne vertébrale. C’est une agonie. Mon vagin se contracte violemment sur mes doigts, les aspirant, les enserrant comme pour les étrangler. Je sens les parois de ma chatte palpiter, des vagues de spasmes qui expulsent un flot de liquide chaud sur mes articulations. C’est trop. C’est trop peu. Je commence à haleter, un mélange de râles de plaisir et de hoquets de détresse. L’odeur de mon propre sexe, musquée, acide, remonte à mes narines et me donne envie de vomir de solitude. Je ne sens plus mes doigts, je ne sens plus que cette pression insupportable qui exige une libération que je redoute. Si je jouis, tout s’arrête. Si je jouis, je me retrouve seule avec le cadavre de mes souvenirs. — Regarde-moi, Marc ! Regarde ce que je fais ! Je crie maintenant, sans me soucier des voisins, sans me soucier de ma dignité. Je me pénètre de plus en plus vite, le bras entier secoué par l'effort. Je sens mon col de l'utérus être heurté par le bout de mes ongles, une douleur sourde qui me fait défaillir. Je suis une plaie ouverte. Mes doigts ressortent luisants, couverts de cette glue de désir désespéré, avant de replonger dans l'abîme. La tension est à son comble. Mon clitoris est devenu un nerf à vif que je massacre sans pitié. Je sens la première décharge arriver, celle qui vous vide le cerveau, mais elle est teintée d'une noirceur absolue. Ce n'est pas de la lumière qui m'attend au bout du tunnel, c'est un gouffre. Mon corps tremble de partout, mes lèvres tremblent, mon âme tremble. Je retire brusquement mes doigts pour les porter à ma bouche, goûtant l'amertume de mon propre manque, avant de les renfoncer d'un coup sec, quatre doigts cette fois, écartant ma viande, cherchant à me déchirer pour de bon. Je veux que ça saigne, je veux que ça cogne, je veux que ce silence s'arrête. — Plus fort… gémis-je, la tête jetée en arrière, les yeux révulsés. Tue-moi, mais ne me laisse pas comme ça… L'orgasme est là, il tape à la porte, une bête immonde prête à me dévorer. Je sens mes parois vaginales se tordre dans une danse macabre, se resserrant sur le vide, encore et encore, alors que les premières larmes de la décharge finale commencent à brûler mes paupières. Ma chatte est en feu, inondée, un brasier de fluides et de douleur. Et je continue, je n'arrête pas le mouvement, je me viole avec ma propre tristesse, attendant que le monde explose enfin. Mes phalanges s’enfoncent si loin qu’elles viennent cogner contre mon col, ce petit bouton de chair qui hurle sous l’assaut. Je ne me ménage pas. Mes quatre doigts sont serrés, formant un bloc de viande étrangère qui force le passage, dilatant mon entrée jusqu'à la limite de la déchirure. J’entends le bruit, ce clapotis ignoble et excitant, le son de ma propre mouille qui gicle à chaque va-et-vient frénétique. C’est une symphonie de solitude, un écho visqueux qui résonne dans le vide de ma chambre. Je n'éprouve aucune tendresse pour moi-même. Je me traite comme une chienne, comme une ombre qu’on malmène pour se souvenir qu’elle existe. Ma main libre attrape mon sein gauche, le pétrit avec une violence qui me laissera des marques demain, tirant sur le mamelon déjà dur comme de la pierre. La douleur est la seule chose qui parvient à percer le brouillard de ma tristesse. — Oh putain… murmure-je, la voix brisée par un sanglot qui refuse de sortir. Je sens ma chatte s'ouvrir, s'élargir sous la pression de ma main. C’est brûlant. C’est trempé. Je suis une plaie béante. Je ramène mes genoux vers ma poitrine pour m’offrir davantage, pour que mes doigts puissent plonger encore plus profondément dans ce gouffre qui me sert d'intimité. Je commence à accélérer, un rythme saccadé, brutal, les doigts qui ressortent presque entièrement avant de s'engouffrer de nouveau, portés par une rage que je ne contrôle plus. L’orgasme monte comme une marée de fiel. Ce n’est pas une vague de chaleur douce, c’est une décharge électrique, un spasme de douleur pure. Mes parois vaginales se contractent avec une force herculéenne, tentant de broyer mes propres doigts. Je sens les muscles de mon périnée s'agiter, pris de convulsions, tandis que le liquide continue de couler, chaud, abondant, inondant mes draps, poissant mes cuisses. Je commence à voir des taches de lumière derrière mes paupières closes. Ma respiration n'est plus qu'un sifflement erratique. Je suis au bord, juste là, sur cette falaise où le plaisir ressemble à une exécution. — Maintenant… ordonne-je à l'obscurité. Tue-moi maintenant. Je donne un dernier coup de rein, violent, désespéré, et je m’enfonce les doigts jusqu’au poignet, ou du moins j’en ai l’impression. Le monde s’arrête. L’explosion me foudroie. Ce n’est pas une libération, c’est un effondrement. Mon corps se cambre tellement que seuls mes talons et ma nuque touchent encore le matelas. Je hurle, mais aucun son ne sort de ma gorge contractée. Ma chatte se vide, expulsant des vagues de cyprine brûlante contre ma main qui tremble de spasmes incontrôlables. Chaque fibre de mon être est en train de brûler. C'est trop. C’est trop fort, trop sale, trop seul. Et là, au sommet de cette petite mort, les larmes explosent enfin. Elles ne coulent pas, elles jaillissent, brûlantes comme de l’acide, se mélangeant à la sueur qui perle sur mon visage. Je pleure ma vie, je pleure mon manque, je pleure ce corps qui réclame une bite, une peau, un souffle qui ne soit pas le mien. L’orgasme dure une éternité, une agonie de plaisir qui me déchire les entrailles. Mon vagin continue de pomper le vide, de se resserrer sur mes doigts que je n'ai plus la force de bouger, emprisonnés dans l'étau de ma propre jouissance. Puis, la chute. La décharge s’apaise, laissant derrière elle une vibration sourde, un bourdonnement de ruche dans mon bas-ventre. Je retire lentement mes doigts, un à un. Ils sortent dans un bruit de succion écœurant, luisants de mon propre foutre, de ce liquide transparent et filandreux qui témoigne de mon naufrage. Je laisse ma main retomber lourdement sur le drap trempé. Je reste là, les jambes écartées, offerte à un plafond qui s'en fout. Le froid de la chambre commence à mordre ma peau humide. La chaleur qui m’habitait il y a quelques secondes s'est évaporée, remplacée par une lassitude qui me pèse sur la poitrine comme une dalle de plomb. L’odeur de mon propre sexe remplit l’air, entêtante, musquée, métallique. C’est l’odeur de ma défaite. J’observe mes doigts, souillés, et une nausée soudaine me submerge. J'ai voulu combler le trou, j'ai voulu faire taire le silence, mais tout ce que j'ai réussi à faire, c'est creuser encore un peu plus ma propre tombe. Je me roule en boule sur le côté, ignorant la flaque tiède sous mes fesses. Je ramène mes mains contre mon visage, sentant l'odeur de ma chatte sur mes doigts, le goût du sel de mes larmes sur mes lèvres. Le silence est revenu. Plus lourd. Plus dense. Plus cruel. Ma main n'est pas la sienne. Ma chaleur n'est qu'un mirage. Je ferme les yeux, le corps encore secoué par de petits tremblements post-orgasmiques qui ne sont plus que les échos d’un désastre. Le chapitre se ferme sur ce constat amer : on ne guérit pas de l'absence en se violant soi-même. On ne fait qu'apprendre à saigner plus proprement. Le noir m'engloutit, et pour la première fois, j'espère ne pas me réveiller.

Rendez-vous à la Calanque

Le réveil est une insulte. Mes paupières me brûlent, collées par le sel de mes pleurs de la veille, et l’air de ma chambre de bonne pue la solitude et le renfermé. Je me lève, le corps lourd, avec cette sensation de vide intersidéral qui me bouffe les entrailles. 45 ans. C’est le chiffre qui cogne dans mon crâne au rythme de mes pulsations. Une heure plus tard, je suis au volant de ma Mercedes. C’est mon seul royaume, ma cage de métal et de cuir. La chaleur de Marseille à quatorze heures est un poids mort qui s’écrase sur la ville. Le bitume de la Corniche ondule sous la réverbération. Je sens la sueur glisser entre mes seins, une goutte traîtresse qui finit sa course dans le creux de mon ventre. L’odeur du gasoil se mélange à celle de mon propre corps, une fragrance musquée, un peu acide, qui me rappelle que je suis vivante, malgré tout. Je n’ai pas pris de client. Je ne veux pas de leurs bavardages futiles, de leurs vies étriquées. Je roule vers le sud, vers les Calanques. J’ai besoin de la mer, j’ai besoin de me perdre là où le bleu devient si sombre qu’il ressemble à un abîme. Je gare le taxi sur un bas-côté poussiéreux, à l’entrée d’un sentier que seuls les habitués connaissent. Le moteur crépite en refroidissant. Un silence de plomb retombe, seulement brisé par le strident démentiel des cigales. Je reste un moment prostrée, les mains crispées sur le volant. Je regarde mes doigts. Ils sont longs, secs, les ongles coupés court. Des mains de travailleuse. Des mains qui n'ont pas été tenues depuis une éternité. Je descends. La chaleur me gifle. Je marche, mes sandales claquant sur la roche calcaire, blanche à s'en péter les rétines. Je cherche l'ombre, je cherche l'oubli. Et puis, je les entends. Des rires. Des voix d’hommes, jeunes, insolentes. Je m’arrête derrière un rideau de pins parasols. En contrebas, dans une petite crique encaissée, ils sont trois. Des gamins. Vingt-deux, peut-être vingt-cinq ans. Ils ont installé une tente de fortune, des sacs à dos jonchent le sol. Ils sont à moitié nus, la peau dorée, Luisante de crème solaire et de sel. L’un d’eux, un grand blond aux épaules larges, boit une bière, la gorge déployée. Les deux autres se chamaillent au bord de l’eau. Je sens un déclic dans mon bas-ventre. C’est sec, violent. Une décharge électrique qui remonte jusqu’à ma gorge. Ma solitude se transforme instantanément en une faim carnassière. Je ne suis plus la chauffeuse de taxi fatiguée. Je suis une prédatrice aux abois, une femme qui va utiliser son imagination comme un scalpel pour découper la réalité. Je sors de mon abri de pins. Je ne me cache plus. Je descends vers eux, le pas assuré, mes hanches balançant sous ma jupe en lin trop fine. Ils s'arrêtent de parler quand ils m'aperçoivent. Le silence qui s'installe est électrique, chargé d'une incompréhension qui vire vite à la curiosité animale. — Vous n’avez pas un peu d’eau pour une femme qui crève de soif ? je lance, ma voix plus rauque que d’habitude. Le blond, celui avec la bière, me dévisage. Ses yeux bleus me parcourent sans aucune gêne. Il voit tout : la courbe de mes hanches, la pointe de mes tétons qui durcissent sous l'effet du regard, le désespoir qui brille dans mes prunelles. Il sourit. Un sourire de loup, carnassier. — On a mieux que de l’eau, madame, répond-il en faisant un pas vers moi. Il pue la jeunesse, la testostérone et le soleil. Les deux autres s'approchent aussi. Ils m'encerclent, sans en avoir l'air. Je suis au centre d'un triangle de muscles et de désir brut. L'un d'eux, un brun aux cheveux bouclés, s'arrête juste derrière moi. Je sens son souffle chaud dans mon cou. — Vous êtes perdue ? demande le brun d'une voix basse, presque un murmure. — Non, je sais exactement où je suis, je réponds en plantant mes yeux dans ceux du blond. Je pose ma main sur son torse brûlant. Sa peau est rugueuse, couverte de grains de sel. Je sens son cœur cogner contre ma paume. C’est une machine de guerre, un moteur de course. Sans un mot, il saisit mon poignet. Sa poigne est ferme, presque douloureuse. Il n'y a pas de romantisme ici. Pas de tendresse. Juste le besoin de combler le vide avec de la viande et de la sueur. — Vous avez une de ces têtes…, dit-il en approchant son visage du mien. Comme si vous aviez envie de hurler. — Alors fais-moi hurler, gamin. Qu’est-ce que t’attends ? Ma provocation agit comme une mèche allumée sur un baril de poudre. Sa main libre descend brutalement sur ma fesse, empoignant la chair à travers le tissu. Il me tire contre lui. Je sens sa bite, déjà dure comme du bois, presser contre mon pubis. C'est une barre de fer qui promet de me briser en deux. Derrière moi, le brun ne reste pas inactif. Ses mains se glissent sous ma jupe. Ses doigts, longs et impatients, remontent mes cuisses, griffant légèrement ma peau. Quand il atteint l'élastique de ma culotte, il ne demande pas la permission. Il l’accroche et la tire d'un coup sec vers le bas. Le tissu craque. Le bruit est une musique à mes oreilles. Le troisième, un type plus trapu avec des mains de maçon, s'agenouille devant moi. Il relève ma jupe jusqu'à ma taille. L'air frais de la mer vient frapper ma chatte déjà trempée, exposée à leurs regards affamés. Je suis là, debout, offerte, encadrée par ces trois corps vigoureux. — Putain, elle est déjà toute mouillée la vieille, ricane celui à genoux. Il ne perd pas de temps. Il plonge son nez entre mes lèvres, aspirant mon odeur avec une voracité de bête. Sa langue, râpeuse, vient cueillir mon clitoris dans un coup de boutoir qui me fait arquer le dos. Un gémissement de détresse et de plaisir s'échappe de ma gorge. Le blond me saisit le visage, m'obligeant à le regarder. Il déboucle son short d'un geste rageur. Sa bite jaillit, énorme, violacée, parcourue de veines saillantes qui palpitent. Elle sent le mâle, l'urine et la sueur. Elle est magnifique de brutalité. — Ouvre la bouche, ordonne-t-il. Je n'hésite pas une seconde. J'ai soif. J'ai une soif que seule cette semence de vingt ans pourra étancher. Je saisis l'engin à deux mains, sentant la peau de ses couilles, lourdes et tendues, contre mes doigts. Le gland, large et luisant de liquide séminal, presse contre mes lèvres. Je l'accueille comme un sacrement. Le brun derrière moi a sorti sa propre queue. Je sens la chaleur de son sexe contre mon dos, juste au-dessus de la raie de mes fesses. Il se frotte contre moi, son foutre pré-éjaculatoire collant déjà à ma peau. Je ferme les yeux. Marseille peut brûler. Mon taxi peut pourrir au soleil. Ici, dans cette crique, le temps s'est arrêté. Il n'y a plus que le goût de la bite dans ma bouche, la morsure de la langue sur mon sexe, et cette promesse d'une destruction totale qui seule peut me faire oublier qui je suis. Le blond commence à me baiser la gorge, des coups de reins secs, profonds, qui me font manquer d'air. À chaque va-et-vient, le gland vient heurter le fond de ma trachée, déclenchant des spasmes de plaisir pur. Je lèche le long de la verge, mes mains massant ses testicules avec une frénésie désespérée. En bas, le troisième garçon ne se contente plus de sa langue. Je sens ses doigts s'enfoncer en moi, deux, puis trois, dilatant ma chair avec une force brute. Il me ramone, cherchant à atteindre mon col, tandis que ses dents mordillent l'intérieur de mes cuisses. — On va te remplir jusqu'à la gorge, salope, murmure le brun derrière moi en saisissant mes cheveux pour me tirer la tête en arrière. Je ne réponds pas. Je ne peux plus parler. Je ne suis plus qu'un réceptacle, une plaie ouverte qui demande à être pansée par leur sperme et leur rage. Je sens les larmes monter, pas de tristesse cette fois, mais de cette extase violente qui naît quand on touche enfin le fond de l'abîme. Je sens le blond se retirer brusquement de ma bouche. L’air frais de la calanque fouette mes lèvres rougies, et je laisse échapper un hoquet de suffocation, un mélange de bave et de glaires coulant sur mon menton. Je n'ai pas le temps de reprendre mes esprits. Le brun, celui qui me tenait par les cheveux, me force à basculer en avant, les mains écrasées contre le calcaire froid et tranchant d'un rocher plat. — Regarde-moi ça, grogne-t-il, sa voix vibrant d'une envie carnassière. Elle est déjà trempée. Il ne ment pas. Entre mes cuisses, je sens ma propre mouillure couler, un ruisseau de désir brûlant qui vient se mêler à la salive que le troisième garçon a étalée sur mon sexe avec ses doigts. Ce dernier, à genoux derrière moi, écarte violemment mes fesses. La morsure du froid sur mon anus me fait frissonner, mais c'est l'intrusion immédiate qui me brise. Le brun n'attend pas. Il dégage sa bite, une barre de chair sombre et veinée, et plaque son gland contre mon entrée. Il n'y a aucune douceur, aucune préparation autre que ma propre détresse physique. Il pousse. D’un coup sec. — Ahh ! Le cri s'échappe de ma gorge, déchirant le silence de la nuit. Je sens ma chair se tendre à rompre, les parois de ma chatte forcées, écartelées par ce membre massif qui s'enfonce centimètre par centimètre. La douleur est là, aiguë, une déchirure sourde qui se transforme instantanément en une onde de chaleur électrique. Il est entier en moi, son pubis percutant mes fesses avec un bruit de viande contre viande qui résonne dans la crique. — Tais-toi et encaisse, salope, siffle-t-il à mon oreille en me mordant le lobe jusqu'au sang. Il commence son mouvement. Un rythme lent, cruel, délibéré. À chaque retrait, je sens sa peau rugueuse frotter contre mon clitoris gonflé, et à chaque coup de rein, son gland vient marteler mon col avec une violence qui me soulève de terre. Je griffe le rocher, mes ongles s'arrachant presque sur la pierre, cherchant un ancrage dans ce chaos de sensations. Pendant ce temps, le blond revient à la charge. Il se place devant moi, son sexe dur pointé vers mon visage. Il n'attend pas que je l'invite. Il saisit ma mâchoire avec une poigne de fer et m'enfonce sa bite dans la gorge, au moment précis où le brun me défonce par-derrière. Je suis prise en étau. Un double mouvement de va-et-vient qui me vide de toute pensée, de toute humanité. Je ne suis plus qu'un tunnel de chair que ces deux mâles parcourent avec une rage animale. Je sens l'odeur de leur sueur, le sel de la mer, et le relent âcre de leur excitation. Le troisième garçon, frustré d'être spectateur, vient coller son visage contre mes côtes. Ses mains serrent mes seins avec une telle force que je sais que les bleus resteront des jours durant. Il lèche mes tétons, les mordille avec une frénésie désespérée, tandis que je suffoque sous le poids du blond qui me ramone la gorge. — Regarde-la, putain... elle adore ça, lâche le blond entre deux inspirations saccadées, en sortant brièvement sa bite de ma bouche pour me laisser respirer une seconde. Ses yeux sont vitreux, elle en redemande. Je veux protester, je veux dire que ça fait mal, que c'est trop, mais les mots se perdent dans un gémissement de plaisir honteux. Mon corps ne m'appartient plus. Mon bassin répond de lui-même, venant heurter le ventre du brun à chaque fois qu'il s'enfonce en moi. Je suis une plaie ouverte, une fontaine de foutre et de larmes qui ne demande qu'à déborder. Le brun accélère. Ses coups de reins deviennent erratiques, plus profonds, plus brutaux. Je sens ses doigts s'enfoncer dans mes hanches, y laissant des marques pourpres. — Je vais te démonter la chatte, murmure-t-il, le souffle court. Je sens tes muscles qui serrent ma bite comme si tu voulais me l'arracher. Sale petite traînée... Il se retire presque entièrement, me laissant un instant de vide insupportable, avant de s'engouffrer à nouveau en moi avec une force qui me fait basculer la tête en arrière. Le blond en profite pour me reprendre la bouche, ses couilles venant battre contre mon menton à chaque poussée. Le plaisir devient insoutenable. C'est une agression sensorielle totale. Le bruit des vagues, le craquement des graviers sous leurs genoux, le son visqueux de la pénétration, et cette douleur sourde dans mes entrailles qui se mue en une extase de plus en plus incontrôlable. Je sens mon orgasme monter, une vague de fond qui part de mes orteils pour irradier jusqu'à mon cerveau. — Regardez-la, elle va venir, grogne le troisième garçon en glissant sa main entre mon ventre et le rocher pour venir triturer mon clitoris avec une rudesse calculée. Ses doigts sont experts, impitoyables. Il pince, frotte, malmène ce petit bouton de chair saturé de sang. Entre le martèlement du brun dans mes reins, l'étouffement du blond dans ma gorge et cette stimulation électrique à l'avant, mes sens court-circuitent. — Oui... oui, faites-moi mal... allez-y... Le murmure s'échappe de mes lèvres entre deux va-et-vient. C'est un aveu de défaite. J'ai besoin de cette saleté, de cette brutalité pour oublier l'absence de l'autre, pour combler le trou béant dans mon cœur par cette plénitude charnelle et brutale. Je sens le brun se tendre derrière moi, ses muscles se pétrifiant alors qu'il atteint son point de non-retour. Ses coups deviennent convulsifs, de plus en plus rapides. — Je vais t'éclater à l'intérieur, prévient-il d'une voix étranglée. Je vais t'en mettre partout. Le blond, lui aussi, accélère la cadence dans ma bouche, sa main libre venant se perdre dans mes cheveux pour guider mon mouvement. Je suis à la limite. Mon corps tremble violemment, une transe érotique qui me fait perdre toute notion du temps et de l'espace. Le ciel étoilé au-dessus de nous semble vaciller. Je sens le premier jet de chaleur inonder le fond de mon vagin. Un fluide brûlant, épais, qui se répand contre mes parois convulsées. C'est le signal. Mon propre plaisir explose, une déflagration qui me brise le dos en arc de cercle, tandis que je sens la bite du blond pulser désespérément contre mon palais. Mais ils n'ont pas fini. Loin de là. Le troisième garçon se lève, détachant sa ceinture avec un claquement sec dans la nuit. — À mon tour maintenant. Tourne-toi, chérie. On va explorer d'autres orifices. Le claquement de sa ceinture résonne contre la roche de la calanque comme un coup de fouet. Je suis encore pantelante, la gorge encombrée par le sperme du blond et le sexe du premier encore logé au fond de mes entrailles, ramolli mais toujours là, baignant dans son propre jus. Mes sens sont en lambeaux, mais l’ordre du troisième garçon — une force de la nature aux épaules larges et au regard sombre — agit sur moi comme une décharge électrique. — Allez, bouge-toi, ordonne-t-il d'une voix rauque. À quatre pattes. Je veux voir ce petit cul s'ouvrir pour moi. Je m'exécute dans une transe de soumission totale. Mes genoux s'enfoncent dans le sable humide et les graviers coupants, mais la douleur physique n'est qu'un lointain écho face à la brûlure qui dévore mon bas-ventre. Je sens le fluide chaud du premier s'écouler lentement le long de mes cuisses, une traînée de foutre poisseuse qui brille sous la lune. Le blond, toujours à genoux devant moi, s'essuie la bouche d'un revers de main, un sourire carnassier aux lèvres, tandis qu'il attrape mes poignets pour m'immobiliser au sol, le buste écrasé contre le sable. Je sens alors les mains du troisième s'abattre sur mes fesses. Il les écarte brutalement. L'air frais de la nuit percute mon anus dilaté par la tension. — T’es tellement trempée de leur merde que ça va glisser tout seul, grogne-t-il. Il ne prend pas de gants. Je sens la pointe de son gland, large et brûlante, chercher l'entrée de mon cul. Il n'utilise pas de salive, il récupère simplement à pleines mains le mélange de cyprine et de foutre qui déboude de ma chatte pour en badigeonner son membre monstrueux. Le contact est électrique, sale, divin. D’un coup de rein sec, il force le passage. — Ahhh ! Mon cri se perd dans le fracas des vagues contre les rochers. La douleur est fulgurante, une déchirure sourde qui me remonte jusqu'à la nuque. Ma chair se tend à rompre, mon sphincter proteste avant de céder sous la poussée implacable de sa bite. Il s’enfonce centimètre par centimètre, m’écartelant de l’intérieur. C’est une intrusion totale, une profanation que je réclamais de chaque fibre de mon être. Le blond profite de ma position pour enfoncer à nouveau ses doigts dans ma bouche, m'obligeant à les sucer pour étouffer mes gémissements, tandis que le premier, ragaillardi, se place derrière ma tête pour me forcer à regarder l'acte. Le troisième commence son va-et-vient. C’est une cadence brutale, sans aucune pitié. À chaque coup de boutoir, mon corps entier bascule vers l’avant. Je sens ses couilles lourdes frapper contre ma vulve déjà meurtrie. Le bruit est obscène : un claquement de peau contre peau, mouillé, rythmé par le souffle court de cet homme qui me traite comme un simple morceau de viande. — Regarde comme elle prend tout, murmure le blond en me tirant les cheveux en arrière. Elle adore se faire défoncer le cul. C'est vrai. Je n'ai plus d'âme, plus d'identité. Je ne suis qu'un réceptacle de chair. La douleur se transforme lentement en une extase insoutenable. Mon point G est compressé par sa verge à travers la paroi rectale, créant une pression insupportable. Je sens mon propre désir remonter, une vague de fond plus puissante que les précédentes. Il accélère encore. Ses mains pétrissent mes seins avec une violence qui me laissera des marques, mais je m'en moque. Je veux qu'il me brise. Je veux qu'ils m'effacent. Ses coups deviennent convulsifs, erratiques. Il me martèle le fondement avec une rage animale, sa bite frottant contre mes nerfs à vif. — Je craque… putain, je craque ! hurle-t-il. Il agrippe mes hanches si fort que ses doigts s'enfoncent dans ma peau. Dans une ultime poussée qui me donne l'impression qu'il va ressortir par mon nombril, il se fige. Je sens alors l'inondation. Son foutre gicle en jets puissants, brûlants, remplissant mon rectum jusqu'à la garde. C'est une sensation de plénitude absolue, une chaleur interne qui me fait défaillir. Au même moment, le blond lâche une dernière salve sur mon visage. Le liquide laiteux m'aveugle, coule sur mes joues, se mélange à mes larmes de soulagement et de honte. Le premier, n’y tenant plus, vient s’achever entre mes seins, recouvrant ma poitrine d’une nappe épaisse et odorante. Le silence retombe brutalement sur la calanque, seulement troublé par nos respirations hachées. Le troisième se retire lentement. Je sens mon orifice rester béant un instant, laissant s'échapper une partie de son chargement qui vient souiller le sable entre mes jambes. Ils se reculent, se rhabillent en silence, échangeant des regards complices, presque fraternels, après ce moment de sauvagerie partagée. Ils me laissent là, à genoux dans la poussière d'étoiles et le sel, le corps couvert de leurs fluides, le ventre lourd, le cul en feu. Je suis vide, et pourtant, pour la première fois depuis des mois, je me sens vivante. — Merci, chérie, lance l'un d'eux en s'éloignant vers le sentier. On n'oubliera pas ce bivouac. Je ne réponds pas. Je regarde leurs silhouettes disparaître dans l'obscurité. Je reste seule avec l'odeur du sexe et de la mer, le cœur battant la chamade dans une carcasse épuisée. La calanque a gardé mon secret. Je me relève avec difficulté, sentant le foutre couler le long de mes jambes, une trace indélébile de ma déchéance choisie. Ce soir, j'ai noyé ma peine dans l'excès, et tandis que je regagne ma voiture, je sais que cette cicatrice-là, au moins, est une cicatrice que j'ai désirée.

Le Jeu du Miroir

La portière de mon taxi claque dans un bruit sourd qui résonne contre les murs pisseux de mon garage souterrain. L’odeur est la même que d’habitude : un mélange de gasoil froid, de béton humide et de poussière. Mais ce soir, il y a autre chose. Une effluve plus lourde, plus organique, qui s’échappe de l’entrejambe de mon jean. C’est l’odeur de ces deux types des Calanques. Un mélange de sueur âcre, de sel marin et de leur foutre qui a séché sur ma peau, collant mes poils pubiens en de petits paquets rigides. Je monte les trois étages à pied, les jambes encore un peu flageolantes, le cul endolori par la brutalité de leurs assauts. Chaque marche est une piqûre de rappel. Mon sphincter se contracte par réflexe, expulsant une goutte de leur semence mêlée à ma propre mouille, une glaire tiède qui glisse lentement le long de mon sillon interfessier. J’entre dans mon appartement. Il fait noir, il fait chaud. La moiteur de Marseille s’est engouffrée par la fenêtre restée entrouverte. Je ne prends pas la peine d’allumer le salon. Je déteste les meubles que j’ai choisis, ils puent la solitude et les dimanches après-midi à attendre que le téléphone sonne pour une course qui ne viendra pas. Je vais directement dans la salle de bain. Je claque l’interrupteur. Le néon au-dessus du lavabo grésille avant de cracher une lumière crue, violente, chirurgicale. C’est le moment que je redoute et que je chéris par-dessus tout. Le face-à-face. Je me tiens là, devant le miroir piqué de taches noires. Je regarde la femme de quarante-cinq ans qui me fixe. Danielle. La chauffeuse de taxi que personne ne regarde vraiment, sauf quand elle écarte les cuisses dans l’ombre des rochers. Mes cheveux sont en bataille, poisseux de sel. Mes yeux sont cernés, deux abîmes de fatigue et de désir inassouvi. Je commence à me déshabiller lentement. Mes doigts tremblent un peu quand je déboutonne mon jean. Je le laisse tomber au sol. Je ne porte pas de culotte, je ne le fais jamais quand je travaille de nuit. Je veux sentir le cuir du siège contre ma fente, je veux que les vibrations du moteur remontent directement dans mon clitoris. Je retire mon t-shirt poisseux. Mes seins se libèrent, lourds, les mamelons déjà pointés, durcis par l’air plus frais de la pièce. Je les observe dans la glace. Ils ne sont plus aussi fermes qu’à vingt ans, ils s’affaissent très légèrement, mais l’aréole est sombre, large, provocante. Je passe mes mains sur mes côtes, puis je descends vers mon ventre, ce petit pli de chair que je déteste et qui pourtant m’excite quand un homme l’agrippe pour m’enfoncer plus profondément. Et puis, je regarde en bas. C’est le carnage. Mes cuisses sont maculées de traînées blanchâtres et sèches, comme des traces de limaces. Ma chatte est rouge, gonflée par les va-et-vient furieux de tout à l’heure. Les lèvres sont entrouvertes, laissant s’échapper un filet de foutre encore liquide qui brille sous le néon. C’est dégueulasse. C’est magnifique. Je m’approche du miroir, presque à le toucher. Mon souffle crée de la buée sur le verre. Je vois les rides au coin de mes yeux, les marques du temps qui ne pardonne rien. Je me dégoûte et je m’adore. Je suis une épave, mais une épave qui brûle encore. — Regarde-toi, Danielle, je murmure d’une voix cassée. Regarde cette vieille pute solitaire. Je pose une main sur le rebord du lavabo et j’écarte les jambes le plus largement possible. Je veux tout voir. Je veux que le miroir me renvoie l’image exacte de ma déchéance. Ma main droite descend. Mes doigts, qui sentent encore le volant et le tabac froid, viennent frôler ma vulve. C’est brûlant. La sensibilité est à vif. Je glisse deux doigts à l’intérieur. C’est une mare de luxure. Le mélange de ma cyprine et de leur semence est une huile épaisse qui fait un bruit de succion dégoûtant quand je bouge mes doigts. *Slap. Slap.* Le son résonne dans le silence de la salle de bain, m’excitant davantage que n’importe quel compliment. Je regarde mes doigts entrer et sortir de ce trou béant, rouge vif. Je vois ma peau se tendre, se déformer. Je pense à la bite de ce mec, tout à l’heure, qui frappait mon col de l’utérus sans pitié. J’ai encore l’impression de la sentir. Mon clitoris, niché sous son capuchon gonflé, appelle l’attention. Il est comme un petit bouton de chair en colère, pulsant au rythme de mon cœur qui s'emballe. Je ne cherche pas la tendresse. Je ne cherche pas l’amour. Je cherche à noyer cette solitude abyssale dans une sensation si forte qu’elle en devient douloureuse. Je veux me sentir exister à travers la souillure. Je saisis mes propres seins, les pétrissant avec une force brutale, mes ongles s’enfonçant dans la chair. Je me fais mal, et cette douleur est un ancrage. Mes yeux ne quittent pas le miroir. Je vois cette femme mûre, le visage tordu par une grimace de plaisir et de tristesse mêlés. Une larme finit par s'échapper, coulant le long de ma joue pour s'écraser sur ma poitrine, se mélangeant à la sueur. Je descends ma main gauche pour rejoindre la droite. Mes pouces écartent mes grandes lèvres, révélant l'intimité moite et violacée. C'est impudique. C'est obscène. Je suis seule dans cet appartement, personne ne me regarde, et pourtant, j'ai l'impression que le monde entier me juge à travers ce miroir. Et c’est précisément ce jugement qui me fait mouiller à grosses gouttes, le liquide s'écoulant désormais sur le carrelage blanc. — Tu en veux encore, hein ? Tu n’en as jamais assez, sale chienne… Je commence à me masser vigoureusement le clitoris avec la paume de ma main, écrasant la chair sensible contre mon os pubien, tandis que mes doigts s'enfoncent de plus en plus profondément dans mon vagin, cherchant à atteindre ce vide qui ne se remplit jamais. La chaleur monte, une vague de fond qui part de mes reins et irradie tout mon corps. La scène dans les Calanques tourne en boucle dans ma tête : les grognements, la peau qui claque, l'odeur du foutre frais. Je veux revivre chaque seconde, mais cette fois, je veux être mon propre bourreau. Je veux que le miroir me voie céder, me voie m'effondrer sous le poids de mon propre désir. Mes doigts sont maintenant trois à s'enfoncer dans ma chair, un piston brutal qui fait un bruit de succion écoeurant, un *shloupt* humide qui résonne dans le silence de la salle de bain. Je me regarde faire. Je fixe mes yeux dans le miroir, ces yeux qui ont vu trop d'étés, trop de déceptions, mais qui brûlent aujourd'hui d'une lubricité de prédatrice. Ma main gauche remonte vers ma poitrine. Je saisis mon sein droit, le pétrissant avec une force qui me fera des bleus demain. Je m'en fous. Je tire sur le mamelon, le pinçant entre le pouce et l'index jusqu'à ce que la douleur devienne une décharge électrique qui redescend directement dans mon entrejambe. Ma chatte est en feu, les lèvres gonflées, violacées par l'afflux de sang, s'écartant à chaque passage de mes doigts qui ne me laissent aucun répit. — Regarde-toi, sale traînée... murmure-je, ma voix n'étant plus qu'un croassement rauque. Regarde comme tu es béante. Je m'accroupis un peu plus face à la glace, écartant mes cuisses au maximum. Le spectacle est obscène. Je vois tout. L'entrée de mon vagin qui se distend, le rose vif de la muqueuse qui luit sous l'éclat cru des spots, et ce liquide, ma propre jouissance, qui coule en filets gluants le long de mon périnée pour finir par s'écraser sur le carrelage. Je n'ai jamais été aussi mouillée de ma vie. C’est comme si mon corps, sentant la fin approcher avec les années, avait décidé d’expulser toute son humidité dans un dernier acte de défi. Je ferme les yeux une seconde et je revois le mec des Calanques. Je sens encore l'odeur de la mer mêlée à celle de sa sueur acide. Je me souviens de sa grosse queue, sombre et veinée, qui frappait contre mes fesses alors qu'il me prenait à sec contre le rocher brûlant. Je veux cette brutalité là. Je veux sentir ce déchirement. Je retire mes doigts d'un coup sec, le bruit de la peau qui se décolle me fait frissonner. Je ne m'arrête pas. Je prends le manche de ma brosse à cheveux, un cylindre de plastique froid et dur, et sans une hésitation, je l'enfonce en moi. Le contraste de température me fait hurler. Un cri bref, étouffé, qui vient mourir contre le miroir maintenant embué par ma respiration erratique. — Oh oui... putain... Je l'enfonce jusqu'à la garde, sentant le plastique heurter mon col de l'utérus. C'est douloureux, c'est direct, c'est exactement ce qu'il me faut. Je commence un va-et-vient frénétique, une main tenant le manche, l'autre écrasant mon clitoris avec une violence désespérée. Je ne me caresse plus, je me viole moi-même avec une rage de vieille lionne qui refuse de mourir. Je vois mon ventre se contracter, les muscles de mes cuisses trembler sous l'effort. Ma peau est rouge, couverte d'une fine pellicule de sueur qui brille sous la lumière. Je suis une vision d'horreur et de luxure. Le manche de la brosse ressort de moi, luisant de cyprine filandreuse, avant de disparaître à nouveau dans le gouffre de ma chair. — Tu aimes ça, hein ? Tu aimes sentir ce truc te défoncer ? Je me parle comme il me parlait. Je deviens lui. Je deviens l'homme qui me traitait de chienne tout en me remplissant les tripes de son foutre chaud. Je sens la pression monter derrière mes yeux, une tension insupportable dans le bas de mon ventre. Les parois de mon vagin se contractent spasmodiquement autour de l'objet, essayant de broyer ce qui l'envahit. Je commence à accélérer le rythme. Le manche de la brosse cogne, cogne encore, créant une musique de viande et de plastique. Je suis à bout de souffle, le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine fanée. Je lèche mes propres doigts, savourant le goût salé et métallique de mon excitation, avant de les porter à mes tétons que je triture sans pitié. L'image dans le miroir commence à se brouiller. Ce n'est plus seulement Danielle, la femme mûre et solitaire. C'est une bête en rut, une masse de viande tremblante qui ne vit que pour l'orgasme qui arrive, cette petite mort qui va m'anéantir. Je sens le liquide remonter, cette fontaine qui ne demande qu'à jaillir. Ma chatte est si tendue qu'elle semble sur le point de se déchirer. — Donne-moi tout... donne-moi tout, sale salope... Je lâche la brosse pour reprendre mes doigts, je veux sentir la texture de ma propre débauche. Je plonge l'index et le majeur le plus loin possible, tournant, griffant les parois, tandis que mon pouce s'acharne sur la petite perle de chair turgescente qui est le centre de mon univers. Je sens que je perds le contrôle. Mes jambes ne me portent presque plus, je glisse sur le carrelage trempé de mon propre foutre. Je suis à l'article de la jouissance, ce moment de bascule où plus rien n'existe, ni le passé, ni les rides, ni la solitude. Il n'y a que ce trou noir, cette aspiration béante entre mes jambes qui réclame son dû. Je sens les premières pulsations, violentes, électriques, qui partent de mon utérus et irradient vers mes membres. Ce n'est plus un plaisir, c'est une exécution. Je me regarde une dernière fois dans les yeux, le visage déformé par un rictus de douleur et de plaisir pur, alors que mes doigts s'enfoncent une dernière fois avec une force inhumaine, cherchant le point de non-retour. Mes genoux percutent le carrelage avec un bruit sourd, mais la douleur n’est qu’un combustible supplémentaire. Je suis prostrée, les cuisses écartées à m’en déchirer les adducteurs, le dos voûté face à ce miroir qui ne me lâche pas du regard. Je vois tout. Je vois ma chatte béante, rougie par l'assaut, les lèvres gonflées, luisantes d'un mélange de cyprine épaisse et de la sueur qui dégouline de mon front. Je ne suis plus une femme qui vieillit, je suis un animal en rut cherchant son propre achèvement. L’index et le majeur s’enfoncent à nouveau, plus brutalement. Je n'ai plus de patience pour la douceur. Je cherche le col de mon utérus, je veux le heurter, le punir de son silence. Le bruit est obscène, un claquement mouillé, un succion grasse qui résonne dans la salle de bain vide. *Schpock, schpock.* À chaque va-et-vient, je sens les parois de mon vagin se contracter désespérément sur l’intrusion. C’est chaud, c’est gluant, c’est divin. Ma propre odeur, musquée, entêtante, remonte jusqu’à mes narines, m’enivrant plus que n'importe quel alcool. Mon pouce, lui, est devenu un instrument de torture. Je l’écrase contre mon clitoris turgescent, le broyant presque dans un mouvement circulaire frénétique. La petite perle de chair est si sensible qu'elle semble sur le point d'éclater sous la pression. Je sens les nerfs à vif, chaque fibre de mon sexe hurle. — Allez... gicle, sale pute... gicle, je murmure entre mes dents serrées. Je m’insulte parce que personne d’autre n’est là pour le faire, parce que la vulgarité est la seule chose qui semble réelle dans ce décor de porcelaine froide. Je me traite comme l'objet que je refuse de devenir aux yeux du monde. L’orgasme monte, ce n'est plus une vague, c'est un tsunami de foutre et de rage. Mon bassin se met à tressauter de manière incontrôlable. Je retire mes doigts d'un coup sec, juste pour le plaisir de les enfoncer à nouveau, les quatre cette fois, forçant l'entrée, déchirant presque la commissure de ma vulve. Je veux me remplir, je veux que cette main disparaisse en moi, qu'elle comble ce vide qui me ronge depuis des décennies. Le miroir me renvoie l’image de ma main disparaissant dans les replis de ma chair pourpre. C'est cru, c'est sale, c'est exactement ce qu'il me faut. Le point de bascule est là. Mon corps se raidit, mes orteils se crispent contre le sol glissant. Ma colonne vertébrale se cambre si fort que je crois qu'elle va se briser. L'électricité part de mon centre, irradie mes cuisses, mes fesses, mon ventre. Je sens mon utérus se contracter violemment, une, deux, trois fois. — Oh... oh mon Dieu... C’est le moment où le cerveau déconnecte. Mon pouce appuie une dernière fois, une pression insupportable, et la digue cède. La première giclée est une décharge de pure agonie extatique. Ma chatte expulse son trop-plein de fluides avec une force qui me surprend moi-même. Je sens le liquide chaud inonder mes doigts, couler sur mes paumes, s'étaler sur mes cuisses pour finir par s'écraser sur le carrelage déjà trempé. C’est un flot ininterrompu, une marée de mouille épaisse et transparente qui s'échappe de moi comme si je vidais toute ma solitude en une seule fois. Je gicle encore, mon corps secoué de spasmes si violents que ma vision se trouble. Mes doigts restent plantés en moi, subissant les morsures de mon propre plaisir, tandis que je m'effondre en avant, le front contre la paroi froide du meuble sous le lavabo. Je hurle. Ce n'est pas un cri de joie, c'est un cri de guerre. Un cri qui dit que je suis là, que mon corps fonctionne encore, qu'il est capable de produire cette débauche, cette chaleur, cette vie brute. Le plaisir continue de pulser, plus lent, plus sourd. Chaque battement de mon cœur semble se répercuter entre mes jambes. Je reste là, haletante, les yeux fixés sur le sol où mon foutre se mélange à l'eau de la douche. C'est un carnage intime. Lentement, je retire mes doigts. Ils sont recouverts de ce nectar visqueux, brillant sous la lumière crue des néons. Je les porte à ma bouche, sans quitter mon reflet des yeux. Je lèche chaque phalange, savourant l'acidité et le sel de ma propre jouissance. Je ne laisse rien. C’est mon offrande à moi-même. Je me redresse avec peine, les jambes flageolantes, me tenant au rebord du lavabo. Le miroir me montre une femme défaite. Mes cheveux sont en bataille, collés par la sueur, mon maquillage a coulé, mes seins retombent avec une lassitude magnifique. Mais mes yeux... mes yeux sont ceux d'une prédatrice qui vient de dévorer sa proie. Le silence retombe sur la salle de bain, plus lourd qu'avant. Mais ce n'est plus le silence de l'absence. C'est celui du repos après la bataille. Je regarde les traces de mes mains sur le miroir, des empreintes de doigts graisseuses et humides. Je ne les essuierai pas tout de suite. Je veux qu'elles restent là demain matin, pour me rappeler que ce soir, dans l'ombre de ma vieillesse, j'ai été la reine d'un royaume de chair et de fluides. Je ferme les yeux, une dernière goutte de plaisir mourant glissant le long de ma cuisse. La solitude peut bien revenir, je l'ai noyée sous mon propre foutre. Pour ce soir, au moins, je suis vivante. *FIN DU CHAPITRE.*

L'Appel de Minuit

Marseille à minuit, c’est une gueule ouverte qui expire une haleine de goudron chaud et de sel marin. Je suis au volant de ma Mercedes, les vitres baissées pour laisser entrer un air qui ne rafraîchit rien, mais qui a au moins le mérite de disperser l’odeur de tabac froid des clients de la journée. Ma chemise blanche, réglementaire mais déboutonnée un peu trop bas, colle à ma poitrine. La sueur glisse entre mes seins, une petite rivière tiède qui vient mourir dans la dentelle de mon soutien-gorge. J’ai quarante-cinq ans et j’ai l’impression d’en avoir cent quand je regarde le reflet de mes yeux dans le rétro central. Une solitude abyssale s'y lit, une fatigue que même le plus long des sommeils ne saurait effacer. Mon taxi, c’est mon confessionnal, ma cellule, et parfois, mon bordel mental. Derrière ce volant, j’ai appris à ne plus rien attendre des hommes, à part leur monnaie et leurs adresses imprécises. Mais ce soir, l'air est trop lourd. Il y a une électricité dans le ciel noir qui fait picoter ma peau, qui réveille cette faim sourde que je tente d’étouffer à coup de fantasmes solitaires. Le téléphone professionnel, fixé sur le tableau de bord, vibre brusquement. Ce n’est pas l’application centrale. C’est un appel direct. Un numéro que je connais par cœur, gravé dans ma chair comme une cicatrice mal refermée. Marc. Mon cœur rate un battement, puis s’emballe, cognant contre mes côtes avec une violence qui me donne le vertige. Je range la voiture sur le bas-côté, juste au-dessus de la Corniche. La mer, en bas, est une nappe de pétrole sombre qui ondule sous la lune. Mes doigts tremblent quand je décroche. — Danielle. Sa voix. Grave, éraillée, celle d’un homme qui a trop fumé et trop vécu. Rien que l’inflexion de mon prénom dans sa bouche me fait l’effet d’une caresse brutale. Ma chatte réagit instantanément, une décharge électrique qui me fait serrer les cuisses contre le cuir du siège. — Marc, je souffle, ma voix n'étant plus qu'un murmure brisé. — J’ai besoin de toi. Je suis à l’hôtel. Chambre 402. Viens me chercher. Il ne demande pas. Il ordonne. C’est ce qu’il a toujours fait. Marc, c’est le fantôme de mes nuits blanches, l’homme qui m’a brisée et que je continue de chercher dans chaque ombre de cette ville. Le silence qui suit est lourd de tout ce qu’on ne se dit plus. Je peux entendre sa respiration à l'autre bout du fil, un son rauque qui me fait imaginer son torse puissant, ses mains larges. — J’arrive, je réponds simplement. Je raccroche. Mes mains agrippent le volant si fort que mes phalanges blanchissent. Je passe la première et j’écrase l’accélérateur. Le moteur gronde, une bête de métal qui répond à ma propre rage. En roulant vers le centre, vers lui, mon esprit décroche de la route. La tension est trop forte, elle doit exploser. Je commence à imaginer. Je nous vois, dans cette chambre d’hôtel impersonnelle. Dès que je passerai la porte, il n'y aura pas de mots. Juste le bruit des vêtements qu’on déchire. Je l’imagine me plaquer contre le vantail froid, ses mains s’engouffrant sous ma jupe pour déchirer mon collant, cherchant l’humidité qu’il sait déjà trouver. Ses doigts, rugueux, s'enfonçant sans préambule dans ma chatte trempée, me faisant gémir de douleur et de soulagement. Je sens déjà, dans ma tête, sa bite dure comme du granit venir s'écraser contre mon ventre. Une bite de prédateur, massive, avec cette veine saillante que j'aime sentir palpiter sous ma langue. Je m’imagine tomber à genoux devant lui, là, sur la moquette miteuse, pour la prendre entièrement dans ma gorge, jusqu’à l’étouffement, jusqu’à ce que ses mains agrippent mes cheveux pour me guider dans un va-et-vient sauvage. Je veux sentir le goût de son gland, l'amertume du désir, l'odeur de son sexe mêlée à celle de ma sueur. Je roule trop vite, les néons de la ville défilent comme des traits de feu. Mon bassin bouge d’avant en arrière sur le siège, imitant le mouvement du sexe. Je suis déjà en train de couler. Le cuir de mon siège est poisseux, imprégné de mon excitation qui déborde. Je ne suis plus une chauffeuse de taxi, je ne suis plus une femme de quarante-cinq ans fatiguée par la vie. Je suis une chienne en chaleur qui court vers son maître, le cœur au bord des lèvres et la chatte en feu. L’idée de son sperme, épais et chaud, giclant sur mon visage ou au fond de ma gorge, me fait monter les larmes aux yeux. C’est ce mélange de détresse et de luxure pure qui me définit. Je l’aime autant que je le hais, et ce soir, cette haine va se transformer en foutre et en cris. Je vois l’enseigne de l’hôtel au loin. Mon sexe bat la chamade, une pulsation douloureuse qui exige d’être apaisée. Je sens l’odeur du gasoil, l’odeur de la mer, et par-dessus tout, l’odeur de mon propre désir, musqué et sauvage, qui s’est emparé de l’habitacle. Je pile devant l’entrée. Mon corps tremble de tous ses membres. Je coupe le contact, mais le moteur de mon ventre, lui, continue de hurler. Je regarde mes mains : elles sont moites. Je passe une main dans mon entrejambe, juste pour vérifier. Mes doigts ressortent luisants, couverts de cette glaire filante et translucide qui témoigne de mon impatience obscène. Je porte mes doigts à ma bouche, je les lèche lentement, fermant les yeux, savourant mon propre goût avant de goûter au sien. Marc m'attend. Et je vais lui donner tout ce que la solitude a accumulé en moi pendant des mois de silence. Je vais me laisser dévaster. Je claque la portière de la Mercedes. Le bruit résonne dans le silence poisseux du parking souterrain de l’hôtel. Chaque pas que je fais vers l’ascenseur est une agonie. Entre mes cuisses, c’est le déluge. Ma culotte en dentelle n’est plus qu’un lambeau de tissu trempé qui me colle à la peau, irritant ma vulve déjà gonflée par l’attente. L’odeur de mon propre désir me suit, une effluve de musc et de faim qui me donne envie de vomir de honte et de hurler de besoin. L’ascenseur grimpe. Je fixe mon reflet dans le miroir en inox. J'ai les yeux sauvages, les lèvres rougies d’avoir été mordues tout au long du trajet. Je ressemble à une épave, une femme sur le point de sombrer, et le pire, c’est que je sais que Marc va adorer ça. Il a toujours aimé me voir perdre pied. Le "ding" de l'étage 4 sonne comme un couperet. Je marche sur la moquette épaisse du couloir, mes talons s'enfonçant dans le luxe feutré de cet endroit que je déteste. Chambre 412. Je n’ai même pas besoin de frapper. La porte est entrouverte, une fente de lumière dorée qui m'invite à ma propre perte. Je pousse le battant. L'odeur me frappe instantanément : le tabac froid, le vieux bourbon et ce parfum boisé, animal, qui appartient à Marc seul. Il est là, debout près de la baie vitrée, le dos tourné, fixant les lumières de la ville. Il est en bras de chemise, les manches retroussées sur ses avant-bras puissants, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon de costume noir. — Tu as mis du temps, Danielle, lâche-t-il sans se retourner. Sa voix est un grondement sourd qui fait vibrer mes vertèbres. — Le taxi a fait ce qu'il a pu, je réponds, ma voix n'étant qu'un souffle rauque. Il se retourne lentement. Son visage est marqué par la fatigue, mais ses yeux sont des charbons ardents. Il me détaille, de mes cheveux décoiffés jusqu'à mes jambes qui tremblent. Il voit tout. Il voit la tache sombre qui commence à imbiber le tissu léger de ma jupe au niveau de mon entrejambe. Un sourire cruel étire ses lèvres. — T'es trempée, hein ? Tu as pensé à ma bite tout le long du trajet. — Je te hais, Marc. — Je sais. Viens ici. C’est un ordre. Je ne peux pas résister. Je m’approche, chaque fibre de mon être hurlant à la fois la fuite et l’abandon. Quand je suis à sa portée, il ne perd pas de temps en préliminaires romantiques. Sa main jaillit et s’abat sur ma nuque, ses doigts s’enroulant dans mes cheveux pour me renverser la tête en arrière. La douleur est une décharge électrique qui va mourir directement dans mon clitoris. — Regarde-moi, exige-t-il. Je plonge mes yeux dans les siens. Il y a tant de mépris et de besoin dans son regard que j’en ai le souffle coupé. De son autre main, il saisit le col de mon chemisier de soie et tire d’un coup sec. Les boutons sautent, roulent sur le sol avec des bruits de grêle. Il m’expose, ma gorge, ma poitrine qui se soulève frénétiquement sous mon soutien-gorge de dentelle noire. Il ne me touche pas encore les seins. Il descend sa main, brusque, et l’écrase contre ma chatte à travers ma jupe. Il appuie sa paume, pétrissant la chair déjà brûlante. Je lâche un gémissement qui finit en sanglot. — Oh putain, Danielle… T’es une vraie fontaine. Tu sens ça ? Tu sens comme tu m’appelles ? Il remonte ma jupe d'un geste violent, dévoilant mes bas autofixants et le haut de mes cuisses. Ses doigts s’insinuent sous l’élastique de ma culotte saturée de cyprine. Il ne cherche pas la douceur. Il enfonce deux doigts d'un coup dans ma fente béante. Je bascule la tête en arrière, un cri déchirant s'échappant de ma gorge. C’est trop. C’est brutal. C’est exactement ce qu’il me faut. — Tu es tellement serrée, grogne-t-il contre mon oreille alors qu'il commence un va-et-vient sauvage, ses doigts raclant les parois de mon vagin, cherchant à me faire mal autant qu'à me donner du plaisir. Tu voulais que je t’encule dans la voiture, c’est ça ? Tu voulais que tout le monde voie comme tu es une petite traînée quand je suis dans le coin ? Il retire ses doigts couverts de ma glaire filante et les porte à son nez, humant mon odeur avec une ferveur de prédateur. Puis, il me retourne sans ménagement, m’écrasant le visage contre la vitre froide de la chambre. Le contraste entre le froid du verre sur mon front et la chaleur de son corps massif contre mon dos me fait délirer. Je sens sa bite, énorme et rigide comme une barre de fer, presser contre mes fesses à travers le tissu de son pantalon. Il attrape mes deux poignets dans une seule main et les plaque dans le bas de mon dos. De l’autre, il défait fébrilement sa ceinture. Le bruit du cuir qui claque, le zip de sa braguette qui descend… chaque son est une promesse de dévastation. — Je vais te démonter, Danielle, murmure-t-il, sa voix vibrant contre ma nuque. Je vais te remplir de tout ce que j'ai gardé pour toi depuis six mois. Tu vas bouffer chaque goutte de mon foutre jusqu'à ce que tu oublies ton propre nom. Il attrape ma culotte et la déchire. Le tissu craque, libérant mon sexe qui palpite de détresse. Il écarte mes fesses avec une rudesse qui m'arrache un cri, m'exposant totalement à sa vue, à son envie. Je sens son gland, large et brûlant, venir s’écraser contre l'entrée de ma chatte, cherchant le passage dans le chaos de mes fluides. — S'il te plaît, Marc… je souffle, à bout de force. S'il te plaît, prends-moi… n'attend plus… Il ricane, un son sombre et sans joie. — Pas encore. Je veux que tu sentes ce que ça fait d’avoir faim. Regarde-toi dans le reflet de la vitre. Regarde ce que tu es devenue. Je baisse les yeux et je vois mon reflet flou. Une femme soumise, les seins écrasés contre le verre, les fesses offertes, tremblante sous la poigne d'un homme qui la brise. Et dans mes yeux, je vois la vérité : je n'ai jamais été aussi vivante. Il ne pénètre pas encore. Il frotte sa bite sur toute la longueur de ma vulve, étalant mon propre jus de bas en haut, son gland venant heurter mon clitoris à chaque mouvement de va-et-vient, me poussant au bord de l'abîme sans jamais me laisser tomber. — Dis-le, ordonne-t-il en me tirant les cheveux pour forcer mon regard vers le reflet. Dis-moi ce que tu es. — Je suis à toi… putain, Marc… je suis ta chienne… enfonce-la, par pitié, enfonce-la ! Il lâche un juron étouffé, sa patience arrivant à son terme. Je sens ses muscles se tendre, sa poigne sur mes poignets se faire plus ferme, presque douloureuse. Il se recule d'un millimètre, juste assez pour viser, et je sens la pointe de son sexe forcer l'entrée de mon corps. Je suis si tendue que j'ai l'impression qu'il va me déchirer en deux. Mais il s'arrête là, juste à l'entrée, laissant son gland s'imprégner de ma chaleur, nous laissant tous les deux au bord de l'explosion, le souffle court, le cœur battant à l'unisson dans cette chambre qui sent déjà le sexe et la défaite. Le silence qui suit ses mots est plus lourd que le vacarme de nos respirations hachées. Il reste là, immobile, le gland juste enfoncé dans mes lèvres gonflées, testant ma résistance, savourant ma détresse. Je vois mon visage dans le miroir : j’ai les yeux révulsés, les lèvres entrouvertes sur un cri muet, ma peau rougie par ses doigts et l'adrénaline. Je ne suis plus qu'une attente, un vide béant qui ne demande qu'à être comblé par sa violence. — Tu veux que je t'éclate, c'est ça ? murmure-t-il contre mon oreille, sa voix n'étant plus qu'un grognement animal. Tu veux sentir ma bite au fond de ta gorge utérine jusqu'à ce que tu oublies ton propre nom ? — Oui... Marc, s'il te plaît... tue-moi avec... Il n'attend pas une seconde de plus. D'un coup de reins brutal, dévastateur, il enfonce toute sa longueur en moi. Le choc est tel que mes genoux flanchent, et c'est uniquement sa poigne sur mes poignets qui m'empêche de m'écrouler sur le tapis. Je lâche un hurlement rauque, la gorge déchirée par l'intensité de la pénétration. Ma chatte, inondée de mes propres sucs, l'accueille dans un bruit de succion humide, serrant ce membre énorme qui semble me diviser de l'intérieur. C'est trop. C'est parfait. Il ne me laisse pas le temps de m'habituer à sa taille. Il se retire presque intégralement, la pointe de son gland frôlant la sortie de mon antre, avant de frapper à nouveau. *Clac.* Le bruit de ses testicules contre mes fesses résonne dans la pièce comme des coups de fouet. Il cogne. Il ramone. Chaque assaut est plus profond, plus sauvage que le précédent. Il ne cherche pas à me faire l'amour, il cherche à m'exorciser, à m'imprimer sa marque dans la chair. — Regarde-toi, ordonne-t-il entre deux coups de boutoir qui me font gémir de douleur et de plaisir. Regarde comme tu te prends ma bite. Regarde comme tu aimes ça, sale petite traînée. Je force mes yeux à se fixer sur le miroir. Je vois le va-et-vient frénétique, sa verge sombre qui disparaît intégralement dans mes replis roses et trempés avant d'en ressortir luisante de mon foutre et de ma cyprine. C’est obscène. C’est la chose la plus sale et la plus pure que j’aie jamais vécue. Je vois mes seins ballotter au rythme de ses hanches, mes tétons durcis pointant vers le verre froid. Il lâche mes poignets pour venir empoigner mes hanches, ses doigts s'enfonçant dans ma peau comme des griffes. Le rythme s'accélère encore. Il n'y a plus de mots, plus de romance, juste la mécanique brute de deux corps qui s'entre-déchirent. La friction devient brûlante, électrique. Je sens les parois de mon vagin se contracter frénétiquement autour de lui, essayant de pomper chaque millimètre de son sexe. — Je vais venir... Marc... je vais crever... — Viens pour moi, Danielle. Jouis sur ma bite, putain ! Il attrape mes cheveux et tire ma tête en arrière, m'obligeant à cambrer le dos à l'extrême. Ses coups deviennent courts, rapides, saccadés, visant mon point G avec une précision de métronome. Je sens la vague monter, un tsunami de chaleur qui part de mon bas-ventre pour irradier tout mon être. Mes muscles pelviens se figent, se tordent, et soudain, le barrage cède. Je hurle son nom alors que mon orgasme m'arrache de la réalité. Les spasmes sont si violents que je crois défaillir. Ma chatte l'enserre dans un étau spasmodique, expulsant des vagues de liquide qui giclent sur ses cuisses et les miennes. Au même instant, je sens sa verge doubler de volume en moi. Marc pousse un rugissement de bête blessée, s'enfonçant une dernière fois au plus profond, le gland percutant mon col avec une force inouïe. Il se fige, le corps arqué, et je sens le jet brûlant de son foutre inonder mon fond. Un jet, deux jets, trois... Il me remplit, me sature de sa semence chaude, l'écume blanche débordant de notre point de jonction pour couler le long de mes cuisses. La sensation est délicieuse, un poids brûlant qui vient apaiser l'incendie qu'il a allumé. On reste ainsi plusieurs minutes, soudés l'un à l'autre, nos souffles se mêlant dans l'air saturé d'odeurs de sexe et de sueur. Il finit par se retirer lentement, dans un bruit de succion final qui me fait frissonner. Je m'effondre sur le tapis, les jambes en coton, le sexe béant et dégoulinant de notre mélange de fluides. Marc se tient debout au-dessus de moi, encore essoufflé, sa bite retombant doucement, couverte de mon jus. Il ne dit rien. Il n'y a pas de tendresse après l'orage, juste le constat d'une destruction mutuelle. Il ramasse son pantalon, tandis que je reste au sol, les yeux fixés sur le plafond, sentant son foutre glisser lentement hors de moi pour tacher la laine du tapis. L'appel de minuit a trouvé sa réponse. La tension est rompue, mais à quel prix ? Dans le silence de la chambre, je sais que ce n'est pas une fin, mais le début d'une agonie plus profonde encore. Il a eu mon corps, il a eu mon cri, il a laissé sa saleté en moi. — Le taxi attend en bas, dit-il d'une voix blanche, sans me regarder. Je ferme les yeux, une larme se perdant dans mes cheveux emmêlés. La défaite est totale. Et je sais, avec une certitude terrifiante, que je reviendrai ramper à ses pieds dès qu'il sifflera. Car rien, absolument rien, ne pourra jamais égaler le sentiment d'être détruite par lui.

La Colère des Sens

La porte de l’immeuble claque derrière moi, un bruit sec qui résonne dans la rue déserte comme un coup de grâce. L’air de Marseille à trois heures du matin est lourd, chargé de sel et de l’odeur de gasoil brûlé, mais il ne suffit pas à rincer la sensation de souillure qui colle à ma peau. À chaque pas que je fais vers mon taxi, garé en double file, je sens son foutre, ce liquide poisseux et tiède, qui glisse le long de l’intérieur de mes cuisses. Ça me brûle presque. C’est la trace de ma défaite, le marquage d’un homme qui vient de me jeter comme un vieux mouchoir après s'être vidé en moi. Je grimpe derrière le volant. Le cuir du siège est froid, impitoyable. Je reste là, les mains crispées sur le cercle de plastique noir, les yeux fixés sur le compteur qui n’affiche rien d’autre que mon vide intérieur. Dans le rétroviseur, mon reflet me dégoûte : j'ai le mascara qui a coulé en de longues traînées noires, les lèvres gonflées, mordues, et ce regard de chienne battue qui attendrait encore une caresse au milieu des coups. Quarante-cinq ans, Danielle. Regarde-toi. Une épave qui conduit des gens toute la journée et qui rampe la nuit pour une dose de mépris charnel. Je démarre. Le moteur gronde, une vibration sourde qui remonte dans mes jambes et vient titiller ma chatte encore douloureuse, irritée par ses assauts brutaux. Je ne rentre pas chez moi. Pas tout de suite. Je ne peux pas affronter le silence de mon appartement vide avec cette odeur de lui qui m'imprègne les narines. J'ai besoin de transformer cette douleur en quelque chose d’autre. J'ai besoin de hurler, mais ma gorge est nouée par les larmes que je refuse de verser. Je roule vers la Corniche. La mer est une masse d'encre noire qui lèche les rochers en contrebas. Il n'y a personne. Juste moi, mon taxi, et cette rage qui monte, une marée brûlante qui part de mes entrailles et qui exige d'être expulsée. Je me gare sur un bas-côté sombre, à l'abri des rares lampadaires. Le bruit des vagues couvre le ronronnement du moteur que je laisse tourner pour garder un peu de chaleur. Ma main tremble quand elle quitte le volant pour descendre vers l'entrejambe de mon jean. Je sens la bosse de ma vulve à travers le tissu épais. C’est gonflé, sensible à en crever. Je déboutonne mon pantalon dans un geste brusque, presque violent. La fermeture éclair descend avec un sifflement métallique qui déchire le silence de l'habitacle. Je n'ai pas de culotte ; Marc l'a déchirée tout à l'heure, et je l'ai laissée sur son tapis, comme un lambeau de ma dignité. Dès que l'air frais de la cabine entre en contact avec ma fente mouillée, je lâche un gémissement qui ressemble à un râle. Mes doigts s'enfoncent sous le tissu pour aller chercher la réalité du désastre. C'est un carnage de fluides. Je suis trempée, un mélange de mon propre désir de soumission et de sa semence qui continue de s'écouler. Mes doigts s’égarent sur mes grandes lèvres, les écartant pour sentir la morsure de l'air sur ma muqueuse à vif. « Connard... » je murmure entre mes dents serrées. Je ne parle pas de lui. Je parle de moi. De mon corps qui le réclame encore alors que mon âme est en lambeaux. Ma main se referme sur ma propre chair. Je commence à me frotter avec une fureur désespérée. Ce n’est pas de la tendresse que je cherche, c’est une punition. Je veux que ça fasse mal, je veux que l’orgasme soit une explosion de haine, une façon d’arracher son souvenir de mes pores. Mon index et mon majeur plongent en moi. C'est large, encore distendu par sa bite qu'il a enfoncée sans ménagement. Je ramène vers l'extérieur une traînée de foutre blanchâtre et filante que j'étale sur mon ventre, sous mon tee-shirt remonté. L’odeur est forte, brute, elle sature l'espace restreint du taxi. C'est l'odeur du sexe sans amour, l'odeur de la sueur et de la honte. Je commence à bouger mes doigts à l'intérieur de moi, un va-et-vient rapide, saccadé. Je ne cherche pas le rythme, je cherche la rupture. Ma main gauche vient écraser mon sein droit à travers le coton fin, je pince le téton jusqu'à ce que la douleur me fasse monter les larmes aux yeux. Je veux sentir chaque millimètre de ma déchéance. Ma chatte claque sous mes doigts, un bruit de succion humide qui emplit le taxi, se mêlant au rythme de ma respiration qui s'accélère. Je ferme les yeux et je vois son visage, son air de dégoût quand il m'a dit que le taxi attendait en bas. Je sens encore ses mains de fer qui me maintenaient les poignets contre le tapis. Je pousse mes doigts plus profondément, heurtant mon col de l'utérus avec une brutalité volontaire. Je me cambre sur le siège en cuir, ma tête bascule en arrière, et je sens la sueur perler sur mon front malgré la fraîcheur de la nuit marseillaise. Le conflit en moi est à son comble : j'ai envie de vomir de dégoût et en même temps, ma faim de plaisir est un monstre que je ne peux plus contrôler. Je veux qu'il me voie là, dans mon taxi, en train de me finir comme une chienne, avec ses restes qui coulent sur mes doigts. Je veux qu'il sache qu'il m'a détruite, et que dans cette destruction, j'ai trouvé la seule vérité qui me reste. Ma main droite quitte mon sexe une seconde pour attraper mon clitoris entre le pouce et l'index. Je le triture sans aucune douceur, je le malmène, cherchant le point de non-retour. La douleur et le plaisir se confondent en une seule ligne électrique qui me traverse l'échine. Je commence à haleter, de longs spasmes secouent mes cuisses. Je suis une épave au bord de l'abîme, et je m'apprête à sauter. Je m’enfonce encore plus loin. Mes trois doigts — le majeur, l'index et l'annulaire — sont maintenant enterrés jusqu'à la garde dans ma propre viande, écartelant ma chatte qui semble gémir sous la contrainte. Le cuir du siège grince sous mes fesses trempées, un bruit sec qui ponctue mes coups de reins désordonnés. Je n'essaie plus d'être gracieuse. Je suis une bête blessée qui cherche à s'arracher le mal du ventre. Je sens le mélange de mon propre jus, chaud et glissant, et de son foutre à lui, cette semence froide et collante qu'il a laissée en moi comme une marque d'infamie. Ça fait un bruit de succion dégueulasse à chaque fois que je retire mes doigts pour les renfoncer d'un coup sec, percutant mon col de l'utérus avec une violence qui me tire des larmes. — Enfoiré… murmure-je entre mes dents serrées, la voix brisée par un sanglot qui refuse de sortir. Mes doigts sont enduits de cette mélasse de désir et de haine. Je les retire un instant, les portant à mes yeux sous la lumière blafarde d'un réverbère qui filtre à travers le pare-brise. Ils brillent, saturés de fluides, l'odeur musquée et âcre de mon excitation mêlée à la sienne m'explose au visage. C’est une odeur de défaite. Je lèche mes phalanges, goûtant l'amertume de son passage, laissant le sel et le fer envahir ma bouche. C’est immonde. C’est exactement ce qu’il me faut. Je replonge ma main, plus brutalement encore. Mon pouce ne lâche pas mon clitoris ; il l'écrase, le broie contre mon os pubien. Je sens la petite perle de chair gonfler, durcir jusqu'à devenir douloureuse, mais je ne ralentis pas. Au contraire, j'accélère la cadence. Je me déchire de l'intérieur, mes ongles écorchant les parois de mon vagin, cherchant à aller au-delà de la chair, là où la douleur devient une anesthésie. Ma tête cogne contre la vitre latérale. Le froid du verre contraste avec la fournaise qui dévore mon entrejambe. Je ferme les yeux et je vois son visage, ce sourire suffisant qu'il affichait quand il m'a jetée comme un déchet. — Tu voulais me détruire ? regarde-moi… regarde ce que je fais de tes restes ! Je commence à me cambrer de façon incontrôlable. Mes jambes, écartées au maximum, tremblent violemment, mes talons s'enfonçant dans le tapis de sol du taxi. Je sens mon orifice se contracter spasmodiquement autour de mes doigts, comme s'il essayait de les broyer, de les expulser, ou de les garder à jamais. C’est une lutte acharnée entre mon corps qui réclame la fin et mon esprit qui veut faire durer le supplice. Je glisse une autre main sous mon débardeur, agrippant mon sein gauche avec une telle force que je sais déjà que j'aurai des bleus demain. Je pince le mamelon, le torturant entre mes ongles tandis que ma main droite continue son travail de démolition dans mes profondeurs. Je suis un chantier en ruines. Je sens le foutre qui commence à déborder, coulant le long de mon poignet, imbibant la manche de mon pull jeté sur le siège passager. Le plaisir n'est plus une caresse, c'est une décharge électrique de mille volts qui me calcine les nerfs. Ma chatte est en feu, rouge, gonflée, offerte à l'obscurité de l'habitacle. Je sens les parois de mon vagin s'imbiber, devenir de plus en plus glissantes, presque liquides, alors que je frotte mon clitoris avec une rage renouvelée. Chaque mouvement est une insulte que je m'adresse, chaque spasme est une preuve de ma propre déchéance. Je commence à haleter bruyamment, des sons gutturaux, presque inhumains, s'échappant de ma gorge sèche. L'air dans le taxi devient raréfié, saturé de l'humidité de mon sexe et de ma sueur. Je suis au bord de l'abîme, le vertige me prend. Mes doigts s'enfoncent une dernière fois, tournant à l'intérieur de moi pour ramasser tout ce qu'il reste de lui, tout ce mélange de fluides que je veux expulser dans une explosion finale. — Plus… plus fort… putain… Je ne me contrôle plus. Je commence à me donner des claques sur les cuisses, la peau claquant contre la peau, ajoutant une douleur vive à l'incendie qui ravage mon bassin. Je veux que ça saigne, je veux que ça brûle, je veux que ce moment soit gravé dans mes tissus pour que je n'oublie jamais à quel point l'amour est une ordure. Ma main droite quitte soudainement mon vagin pour se plaquer sur ma bouche, étouffant un cri qui aurait pu réveiller tout le quartier. Mes doigts, encore souillés de nos sécrétions mêlées, s'enfoncent dans mes joues. Je sens le goût du foutre sur mes lèvres, cette consistance épaisse et collante que je n'arrive pas à avaler. Je suis une épave, une trainée dans son propre taxi, et pourtant, à cet instant précis, je me sens plus vivante que je ne l'ai jamais été avec lui. Le point de rupture approche. Je sens mon utérus se contracter violemment, une crampe brutale qui me coupe le souffle. Ce n'est pas encore l'orgasme, c'est l'avertissement. La tempête arrive, et je vais me laisser emporter. Mes doigts reprennent leur va-et-vient frénétique, labourant ma chair, tandis que mon pouce massacre mon clitoris avec une précision chirurgicale. Je suis une machine à plaisir et à douleur, et je n'ai aucune intention d'arrêter avant d'avoir tout brisé. Je n’arrête pas. Je ne peux pas. Ma main gauche saisit le volant, les jointures blanches, tandis que ma droite s’acharne dans l’entrejambe avec une violence qui confine à l’automutilation. Mes doigts sont trempés, lubrifiés par un mélange visqueux de ma propre cyprine et des restes de son foutre qui s’échappe de moi en filets poisseux. Je sens l’odeur âcre de la semence et du cuir chaud du taxi, une fragrance de déchéance qui me monte au cerveau comme une drogue dure. Je ramène mes genoux plus haut contre le tableau de bord, écartant mes cuisses au maximum. Ma chatte est béante, offerte au néon blafard d’un lampadaire qui filtre à travers le pare-brise. Mes lèvres sont gonflées, rouges, battues par le va-et-vient frénétique de mes doigts. Je ne cherche plus la douceur. Je veux que ça saigne, je veux que ça brûle, je veux que la douleur physique étouffe enfin ce hurlement sourd qui me déchire la poitrine depuis qu’il est parti. « Enfoiré… » je grogne entre mes dents, les yeux révulsés. J'enfonce trois doigts d’un coup dans mon vagin, cherchant à atteindre mon col, à ramoner chaque recoin de ce vide qu’il a laissé. Le bruit est obscène, un clapotis sourd et mouillé qui résonne dans l’habitacle clos. *Sploush, sploush.* C’est le son de ma dignité qui se noie. Ma main est couverte de ce liquide trouble, une mixture de foutre et de sécrétions filantes qui s'étale sur mes cuisses, tachant le tissu des sièges. Je m’en fous. Je veux être sale. Je veux être cette traînée qu’il a consommée et jetée. Mon pouce ne lâche pas mon clitoris. Il le broie littéralement contre mon os pubien. La sensation est électrique, insoutenable. Mon gland clitoridien est si congestionné qu’il ressemble à un petit fruit trop mûr prêt à éclater sous la pression. Chaque rotation de mon pouce déclenche une décharge qui me fait cambrer le dos, les fesses décollées du siège, mon bassin cherchant désespérément un contact plus dur, plus vrai, plus destructeur. Je me remémore sa bite, cette barre de fer qui me labourait il y a quelques minutes à peine. Je sens encore la sensation de déchirement, l’étirement de ma chair sous ses assauts de brute. Je veux retrouver ça. Je veux sentir cette plénitude qui fait mal. J’insère mon index dans mon cul, brusquement, sans préparation. La douleur est fulgurante, un éclair blanc qui me traverse la colonne vertébrale. Je lâche un cri étouffé, ma main sur la bouche goûtant à nouveau le sel de ma peau et le goût métallique de mon propre sang car je me suis mordu la lèvre. Le rythme s’accélère. Je suis une machine en surchauffe. Mes doigts font des va-et-vient de plus en plus courts, de plus en plus rapides dans ma chatte inondée. L’air dans le taxi est devenu irrespirable, chargé d’humidité et de sueur. Je sens une goutte de sueur couler entre mes seins, se perdre dans le creux de mon ventre. « Viens… viens maintenant, bordel ! » Je me griffe les cuisses avec l’autre main, laissant des sillons rouges sur ma peau pâle. La tension monte, monte, devient une boule de feu logée au fond de mes entrailles. C’est une agonie délicieuse. Mes muscles pelviens se contractent en spasmes incontrôlables, broyant mes propres doigts à l’intérieur de moi. Je sens le foutre remonter, expulsé par les contractions de mon utérus, se mélangeant à la vague qui s’apprête à déferler. Et soudain, le point de non-retour. Mon corps se raidit comme si j'étais électrocutée. Ma mâchoire se décroche dans un cri muet. L'orgasme n'est pas une caresse, c'est une explosion nucléaire. Ma chatte expulse un jet de liquide chaud qui vient s'écraser contre ma main et le bas de mon ventre. Je jouis avec une violence telle que je vois des taches noires danser devant mes yeux. Mes parois vaginales se referment par saccades brutales sur mes doigts, les emprisonnant dans un étau de chair brûlante. Je tremble de tous mes membres. Ma tête retombe en arrière contre l’appui-tête, mon souffle court, haché, comme si je venais de courir un marathon. Je sens le liquide – mon plaisir, sa semence, notre défaite – couler lentement le long de mes fesses, s’imprégnant dans le cuir du siège. C’est chaud, c’est collant, c’est dégoûtant. Je reste là, les jambes encore grandes ouvertes, le sexe palpitant, exposé à l'obscurité. Mes doigts ressortent lentement, couverts de longs fils de glaire et de foutre blanc qui brillent dans le noir. Je les regarde, fascinée et horrifiée par ma propre déchéance. Je porte ma main à mon visage, respirant l’odeur de notre acte, l'odeur de la trahison et du désir brut. Le silence retombe sur le taxi, lourd comme un linceul. La pluie commence à frapper doucement le toit en métal, un rythme monotone qui souligne ma solitude. La chaleur de l'orgasme s'évapore, remplacée par un froid glacial qui s'insinue sous ma peau. Je baisse mes jambes, mes muscles protestant de douleur. Je me rhabille maladroitement, le tissu de ma culotte collant instantanément à ma peau souillée. Je ne m'essuie pas. Je veux garder cette trace de lui, cette brûlure entre mes jambes, comme une cicatrice invisible. Je regarde mon reflet dans le rétroviseur. Mes yeux sont rouges, mon maquillage a coulé, mes lèvres sont mordues jusqu'au sang. Je ne suis plus la même femme qu’il y a une heure. L'amour est peut-être une ordure, mais ce soir, j'ai plongé dans les poubelles la tête la première. Je tourne la clé de contact. Le moteur du taxi s'ébroue dans un râle métallique. J'enclenche la première, les mains tremblantes sur le volant. La colère est passée, remplacée par un vide immense, un gouffre noir que même tout le plaisir du monde ne pourra jamais combler. Je démarre et m'enfonce dans la nuit, laissant derrière moi l'odeur du foutre, de la sueur et des rêves brisés. Le chapitre se ferme, mais la plaie, elle, reste béante.

L'Ombre de l'Autre

La nuit marseillaise me colle à la peau comme une seconde chemise, poisseuse et étouffante. Ma vieille Mercedes 190 tangue sur les pavés du Vieux-Port, le moteur diesel ronronnant un chant funèbre que je suis la seule à comprendre. Il est deux heures du matin. L’air est saturé d'une odeur de gasoil, d'iode rance et de friture provenant des derniers restos ouverts. Je sens la sueur glisser entre mes seins, une goutte solitaire qui trace un chemin lent sur mon ventre pour finir sa course dans l'élastique de ma culotte synthétique. Quarante-cinq ans. C’est l’âge où l’on devrait avoir une maison qui sent la cire et un homme qui vous attend avec un verre de vin. Moi, j’ai un badge de taxi, une solitude abyssale et des souvenirs qui me bouffent le foie. Je m’arrête au feu rouge de la rue de la République. Mes mains, calleuses à force de serrer ce volant de cuir râpé, tremblent légèrement. Et c’est là que je le vois. Sur le trottoir d’en face, sous le halo blafard d’un réverbère qui grésille, une silhouette. Cette carrure. Cette façon d’incliner la tête pour allumer une cigarette, ce mouvement d’épaule précis, arrogant, que je connais par cœur. Mon cœur rate une pulsation, puis s’emballe comme une machine folle. Marc. Ce n’est pas possible. Marc est parti il y a dix ans, laissant derrière lui un sillage de cendres et mon utérus vide. Mon regard se fige. Ma vision se trouble, brouillée par une montée de larmes soudaine que je ravale avec la force du désespoir. L’homme se tourne. Ce n’est pas lui. C’est un étranger, plus jeune, plus lisse. Mais le mal est fait. Le fantôme s'est engouffré dans l'habitacle. L'ombre de mon ex-mari s'est assise sur le siège passager, invisible et pesante, m'apportant l'odeur de son parfum boisé et le souvenir de sa main brutale dans mes cheveux. Une vague de chaleur, violente, insoutenable, me submerge. Mon sexe me lance. C’est une douleur sourde, une pulsation entre mes cuisses qui réclame un tribut. Je passe la première, les dents serrées à m’en briser la mâchoire, et je fonce vers la Corniche. J’ai besoin d’air, de sel, et de cette autodestruction qui est ma seule compagne fidèle. Je gare la voiture sur un renfoncement de la route, là où les rochers plongent dans le noir absolu de la Méditerranée. Le moteur s'éteint dans un dernier soubresaut. Le silence qui suit est pire que le bruit : il me laisse seule avec mes démons. Je respire fort, mes poumons brûlant du manque d’oxygène. Mes mains quittent le volant pour descendre, d’elles-mêmes, vers le bas de mon ventre. Je ne peux plus lutter. Chaque fois que son souvenir me percute, mon corps réagit comme une bête blessée qui cherche à s'anesthésier par le plaisir. « Putain… » je souffle dans l'obscurité. Je déboutonne mon jean à tâtons. Le métal froid du bouton glisse contre ma peau brûlante. Je l'écarte, révélant mon ventre un peu mou, marqué par le temps, mais vibrant de désir. Je glisse ma main droite sous le tissu de ma culotte. C'est déjà une mare là-dedans. Ma chatte est inondée, ma propre mouille coule le long de mes doigts, chaude et filante comme de la lave. Je ferme les yeux et je le vois. Je vois Marc. Je sens son souffle sur ma nuque. Je m'imagine qu'il est derrière moi, dans ce taxi, qu'il attrape mes hanches pour me plaquer contre le volant. Mes doigts trouvent enfin mon clitoris, déjà gorgé de sang, dur comme une perle de douleur. Je commence à le masser avec une rudesse qui me fait gémir. Je ne cherche pas la tendresse, je cherche la déflagration. Je m’enfonce deux doigts dans le vagin, brusquement, sans préliminaires. Je suis tellement trempée que mes doigts glissent avec un bruit de succion écoeurant, un *shlick-shlick* rythmé qui emplit l’habitacle étroit. « Reviens, sale chien… reviens m’éclater, » je murmure, ma voix brisée par un sanglot. Je commence un va-et-vient frénétique. Je ne sens plus le cuir du siège contre mon dos, je sens sa peau contre la mienne. Mes doigts imitent sa bite, cette barre de fer qui me labourait sans pitié. Je me malmène, je tire sur mes lèvres charnues, je triture mon clito avec le pouce tandis que mes autres doigts s’enfoncent de plus en plus profondément, cherchant à atteindre ce vide au fond de moi. La douleur de son absence se transforme en une excitation barbare. Je me cambre, ma tête bascule en arrière, mes yeux révulsés sous mes paupières closes. Je vois ses yeux noirs, je sens l'odeur de sa sueur. Je glisse ma main gauche sous mon débardeur, écrasant mon sein droit, pinçant le mamelon jusqu'à la limite de la déchirure. Je veux avoir mal. Je veux que le plaisir soit une punition. Le cuir du siège gémit sous mes coups de reins désordonnés. Je suis une épave en proie à une tempête. Ma mouille commence à tacher le tissu, une odeur forte de musc et de sel envahit la voiture. Je ne suis plus une conductrice de taxi de quarante-cinq ans, je suis une plaie béante qui ne demande qu'à être comblée par le foutre et la fureur. Mes doigts s’accélèrent, le rythme devient insoutenable. Je sens la tension monter dans mes jambes, mes mollets se contractent, mes orteils se recroquevillent contre les pédales. Le sommet est là, cette crête acérée entre le cri et les larmes. Je commence à haleter, mon souffle se transformant en un râle animal. « Marc… Marc, putain, vide-toi en moi… » L’image de lui me prenant par derrière, m'écrasant le visage contre le tableau de bord alors que je sens son gland heurter mon col de l'utérus, devient d'une netteté effrayante. Je sens presque la pression de ses mains sur mes fesses, l’impact de ses couilles contre mon périnée. Mon clitoris semble sur le point d'exploser. Je ne tourne plus, je martèle. Je m'enfonce les doigts si fort que je sens mes ongles griffer les parois de ma chatte. La douleur est exquise. Elle est la seule chose réelle dans ce monde de simulacres. L’orgasme arrive, sauvage, dévastateur. Ce n’est pas une vague, c’est un séisme. Mon corps se fige, mes muscles se tordent dans une convulsion violente. Un cri rauque s'échappe de ma gorge, se perdant contre le pare-brise embué. Ma chatte se contracte sur mes doigts dans une série de spasmes électriques, expulsant des jets de mouille chaude qui inondent ma main. Je reste là, suspendue dans le vide, le cœur battant à tout rompre, tandis que les premières larmes, de vraies larmes de sel et de détresse, commencent enfin à couler sur mes joues, se mélangeant à la sueur de mon front. Le plaisir reflue, me laissant plus vide et plus seule qu’avant. L’ombre de Marc s’est évaporée, mais l’odeur de mon propre désir, cette odeur crue de sexe et de désespoir, reste là, flottant dans la tiédeur de la Mercedes. Le silence qui suit mon spasme est plus lourd que le tonnerre. Mes doigts, encore glissants de ma propre substance, battent la mesure contre mes cuisses nues. Je sens l’humidité poisseuse de ma culotte, jetée quelque part sur le tapis de sol, et l’air confiné de la voiture sature mes poumons d’une odeur de musc et de détresse. C’est alors qu’un coup sec contre la vitre me fait sursauter. Je tourne la tête, le regard embrumé, le cœur cognant contre mes côtes comme un animal en cage. À travers la buée et les gouttes de pluie qui perlent sur le verre, une silhouette se découpe. Ce n’est pas l’ombre de Marc. C’est Julien. Mon port d’attache, mon homme de transition, celui qui tente désespérément de colmater les brèches que Marc a laissées derrière lui. Il ouvre la portière côté conducteur. L’air froid s’engouffre dans l’habitacle, giflant ma peau brûlante. Il s’arrête net, ses yeux balayant l'habitacle : ma jupe relevée jusqu'à la taille, mes jambes écartées, ma main encore luisante de cette mouille qui coule lentement sur mes doigts. — Putain, Clara… Qu’est-ce que tu fous là ? sautille sa voix, entre l’inquiétude et le dégoût. Je t’ai cherchée partout. On t'attend au dîner. Je ne réponds pas. Je le regarde, simplement. Ses traits sont trop réguliers, trop calmes. Il n’a rien du chaos de Marc. Et c’est précisément ce qui me donne envie de hurler. — Je l’ai vu, Julien, je souffle, ma voix n'est qu'un râle éraillé. — Qui ? Marc ? Encore ? Mais bordel, Clara, il est mort pour toi ! Ça fait deux ans ! Il s’installe de force sur le siège conducteur, me poussant contre la console centrale. Il ferme la porte, nous enfermant à nouveau dans cette étuve. Il attrape mon poignet, son regard fixant ma main souillée. La tension dans ses mâchoires est palpable. Il y a une colère sombre qui monte en lui, une jalousie qu’il essaie de noyer dans sa patience habituelle, mais qui, aujourd'hui, déborde. — Regarde-toi, murmure-t-il, sa voix devenant plus basse, plus rauque. Tu te touches en pensant à un fantôme ? Dans ta bagnole, comme une traînée ? — Baise-moi, Julien. Le mot tombe entre nous, brut, obscène. Ce n’est pas une demande, c’est un ordre de destruction. Je veux qu’il efface l’image de Marc par la force brute. — Qu’est-ce que tu as dit ? — Je t’ai dit de me baiser. Là. Maintenant. Arrête de parler et vide-toi en moi. Fais-moi oublier que je respire. Ses yeux s’assombrissent violemment. Il lâche mon poignet pour attraper ma gorge, pas pour m’étouffer, mais pour ancrer ma tête contre le cuir du siège. Ses doigts s'enfoncent dans ma chair. Il dégage sa braguette d'un geste brusque, libérant sa bite déjà raide, pulsante d'une frustration accumulée. — Tu veux que je te baise ? C'est ça que tu cherches pour arrêter tes délires ? Il ne prend pas de gants. Il ne cherche pas à être tendre. Il empoigne mes hanches, ses doigts s'enfonçant dans mes fesses, et il me tire vers lui. Mes fesses glissent sur le cuir froid alors qu'il m'aligne avec son entrejambe. L'odeur de son excitation se mélange à la mienne, créant un cocktail écœurant et addictif. Je sens le gland de sa bite, large et chaud, venir s'écraser contre l'entrée de ma chatte encore trempée de mon propre plaisir solitaire. Il n'y a pas de préliminaires, pas de caresses. Il y a juste cette urgence sale. — Regarde-moi, Clara. C’est moi qui suis là. Pas lui. Il pousse. D'un coup sec, massif. Je lâche un cri qui se transforme en gémissement étouffé alors qu'il déchire littéralement ma résistance. Il s'enfonce jusqu'à la garde, sa bite remplissant chaque millimètre de mon intimité béante. C'est trop, c'est trop gros, trop soudain, et c'est exactement ce qu'il me faut. La douleur de l'étirement se mêle à la brûlure du frottement. — Ah… Julien… Il commence un va-et-vient furieux, ses couilles venant claquer contre ma vulve avec un bruit de viande mouillée qui résonne dans l'espace exigu. Chaque coup est une tentative d'exorcisme. Il me pilonne, ses mains labourant ma poitrine, écrasant mes seins sous ses paumes calleuses. Je rejette la tête en arrière, mes ongles griffant le tableau de bord. Je sens le foutre que j'imagine déjà, la chaleur de son corps, la sueur qui perle sur son front et qui goutte sur mon visage. Il est en train de me posséder physiquement, mais dans ma tête, les traits de Julien commencent à se brouiller. À chaque fois qu'il ressort presque entièrement, laissant ma chatte vide et béante avant de s'y engouffrer à nouveau violemment, je cherche le visage de l'autre. Je veux sentir la morsure de Marc dans les reins de Julien. — Dis mon nom, ordonne-t-il entre deux halètements, son rythme s'accélérant, ses coups devenant plus profonds, cherchant à atteindre mon col. Dis-le ! Je serre les dents, mes parois vaginales se contractant frénétiquement autour de lui, l'aspirant, le broyant. Je sens sa bite gonfler encore, les veines saillantes frottant contre mes parois irritées. La sensation est si intense que je sens mes jambes trembler, incapables de supporter davantage cette tension électrique. — Dis-le, putain ! répète-t-il en me retournant brusquement pour me mettre à quatre pattes sur le siège passager, son sexe sortant dans un bruit de succion humide (un "ploc" sonore qui témoigne de l'abondance de mes fluides) avant de se loger à nouveau dans mon cul qu'il écarte sans ménagement. Il ne me pénètre pas par l'anus, mais il plaque sa bite contre ma fente par l'arrière, s'enfonçant à nouveau dans ma chatte avec une force qui manque de me faire basculer contre le pare-brise. Sa main attrape mes cheveux, tirant ma tête en arrière pour m'obliger à le regarder dans le rétro. — Qui te baise, Clara ? Qui est en train de te défoncer dans cette voiture ? Je vois mes propres yeux dans le miroir. Ils sont fous. Je vois ma bouche ouverte, bavant presque de plaisir et de souffrance. Je vois la silhouette de Julien derrière moi, s'acharnant sur mon corps comme s'il jouait sa vie. — C’est toi… Julien… c’est toi… Mais dans mon ventre, là où la sensation est la plus pure, là où sa bite cogne le fond de mon utérus, c’est le fantôme de Marc que j’appelle secrètement. Je me cambre, offrant ma chatte ruisselante à ses assauts, sentant le mélange de ma mouille et de son liquide pré-séminal lubrifier exagérément l'acte, créant un glissement obscène, un bruit de barattage qui emplit mes oreilles. Il ne ralentit pas. Au contraire. Il attrape mes deux seins par derrière, les pétrissant avec une violence qui me fera des bleus demain, tandis que son bassin martèle le mien sans relâche. Je sens l'orgasme monter, une deuxième vague, plus sombre celle-ci, plus visqueuse. Une vague de honte et de jouissance pure. — Je vais venir, Clara… je vais te remplir de mon foutre… et tu vas oublier son nom… Il grogne, un son animal, alors que ses coups de reins deviennent erratiques, plus puissants, m'enfonçant contre le siège à chaque impact. Sa bite semble avoir doublé de volume, me déchirant presque à chaque va-et-vient. Je sens que je vais craquer, que mon corps va se rompre sous cette intensité mécanique et désespérée. Et pourtant, alors que le point de non-retour approche, je ferme les yeux et je cherche encore cette ombre dans la rue. Ne t’arrête pas, Julien. Détruis-moi. Le bruit est ce qui me frappe en premier, au-delà de la douleur sourde qui irradie de mes seins écrasés par ses paumes calleuses. Un son de succion immonde, rythmé, obscène. C’est le bruit de ma propre chatte, saturée de cyprine et de la sueur de Julien, qui s’ouvre et se referme avec force autour de son membre. À chaque coup de boutoir, sa bite s’enfonce jusqu’à heurter mon col, un choc électrique qui me fait cambrer le dos, les doigts crispés sur le cuir du siège. Je ne suis plus une femme, je suis une plaie ouverte, un réceptacle de chair qui ne demande qu'à être colmaté. — Regarde-moi, Clara ! me hurle-t-il à l’oreille, le souffle court, empestant le désir et l'urgence. Regarde-moi, putain ! C’est moi qui te baise ! Pas lui ! Je refuse d'ouvrir les yeux. Si je les ouvre, l'illusion s'effondre. Je veux rester dans cet entre-deux, là où la morsure de la réalité se confond avec la violence de son sexe. Je sens le gland de Julien frotter contre les parois irritées de mon vagin, chaque va-et-vient est une déflagration. C'est trop, c'est trop gros, c'est trop dur, et pourtant je réclame encore plus de cette intrusion. Je bascule mon bassin vers l'arrière, cherchant à m'empaler davantage, à sentir cette bite me ramoner jusqu'aux entrailles. Ma main descend, malgré la gêne, pour trouver l’endroit où nous nous rejoignons. Je sens ses couilles lourdes frapper contre mon périnée à chaque impact, un martèlement sourd qui résonne dans mes hanches. Mes doigts glissent sur le relief de sa verge, trempée, bouillante, qui disparaît et réapparaît dans ma fente dilatée. Je sens les veines saillantes de sa bite contre ma paume, une bête vivante qui cherche à me briser de l'intérieur. — Oui... Julien... détruis-moi... murmure-je, la voix étranglée par un sanglot. L'orgasme n'est plus une promesse, c'est une menace imminente. Mon clitoris, gorgé de sang et frotté sans relâche par le va-et-vient mécanique de son pubis contre le mien, est sur le point d'exploser. Je sens mes muscles vaginaux se contracter violemment, des spasmes involontaires qui enserrent Julien comme un étau. Il pousse un cri, un grognement qui n'a plus rien d'humain. Ses mains lâchent mes seins pour venir s'ancrer dans mes hanches, ses doigts s'enfonçant dans ma chair, m'immobilisant pour le grand final. Il accélère encore. C'est une machine. Un pilon qui s'abat sur moi. Je ne respire plus. Je sens ma chatte se liquéfier, le mélange de nos fluides ruisselant le long de mes cuisses, une sensation de saleté exquise qui nourrit ma honte. — Je viens... Clara... je t'étouffe... je te vide tout dedans... ! Sa voix déraille. Son corps se tend comme un arc. Je sens la première décharge. Un jet brûlant qui vient frapper le fond de mon utérus. Puis un deuxième. Un troisième. C'est épais, c'est massif. Je sens l'inondation chaude de son foutre qui me remplit, une sensation de plénitude presque douloureuse tellement elle est subite. À cet instant précis, mes propres barrières cèdent. Je hurle, le visage enfoui dans le cuir, alors que mon sexe se convulse autour de sa bite qui palpite encore, projetant ses dernières gouttes de semence. Mon orgasme est noir, déchirant. Ce n'est pas une libération, c'est un effondrement. Je pleure, de vraies larmes cette fois, qui se mêlent à la sueur sur mes joues. Julien continue de pousser, de s'enfoncer, voulant vider jusqu'à la dernière goutte de sa rage et de son sperme en moi. Je sens le liquide chaud refluer, déborder de mes lèvres charnues pour couler sur le siège. Le silence qui suit est assourdissant. Seul le bruit de nos respirations hachées emplit l'habitacle. Julien reste ainsi, lourd sur moi, sa bite commençant lentement à ramollir à l'intérieur de mon corps, mais toujours prisonnière de ma moiteur. Il finit par se retirer avec un bruit de succion mouillé, un son qui me donne envie de vomir et de recommencer à la fois. Je reste prostrée, les jambes écartées, béantes, sentant le foutre de Julien glisser lentement hors de moi, un filet poisseux qui me rappelle ma trahison et ma déchéance. Je redresse la tête, les yeux rougis, et je regarde par la vitre embuée. La rue est vide. L'ombre a disparu. Julien se rhabille en silence, évitant mon regard, la respiration encore erratique. Il a gagné, physiquement. Il a marqué son territoire à coups de reins et de semence. Mais alors que je ramasse mes sous-vêtements trempés, je sais que le vide en moi est plus grand qu'avant. Il m'a remplie de son foutre, mais il n'a pas pu chasser le fantôme. Le froid de la nuit s'insinue dans la voiture alors que j'ouvre la portière. Je marche quelques pas sur le trottoir, les jambes flageolantes, sentant encore la brûlure de Julien entre mes cuisses et l'humidité de son rejet qui colle à ma peau. Je regarde l'endroit où je croyais l'avoir vu. Il n'y a que le vent. — Adieu, murmure-je dans un souffle, sans savoir si je m'adresse à l'homme qui vient de me baiser ou à celui que je ne cesserai jamais de chercher dans le noir. Je referme ma veste sur ma nudité souillée, le goût amer de la jouissance encore sur les lèvres, et je m'enfonce dans l'ombre, seule avec mes larmes et l'odeur de l'autre qui me colle à la peau. FIN DU CHAPITRE.

Le Terminus de Marc

La nuit marseillaise n’est jamais vraiment noire. Elle est d’un gris poisseux, saturée par l’humidité de la mer qui remonte le long de la Canebière et l’odeur entêtante du gasoil cramé. Dans l’habitacle de mon taxi, la chaleur est une main moite pressée contre mon visage. Mon ventilateur brasse un air tiède qui ne fait qu’accentuer la sensation de malaise qui me colle à la peau. Je conduis mécaniquement. Mes mains serrent le volant avec une force inutile, les articulations blanchies. Entre mes jambes, c’est le brasier. Le fantôme de Julien est toujours là, niché dans les plis de ma chair. Je sens encore le résidu de son foutre, cette traînée visqueuse et refroidie qui s’est figée contre l’intérieur de mes cuisses, une souillure que je n’ai pas pris la peine d’essuyer. Ça me démange, ça me brûle, ça me rappelle à chaque mouvement de pédale que je suis vide, malgré le plein qu’il a cru faire. Je tourne vers le quartier du Panier. Les rues se rétrécissent, les façades lépreuses semblent vouloir m’écraser. Marc m’attend. Marc, c’est mon terminus. L’homme qui ne pose pas de questions, celui qui connaît la géographie de ma solitude aussi bien que les raccourcis de cette ville de crevards. Je gare la Mercedes dans une ruelle borgne. Le moteur s’arrête dans un râle métallique, laissant place au silence assourdissant de mon propre désir. Je reste un moment immobile, le regard fixé sur le compteur qui affiche zéro. Mon cœur cogne contre mes côtes comme un animal en cage. Ma chatte est en feu, une plaie béante et humide qui réclame sa dose, non pas de tendresse — j’ai fait une croix là-dessus depuis des siècles — mais de violence, de profondeur, de quelque chose qui puisse enfin éteindre l’incendie Julien. Je sors de la voiture. Mes jambes sont lourdes, flageolantes. À chaque pas, le frottement de mon jean contre ma vulve, encore gonflée par les assauts précédents, m’arrache un gémissement que je ravale. Je monte les trois étages de l’immeuble de Marc. L’odeur de la cage d’escalier — tabac froid, urine et friture — se mélange à celle, plus intime, de mon sexe qui s’ouvre à l’air libre. Il n’a pas verrouillé. Il sait que je viens quand la nuit devient trop lourde à porter. Marc est assis dans le pénombre de son salon, une bouteille de pastis à moitié vide sur la table basse. Il ne se lève pas. Il me regarde simplement entrer, ses yeux sombres fouillant le désordre de mon âme. Il sent l’odeur. Il sait que je sors d’un lit, ou d’un parking. L’odeur du foutre d’un autre est un parfum qu’il reconnaît entre mille. — T’as une sale gueule, Danielle, lâche-t-il d’une voix rauque. Je ne réponds pas. Je reste plantée au milieu de la pièce, les bras ballants. La tension entre nous est un câble électrique prêt à rompre. Je veux qu’il se lève. Je veux qu’il me plaque contre ce mur décrépit, qu’il déchire ce jean qui me scie l’entrejambe et qu’il me laboure jusqu’à l’os. Je veux sa bite, dure, impitoyable, pour effacer la trace de l’autre. Marc ne bouge pas. Il se contente d’allumer une cigarette, la lueur de la flamme éclairant brièvement ses traits fatigués, la barbe de trois jours, les épaules larges. Il me dévisage avec une sorte de pitié méprisante qui me donne envie de hurler. — Tu pues le désespoir, reprend-il en recrachant une bouffée de fumée grise. Et tu pues le mec. Va te laver, ou casse-toi. Le silence retombe, plus lourd qu’avant. Mes doigts tremblent. Je sens une goutte de sueur — ou peut-être est-ce encore un reste de cette semence étrangère — couler le long de ma fesse. La frustration monte en moi comme une marée de fiel. L’air est saturé de phéromones, de haine et d’un besoin physique si violent que j’ai l’impression que ma peau va craquer. On se fixe. Une minute. Deux. L’horloge au mur égrène les secondes comme des coups de poignard. Il n'y aura rien. Pas ce soir. Pas avec cette odeur de défaite qui émane de mes pores. Le refus de Marc est une gifle, un rejet plus douloureux que n'importe quel coup de rein. — Merde, Marc... murmuré-je, la voix brisée. Il détourne le regard vers la fenêtre, vers les lumières lointaines du port. C’est fini. La porte est restée ouverte derrière moi. Je fais demi-tour, le ventre noué par une crampe atroce, les ovaires en convulsion. Je redescends les escaliers quatre à quatre, manquant de trébucher, fuyant ce miroir de ma propre misère. Je remonte dans le taxi. Je claque la portière si fort que le verre vibre. Je suis en transe. Ma respiration est un sifflement erratique. Je démarre en trombe, les pneus hurlant sur le pavé gras. Je ne peux pas rentrer chez moi. Pas dans cet état. Ma chatte me lance, elle bat au rythme de mon pouls, exigeant un tribut que Marc m’a refusé. Je fonce vers la Corniche. Il me faut de l’air, de l’espace, et surtout, il me faut me vider de cette tension qui menace de me faire exploser le crâne. Je vois le scintillement de la mer en bas des falaises, sombre et froide. Je pile sur le bas-côté, dans un recoin sombre, loin des lampadaires. Le silence revient, mais il est de courte durée. Ma main plonge déjà dans mon entrejambe, impatiente, sauvage. Je déboutonne mon jean dans un geste de pure démence. Il faut que ça sorte. Tout. La haine, la solitude, le foutre des autres, et cette putain de douleur qui m’étouffe. Le moteur cliquette dans le silence de la nuit, un bruit métallique régulier qui ponctue mes sanglots secs. L’odeur du cuir chaud et de mon propre musc sature l’habitacle étroit. Je bascule le siège passager vers l'arrière dans un fracas brusque. Je n’ai plus de place pour la pudeur, plus de place pour la raison. Je suis une plaie ouverte. Mes doigts tremblants luttent avec la fermeture éclair de mon jean, qui mord ma peau. Je tire dessus avec une violence telle que le métal me griffe, mais je m'en fous. Je veux sentir la douleur, elle est plus honnête que ce vide que Marc a laissé en moi. Enfin, le denim cède. Je repousse le tissu sur mes hanches, révélant la dentelle noire de mon string, déjà sombre de ma propre défaite. Je suis trempée. Une mare de frustration poisseuse qui colle à mes cuisses. Je glisse ma main sous l'élastique, et le choc thermique me tire un gémissement qui ressemble à un cri d'agonie. Ma chatte est en feu, une forge bouillante et battante. Mes doigts s'enfoncent immédiatement dans les replis gonflés, trouvant cette fente béante qui réclame, qui hurle. Je sens la consistance du liquide, filant, lourd, cet excès de vie que Marc a dédaigné. « Putain… Marc… » Son nom m’écorche la gorge. Je me déteste de l'appeler alors que je me massacre seule dans cette bagnole. J’écarte mes lèvres avec deux doigts, dévoilant mon clitoris congestionné, une petite perle de nerf à vif qui ne demande qu'à exploser. Je commence à le frotter avec une brutalité désespérée. Je ne cherche pas la tendresse, je cherche l’abrutissement. Le mouvement de ma main est saccadé, rapide. Le bruit est là, maintenant, organique et cru : le claquement mouillé de mes doigts contre ma propre chair, le glissement incessant dans le foutre imaginaire que j'aurais voulu qu'il me donne. Je ferme les yeux et je revois ses mains sur ses genoux, cette distance qu’il a maintenue, ce rempart de dignité qui me tue. J'enfonce un majeur, puis deux, d'un coup sec. Je suis si large, si prête, que je les accueille sans résistance. Ma paroi vaginale se contracte violemment sur mes phalanges, les aspirant, les broyant. Je me cambre sur le siège, mes talons s'enfonçant dans le tapis de sol, mes hanches se soulevant pour aller chercher plus de profondeur, plus de cette pénétration que mon corps exige comme un drogué en manque de sa dose. « Regarde-moi, Marc ! Regarde ce que tu me fais ! » je hurle dans le vide de l’habitacle. Je commence à baiser ma propre main, le bassin projeté en avant dans des va-et-vient frénétiques. Mes doigts entrent et sortent, de plus en plus vite, ramonant mes entrailles avec une fureur autodestructrice. Je sens le liquide chaud couler sur mon poignet, mouiller le cuir du siège. Je m'en fous. Je veux que tout le monde sache, je veux que la terre entière sente cette odeur de sexe et de désespoir. Je lèche mon autre main, la recouvrant de salive, avant de l'amener à mes seins. J'arrache les boutons de mon chemisier, les petits disques de plastique sautant dans l'ombre comme des insectes. Je saisis mes tétons, les pinçant jusqu’à la limite de la déchirure. La douleur remonte le long de mes nerfs, se mélangeant à la décharge électrique qui part de mon entrejambe. Je suis une machine en surchauffe. Je commence à voir des taches de lumière derrière mes paupières closes. Mon clitoris est devenu si sensible que chaque passage de mon pouce est une décharge de 220 volts. Je suis à la limite, au bord de ce précipice où l'on oublie son nom. Mes doigts à l'intérieur de moi fouillent, cherchent mon col, le heurtent avec la force d'un marteau-piqueur. Le rythme s'accélère encore. Je ne respire plus, je halète, de petits bruits d'animaux blessés s'échappant de ma bouche entrouverte. La buée a totalement envahi les vitres, m'isolant du monde dans ce cocon de sueur et de sécrétions. Je sens l’orgasme monter, non pas comme une caresse, mais comme une lame de fond, une vague de fond noire et dévastatrice qui s'apprête à tout balayer. Ma main gauche redescend pour rejoindre la droite. Mes dix doigts sont maintenant une mêlée de chair et de fluides, pétrissant ma chatte comme une pâte à pain, l'ouvrant, l'étirant, la malmenant. Je veux me déchirer. Je veux que le plaisir me brise les os, pour que je n'aie plus à porter ce poids d'avoir été refusée. Je sens mon utérus se contracter, une première crampe, douloureuse et exquise. C’est là. Ça arrive. Ce n'est pas de la joie, c'est une évacuation sanitaire. « Oh Dieu… Marc… encore… enc… » Je me fige, les doigts enfoncés jusqu'aux jointures, le pouce écrasant le bouton de chair écarlate. Je suis suspendue au-dessus de l'abîme, le cœur battant si fort que j'ai l'impression que ma poitrine va se fendre. L’air me manque. Je sens le premier spasme, celui qui annonce l'inondation, celui qui ne laisse aucune chance à la raison. Mais je ne lâche pas encore. Je veux que la tension monte jusqu'à ce que mon cerveau s'éteigne. Je veux que ce soit sale, je veux que ce soit définitif. Mes doigts bougent à peine, juste assez pour entretenir la torture, pour faire durer cette agonie délicieuse. Je sens chaque pore de ma peau vibrer. Je sens l'humidité qui s'accumule, prête à jaillir, prête à souiller tout ce que je suis. La mer, dehors, cogne contre les rochers. À l'intérieur, c'est le même fracas. Je suis une tempête de foutre et de larmes. Et je ne suis qu'à la moitié du chemin. Je ne respire plus. Mon souffle est bloqué au fond de ma gorge, une boule de feu qui refuse de sortir tant que le reste n’a pas explosé. Mes doigts sont des intrus, des outils de torture que j'enfonce de plus en plus profondément dans ma chair trempée. Je sens l’élasticité de mon vagin qui se resserre autour de mes phalanges, comme s’il cherchait à les broyer, à les garder prisonnières de cette agonie. Ma chatte est en feu. C’est une plaie béante, une morsure ouverte qui ne demande qu’à être cautérisée par la violence de l’orgasme. Je sens le glissement visqueux de ma propre cyprine qui coule le long de mon poignet, tiède, presque écœurante d’abondance. C’est le lubrifiant de ma défaite. Chaque va-et-vient de mes doigts produit un bruit de succion sourd, un flic-floc obscène qui résonne dans l’habitacle clos de la voiture. C'est le son de ma dignité qui s'effondre. « Enfoiré… Marc… regarde-moi… » Je murmure son nom comme une insulte. Je l'imagine là, sur le siège passager, m’observant avec ce regard sombre qui me dépouille. Je plaque ma paume plus fort contre mon pubis, écrasant mon clitoris avec une rage animale. Le bouton de chair est si gonflé, si dur, qu’il semble vouloir percer la peau. Je le malmène, je le triture, je le massacre. Je ne cherche pas le plaisir, je cherche l’exorcisme. Je veux expulser Marc de mes veines, de mes muscles, de mes pensées. La première décharge me foudroie la colonne vertébrale. C’est un éclair blanc qui déchire l’obscurité derrière mes paupières closes. Mes hanches se soulèvent violemment du siège, mon dos s'arque jusqu'à la limite de la rupture. Mes doigts s’agitent frénétiquement à l’intérieur de moi, cherchant le fond, cherchant à toucher cette douleur qui me rend folle. Et puis, le barrage cède. Ce n'est pas une vague, c'est un tsunami de foutre et de sécrétions qui jaillit de moi. Mon utérus se contracte avec une force telle que j'ai l'impression qu'il va s'arracher. Je crie, un cri rauque, guttural, qui n'a plus rien d'humain. Ma chatte se convulse par vagues successives, expulsant des flots de chaleur contre ma main. Je sens les spasmes me traverser, me vider, me liquéfier. C'est une hémorragie de plaisir sale. Mes doigts restent plantés en moi, prisonniers des spasmes électriques qui me parcourent les cuisses. Je sens chaque battement de mon sang dans mes lèvres boursouflées. Je jouis pendant ce qui me semble être une éternité. C’est long, c’est douloureux, c’est épuisant. Je sens le liquide qui imbibe mon jean, la moiteur qui s’étend, l’odeur de mon propre sexe qui envahit l’espace, lourde, musquée, entêtante. C’est l’odeur de mon abandon. Quand le dernier spasme finit par s'éteindre, je retombe lourdement contre le dossier. Mes mains tremblent si fort que je peine à les retirer de l'entrejambe. Quand je les sors enfin, elles sont luisantes, couvertes de ce mélange de sueur et de sécrétions. Je regarde mes doigts dans la pénombre, cette substance filante qui brille sous la lueur d'un lampadaire lointain. C'est tout ce qu'il reste de ma visite chez lui. Un résidu. Une trace de ce que je n'ai pas pu avoir. Je me sens vide. Atrocement vide. La tension a disparu, remplacée par une tristesse d'une lourdeur insupportable. Les larmes montent enfin, chaudes, salées, se mélangeant à la sueur sur mes joues. Je pleure parce que je l'aime, je pleure parce que je le déteste, je pleure parce que je viens de me donner à lui par procuration, comme une mendiante se nourrissant de miettes. Ma main, encore souillée, se pose sur le volant. Le cuir froid me brûle la peau. Je regarde mes jambes écartées, mon pantalon gâché, l'évidence de ma déchéance. Ce n'était pas de l'amour. Ce n'était même pas du sexe. C'était une évacuation sanitaire, le nettoyage brutal d'un surplus de désir que mon corps ne pouvait plus contenir sans éclater. Dehors, la mer continue son travail de sape. Elle cogne, elle ronge, elle détruit. Je démarre le moteur, le bruit du moteur couvrant mes derniers sanglots. Je laisse Marc derrière moi, dans sa maison de verre, avec ses silences et son mépris. Mais je sais, alors que je passe la première, que l'odeur de ma propre jouissance restera accrochée à mes doigts jusqu'à l'aube. Et que cette odeur, c'est son parfum à lui. Je quitte le bord de mer, le cœur en miettes et la chatte en lambeaux, emportant avec moi le goût amer d'un orgasme qui n'a rien résolu du tout. Le Terminus de Marc n'était qu'une étape de plus dans ma propre agonie. La route est longue, et je suis déjà morte.

Le Lever du Soleil sur la Canebière

La Canebière s’étire devant moi comme une plaie ouverte sous les premiers rayons d’un soleil qui n’a aucune pitié. Il est cinq heures du matin. Marseille pue le poisson crevé, le gasoil et l’humidité qui colle à la peau comme une seconde chemise. Mes mains tremblent sur le volant en cuir de mon taxi, ce cercueil de métal qui est devenu ma seule demeure. Derrière mes lunettes de soleil, mes yeux sont brûlés par les larmes sèches et le manque de sommeil, mais entre mes jambes, c’est une autre histoire. Le siège conducteur est poisseux. Je sens l’humidité de ma propre chatte qui a traversé la dentelle bon marché de ma culotte pour imprégner le cuir noir. L’odeur de Marc est encore là, nichée sous mes ongles, collée à l’intérieur de mes cuisses, un mélange de sueur rance et de foutre froid qui me rappelle ma déchéance. Mais alors que je remonte l’artère principale, un frisson nouveau me parcourt l’échine. Ce n’est plus de la honte. C’est une rage érotique, une faim que même le mépris de Marc n’a pas pu éteindre. Je ralentis. Le moteur ronronne, une vibration sourde qui remonte dans mes talons, mes mollets, et vient mourir pile entre mes lèvres charnues et gonflées par l’excitation. Je regarde les premiers passants : des éboueurs, des mecs qui rentrent de boîte, des ombres qui hantent le Vieux-Port. Dans ma tête, le décor bascule. Les vitres de mon taxi ne sont plus teintées ; elles sont du cristal pur. Je ne me cache plus. Je veux qu’ils voient. Je veux que tout Marseille contemple la ruine magnifique de mes quarante-cinq ans. Je lâche le volant d’une main pour déboutonner mon chemisier. Le tissu craque légèrement. L’air frais du matin s’engouffre dans l’habitacle et mord mes tétons qui pointent instantanément, durs comme des cailloux. Mes seins sont lourds, marqués par le temps, mais ils sont là, vibrants de vie. Je glisse ma main droite sous le tissu, saisissant mon sein gauche à pleine main. Je pétris la chair avec une brutalité nécessaire, sentant mon cœur cogner contre ma paume. « Regardez-moi, bandes de chiens, » je murmure entre mes dents serrées. Je m’arrête au feu rouge, juste en face d’un groupe de types qui attendent le premier bus. Dans mon fantasme, ils se figent. Leurs regards se plantent sur moi. Je ne suis plus Danielle la chauffeuse de taxi invisible, je suis la Louve du bitume, une offrande de chair et de fluides au milieu du chaos urbain. Ma main descend plus bas. Je défais le bouton de mon pantalon de travail, cette étoffe grise et informe qui camoufle ma féminité depuis trop d’années. La fermeture éclair gémit, un son qui m’excite plus que n'importe quelle musique. Je soulève mon bassin, m’extrayant avec difficulté du siège collant pour libérer mes hanches. Je tire sur le tissu jusqu’à ce que mon ventre mou et ma toison sombre soient exposés à la lumière crue de l’aube. Le contraste est violent. Le froid de l’air, la chaleur de mon sang. Je passe deux doigts par-dessus l’élastique de ma culotte trempée. C’est une mare. Je suis une fontaine de désir désespéré. Dès que je touche mon clitoris, un spasme me secoue. Il est énorme, gorgé de sang, réclamant son dû. Je ne suis pas dans la douceur. Je ne suis pas dans la romance. Je cherche la douleur, l’intensité, l’évidence anatomique de mon existence. Je commence à me frotter vigoureusement, le bruit de mes doigts glissant dans mon propre jus remplit le silence de la voiture. *Flic, flac.* Le son de la luxure brute. Je ferme les yeux un instant et je vois la Canebière entière se presser contre mes vitres. Des centaines de mains qui veulent toucher cette peau de femme mûre, des centaines de bouches qui veulent goûter le sel de ma peau et l'amertume de ma solitude. Je n’ai plus de passé. Je n’ai plus de Marc. Je n’ai que cette bite imaginaire et collective qui m’encule le cerveau pendant que mes doigts labourent ma chatte. « Allez-y... » je souffle, la tête renversée contre l’appui-tête. « Voyez comme je suis mouillée. Voyez comme j’ai besoin de crever de plaisir. » Je sens l’odeur de mon sexe qui remonte, forte, musquée, entêtante. C’est l’odeur de la marée basse, de la vie sauvage. Je retire mes doigts et je les porte à ma bouche. Je les suce avec avidité, goûtant ma propre défaite, mon propre désir. C’est âcre et délicieux. Le goût de Marseille au petit matin. Le feu passe au vert, mais je ne démarre pas. Derrière moi, un klaxon retentit. C’est le signal. Le monde me rappelle à l’ordre, mais je décide que ce matin, l’ordre m’appartient. Je m’enfonce un doigt, puis deux, d’un coup sec. Mon vagin se contracte autour d’eux comme une bête affamée. C’est étroit, c’est brûlant, c’est prêt à exploser. Je regarde mon reflet dans le rétroviseur. Mon visage est déformé par une grimace qui hésite entre le cri de douleur et le hurlement de jouissance. Je ne suis pas belle. Je suis vraie. Je suis une femme de quarante-cinq ans qui se donne à une ville qui l'a oubliée, et chaque va-et-vient de mes doigts dans ma fente noyée de foutre et de cyprine est une insulte à la solitude. Je commence à accélérer le mouvement, ignorant les voitures qui me contournent. Je m’en fous. Qu’ils regardent Danielle se dévaster les entrailles sur la plus belle avenue du monde. Qu’ils voient ce que coûte le silence. Ma main gauche agrippe le volant si fort que mes jointures blanchissent, tandis que ma main droite s'acharne sur mon sexe, les doigts s'enfonçant de plus en plus profondément, cherchant le col de l'utérus, cherchant la déchirure finale. Je sens les fluides couler sur mes cuisses, s'étaler sur le cuir du siège. Je suis une boucherie érotique, un autel de viande et de désir, et le soleil de Marseille se lève enfin pour éclairer mon carnage intérieur. Le bruit est celui d’une succion rythmique, un clapotis sourd qui résonne contre les vitres closes. Mes doigts, enduits de cette mélasse tiède faite de mon excitation et des restes de l’homme d’avant, entrent et sortent avec une frénésie qui frise l’automutilation. Je ne me caresse pas, je me laboure. Je sens les parois de mon vagin se gonfler, pulser contre mes phalanges, serrer ce poing improvisé qui cherche à combler le vide immense que quarante-cinq ans de compromis ont creusé en moi. Un bus de la RTM vient de se ranger à ma hauteur, le moteur vibrant dans un grognement diesel qui secoue ma carrosserie. Je lève les yeux. Le chauffeur, un gamin aux traits tirés par son service de nuit, me regarde. Son regard tombe directement sur mon entrejambe ouvert, sur ma main qui s’agite violemment entre mes cuisses écartées, sur ma jupe relevée jusqu'à la taille qui expose ma chair blanche et les marques rouges que mes propres ongles laissent sur mes adducteurs. — Regarde, petit con, je murmure entre mes dents serrées, le souffle court. Regarde ce que c’est qu’une femme en train de crever d’envie. Je ne baisse pas les yeux. Au contraire, j’écarte encore plus les jambes, calant mon talon gauche sur le tableau de bord. Mon sexe est exposé, béant, une plaie de nacre et de sang dont les lèvres inférieures pendent, gonflées de sang, gorgées de fluides. Je sors mes doigts une seconde, les contemple, brillants, dégoulinant de ce mélange de cyprine filante et de foutre séché, avant de les porter à ma bouche. Je lèche mes propres sucs avec une avidité de bête, fixant toujours le chauffeur dont la bouche s’est entrouverte. Il ne redémarre pas. Le feu est passé au vert, mais le monde s’est arrêté autour de ma fente. Je replonge ma main, plus brutalement cette fois. Je cherche le point sensible, cette petite bosse de chair électrique qui ne demande qu'à exploser, mais je veux plus que ça. Je veux la douleur. Je veux sentir la limite de ma propre peau. J’enfonce mon majeur et mon index si loin que je touche mon col de l’utérus, provoquant une décharge sourde qui me fait cambrer le dos contre le cuir brûlant. Mon bassin se soulève, heurtant le bas du volant, et un gémissement rauque, un son de gorge que je ne reconnais pas, s’échappe de mes lèvres. — Tu veux voir ? Tu veux toucher la vieille ? je siffle à l’adresse de la vitre, imaginant que le gamin peut m’entendre. Je prends mon clitoris entre le pouce et l’index et je le triture, je le pince jusqu’à ce que des larmes de pure tension piquent mes yeux. C’est insupportable. C’est parfait. Ma chatte est en feu, une fournaise de mucus et de muscles contractés. Je sens le liquide couler en cascade le long de mes fesses, imprégner le siège de ma voiture d’une odeur de marée, de sexe et de vie sauvage. C’est l’odeur de la Canebière à l’aube, un mélange de sel marin et de déchéance urbaine. Une voiture derrière le bus klaxonne, un son strident qui déchire le silence de ma transe. Cela m'excite encore plus. Le danger, l'exposition, cette sensation d'être une traînée magnifique offerte au béton de Marseille. Je commence à accélérer la cadence, mes doigts ne sont plus que des pistons de chair dans un moteur en surchauffe. *Schlouille. Schlouille.* Le son de ma propre humidité est si fort que j’ai l’impression qu’il couvre le bruit de la ville. Je ferme les yeux un instant et je vois les milliers de fenêtres des immeubles qui bordent l’avenue. Derrière chaque rideau, j’imagine un homme, une femme, me regardant avec dégoût ou avec une envie dévorante. Je suis leur péché matinal. Je suis la preuve vivante que le désir ne meurt pas avec les rides, qu’il s’accentue, qu’il devient une arme de destruction massive. Ma main gauche lâche le volant pour venir agripper mon sein droit, le pétrissant avec une violence qui me fera des bleus demain. Je mords ma lèvre inférieure jusqu'au sang. Le goût métallique du fer se mélange à l’odeur de ma chatte. Je suis un carnage. Je sens mon corps entier se raidir, chaque muscle de mes jambes, de mon ventre, de mon cou, tendu comme un câble d’acier sur le point de rompre. — Oh dieu… oui… déchire-moi… Je ne m’adresse à personne. Je m’adresse à la ville. Je m’adresse à ce soleil qui tape maintenant contre mon pare-brise, révélant chaque détail de ma peau de femme mûre, chaque pore, chaque goutte de sueur qui perle sur mon décolleté. Je ne suis pas une image de magazine. Je suis une boucherie érotique, un tas de viande hurlant son besoin d’exister. Le chauffeur du bus finit par passer les vitesses, ses yeux ne lâchant ma fente qu’au dernier moment, alors que son véhicule s’ébranle. Sa disparition me laisse un vide atroce, une urgence de plus en plus insoutenable. Je ne cherche plus seulement l'orgasme, je cherche la dévastation. Mes doigts s'enfoncent à nouveau, plus vite, plus fort, cherchant à atteindre cette zone d'ombre où la jouissance devient une agonie. Le cuir sous moi glisse, je nage dans mes propres fluides. Ma culotte, jetée quelque part sur le tapis de sol, n'est plus qu'un souvenir. Je suis nue sous le regard du ciel de Provence, et je sens que le point de non-retour approche, cette crête où le plaisir cesse d'être agréable pour devenir une exécution. Mon rythme s'emballe, mes doigts sont rouges de sang et de désirs compressés, et je sens les premières secousses sismiques remonter le long de mes cuisses, annonçant une fin qui ne sera pas une libération, mais un effondrement. Le bus s'éloigne, ses feux arrière rouges comme deux cicatrices dans l'aube naissante, et je reste là, le souffle court, les jambes écartées sur le cuir brûlant de mon siège. Le silence qui retombe sur la Canebière est plus assourdissant que le moteur du véhicule. Je suis seule, mais je me sens observée par chaque fenêtre des immeubles haussmanniens, par chaque réverbère qui vacille. À 45 ans, je n'ai plus le temps pour les préliminaires de l'âme. Mon corps de femme mûre, avec ses rondeurs affirmées et sa peau qui porte les marques du temps, hurle sa faim. Mes doigts sont trempés. Ma main droite plonge à nouveau dans l'entrejambe, là où tout n'est plus que brasier et inondation. Je ne me caresse pas, je me laboure. L'index et le majeur s'enfoncent avec une brutalité qui me tire un gémissement rauque, un son de bête qu'on égorge. Je sens l'élasticité de mes parois vaginales se tendre, m'accueillir, me serrer. C'est chaud, c'est gluant, ça sent l'odeur forte et musquée de ma propre excitation, un parfum de marée basse et de désir pur qui emplit l'habitacle clos. Je commence un mouvement de va-et-vient frénétique. Ma main gauche vient pétrir mes seins, mes doigts pinçant les tétons durcis jusqu'à la douleur. Je veux avoir mal. Je veux que cette jouissance soit une lacération. Je ferme les yeux et j'imagine les milliers d'habitants de cette ville se réveillant, m'imaginant, me dévorant du regard. Je suis la putain de Marseille, l'offrande de l'aube sur l'autel du bitume. « Putain… oui… » Le mot sort de ma bouche comme un crachat de soulagement. Ma main s'accélère encore. Je sens ma chatte s'ouvrir, s'étaler, les grandes lèvres gonflées de sang, congestionnées. Mon clitoris est un bouton de chair électrisé, une perle de feu que je broie maintenant sous la paume de ma main, tout en continuant de m'enfoncer les doigts jusqu'à la garde. Je cherche le col, je cherche le fond, je cherche à m'arracher de cette carcasse de quarante-cinq ans qui m'étouffe. Le rythme devient inhumain. Mes fesses décollent du siège, mon dos s'arque, mes talons s'enfoncent dans le tapis de sol. Je suis en train de me noyer. La cyprine coule le long de mes doigts, s'étale sur le cuir, poisseuse, abondante. C'est une débauche de fluides, une rivière de moi-même qui s'échappe. Ma respiration n'est plus qu'un râle saccadé. Je sens la première décharge arriver, non pas comme une caresse, mais comme un coup de poignard. Le premier spasme me foudroie. Ma chatte se contracte violemment sur mes doigts, les emprisonnant dans un étau de muscles convulsifs. Je crie. Un cri long, aigu, qui déchire la brume du matin. Mon bassin est pris de soubresauts incontrôlables. Je ne contrôle plus rien. Je sens le jet de plaisir monter du plus profond de mes entrailles, une explosion de foutre féminin qui gicle contre mes doigts, inondant ma paume, poissant mon ventre. Je continue de frotter, encore plus fort, alors que je suis déjà en train de mourir de plaisir. Je veux que ça dure, je veux que la douleur et la jouissance fusionnent. Mes doigts fouillent ma fente avec une rage de possédé, ramassant la mouille, la faisant claquer contre ma peau dans un bruit de succion obscène. Je suis une fontaine, une plaie ouverte. Chaque spasme me vide un peu plus de ma substance. Ma tête bascule en arrière, heurtant l'appui-tête, alors que mes yeux se révulsent. La vague de fond arrive enfin. Le grand effondrement. C’est une détonation interne qui me laisse sans forces. Mes muscles se tendent une dernière fois jusqu'à la crampe, puis tout lâche. Mon corps s'affale sur le siège, lourd, inerte. Mes doigts glissent lentement hors de moi, maculés de ce liquide blanc et translucide, de ce mélange de sueur et de vie. Je sens le liquide couler entre mes fesses, tiède, persistant. Je reste là, les jambes toujours grandes ouvertes, offerte au premier soleil qui pointe derrière le Vieux-Port. Les rayons de lumière viennent lécher mes cuisses rougies, ma chatte encore béante et luisante de ma propre semence. Je regarde mes mains sales, couvertes de mon intimité, et j'éprouve une fierté sauvage. Le silence revient. Plus de bus, plus de passants. Juste moi, mon cuir souillé, et cette odeur de sexe qui s'évapore lentement. Je suis une femme de 45 ans, et je viens de reprendre possession de mon territoire. Le soleil se lève sur la Canebière, et pour la première fois depuis des années, la lumière ne me fait pas peur. Elle vient simplement constater le carnage de ma libération. Je ramasse ma culotte trempée, je la porte à mon visage, respirant une dernière fois le chaos de mes entrailles, avant de démarrer. La ville peut bien se réveiller. Je suis déjà debout. J'ai déjà vaincu.

La Course Finale

Le soleil tape déjà contre le pare-brise de ma Mercedes, une morsure sourde qui transforme l’habitacle en étuve. Je suis toujours là, affalée sur le siège conducteur, les reins cambrés contre le cuir noir qui colle à ma peau nue. Mes jambes sont écartées au maximum, les talons plantés sur le tableau de bord, offrant ma béance à la lumière crue du matin qui s'engouffre par les vitres baissées. L’air sent le sel du Vieux-Port, le gasoil brûlé et, par-dessus tout, l’odeur de ma propre viande. Ça sent la mouille chaude, une odeur lourde, musquée, presque métallique, qui sature l’espace confiné du taxi. Entre mes cuisses, c’est un désastre magnifique. Ma chatte, gonflée par des heures de fantasmes et de triturations sauvages, est d’un rouge sombre, presque violette. Mes lèvres, étirées, luisent de cyprine épaisse qui commence à sécher en traînées blanchâtres sur l’intérieur de mes cuisses. Je baisse les yeux sur mon ventre encore secoué de spasmes résiduels. Mes doigts sont poisseux, couverts de ce liquide visqueux qui fait briller ma peau sous le soleil de Marseille. Je ne cherche pas à m’essuyer. J’aime cette saleté. J’aime sentir le froid de l’air sur ma muqueuse encore ouverte, encore palpitante. Chaque battement de mon cœur semble se répercuter directement dans mon clitoris, qui dépasse de son capuchon, dur comme une pierre, douloureux de trop de plaisir. Je plonge deux doigts dans ma fente, lentement, juste pour sentir la texture. Ça fait un bruit de succion, un *flic-flac* obscène qui résonne dans le silence de la rue déserte. Je suis trempée. Je sens l’épaisseur de mon propre foutre féminin, cette glue transparente qui s’étire en fils entre mes doigts quand je les ressors. Je porte ma main à ma bouche. Je ne cherche pas la romance, je cherche la vérité de mon corps. Je lèche mes phalanges, savourant l’acidité de ma jouissance, le goût de ma propre solitude. C’est amer et salé, c’est le goût de mes quarante-cinq ans, de mes nuits passées à attendre des clients qui ne voient en moi qu’une ombre derrière un volant. « Regarde-toi, Danielle », je murmure, ma voix n'étant plus qu'un croassement éraillé par les cris sourds que j'ai étouffés contre le volant. Je me redresse avec effort, le cuir du siège crissant sous mes fesses mouillées. Chaque mouvement est une torture délicieuse. Le frottement de ma vulve contre le bord du siège me fait grimacer ; la peau est à vif, irritée par le va-et-vient frénétique de mes doigts. Je sens le liquide couler plus bas, s’infiltrer dans le pli de mes fesses, tiède et persistant. C’est une sensation de souillure totale, et pourtant, je ne me suis jamais sentie aussi propre, aussi vidée de la mélancolie qui me rongeait le foie. Je regarde le rétroviseur. Mes yeux sont injectés de sang, mes cheveux bruns collés à mes tempes par la sueur. Ma bouche est entrouverte, les lèvres mordues jusqu'au sang. Je n'ai plus besoin d'un homme pour me donner ce visage-là, ce visage de putain libérée. Le souvenir de mon ex, de ses mains froides et de son désintérêt, s'évapore comme la brume sur les calanques. Il n'est rien. Ils ne sont rien. Je saisis une bouteille d'eau entamée sur le siège passager et j'en verse une partie directement sur mon sexe. Le choc thermique me fait lâcher un gémissement rauque. L'eau coule sur mes lèvres tuméfiées, entraînant avec elle les résidus de ma débauche solitaire. Je passe ma main entre mes jambes pour frotter, non pas pour nettoyer, mais pour réveiller une dernière fois la douleur exquise de la surexcitation. Je sens les plis de ma chatte sous mes doigts, la douceur de la peau après l'orage, la sensibilité extrême du petit bouton de chair qui refuse de dégonfler. Je ramasse ma culotte de dentelle noire, jetée sur le tapis de sol. Elle est lourde, imprégnée de mon odeur, tachée d'une large auréole sombre au niveau de l'entrejambe. Je l'approche de mon nez et j'inspire profondément. C'est l'odeur de ma victoire. C'est l'odeur d'une femme qui n'attend plus rien. Je la remonte lentement le long de mes jambes, sentant le tissu fin s'accrocher à l'humidité de ma peau. La dentelle frotte contre mon clitoris à vif, et je dois m'agripper au volant pour ne pas défaillir. Chaque pas, chaque mouvement que je ferai aujourd'hui me rappellera ce que j'ai fait ici, dans l'ombre de mon taxi. Je réajuste ma jupe, sentant la moiteur de ma culotte contre mes cuisses. Je suis une bombe à retardement de fluides et de désirs. Je démarre le moteur. Le ronronnement du diesel fait vibrer le siège, et cette vibration remonte directement dans mon entrejambe encore battant. Je ferme les yeux un instant, savourant ce massage mécanique qui prolonge l'agonie de mon plaisir. La ville s'éveille. Les premiers livreurs de poisson sur le port, les premiers rideaux de fer qui grincent. Je passe la première. Ma main sur le levier de vitesse est ferme, malgré les tremblements qui parcourent encore mes muscles. Je n'ai peut-être pas d'amant pour m'attendre dans un lit froissé, mais j'ai ce secret entre mes jambes, cette chaleur liquide qui me rappelle que je suis vivante, brute, et terriblement puissante. Je regarde la Corniche qui s'étire devant moi. Ce n'est plus une route de solitude, c'est mon arène. Je ne conduis plus un taxi ; je conduis mon propre sanctuaire de chair. Le levier de vitesse sous ma paume n’est plus un simple morceau de plastique et de métal ; c’est le prolongement d’un membre absent, une érection mécanique que je malmène à chaque changement de rapport. Je sens la résistance de la boîte de vitesse, ce petit cran qu'il faut forcer, et à chaque fois, un frisson électrique remonte de mon poignet jusqu'à mon épaule, avant de redescendre s'écraser contre mon clitoris gonflé. Ma culotte n’est plus qu’un morceau de soie inutile, une éponge saturée de ma propre mouille qui colle à mes lèvres, irritant délicieusement ma peau à chaque mouvement de jambe sur l'embrayage. Je roule lentement le long du quai de la Joliette quand je le vois. Une silhouette massive, adossée à un lampadaire qui grésille dans l'aube naissante. C’est Marc. Un docker, un habitué des courses de fin de nuit, un homme dont la peau semble imprégnée de sel, de graisse de moteur et de fatigue brute. Il lève la main. Je pile. Le pneu crisse sur le bitume humide, un son qui résonne dans mes ovaires comme un appel au viol consenti. Il ouvre la portière passager et s’engouffre dans l’habitacle. L’odeur change instantanément. L’habitacle, qui puait ma propre excitation musquée, est envahi par son parfum d’homme qui a trimé toute la nuit : tabac froid, sueur acide et cette pointe d’iode qui me donne envie de lui bouffer la gorge. — Tu bosses tard, Danielle, grogne-t-il de sa voix de papier de verre. Il ne me regarde pas tout de suite. Il attache sa ceinture, et je fixe ses mains. Des pognes énormes, calleuses, aux ongles noirs de cambouis. Je l'imagine en train de m'écarter les cuisses avec cette même rudesse. Je sens un spasme violer mon intimité, une giclée de liquide chaud s'échapper de mon méat pour finir de tremper le siège en cuir. — Faut bien que quelqu'un ramène les épaves comme toi à bon port, Marc, je réponds, ma voix plus rauque que je ne l'aurais voulu. Je redémarre. Mes doigts tremblent sur le volant. Je sens son regard dévier de la route pour se poser sur mes jambes. Ma jupe est remontée trop haut, dévoilant le haut de mes bas autofixants et cette bande de chair nue, moite, qui ne demande qu'à être griffée. L'air dans le taxi devient irrespirable, chargé d'une tension électrique si forte que j'ai l'impression que les vitres vont éclater. — Tu trembles, dit-il. Ce n'est pas une question. C’est un constat de prédateur. Il sait. Il sent l’odeur de ma chatte qui s’évapore sous l’effet de la chaufferie du taxi. Il sait que je suis à bout, que je suis une chienne en chaleur enfermée dans une cage de métal. — C’est le moteur, je mens lamentablement. Il est vieux. — C’est pas le moteur qui fait que tu serres les cuisses comme si tu voulais broyer ton propre sang, Danielle. Il pose sa main sur ma cuisse. La chaleur de sa paume traverse le nylon fin de mes bas. C’est un choc thermique. Je manque de lâcher le volant. Sa main est lourde, possessive. Il ne bouge pas, il laisse juste le poids de son bras peser sur moi, ses doigts épais effleurant le bord de ma culotte trempée. — Arrête-toi, ordonne-t-il. — Je suis en service, Marc… — Arrête-toi. Dans l’impasse derrière les entrepôts. Maintenant. Je ne discute pas. Le besoin de me faire défoncer l'emporte sur toute forme de dignité ou de règlement. Je braque violemment, m’engouffrant dans l’ombre des grands bâtiments de béton. Le moteur tourne encore, mais je coupe les phares. Le silence qui s’installe est lourd de menaces et de promesses. Je lâche le volant et je me tourne vers lui. Ses yeux sont deux fentes sombres, brûlants de ce désir sale que seuls les hommes qui n'ont plus rien à perdre possèdent. Sans un mot, il attrape ma nuque et tire ma tête vers lui. Ses lèvres s’écrasent sur les miennes, un baiser qui goûte le bitume et l’urgence. Sa langue envahit ma bouche, sauvage, explorant chaque recoin pendant que sa main descend, sans aucune douceur, vers mon entrejambe. Quand ses doigts rencontrent l'humidité désastreuse de ma culotte, il lâche un grognement de bête satisfaite. — Putain, Danielle… t’es une vraie fontaine. Tu m’attendais, avoue. Il ne me laisse pas répondre. Il attrape le tissu fin de ma lingerie et tire d'un coup sec. Le bruit de la soie qui se déchire est le plus beau son que j'aie entendu de toute la nuit. Il écarte mes lèvres avec son pouce, trouvant mon clitoris en érection, dur comme une perle de verre. Il l'écrase sans ménagement, me faisant cambrer le dos contre la portière, un cri de pure agonie de plaisir étouffé dans sa gorge. — Regarde-moi, exige-t-il en enfonçant deux doigts d'un coup dans mon trou étroit. Je gémis, les yeux révulsés. C’est trop, et ce n’est pas assez. Je sens ses doigts rugueux ramoner mes parois, racler mon col, tandis que son pouce continue de massacrer mon bouton de plaisir. Je suis de la boue entre ses mains. Je sens mon propre foutre couler le long de ses phalanges, lubrifiant l'acte barbare qu'il est en train d'exécuter. — Tu veux quoi ? murmure-t-il contre mon oreille, sa voix n'étant plus qu'un souffle saturé de testostérone. Tu veux ma bite, hein ? Tu veux que je te démonte sur ce siège de merde jusqu'à ce que tu oublies comment tu t'appelles ? — Oui… putain, oui… Marc, prends-moi… maintenant… Je détache sa ceinture d'un geste frénétique, mes ongles griffant la fermeture éclair de son bleu de travail. Je veux sentir sa queue, je veux cette viande chaude et dure me déchirer, m'occuper, me remplir. Je sors son sexe de son pantalon, une barre de chair sombre et pulsante, déjà couverte de liquide séminal. Elle est magnifique de brutalité. Je l'attrape à pleine main, sentant la peau fine glisser sur le gland violet et congestionné. Je le branle deux secondes, juste assez pour voir ses yeux se voiler de douleur délicieuse. — Pas ici, grogne-t-il en me repoussant vers le siège arrière. Passe derrière. Je vais te faire payer chaque minute de cette nuit de merde. Je rampe entre les sièges, me foutant des éraflures sur mes genoux, de ma dignité qui fout le camp par la fenêtre entrouverte. Je me retrouve sur la banquette, les fesses offertes, les jambes écartées comme une invite au massacre. Il se jette sur moi, faisant tanguer le taxi sur ses suspensions. Le cuir grince. Mon souffle se coupe. Il ne prend pas le temps des préliminaires. Il attrape mes hanches, ses doigts s'enfonçant dans ma chair comme des griffes, et il aligne sa bite contre mon entrée déjà béante, dégoulinante de désir. — Accroche-toi, Danielle. Ça va être sale. Il ne m’a pas menti. Quand sa bite s’enfonce d’un coup sec, je pousse un hurlement qui se perd contre la vitre froide du taxi. Ce n'est pas une caresse, c'est une effraction. Le gland, large et brûlant, écarte mes lèvres avec une violence sourde, déchirant le peu de retenue qui me restait. Je sens chaque millimètre de sa peau veineuse forcer le passage, s'imposer dans l'étroitesse de ma chatte qui se contracte spasmodiquement autour de lui. — Putain, Danielle… t'es tellement serrée, grogne-t-il contre ma nuque. Il ne s’arrête pas. Il ne me laisse pas le temps de m’habituer à cette plénitude douloureuse. Il se retire presque entièrement, me laissant un bref instant de vide atroce, avant de s’abattre à nouveau contre mes fesses. Le claquement de sa peau contre la mienne résonne dans l’habitacle clos, un bruit humide, organique, obscène. Mes mains cherchent désespérément une prise sur le cuir glissant du siège. Mes ongles s’y plantent, déchirant presque la matière, alors qu’il commence un va-et-vient furieux. C’est brutal. C’est sale. C’est exactement ce dont j’avais besoin pour oublier que mon cœur est en lambeaux. À chaque coup de boutoir, ma tête bascule en avant, mes cheveux fouettent mon visage trempé de sueur. Je sens sa bite frotter contre mon point G avec une précision de métronome, une pression qui me fait voir des étoiles. La mouille s’accumule, se mélangeant au liquide séminal qu'il avait déjà sur le sexe, créant un lubrifiant visqueux qui fait chanter chaque va-et-vient. — Regarde-moi, ordonne-t-il en attrapant une poignée de mes cheveux pour me redresser la tête. Je tourne le visage, les yeux révulsés, la bouche ouverte sur un cri silencieux. Son visage est une promesse de destruction. Il transpire, ses traits sont tordus par un plaisir qui ressemble à de la haine. Il accélère encore. Sa bite cogne le fond de mon utérus, un choc sourd qui me fait gémir de douleur et de jouissance. Je sens les veines de son membre palpiter contre mes parois, le sang qui y afflue pour le rendre encore plus dur, encore plus monstrueux. — Tu aimes ça, hein ? Que je te démonte comme une traînée dans cette bagnole de merde ? Je ne réponds pas, je n’en ai plus la force. Je ne suis plus qu’une masse de nerfs à vif, un réceptacle pour sa rage. Je bascule mon bassin vers l’arrière, cherchant à l’accueillir toujours plus profondément, à me noyer dans cette sensation d'être totalement possédée, brisée. Ma chatte me brûle, elle est congestionnée, prête à exploser. Chaque mouvement de sa bite à l’intérieur de moi est une décharge électrique qui remonte jusqu’à mon cerveau. Soudain, il lâche mes cheveux pour plaquer ses deux mains sur mes hanches, m’immobilisant pour la charge finale. Ses coups deviennent courts, saccadés, d’une puissance insupportable. Je sens l’orgasme monter, une vague noire et dévastatrice. Mes muscles vaginaux se serrent dans un spasme involontaire, broyant son membre, l’implorant de lâcher prise. — Je vais venir… Danielle… je vais te remplir… Il pousse un dernier coup, si profond que j’ai l’impression qu’il va me traverser. Son corps se tend, ses muscles saillissent sous sa chemise trempée. Je sens le premier jet de son foutre brûlant percuter le fond de ma chatte. C’est une explosion. Je hurle son nom alors que mon propre plaisir m’emporte, me secouant de soubresauts violents. Il continue de décharger, jet après jet, une semence épaisse et abondante qui déborde de moi, coulant le long de mes cuisses, souillant le cuir du siège. On reste là, imbriqués l’un dans l’autre, haletants, l’odeur de la sueur, du sexe et du foutre saturant l’air. Le taxi ne bouge plus. Le monde extérieur n’existe plus. Il finit par se retirer lentement, un bruit de succion humide marquant la fin du massacre. Je m’écroule sur la banquette, les jambes encore écartées, le ventre tremblant. Je sens le liquide chaud continuer de s’écouler de moi, une trace tangible de ce qu’on vient de se faire. Il se rhabille en silence, ses gestes sont brusques, dénués de toute tendresse. Le contrat est rempli. Le conflit est résolu dans la viande et le fluide. Je me redresse avec peine, essuyant d'un revers de main la traînée de foutre sur ma cuisse. Je remonte ma culotte, qui colle instantanément à ma peau humide. Je me regarde dans le rétroviseur. Mes yeux sont rouges, mon maquillage a foutu le camp, mais mon visage est calme. Il n’y a pas de suite. Il n’y a pas de "je t’aime" ou de promesses au petit matin. Il y a juste ce vide immense, cette solitude que j’accepte enfin. Il ouvre la portière, l’air frais de la nuit s’engouffre dans la voiture, chassant l’odeur de notre étreinte. Je descends à mon tour, les jambes flageolantes. Je le regarde s’éloigner dans la pénombre sans un mot. Je suis seule sur ce trottoir désert, le corps endolori et le sexe encore plein de lui. Mais pour la première fois, je ne cherche pas à retenir les larmes qui montent. Elles coulent, salées, purificatrices. Je souris enfin. Je n’ai peut-être pas d’amant réel, je n’ai peut-être que des rêves brisés et des souvenirs de chair, mais je possède mon corps. Et dans cette solitude brutale, je trouve enfin la force de marcher vers demain, même si demain n'est qu'une autre course vers le néant. FIN DU CHAPITRE.
Fusianima
L'Asphalte des Soupirs : Terminus Passion
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Marseille à minuit, c'est une gueule de bois qui n'en finit pas. L'air est une couverture lourde, saturée de sel, d'échappements et de cette odeur de friture rance qui remonte du Vieux-Port. Je sens la sueur perler entre mes seins, une goutte traîtresse qui glisse lentement le long de mon ventre pour mourir dans l'élastique de ma culotte en coton. Quarante-cinq ans. C’est ce que me renvoie le ré...

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