Fusianima
Capitaine Chaussette à la rescousse !
Dormir

Capitaine Chaussette à la rescousse !

par Studio Fusianima

<h1>Capitaine Chaussettes et l’Île des Disparues</h1> <p>Dans une petite maison, tout près de la salle de bain, vivait un grand mystère. Chaque semaine… <strong>une chaussette disparaissait</strong>.</p> <p>Pas les deux. Toujours <strong>une seule</strong>.</p> <p>La chaussette restante restait toute triste dans le panier, en disant :<br /> — Mais… où est ma moitié ?</p> <p>Un soir, au fond du tiroir, une vieille chaussette rayée se racla la gorge :<br /> — C’est l’heure. Il faut appeler… <strong>Capitaine Chaussettes</strong>.</p> <p>Et là, dans un petit coffre en carton, on entendit : <em>clac !</em><br /> Un couvercle s’ouvrit, et apparut un héros très spécial.</p> <p>Il portait un chapeau de marin… fait avec un coin de serviette. Il avait une longue-vue… faite avec un rouleau de papier. Et autour de sa taille, une ceinture avec… des pinces à linge.</p> <p>Il déclara d’une voix grave (mais pas trop, parce qu’il ne voulait pas faire peur) :<br /> — <strong>Je suis Capitaine Chaussettes.</strong><br /> Et je retrouverai les chaussettes qui manquent.</p> <p>Dans la chambre, près du lit, l’enfant écoutait, les yeux mi-fermés. Le panier à linge tremblait un peu… d’espoir.</p> <p>Capitaine Chaussettes prit son sac de voyage : une petite poche en tissu. Il y glissa : une mini-boussole (un bouton qui tournait), une lampe (une luciole imaginaire), et un biscuit sec, pour la route.</p> <p>Puis il monta sur son bateau. Son bateau ? Une grande bassine bleue, avec une éponge en voile.</p> <p>— En mer ! annonça-t-il.</p> <p>Et <em>floup</em>, la bassine glissa sur un océan secret : <strong>l’Océan de la Buanderie</strong>, un endroit où les bulles font « plop plop » et où les serviettes deviennent des montagnes.</p> <p>La mer était calme. Capitaine Chaussettes avançait doucement, en chantant tout bas :<br /> <span class="whisper">— Une chaussette, deux chaussettes… je ramène les chaussettes…</span></p> <p>Soudain, un bruit : <strong>SPLASH !</strong> Quelque chose remua derrière une pile de draps.</p> <p>— Qui va là ? demanda le capitaine.</p> <p>Une petite créature sortit de l’ombre. Elle avait des yeux ronds, un ventre tout doux, et des cheveux en mousse. C’était… <strong>le Crabe Savonnette</strong>.</p> <p>Le Crabe Savonnette fit des bulles et dit :<br /> — Je sais où vont les chaussettes perdues. Elles partent au large… sur le courant des tours de tambour.</p> <p>Capitaine Chaussettes hocha la tête.<br /> — Alors je dois suivre ce courant.</p> <p>Le Crabe Savonnette lui donna un conseil :<br /> — Attention au <strong>Tourbillon des Couettes</strong> ! Il chatouille, et ça fait rire… mais ça endort aussi.</p> <p>— Parfait, répondit le capitaine. On a besoin d’un peu de rire pour dormir.</p> <p>Bientôt, il arriva devant un grand tourbillon tout moelleux, fait de couvertures qui tournaient comme des nuages. Ça sentait le propre et la sieste.</p> <p>Capitaine Chaussettes s’accrocha, ferma un œil, et murmura : <span class="whisper">— Doucement… doucement…</span></p> <p>Le tourbillon le fit tourner une fois… deux fois… trois fois… et <em>hop !</em> il fut éjecté de l’autre côté, sur une mer toute lisse.</p> <p>Au loin, il vit une île. Une île… qui ressemblait à une énorme machine ronde. Sur un panneau, on pouvait lire : <strong>ÎLE DES DISPARUES</strong>.</p> <p>Capitaine Chaussettes accosta. Il posa le pied sur le sable… qui était en fait de la mousse d’assouplissant.</p> <p>Et là, partout, il y avait des chaussettes ! Des petites, des grandes, des à pois, des rayées, des chaussettes de sport et des chaussettes de dodo.</p> <p>Elles chuchotaient toutes : <span class="whisper">— Chut… on est coincées ici…</span></p> <p>Capitaine Chaussettes s’agenouilla.<br /> — N’ayez pas peur. Je suis venu vous ramener.</p> <p>Mais une voix profonde gronda :<br /> — <strong>PERSONNE NE SORT !</strong></p> <p>Un énorme personnage apparut. Un géant rond, avec une porte sur le ventre : <strong>le Monstre Sèche-Linge</strong>.</p> <p>Il n’était pas méchant. Il était juste… très maladroit. Quand il tournait, il avalait des chaussettes sans faire exprès.</p> <p>Capitaine Chaussettes leva calmement une pince à linge, comme un drapeau blanc :<br /> — Monstre Sèche-Linge, tu ne voulais pas les perdre, n’est-ce pas ?</p> <p>Le monstre baissa la tête :<br /> — Non… je voulais juste les garder au chaud… Et puis… elles sentent bon…</p> <p>Capitaine Chaussettes eut une idée. Une idée de capitaine :<br /> — Et si on faisait un accord ? Tu peux garder <strong>une chaussette spéciale</strong>, volontaire, pour te tenir compagnie. Mais les autres rentrent à la maison, avec leurs paires.</p> <p>Le monstre cligna des yeux :<br /> — Une seule ? Mais… laquelle ?</p> <p>Une petite chaussette toute douce s’avança. Une chaussette de nuit, avec une lune brodée :<br /> — Moi, je veux bien. J’aime le chaud. Et je n’ai pas peur de tourner un tout petit peu.</p> <p>Le monstre sourit, un sourire qui sentait la lessive :<br /> — D’accord, dit-il. Promis.</p> <p>Alors Capitaine Chaussettes rangea doucement les chaussettes perdues dans son sac. Elles se tenaient comme une file de petits poissons.</p> <p>Il reprit la mer, accompagné du Crabe Savonnette qui faisait « plop plop » de joie.</p> <p>Quand il arriva près du panier à linge, la maison était silencieuse. Tout le monde dormait presque.</p> <p>Capitaine Chaussettes déposa les chaussettes retrouvées, une par une, auprès de leurs moitiés. Chaque paire se serra fort et soupira :<br /> — Enfin…</p> <p>Puis le capitaine referma son coffre en carton, très doucement. Avant de disparaître, il chuchota :<br /> <span class="whisper">— Quand une chaussette manque… je suis déjà en route.</span></p> <p>Et dans la chambre, l’enfant, sans ouvrir les yeux, sourit un tout petit peu.</p> <p><strong>Parce qu’il savait que, dans la nuit, quelque part sur l’Océan de la Buanderie, Capitaine Chaussettes veillait.</strong></p>

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